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Que tombent les masques. [Pv: Sly]

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Arianne Di Lumen
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MessageSujet: Que tombent les masques. [Pv: Sly] Que tombent les masques. [Pv: Sly] Icon_minitime1Mer 30 Sep - 11:18
La nuit était faiblement tombée sur la citadelle. Alors que la pénombre envahissait petit à petit le ciel, les lumières artificielles s’allumèrent une à une, éclairant la petite ville, mais aussi la forteresse qui semblait bien plus éblouissante que d’habitude. Pour cause, en l’honneur de la reconstruction de la forteresse oubliée un bal avait été organisé en son sein. Tous les habitants étaient conviés à cette fête, petit comme grand, adulte comme enfant, riche comme pauvre. La seule particularité de cet événement était de porter un masque. Un masque qui cachait l’identité de chacun des concitoyens. Cet accoutrement, n’était qu’une métaphore qui représentait à merveille la renaissance de cet endroit, qui était jadis un lieu ou les ténèbres avaient ravagés chaque recoin pour en faire un lieu sinistre et terne. Grâce à Sora les ténèbres furent anéantis, mais ce fut grâce au roi mickey que la ville s’était vu octroyer une seconde chance. Une nouvelle vie. En l’honneur de ce travail méticuleux, le comité de la ville décida d’en célébrer l’accomplissement. Retapant sur plusieurs jours, l’intérieur du sinistre fort, pour le rendre bien plus accueillant que jadis. Ainsi, les débris n’étaient plus qu’un lointain souvenir. Des tables resplendissantes étaient garnies de victuailles en tout genre, de quoi nourrir tous les invités présents dans cette salle somptueuse. Un groupe d’orchestre s’adonnait à jouer de leurs instruments, invitant les plus remuants à danser sur la piste qui n’attendait que des pas de rythmes tournoyant. Des chaises en tissus blancs et dorées étaient exposées ici et là dans les nombreux recoins de la pièce, de façon à ce que les plus éreintés puisse se reposer sans déranger qui que ce soit. Un balcon se tenait à l’autre bout de la pièce. Celui-ci permettait de se tenir un peu à l’écart de cette ambiance festive, de façon à profiter du calme de la citadelle, ainsi que de son ciel étoilé. Alors que la musique ne cessait de défiler dans un son plutôt doux et harmonieux, Arianne ne pouvait s’empêcher d’écouter celle-ci, essayant aussi de distinguer tout ce qui l’entourait. Ils y avaient de nombreux fragments de discussions, de rire et de bruit au sol. Des couverts se distinguaient dans un son strident, laissant penser qu’il s’agissait là d’une argenterie de bonne qualité. Des enfants semblaient chahuter entre eux, profitant à leurs manières de cet événement particulier. Parfois, quelques adultes les réprimandaient gentiment, avant de reprendre leurs convenances comme si de rien n’était. Tout semblait se passer pour le mieux et en constatant cela, la belle princesse d’avait pu s’empêcher d’esquisser un sourire, jusqu’à ce qu’elle entende un soupir échapper des lèvres de sa mère adoptive. Pendue à son bras, Androméda, n’avait l’air de trouver grâce en ce genre de mondanité. Bien qu’elle y fût conviée, elle ne s’était pas vraiment montrée enthousiasme à l’idée d’y participer. Comme si quelque chose la tracassait intérieurement. Un mauvais souvenir peut-être ?

« Qu’il y a-t-il mère ? Vous me semblez quelques peu anxieuse. Est-ce que vous vous sentez mal ? » Sa voix était inquiète, comme si elle redoutait que sa mère couvre un quelconque malaise.

« Ce n’est rien. J’ai juste l’impression d’être parfaitement ridicule avec ce masque sur la tête. Ce genre de choses n’est plus vraiment de mon âge. Puis si tu voyais à quoi ressemble cet endroit… Tu serais certainement heureuse de voir autant de couleur se mélanger, mais bon parfois c’est d’un laid… »

En entendant les paroles de sa tutrice, la jeune femme n’avait pu s’empêcher de retenir un rire amusé. Sûrement qu’elle exagérait. Après tout, Androméda n’était pas vraiment le genre de femme à aimer fréquenter la foule. Généralement, elle se terrait dans sa maisonnette, n’accueillant que les quelques clients qui avaient besoin de ses services. Hormis ça, il y avait bien longtemps qu’elle ne s’était pas confrontée à tout ce monde, surtout depuis la disparition de Libertalia. En repensant à son monde, les traits de la sorcière s’étaient doucement assombris derrière son masque. Bien que le passé ne fût que le passé, elle ne pouvait s’empêcher de s’en vouloir. De regretter ses actes qui avaient fait disparaître nombreuses âmes dans un fléau de douleur infini. Alors qu’elle semblait perdue dans ses tristes pensées, elle sentit soudainement le bras d’Arianne se resserrer autour du sien, la ramenant très vite à la réalité. En se tournant vers sa fille adoptive, Androméda ne pouvait s’empêcher de sourire en admirant celle-ci. En ce soir, la belle demoiselle s’était vêtue d’une robe longue couleur bleue roi. Un laçage dans son dos mettait en valeur ses jolies formes, alors que de la dentelle ornée le pan du bas du vêtement. Ses manches étaient légèrement bouffantes au niveau de ses poignets se contrastant avec la robe dans un noir ténébreux, tout comme le col qui couvrait entièrement sa gorge et son dos. Son masque cachait son doux visage, ne laissant que son menton et sa bouche de découvert. On pouvait nettement distinguer la couleur de ses yeux gris et vides qui se démarquaient de cette parure bleue roi. Malgré l’absence d’émotion dans le regard de la jeune femme, Androméda arrivait à comprendre la moindre parcelle de ses sentiments, grâce à son comportement où à quelques mimiques. Visiblement, Arianne s’inquiétait du comportement songeur de sa mère adoptive et en constatant cela, celle-ci décida de vite la rassurer, continuant sa marche dans la grande salle lumineuse. La musique qui était d’un calme reposant depuis un moment, se mit à s’arrêter pendant quelques minutes, reprenant dans un rythme beaucoup plus vif et rapide. Dans cet ensemble symphonique, le violon se démarquait des autres instruments. L’archer ne cessait de frotter les cordes dans un mouvement parfois sec, mais ô combien puissant et entêtant. En entendant cette mélodie, Arianne c’était de nouveau tourné vers sa mère, adressant un sourire ravissant qui ne plaisait guère à Androméda.

« Oh non ! Hors de question que je me pavane ainsi ! Je ne veux pas prendre part à ce ballet ! C’est d’un ridicule !»

« Vous souvenez-vous quand vous m’appreniez à danser quand j’étais petite ? J’aimerais juste que vous soyez mon cavalier un bref instant sur cette danse. » Elle marqua une pause en entendant un bref soupir de la part de sa mère, signe qu’elle allait lui céder. « Je veux partager ce moment avec vous et je suis sûre que cela vous amuserait un peu. M’accorderez-vous cette danse chère mère ? »

« J’aurais beau essayer, je ne pourrais t’enlever cette idée de la tête n’est-ce pas ? » Tout en disant ses mots, la sorcière attrapa la main tendue de la princesse, avant de se diriger vers la piste de danse avec elle. « C’est bien parce que c’est en souvenir du bon temps. Tu étais si petite à l’époque… Heureusement pour mon dos, tu es un peu plus grande à présent. »

Dans un rire partagé, les deux femmes s’engagèrent dans une danse qui les amusaient grandement. Androméda prenait soin de guider Arianne, de façon à ce que celle-ci ne se perde pas dans la foule. Les robes ne cessaient de tourner, de tourbillonner donnant place à un ballet aux multiples couleurs. Du pastel, du sombre, du clair, tout se mélangeait pour ne former qu’un seul tableau. Quand la musique se tut dans le néant, nombreux participant s’arrêtèrent pour applaudir l’orchestre, avant de continuer sur une note un peu moins rapide. Préférant prendre une pause méritée, Androméda se dirigea au côté d’Arianne vers les quelques fauteuils vides de la salle, installant la jeune femme, avant d’y prendre place à son tour.

« Que c’est éreintant. Il y a bien longtemps que je n’avais pas dansée ainsi. »

En entendant la remarque de la sorcière, la princesse n’avait pus retenir un nouveau rire. Il était vrai que cette danse s’était trouvée quelque peu éprouvante, mais cela était peu pour fatiguer totalement la jeune femme. Bien qu’elle ne refusait pas de se reposer un bref instant. Alors que les deux femmes semblaient discuter entre elles, un homme ne tarda pas à s’approcher d’Androméda, accostant celle-ci avec des salutations bien aimables. Il s’agissait là, d’un de ses clients réguliers qui semblait vouloir échanger quelques paroles. Sûrement voulait-il la remercier, car sa femme qui profitait des bienfaits de ses breuvages se tenait non loin de là, saluant celle-ci d’un geste de la main. Voyant qu’elle ne pouvait échapper à cette confrontation, Androméda se leva hors de sa chaise, indiquant à Arianne qu’elle se devait de s’absenter. Elle ne pouvait malheureusement refuser l’invitation et se devait de laisser la demoiselle seule pour lui éviter une contrainte bien ennuyeuse. Rassurant sa mère sur la situation, la jeune femme lui fit signe d’y aller, lui indiquant qu’elle ne serait pas loin de toute façon. Bien que peu rassurée, Androméda s’éloigna alors auprès du jeune homme, lançant quelques regards en direction d’Arianne avant de disparaître totalement dans la foule. Sur sa chaise, la princesse restait tranquillement assise, profitant de cette pause pour écouter de nouveau les sons qui l’entouraient. Elle se serait bien risquée à arpenter la salle, mais elle ne pouvait se permettre de se cogner contre les invitées et encore moins contre les meubles. Alors, elle préféra attendre le retour de sa chère mère, se demandant au fond à quoi pouvait bien ressembler cet endroit qui semblait merveilleux tant dans la décoration que dans les couleurs.
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Sly
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MessageSujet: Re: Que tombent les masques. [Pv: Sly] Que tombent les masques. [Pv: Sly] Icon_minitime1Lun 5 Oct - 15:40
Une fois n’est pas coutume, dans son antre froide et dépouillée emplie de dossiers du sol au plafond, Sly avait sombré, sur son lit, dans un semi sommeil. Ces derniers jours n’avaient pas été de tout repos, même pour lui et il avait dû s’octroyer quelques heures dans cet état de demi-inconscience, sans jamais vraiment embrassé totalement ce repos pourtant bien mérité. Depuis qu’il avait trouvé un but à son existence vide, depuis que Maléfique était entré dans sa vie, il veillait. Il veillait à remplir du mieux qu’il pouvait chaque désir de sa maitresse. Il veillait même à anticiper le moindre de ses souhaits, si noirs et cruels qu’ils étaient. Il veillait surtout pour ne plus jamais tomber dans l’abime des rêves. Personne n’était au courant. Personne ne devait jamais le savoir. Personne ne devait même se douter de cela, pas même sa Déesse.

Mais… Il rêvait.

 Et ce qu’il y voyait n’était jamais dû au hasard, ce n’était jamais juste de simples images vides de sens. Comme tous les similis, il voyait cette pathétique vie qu’il avait étant humain. Quand il appartenait encore à un tout, à un trio symbolisant la vie : Cœur, Esprit et Corps. Ce cœur et cet esprit avait été engloutit par les ténèbres et Il n’était plus désormais qu’un cadavre doué d’une conscience contre nature, une abomination.

Et ça lui allait très bien. Alors pourquoi s’encombrer inutilement la tête avec ces rêves grotesques d’un temps révolu à jamais ? Moins il en savait sur cet endroit de lumière, moins il en savait sur ce qu’il avait été, moins il en savait sur…Elle et mieux il se portait.

Couché sur ce lit, n’ayant même pas pris la peine de retirer ses bottes, qu’est ce qui avait changé dans sa routine ? Rien. Mais pourtant, en ce jour, sa respiration régulière ralenti d’un cran supplémentaire, l’emportant vers cet endroit qu’il redoutait plus qu’il n’osait se l’avouer. Le sommeil l’accueillit et avec lui, cette rémanence de lumière. Et comme à chaque fois que cela se produisait quand il n’en avait pas le contrôle, son pouvoir fît une copie automatique et reproduisit l’aura de ce garçon qu’il avait été dans cette autre vie. Lui qui ne dégageait rien en temps normal, était désormais auréolé d’un simulacre hybride de lumière et d’ombre, malgré que personne n’ait encore pénétré dans sa chambre.

Nox, qui lui était incapable de dormir, était à ses côtés, singeant la torpeur. Ce changement ne lui échappa pas, bien au contraire, et, semblant comme paniqué, il décolla. Ce n’était pas la première fois que ça arrivait, mais lorsque cela se produisait, ce n’était jamais bon pour celui à qui il était lié. Sur cette simple idée, le Nocturnes Rouge se mit de foncer à plusieurs reprises sur l’endormi, dans l’espoir de le réveiller. Un, deux, trois coups, rien n’y faisait, il était bien trop faible. Pour le quatrième, il prit un peu plus de hauteur et se laissa tomber comme une pierre. Il n’occasionna aucun dégât mais eut le mérite de faire s’ouvrir les yeux de Sly, qui se redressa, la tête encore embrumé d’instantanés de cette vie sans intérêt. Il se frotta le visage pour dissiper ce sommeil et regarda le sol, pensif, tout en caressant Nox venu se poser sur ses genoux.

Encore une fois, il avait rêvé.

Encore une fois, il s’était vu dans la peau de cet humain qui osait vivre sans vouer son existence à la sorcière des ténèbres.

Il secoua la tête. Ça n’avait aucune espèce d’importance et s’en aurait jamais, d’ailleurs. Alors pourquoi réfléchir sur cet état de fait ? Jamais il ne retournerait à cette ancienne vie. Se rendant compte que quelque chose en lui avait changé, il fixa et contempla longuement sa main gauche. Encore une fois, il n’était pas revenu seul de cet horrible endroit. Son pouvoir avait fait une copie de ce qu’il avait perçu en rêve. Il hésita un moment à la dissiper mais finit tout de même par l’analyser. Elle pouvait lui être utile. Une aura jeune, très jeune, enfantine, et presque entièrement composée de lumière, malgré la présence indéniable d’une parcelle de ténèbres, comme chez chaque être vivant. Il arrivait à peine à concevoir que ce qu’il dégageait était le reflet de son propre cœur. C’était à la fois inconnu et familier, étrange et réconfortant. Il jeta un coup d’œil par la fenêtre, le soir n’était pas encore tombé mais cela ne devrait tarder. Il était temps pour lui de partir, car, il avait un rendez-vous qu’il ne pouvait manquer.
Aujourd’hui, et pas un autre jour –il avait eu assez de mal à se souvenir de la date-, c’était jour de fête à la forteresse oubliée. Ce monde fêtait la reconstruction et la réhabilitation partielle du bastion. Ce n’était un secret pour personne là-bas et évidemment, il comptait bien s’y rendre pour glaner des informations. Le Hollow Bastion… Bien que Maléfique en ait fait un temps son repaire, c’était un des lieux sur lequel il avait le moins de dossiers. Depuis que ce système de sécurité anti-sans cœurs avait été mis en place, il avait toutes les peines du monde à entrer dans la ville. Ce n’était pas impossible, juste très risqué. Ne pouvant se séparer de Nox, il prenait le risque, à chacune de ses visites, de se faire repérer et d’entrainer la destruction de son cher compagnon. Alors, il ne s’y rendait qu’en cas d’extrême nécessité. Mais ce soir, toute la ville, tous ses habitants seraient rassemblés en un point précis, hors des murailles et de ce système de sécurité. Il ne pouvait pas laisser passer cette occasion en or de parfaire sa vigilance.

Un bal avait été organisé. Et qui dit bal, dit tenue correcte exigé, bien que celui-ci requérait en plus l’utilisation d’un masque. Il avait prévu le coup des semaines à l’avance. Il se leva de son lit, envoyant valdinguer plus loin un Nox mécontent par la même occasion, et alla ouvrir son armoire. A l’intérieur, peu de vêtements, essentiellement sobre et sombre. Il en sortit la pièce lumineuse, un magnifique veston en queue-de-pie immaculé, le pantalon de la même couleur, et enfin, un gilet couleur argent brodé finement. Il sortit également une chemise blanche, une cravate et une pochette assorties au gilet. Le tout était accompagné d’une paire de chaussures de ville blanches et d’un loup argenté richement décoré. Il en avait lui-même fait la demande expresse auprès de Maléfique, qui y avait accédé sans discuter. Sans même prendre le temps de vérifier qu’on l’observait ou non, le simili enleva ses bottes et se déshabilla. Il se fichait bien que quelqu’un le surprenne et n’avait, de toute façon, aucune véritable pudeur. Soigneusement, il enfila son costume, ajusta sa cravate grise et se recoiffa dans la glace. Il n’avait pas l’habitude de sortir sans sa capuche mais il devrait faire sans pour une fois, n’en déplaise à Nox. Ce dernier, bougon, se résolu à se fondre dans l’ombre de sa manche droite avant de rejoindre son dos, comme à l’accoutumée.
Sans plus de cérémonie, Sly ouvrit un portail des ténèbres et s’y engouffra.

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Dans cette plaine déserte séparant le bastion de la ville toute proche, une volute noire comme de l’encre apparut soudain. Emergeant comme par magie, Sly regarda tout autour de lui, vérifiant le chemin à emprunter et confirmant ainsi l’apparence déserte de l’endroit. Il était sur une des routes secondaires menant à la forteresse, la principale ayant été jalonnée de lampions sur tout le long pour guider les invités dans l’obscurité. Sachant parfaitement où aller, il la rejoignit et se mêla à la foule des habitants. Son loup bien en place et soulignant son regard de rubis, il eut droit à de nombreux regards, interloqués pour certains, envieux pour d’autres. Dans ce monde, il n’était pas aussi bien implanté qu’à Luxerion par exemple, et peu de gens le reconnaissait. Pour les autres, il était Elliot Sorion, simple voyageur de la lumière ayant modestement collaboré à l’une ou l’autres reprises à l’éradication des sans cœurs grouillant et infestant le château.

C’est donc tout naturellement qu’il avait été invité. Evidemment, la vérité était tout autre et il profitait de ces quelques raids pour remplumer lui-même les troupes des ténèbres. N’étant plus venu depuis plusieurs semaines, cela avait permis au comité de réhabilitation de sécuriser définitivement une partie de l’endroit et avait donc précipité l’organisation de ce bal exceptionnel. Un mal pour un bien. Puisqu’il ne pouvait pas entrer dans la ville comme bon lui semblait, il ferait sortir la ville de ses remparts. Et puis, il n’était pas impossible que les habitants voraces des ténèbres refassent une entrée fracassante à la fin de ces festivités, histoire de leur faire comprendre que la guerre pour la domination était loin d’être finie.
Mais l’heure n’était pas au complot et c’est avec un large sourire et un air enjoué qu’il se présenta dans la salle de bal. Personne n’avait pris la peine de le stopper, il était connu parmi les gardes et transpirait une délectable aura innocente et lumineuse. La salle était somptueuse et méconnaissable avec toutes ces lumières, toutes ces tables dressées à la perfection et cette piste de dance. Une douce musique provenant d’un orchestre rythmait la soirée. Dans chaque recoin, des petits groupes de gens s’étaient formés, certains attablés, d’autres non, pour discuter ou pour danser.

Sly attrapa une coupe de champagne en passant et se mit à déambuler, les sens en éveil. Rapidement, son regard se fixa sur un étrange duo féminin virevoltant sur la piste sous ce tempo enchanteur. Le simili eut toutes les peines du monde à reconnaître Androméda, apprêtée comme elle était. La femme était connue en ville pour les bienfaits que prodiguaient ses remèdes. Il avait été la voir une ou deux fois maximum, pour chercher des commandes spéciale pour le comité. Ça n’avait jamais été plus loin. Mais plus que sur cette dame d’âge mûr, ses yeux se posèrent sur sa délicieuse compagne divinement habillée de bleu. Même lui ne pouvait nier sa beauté parfaite de poupée de porcelaine. De là à dire qu’elle lui plaisait, on en était encore loin, très loin. Une seule personne avait le droit d’occuper ses pensées et d’obtenir ses faveurs et celle-ci n’avait malheureusement pas fait le déplacement.
Le simili ne l’avait encore jamais vu mais quelque chose le dérangeait déjà. Une jeune femme de son âge ne devrait pas devoir déprendre à ce point qu’une tierce personne pour se déplacer. Cette observation le préoccupait sérieusement lorsque soudain, elle tourna son visage en sa direction. La réponse fut flagrante et il s’en voulu même de ne pas y avoir songé plus tôt. Deux yeux gris et vides joliment souligné par un loup bleu roi. Elle était aveugle.

Il continua de les observer tout le reste de cette dance et les regarda prendre place à l’écart de la foule. Oui, cette jeune fille serait sa première cible de la soirée, à condition de pouvoir l’isoler de la suspicieuse et attentionnée guérisseuse. La providence répondit à son appel, puisque à peine quelques instants plus tard, la dame fut apostrophée et emmenée plus loin par un charmant couple. Sans attendre, il saisit cette chance et traversa la salle, en profitant pour reposer sa coupe vide sur la première table venue. Sur un ton extrêmement respectueux, il se présenta à la délicieuse jeune femme assise.

« Mademoiselle, pardonnez-moi ce dérangement, mais me feriez-vous l’honneur d’une danse en votre compagnie ? »

Il la savait non-voyante, mais ne prit pas le risque de la toucher ou de lui présenter son bras, comme le voulait pourtant la coutume. Il ne savait pas comment elle pourrait bien réagir d’être ainsi abordée par un inconnu. Mais, c’était un bal masqué, non ? Des inconnus, il y en avait littéralement partout autour d’eux.

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Sly ment en #990066Sly's theme song - Kit par Elsa~
« I'm a twisted, twisted little child. Use it, break it, throw it ~♪ Hilarious, don't you think ?~♪ »
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Arianne Di Lumen
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MessageSujet: Re: Que tombent les masques. [Pv: Sly] Que tombent les masques. [Pv: Sly] Icon_minitime1Dim 11 Oct - 20:19
Assise sur sa chaise, Arianne s’adonnait à de douces rêveries. Ses pensées vagabondaient sur la salle de bal où elle s’interrogeait grandement. À quoi pouvait-elle ressembler ? Que donnait cette vague immense de couleur et de motif que portaient de nombreux gens ? À quoi ressemblait leur accoutrement et leur masque qui cachait leurs faciès de la vue de tous ? D’après sa mère, ce n’était qu’une vaine mascarade inintéressante, mais pour Arianne c’était un mystère qui l’intriguait grandement. Seule dans son coin, elle aspirait à la tranquillité, imaginant ce à quoi pouvait ressembler cette pièce. Grâce à de nombreux livres qu’elle lisait avec passion, elle pouvait s’inventer une immense salle où une couleur fluide décorait les murs de celle-ci. Elle voyait une couleur sombre, comme les pierres. Un gris nuancé qui ne serait pas trop assombris par le temps. Aux fenêtres, elle imaginait des rideaux d’un rouge pourpre, mettant en valeur les cadrans dorée des vitres transparentes. Les tables seraient drapées d’un blanc pur, où des couverts en argent, ferait miroiter la lumière des grands lustres de cristal. Bien sûr ce n’était qu’une image imaginée de toute pièce, la princesse se doutait bien qu’au fond, elle était bien loin de la réalité, mais elle ne pouvait faire autrement que supposer ce qu’elle lisait dans les contes ou dans les récits historiques. Du moins, elle aurait pus ne se contenter que de cela, s’il n’y avait pas eu ce rêve qui semblait se passer dans un même événement de ce genre.

C’était un rêve, qu’elle avait toujours trouvé étrange et qu’elle ne pouvait s’expliquer. Il commençait toujours ainsi, elle se tenait là, au milieu d’une salle somptueuse où le blanc et le doré se mélangeaient pour donner une impression royale. Le sol semblait représenter un insigne, mais il était impossible de le distinguer à cause de sa grandeur. Dans cet imaginaire, Arianne voyait clairement chaque couleur, chaque matière, chaque personne qui se tenait autour d’elle. C’était comme si elle n’avait jamais perdus la vue. Les personnes présentent dans la pièce tournait et tournoyait comme une infinie qui ne cessait de se répéter. Les femmes souriaient, les hommes se montraient charmeur et galant, c’était un monde complètement différent, où les robes amples étaient parées de drapée et de froufrou en guise d’ourlet. Comme à chaque fois, la jeune femme regardait autour d’elle, constatant un miroir qui semblait refléter tout le monde sauf elle. C’était comme si elle n’appartenait pas à cet univers, où du moins, comme si elle n’y était plus. Cet endroit était lumineux et chaleureux, c’était une fête majestueuse, jusqu’à ce que qu’une ombre engloutisse tout. Les couleurs s’étaient évanouies, les gens criaient, hurlaient, mais Arianne était incapable de comprendre ce qu’ils disaient. Peu à peu, elle se retrouvait dans un néant total où elle était incapable de faire quoique ce soit. Ses pas, résonnaient dans un écho virulent, essayant d’étouffer les cris qui lui brisait le cœur. Sa respiration était saccadée, elle avait l’impression d’étouffer, de se laisser submerger par cette tristesse indescriptible. Soudain, elle s’arrêta, faisant face à un couple qu’elle n’avait jamais vu auparavant. L’homme affichait une expression de tristesse intense, avant de lui tourner le dos et de disparaître, seule la femme, restait face à la demoiselle qui ne savait ce que cela représentait. À chaque fois, la femme se mettait à pleurer, avant que son bras droit ne se lève. Elle semblait vouloir dire quelques choses, mais jamais sa voix n’atteignit Arianne, qui ne savait ce qu’elle disait. Généralement, il s’arrêtait là. Il n’y avait jamais eu de suite à cette fiction qui perturbait la rêveuse. Qui était ses personnes ? Cet homme ? Cette femme ? Est-ce qu’ils étaient la représentation débordante des multiples contes lus ? Plusieurs fois, la princesse avait voulus se risquer à demander à Androméda, mais jamais elle n’avait eu le courage de lui conter ce qu’elle entrevoyait dans le pays des songes. Car après tout, elle n’avait jamais connus de luxe, et elle avait encore moins souvenir de s’être trouvée dans pareille demeure.

Alors qu’elle semblait se questionner sur la signification de cette utopie, une voix l’arracha de sa torpeur, dirigeant son attention sur l’invité qui lui proposait de danser. Le timbre de ses paroles, laissait clairement comprendre qu’il s’agissait là, d’un jeune homme. Il était impossible pour Arianne de lui trouver un âge adéquate, mais au fond cela lui importait peu. Il dégageait une aura innocente et lumineuse, laissant penser à la demoiselle qu’elle se trouvait devant un garçon aux principes nobles. Sa courtoisie était appréciable, et bien que la jeune femme ne voulait pas trop s’éloigner de sa mère, elle décida d’accepter cette invitation. Après tout, elle ne risquait rien parmi tous ses gens, et ce n’était qu’une danse, avec un étranger certes, mais après tout, ça ne risquait pas d’être le seul en cette soirée.

« Ce sera avec joie que j’accepte votre proposition. » Un doux sourire flotta sur ses lèvres rosées en signe d’approbation et de politesse. « Je vous suis. »

Tout en disant ses mots, la jeune femme se leva hors de sa chaise pour se mettre à la hauteur du jeune homme. Sa main se tendit doucement, comme pour suivre la coutume qui impliquait l’homme à guider sa partenaire sur la piste de danse. Suivant les pas de son danseur, la belle Arianne se demandait en son fort intérieur à qui pouvait-elle bien avoir à faire. Une curiosité frappante commença à germer dans son esprit. Elle ne pouvait pas vraiment le juger sur la seule phrase qu’il lui avait adressée, pourtant, celle-ci avait suffis pour qu’elle s’interroge sur ce jeune homme. Sa voix, ne lui paraissait pas étrangère, aussi, elle commençait à réfléchir à comment elle avait pus l’entendre. Alors que les deux partenaires semblaient prendre place sur la piste de danse, la belle princesse attendit quelques secondes que le jeune homme soit prêt avant de démarrer les quelques pas pour engager ce nouveau ballet. La musique semblait assez douce avec quelques notes parfois rythmées, elle était engageante, mais pas assez pour se permettre des folies. C’était une sorte de valse, une danse qui permettait de rapprocher les danseurs, tout en gardant une distance raisonnable et respectueuse. Alors que la demoiselle suivait les mouvements de son partenaire, celle-ci décida de briser doucement la glace, commençant la conversation avec une question.

« Dites-moi. Votre voix me parait quelques peu familière. Auriez-vous fait escale de temps à autre chez ma mère qui se nomme Androméda ? » C’était une question qui pouvait paraître étrange sur le coup, mais la jeune femme voulait s’assurer de ce qu’elle se souvenait. « Je suis navrée si je vous parais indiscrète, et je vous présente mes excuses si mes impressions sont infondées. Mais quelque chose me dit que je vous ai déjà entendue. »

Peut-être que celui-ci pourrait lui confirmer ses doutes. Après tout, quand un client venait dans leur demeure, Arianne était toujours occupée dans une autre pièce, mais à défaut de voir, elle entendait nettement les quelques clients qui se présentait auprès de la sorcière. Préférant laisser cet humble danseur répondre, la princesse se tut pour laisser place à la musique, espérant qu’elle ne se trompait aucunement sur l’identité de ce jeune homme.

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MessageSujet: Re: Que tombent les masques. [Pv: Sly] Que tombent les masques. [Pv: Sly] Icon_minitime1Dim 8 Nov - 2:08
Au début de cette soirée délicieuse, le soleil avait enfin rejoint sa demeure, laissant sa place à ce ciel nocturne, drapé de myriade d’étoiles.  Le bal tant attendu battait son plein, résonant de la douce musique de l’orchestre mêlé aux discutions tantôt calmes, tantôt enflammée des badauds. La plupart des invités devait être arrivé désormais, voisins de la vie, inconnu pour quelques heures, et, le temps d’une danse ou deux, ami, amant ou confident. Jouant le jeu de la mascarade, toutes ces personnes oubliaient le temps d’un soir leur vie à l’extérieur de ces murs. Ainsi, le noble côtoyait le simple marchant, le notable échangeait volontiers avec le pilier de la taverne, et les couples se faisaient et se défaisait aux rythmes des mélodies. 
Au milieu de tout ça, un simple intrus, se fondant dans la masse compacte de la foule avec une telle aisance, avec une telle confiance. Slalomant de discussion en discussion, d’un groupe de parole à l’autre, le sourire aux lèvres, juste un simple jeune homme, un parmi tant d’autre, juste un inconnu habillé de blanc et d’argent, un parmi tant d’autres. 
Mais derrière le masque, derrière le sourire, derrière les flatteries, derrière les vaines paroles, qui avait-il ? Personne, littéralement, personne, si ce n’est un monstre…un monstre de tromperie, un véritable caméléon social, capable de se conformer à son interlocuteur à la perfection, lui disant quelque part ce qu’il voulait entendre, rien de plus. 

Qui aurait pu croire qu’un affilié des ténèbres se glisserait parmi eux ? Qu’il oserait se montrer au grand jour, juste pour quelques pas de danse et une coupe de champagne ? Se croyant en sécurité dans cette forteresse millénaire, s’enivrant de cocktails et de ce théâtre grotesque, tous ces gens devenaient vulnérables, si vulnérable… Ce soir, aucun d’entre-deux ne mourrait, aucun d’entre eux ne serait même blessé ou porté disparu, mais ce soir, sans vraiment s’en rendre compte, ils perdraient une fois encore, un peu plus de terrain face à l’obscurité. Quel meilleur endroit que celui-ci ? Quel meilleur moment que celui-ci ? Quel instant plus propice Sly aurait-il pu choisir pour s’insinuer plus loin encore dans le quotidien des habitants de cette ville si peu accueillante pour lui ? Ici, il était véritablement dans son élément. Ici, il pouvait déployer tous les talents qu’il possédait, faire des rencontres, nouer des liens, collecter des informations… C’était sa mission première, après tout, celle pour laquelle il excellait, plus que n’importe quelle autre. Oui, pour rien au monde, il n’aurait raté cette fête.

Sans vraiment savoir pourquoi, son regard s’était accroché sur cette femme drapée de bleu, virevoltant au milieu de la piste de danse. Elle était juste…à couper le souffle, cette tenue, ce masque rehaussant sa grâce et sa beauté naturelle. Ses gestes, ses pas, tout ce qu’elle dégageait semblait comme…spécial à ses yeux. Le choix du simili s’était donc fixé sur elle, ou plutôt, elle s’était imposée à lui, à son esprit. Il devait en savoir plus, il devait savoir qui elle était, ce qu’elle faisait, il devait le savoir…il en avait même besoin. L’œil spectateur, le voyant traverser cette salle bondée, sans jamais dévier de sa trajectoire, allant droit à sa rencontre, aurait pu croire que ce si charmant jeune homme avait eu tout simplement un coup de cœur pour la sublime inconnue. C’était si courant dans ce genre de soirée. En effet, s’il avait été doté d’un cœur, s’il avait été un humain « normal », un individu entier, capable d’affection, capable d’empathie, capable…d’aimer, tout simplement, il serait sans doute tombé sous son charme, véritable cadeau des Dieux. Mais il n’en était rien. Il n’était qu’un monstre creux, dont l’absence de toute forme de sentiments lui permettait de les singer à la perfection. Juste un acteur né, changeant de personnalité comme de rôle, comme de nom, aucune once de sincérité ne franchissant ses lèvres. 

Se présentant à la jeune femme, il lui demanda une danse. Quelle meilleure excuse que celle-ci pour prolonger la fête en sa compagnie, sans éveiller le moindre soupçon ? Mais il se devait être prudent, il se devait de tenir son rôle, de jouer la carte du respect, la carte de la lumière… après tout, elle pouvait toujours refuser, le trouver beaucoup trop cavalier à son gout. Mais elle n’en fit rien, et, un sourire discret flottant sur sa bouche de pêche, elle accepta sa proposition, s’accrochant à son bras qu’il présenta alors. Il la mena sur la piste de danse, précautionneux, attentionné. C’était la première fois qu’il avait à faire avec une aveugle et la dernière chose qu’il souhaitait, c’est que ce moment soit brisé par un quelconque accident stupide et évitable. Apparemment, elle se débrouillait plutôt bien, même au milieu de cette foule pas toujours très attentive aux besoins des personnes de son handicap. L’observant du coin de l’œil, il enregistra cette information.

Lorsqu’ils arrivèrent sur la piste, la musique changea, passant à une mélodie douce, enchanteresse, invitant à une valse. Parfait. Comme le voulait la tradition, il lui fit une révérence avant de prendre sa main, pour mener la danse. Et quelle danse… une valse, rien que ça. Sly la connaissait, par cœur, sur le bout des doigts, malgré son jeune âge, malgré que Maléfique ne soit pas vraiment le genre de personne à s’adonner à pareille activité. Il plaça une main dans celle de sa belle inconnue, l’autre se calant au niveau de son omoplate puis, laissa faire son corps. Ce n’était pas plus compliqué que cela, pour lui. Les pas lui venaient tellement naturellement. Il connaissait cette dance, mais ne l’avait jamais apprise. Il pouvait en exécuter chaque pas, suivant l’air chantant, s’adaptant au rythme de sa partenaire, sans jamais devoir y réfléchir. Chaque fibre de son corps se souvenait de ce que les ténèbres lui avaient pourtant arracher. Il ne savait pas, plutôt il ne savait plus qui la lui avait enseigné, avec qui il avait déjà pu la danser… Il avait juste cette…impression, l’impression qu’elle avait été une personne importante pour lui, dans cette autre vie, cette vie pathétique d’humain, cette vie sans intérêt…mais cela n’avait de toute façon aucune espèce d’importance. Et ça n’en aurait jamais…n’est-ce pas ? Tout ce qui comptait, c’est qu’une fois de plus, ces connaissances d’un autre temps pouvaient servir ses sombres dessins.

Ainsi proche d’elle, le simili avait tout le loisir de la contempler. Si déjà, de loin, son regard avait été accroché par elle, à cette distance, il ne pouvait tout simplement plus se détacher de ses yeux gris et mort. Quel étonnant mélange. Tout en elle semblait transparaitre une certaine vie, un certain éclat, tout sauf ses yeux, contrastant superbement avec son visage. Elle rompit le silence la première, le sbire de la sorcière des ténèbres étant trop absorbé par sa contemplation pour le faire lui-même.
 
« Dites-moi. Votre voix me parait quelques peu familière. Auriez-vous fait escale de temps à autre chez ma mère qui se nomme Androméda ? Je suis navrée si je vous parais indiscrète, et je vous présente mes excuses si mes impressions sont infondées. Mais quelque chose me dit que je vous ai déjà entendue. »

Interloqué, il resta plusieurs secondes interdit. Androméda était sa mère ? Il ne savait même pas qu’elle vivait avec quelqu’un, encore moins qu’elle avait un enfant. Il réfléchit, les âges pouvaient en effet correspondre… mais cette délicieuse inconnue devait alors plus tenir de son père que de la guérisseuse, car il n’arrivait pas à déceler le moindre trait commun entre elles. Il en connaissait trop peu, trop peu pour pouvoir en tirer la moindre conclusion et il pesta intérieurement contre cet état de fait. Il ne voyait pas pourquoi il lui mentirait. ‘Elliot’ s’était en effet déjà rendu dans la boutique d’herbes de la forteresse oubliée. Un sourire factice plaqué sur son visage, même s’il savait pertinemment qu’elle ne pouvait pas le voir, il prit à son tour la parole.

« Effectivement, on ne peut rien vous cacher. Je me suis déjà rendu à quelques occasions dans la boutique de votre mère, même si je n’ai jamais eu l’honneur de vous y rencontrer… » Il marqua un temps d’arrêt, cherchant ses prochains mots. Définitivement, il devait en savoir plus sur elle. « A vrai dire, je ne soupçonnais même pas votre existence, je ne suis pas natif de la Forteresse…Puis-je savoir à qui je dois cette danse, à moins que vous ne souhaitiez poursuivre le jeu de la mascarade. »

Puis, la mélodie de l’orchestre ralentit pour finalement s’arrêter, prêt à passer à la chanson suivante. Sly conclu alors cette danse, bien trop courte à son goût, saluant sa partenaire. Amenant une main à sa nuque, il paraissait soudain un peu gêné, bien qu’il n’en fût rien. Feignant la sympathie, feignant l’attitude d’un jeune homme poli mais plutôt sous le charme, il la rejoignit.

« Pour être honnête, j’avais peur de m’ennuyer en venant ici…Je ne connais pas grand monde. Que diriez-vous si nous…faisions plus ample connaissance ? »

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MessageSujet: Re: Que tombent les masques. [Pv: Sly] Que tombent les masques. [Pv: Sly] Icon_minitime1Mer 11 Nov - 16:05
La main de la belle jeune femme était jointe à celle de cet étranger. Son autre main de libre se posa sur son épaule avec une telle douceur, qu’on aurait pu croire que celle-ci n’avait jamais atteinte sa destination. C’était une danse à la fois enivrante, mais distante, où le moindre contact ne durait qu’un temps, celui de la musique. Suivant les pas de son cavalier, Arianne se laissait emporter par le rythme des instruments, appréciant les sons, qui se voulait doux, mais aussi mélodieux. Bien sûr, il n’avait pas que l’instrumental qui avait attiré son attention. Depuis quelques minutes déjà, elle ne cessait de se questionner sur le timbre de voix de son partenaire. Son ton, son élocution, ce n’était pas la première fois que la princesse l’entendait, et bien que cela doive dater, elle reconnaissait toujours les clients de la boutique de sa mère adoptive. Décidant de questionner le brave sur les visites de celui-ci au sein de sa demeure, Arianne décida de jouer franc jeu, restant tout de même polie et courtoise, tout en s’excusant si jamais sa mémoire lui faisait défaut. Très vite, le jeune homme lui répondit d’un air tout aussi distingué, confirmant les dires de la demoiselle, tout en annonçant qu’il n’avait jamais eu l’occasion de rencontrer celle-ci. Un fin sourire sur ses lèvres rosées, la jeune aveugle était plutôt soulagée que sa mémoire ne lui fasse défaut et c’est donc d’une voix douce, mais amusée, qu’elle répondit en retour à ce jeune homme, de façon à lui expliquer pourquoi elle paraissait n’était qu’une rêverie.

« Si vous ne m’avez jamais rencontrée, c’est parce que je ne préfère pas déranger ma mère quand celle-ci fait affaire. Il serait inconvenant de m’occuper de ce qui ne me regarde pas. »

En y pensant, il était vrai qu’elle n’avait jamais vraiment questionnée Androméda concernant ses préparations, ni sur les clients qu’elle côtoyait. Il lui était arrivée une ou deux fois, de l’aider dans une mixture, mais rien de plus, rien de moins. Alors que la musique avait repris ses droits, le cavalier d’Arianne se remit à élever de nouveau sa voix, expliquant quelques peu ses origines, tout en essayant d’en savoir plus sur la demoiselle. Une question qui n’était pas sans surprise, surtout quand — comme il le disait — on n’était pas natif de la forteresse oubliée.

« Oh. Je comprends mieux, pourquoi votre venue était des plus occasionnels. Je devrais sûrement jouer au jeu de la mascarade comme vous le dites, mais je pense que cela soit inutile, au vu que tout le monde semble se reconnaître dans cette salle. » Pour preuve, il suffisait d’entendre les discussions aux alentours, pour confirmer que le masque n’était pas une entrave à l’identité de chacun. « Je me nomme Arianne est comme vous le savez, je suis la fille d’Androméda. Et vous ? Puis-je savoir avec qui ai-je l’honneur de danser ? »

À peine le jeune homme avait-il eut le temps de répondre, que cette douce fanfare s’était mise à ralentir de plus belle, pour finalement se taire. Les applaudissements avaient envahi un bref instant la salle, avant de se taire, pour laisser une nouvelle mélodie embellir de nouveau la pièce. Adressant une brève révérence à son acolyte de ballet. La demoiselle commença à s’éloigner doucement de quelques pas, de façon à se trouver hors de la piste de danse. Sans repère, il était difficile de s’y retrouver, aussi, elle ne tarda pas à s’arrêter, de façon à mieux entendre les sons qui l’entouraient, mais aussi les auras des gens qui ne cessaient de jacasser. Soudain, la voix de ce jeune adonis, l’interpella de nouveau. Celui-ci semblait lui expliquer son embarras, dû au fait qu’il ne connaissait pas beaucoup de personne au sein de la forteresse oubliée. Un embarra qu’Arianne comprenait parfaitement. Elle aussi avait vécue ce sentiment-là première fois qu’elle avait atterrit à la ville de traverse. Certes, il y avait beaucoup de personnes venant du jardin radieux à cette époque, mais pas assez, pour se permettre de rester en groupe soudé. Alors que la jeune femme adressa un sourire compatissant, ses mains attrapèrent doucement celle du jeune homme, comme pour l’accueillir avec chaleur et bienveillance.

« Ce serait avec plaisir. Je comprends quelques peu votre détresse, et ce n’est pas toujours simple d’attirer la sympathie des autres. De plus, j’aimerais aussi en apprendre un peu plus sur vous. Vous avez attisée quelques peu ma curiosité. » Cela lui ferait une connaissance de plus. Une personne au quelle elle pourrait discuter tout en attendant le retour d’Androméda. Relâchant avec cette même douceur les mains de son interlocuteur, Arianne reprit de nouveau la parole sur un ton un peu plus enjoué. « Vous ne venez donc pas de la forteresse c’est cela ? De quel monde êtes-vous natif ? Comment vous êtes vous retrouvé ici, au sein de cette fête ? Il n’est pas courant de voir des voyageurs participer à de telles festivités. Du moins, vous êtes le premier que je rencontre. »

Ce n’était que des questions innocentes, le stricte nécessaire pour mieux connaître cet étranger à qui elle avait affaire. Après tout, bien qu’il soit un client d’Androméda, la belle aveugle ne le connaissait pas plus que cela. Bien que sa voix lui fût familière, ce n’était pas assez pour se permettre d’être tout aussi indécente envers lui. Alors qu’elle écoutait avec une attention particulière les dires de ce jeune homme fort bien poli, quelques choses percuta le dos de la princesse, l’obligeant à faire quelques pas en direction de son interlocuteur. Juste assez pour séparer le peu de distance qu’ils s’étaient donnés. En se retournant, Arianne entendit une voix qui s’excusa alors, avant de repartir de plus belle, dans une direction opposée à la jeune femme. Reculant à nouveau de quelques pas, la demoiselle ne semblait pas s’être offusquée sur l’incident. Après tout, cela pouvait arriver, surtout dans une pièce où la foule était aussi abondante. L’orchestre ne cessait de jouer sans s’arrêter, offrant cette fois-ci un son plutôt fort et beaucoup plus rythmée qu’à l’accoutumé. En constatant ce fait, la jeune femme se tourna vers son ancien cavalier, décidant qu’il était temps de trouver un endroit plus approprié pour une discussion.

« Que diriez-vous de continuer notre conversation vers un endroit un peu plus calme ? Non pas que cela me dérange de m’entretenir avec vous ici, mais je pense qu’il serait plus judicieux pour nous de s’entendre aisément, vous ne pensez pas ? »

Attendant une confirmation à ses dires, la belle aveugle était persuadée que cela serait moins fatiguant pour elle, comme pour son partenaire de s’éloigner hors de ce cadre festif. Aussi, elle ne se gênerait pas pour lui présenter son bras si besoin, de façon à le suivre hors de ce ballet aux mille sons. Le lieu qui serait plus propice était certainement le balcon qui donnait une vue imprenable sur la ville et sur la vallée, mais encore fallait-il le voir pour s’en éblouir. Bien sûr, si jamais son cavalier ne voulait quitter ses lieux, Arianne ferait selon ses envies, mais après tout, qui n’était pas contre pour un peu de tranquillité et de fraîcheur, hors de cette foule, mais surtout de se brouhaha entêtant ?

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Sly
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MessageSujet: Re: Que tombent les masques. [Pv: Sly] Que tombent les masques. [Pv: Sly] Icon_minitime1Mar 22 Déc - 17:18
Au milieu de cette foule de gens, au milieu de toute cette lumière, artificielle comme naturelle, exhalant ce simulacre dégoûtant et néanmoins nécessaire, Sly se trouvait véritablement dans son élément. Mieux que ça, c’est comme si il avait été pensé, créé, exprès pour ce genre d’évènement, pour ce genre de mission. Un véritable caméléon de sociabilité, pouvant passer du rire aux larmes en un instant, de la morosité à l’hilarité la plus profonde, se conformant aux souhaits et aux envies de ses interlocuteurs, leur disant uniquement ce qu’ils avaient de savoir, pouvant même feindre l’intérêt, l’incompréhension, et le mécontentement lorsqu’il le fallait. 

Oui…Le simili se sentait pleinement comme un poisson dans l’eau, dans cette salle pourtant emplies de ses ennemis et de ses proies. A chaque instant, à chaque moment, il risquait de se faire repérer, de se faire démasquer, attraper et enfermer par ces gardes, ces hommes d’armes qu’il côtoyait pourtant régulièrement, lors de ses missions de purge de la forteresse. Après tout, il suffisait qu’il relâche un instant cette copie figée d’aura, celle qu’il avait ramené de ses songes si peu importants, pour que tous se rendent compte de l’effroyable vérité de sa personne. Pour que tous se rendent compte de la vacuité de son être et par la même occasion, de sa dangerosité. Car, nul à la forteresse n’ignorait à quel point ceux de son engeance pouvait être…nuisibles pour cette paix toute apparente. Après tout, il suffisait simplement que Nox, ce sans cœur dont il ne pouvait se séparer, ne sorte de sa cachette, dans une quelconque lubie de prendre l’air, pour que sa couverture ne vole en éclat. Mais il n’en était rien. Son Nocturnes savait ce qu’il avait à faire, il connaissait le moindre de ses désirs, de ses envies et ceux, avant même qu’il ne puisse y songer. Tout comme quelque part, il était capable d’analyser ses réactions, à défaut d’avoir une quelconque emprise sur eux. Et ce soir, il avait bien compris, son cher sans cœur avait bien compris que son partenaire d’éternité se passerait de ses services en cette délicieuse soirée. 
Loin de s’en inquiéter, très loin même, on aurait presque pu dire que Sly…profitait de la soirée. Du moins, extérieurement, puisqu’il intérieurement, rien de tel ne pouvait émerger du néant de sa poitrine. Rien. Absolument rien. Ce qui rendait encore plus étrange le fait que son regard avait été comme accroché par la jeune femme. Puisqu’il ne pouvait pas sentir ces étranges sentiments, ces inutiles sentiments comme ‘l’affection’, ‘l’amour’ ou même ‘la haine’ qu’est ce qui l’avait poussé à choisir cette femme parmi toutes les autres cibles potentielles qui peuplaient cette soirée ? Il n’en avait pas la moindre idée. Sans doute était-ce une espèce d’instinct, une espèce d’impression qui avait guidé son choix. En tous cas, il n’y avait pas grand-chose de rationnel là-dedans, car même avec ces seuls fragments d’informations, il lui semblait qu’elle n’avait pas grande importance dans la vie de la citée. Elle était juste la fille de l’étrange guérisseuse…pas de lien avec les dirigeants pas de liens avec ceux qui s’occupaient du système de sécurité, pas de lien avec le comité de restauration…non, rien…pour le moment. Pourtant, il n’était pas près de lâcher sa proie…Oh, non…loin de là…Car s’il ne pouvait définitivement pas ressentir la moindre chose pour elle, elle avait quand même réussi à capter sa curiosité. Sa curiosité malsaine et cynique… Moteur de beaucoup de ses gestes… Il était généralement plus dangereux d’être l’objet de son intérêt que d’être simplement son ennemi, aussi paradoxal que cela puisse paraitre.

Lorsque le simili jetait son dévolu sur quelqu’un, quelqu’un de ‘rare’, il était capable de tout faire pour se frayer une place dans la vie et le cœur de la personne en question. Quitte à véritablement détruire sa vie, avant de la lui prendre. Car c’était dans les moments de troubles qu’il arrivait le mieux à s’imposer, à pénétrer dans le cercle restreint de ce qu’ils nommaient ‘amis’. Tout ça…tout ça…pour sa curiosité perverse…Tout ça…pour pouvoir remplir un énième fichier. Elle avait capté son attention alors, il décida au beau milieu de cette danse qu’il volerait son cœur, dans les deux sens du terme.

Car, Sur cette piste superbe, à la musique douce et enivrante, qu’auraient pu observer ces yeux spectateurs, bien cachés derrière leurs masques ? Nombres de gens leur jetaient des coups d’œil interloqués, accrochés par la grâce naturelle de la cavalière, donnant plus l’impression de flotter plutôt que de marcher. Ou alors ils s’interrogeaient sur son inconnu de danseur, aux gestes d’une précision, d’une minutie à toute épreuve, qui, grâce à son masque ou parce que personne ne le reconnaissaient vraiment, réussissaient à garder son identité secrète. Ce qu’ils voyaient, ce qu’ils croyaient percevoir, c’était la fable d’un jeune homme aux petits soins pour une belle inconnue…une véritable histoire de conte de fée, leur arrachant quelques sourires discrets. Cette valse enivrante eût au moins le mérite de lui faire apprendre le nom de sa belle, qui, comme il l’avait espéré, n’était pas du tout une adepte du jeu de la mascarade. Arianne…prétendue fille d’Androméda… Aucune chance qu’il oublie ce nom. Il enregistra l’information avant de lui donner ce qu’elle lui réclamait, un sourire presque franc aux lèvres. Il n’avait pas de raison de lui cacher son nom d’emprunt, et il comptait bien faire en sorte que ce peuple de couards, bien planqué derrière leur système de sécurité, n’ait que ce nom sur les lèvres dès la fête terminée.

« Elliot Nym. Pour vous servir, miss Arianne. »

Touchante présentation…mais ce n’était qu’une fable grotesque, ne reposant sur rien, si ce n’est ces faux-semblants dont le simili se parait à longueur de journée.
Ils les laisseraient jaser, c’était le but de cette soirée après tout. Ils les laisseraient se faire leur propre idée de ce qu’il observaient…Ces premières impressions étant tellement plus efficace que le plus élaboré de ses mensonges.

Satisfait des premiers commentaires lancés à demi-mot sur leur performance, il décida de tout faire pour ne pas lâcher sa douce poupée de porcelaine. Au pire, il aurait un refus, et se jetterait sur une autre cible, au mieux…cette soirée avancerait selon ses plans… Feignant l’embarras, il lui fit part de ce pur mensonge, qui sonnait pourtant si bien une fois sorti de sa gorge. Avec une douceur qu’il avait rarement ressenti, Arianne s’empara de ses mains, immaculées pour le moment, bien souvent souillées, acceptant sa proposition pas si innocente que ça, lui donnant cette douce excuse de la curiosité. Quelque part, il ne pouvait qu’être d’accord avec elle sur ce point. Rien de tel que la curiosité pour vous pousser hors de vos retranchements, vers des territoires inconnus. Puisqu’il reçut une réponse positive, Sly lui adressa un sourire un peu plus radieux, comme ce jeune sous le charme qu’il avait décidé de feindre toute la soirée, plus pour l’assistance que pour elle, d’ailleurs. Emportée dans cet élan de vouloir en savoir toujours plus, la jeune femme le questionna sur les raisons de sa présence ici, sur ses origines. Alors qu’il amorçait un début de phrase, un mouvement de foule, fort peut prudente et commençant sans doute à s’alcooliser un peu, bouscula son ancienne cavalière, la faisant s’approcher de lui de façon inattendue. D’instinct, feignant un temps la surprise, pour éviter de la voir s’écraser lamentablement sur le sol ou sur lui d’ailleurs, il se permit de la rattraper, l’une de ses mains, prise dans le mouvement, effleurant sa taille. Se rendant compte ce geste qu’elle pourrait trouver inconvenant, réussissant même à parer de rose ses joues, il prit les devants.

« V-veuillez m’excuser »

Mais, reculant vers sa position initiale, elle ne sembla ni s’offusquer des excuses sans doute sincère de l’autre personne, ni prendre en considération ce sauvetage étrange. Tant mieux. Si elle avait mal prit ce qu’il n’avait pu contrôler, le simili se serait fait un plaisir de retrouver l’imprudent et de lui faire subir mille tourments…Il n’aimait pas que l’on vienne gâcher le bon déroulement de ses missions.

« Que diriez-vous de continuer notre conversation vers un endroit un peu plus calme ? Non pas que cela me dérange de m’entretenir avec vous ici, mais je pense qu’il serait plus judicieux pour nous de s’entendre aisément, vous ne pensez pas ? »

Une occasion de s’isoler…parfait… Il n’allait pas passer à côté de cette chance en or que sa douce victime lui proposait si…gentiment, après tout. Ce n’était pas encore gagné, mais cette escapade était plutôt en bonne voie. Acquiesçant de quelques paroles, il alla rejoindre son bras si délicieusement présenté.

« C’est une excellente idée, il parait qu’ils ont même pu rouvrir le grand balcon. »

Avec précaution, il la guida au travers ces danseurs occasionnels, dont les pas, rythmés par une musique plus entraînante, étaient bien moins assurés que pour cette valse. A plusieurs reprises, le prétendu ‘Elliot’ dût s’excuser pour pouvoir passer, ou faire en sorte d’obliquer leur trajectoire pour éviter la collision avec l’une ou l’autre troupe. Malgré ces désagréments, ce sourire factice resta bien en place, tout comme sa courtoisie et ils purent enfin atteindre la fraicheur nocturne de l’extérieur. Arrivés à la rambarde, et puisqu’elle avait maintenant un repère solide ou s’accrocher, il lâcha son bras, reprenant la parole.

« Il me semble que je n’ai pas eu l’occasion de répondre à vos questions tout à l’heure… » Il marqua un temps d’arrêt, le temps d’être sûr d’avoir capté son attention. « Je crains m’être un peu mal exprimé tout à l’heure, je ne suis pas natif de la Forteresse, mais par contre, j’ai bien vu le jour dans son ancienne version : Radiant Garden, mais c’était avant que les ténèbres ne la réduise dans ce triste état… » Il soupira, paraissant affligé de ses propres mots. « Je n’ai pas eu le courage de m’y installer à nouveau, mais, quand j’ai vu que l’on cherchait des personnes pour nettoyer des dernières traces de sans-cœurs, je suis venu apporter mes services et c’est ainsi que j’ai reçu mon invitation pour cette soirée. Voilà toute l’histoire. »

Pourquoi justement choisir ce monde ? Pourquoi justement choisir ce lieu comme lieu de naissance de cette couverture qu’il voulait pourtant sans faille ? Il n’y avait qu’une seule et unique explication à cela. 

Les meilleurs mensonges sont ceux contenant une part de vérité.

Et puis, quelle meilleure excuse pour attirer une certaine sympathie ? Pour immédiatement créer ce lien grotesque dont ceux, pourvus de cœurs, avaient besoin ? 

Un serveur s’approcha alors d’eux, présentant son plateau empli pour moitié de coupes de champagne et de l’autre de divers petits fours chauds. Répétant son texte appris par cœur, il récita ce qu’il avait à offrir, c’est-à-dire divers bouchées aux goûts plus ou moins raffinées, allant de jambon cru-parmesan, au foie gars aux gros sels en passant par le traditionnel saumon fumé. Souhaitant évidemment aider son…’amie’ aux handicaps si peu pratique dans ce genre de situation, Sly s’occupa de prendre sur une serviette l’une ou l’autres de ces bouchées qu’elle lui indiqua, refusant poliment de son côté. Il les déposa, à portée d’Arianne, sur la rambarde, ainsi que deux coupes de champagnes, en gardant une pour lui. Il n’aimait pas manger, encore moins quand les aliments n’avait pas été préparé par ses soins ou qu’il ne s’agissait pas d’aliment brut, sans autre retouche extérieure donc. Mission ou, couverture ou non, cela ne changerait pas. Il ne pouvait pas passer à côté des risques d’empoissonnements. Et puis…cette sensation d’aliment dans sa bouche ne lui était de toute façon pas agréable. Le champagne, par contre, il l’accepta volontiers, ayant bien vu du coin de l’œil qui l’avait servi et de quelle bouteille ce liquide d’or était sorti. Ce petit interlude finit, il posa à son tour une question.

« Et vous ? Etes-vous également une ancienne habitante de Radiant Garden ou simplement vous êtes-vous installé à la forteresse lors de sa réhabilitation ? Quelque chose me dit qu’avec une mère comme Androméda, vous avez dû pas mal voyager malgré tout. »

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Arianne Di Lumen
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MessageSujet: Re: Que tombent les masques. [Pv: Sly] Que tombent les masques. [Pv: Sly] Icon_minitime1Dim 27 Déc - 23:12
Alors qu’elle venait de proposer au jeune Elliot de discuter dans un endroit un peu plus paisible, celui-ci accepta d’un air ravi. Visiblement l’idée n’était pas pour lui déplaire et comme pour montrer son approbation, il indiqua que le balcon de la salle de bal était à présent accessible. Attrapant son bras tout en se laissant guider à travers la grande salle, Arianne pouvait sentir petit à petit la fraîcheur de la nuit fouetter son doux visage. Bien que la saison n’était pas fraîche, il y avait un léger décalage de température entre la pièce et le dehors. La foule devait y être pour quelques choses, mais au moins, le balcon était un peu plus calme et moins étouffant. Quand elle sentis qu’ils approchaient d’une rambarde, la jeune femme lâcha peu à peu le bras de son cavalier, approchant ses doigts fins de la pierre froide. Le dessus de la rambarde était plate et bombée sur les côtés. Elle devait avoir une forme un peu ovale, sûrement qu’elle avait été travaillée avec minutie pour correspondre au décor du château. Sur le balcon, la musique de l’orchestre était beaucoup moins entêtante, elle était audible, mais beaucoup plus étouffé qu’à l’intérieur. Alors qu’elle essayait de se concentrer sur ce qui l’entourait pour mieux se repérer, le son de la voix d’Elliot se fit légèrement plus haute, de façon à attirer l’attention de la jeune femme qui se tourna peu à peu vers lui. Se repérant au son de sa voix, Arianne lui montrant qu’elle écoutait à présent ses paroles. L’histoire du jeune adonis avait quelques similitudes avec la jeune femme, comme quoi, le monde pouvait être petit. Bien sûr, ils n’avaient pas dû vivre de la même façon, ni même ressentir les mêmes choses, mais au moins, elle n’en savait un peu plus sur ce jeune homme qui lui était encore étranger.

« La destruction du jardin radieux n’à été facile à vivre pour personne. Chacun à du trouver la force d’affronter cette dure réalité. D’autres, sont revenus et d’autres, on préférée vivre ailleurs comme vous. » Ce n’était pas là des reproches au contraire, et pour preuve Arianne préféra continuer son récit, de façon à rassurer quelques peu le jeune homme. « Je trouve que ses deux choix demandent beaucoup de courage et de réflexion, aussi, je trouve ça humble de votre part d’être revenu pour aider les citoyens de la menace pesante des sans cœur. Vous avez du mérite. »

Ses paroles se voulaient douces et réconfortantes. Jamais elle n’aurait osée juger le jeune homme sur sa décision, car après tout, chacun vivait la situation selon ses propres émotions, aussi, juger une personne sur cela était tout bonnement une erreur à ne pas commettre. Du moins c’est ce que pensait la belle aveugle. Après ses brèves mots lancés avec sincérité, une présence ne tarda pas à s’approcher peu à peu des deux jeunes gens. Ses pas laissaient sous-entendre qu’il avait une démarche élégante, mais aussi consciencieuse. Une odeur de nourriture semblait émaner de lui, c’était un mélange de plusieurs ingrédients de qualités, dont du poisson qui se dégageait bien plus que les autres saveurs. Il y avait aussi une odeur un peu plus forte qui montait un peu à la tête, sûrement de l’alcool puisque dans ce genre de soirée, on proposait souvent de ce genre de breuvage. Alors que le jeune homme présenta ses divers bouchés de sa voix aimable, voir presque automate, Elliot décida de venir en aide à la jeune femme, commençant tout d’abord à s’approcher avant d’écouter les indications de sa partenaire. Plutôt mal à l’aise par ce genre de comportement, Arianne se tourna vers le serveur en lui indiquant qu’elle ne comptait rien prendre. Elle n’avait pas spécialement faim et boire de l’alcool n’était pas vraiment ce qu’elle appréciait le plus. Ses boissons étaient toujours trop fortes pour elle, aussi, elle préféra s’en abstenir. De plus, elle n’aimait pas trop participer à ce genre d’opulence, préférant se contenter de peu, plutôt que de consommer à l’excès. Après les deux refus, le serveur leur souhaita une agréable soirée, avant de prendre congé pour pénétrer à nouveau dans la salle. Un peu contrariée par ce qu’il s’était passé un peu plus tôt, la belle princesse tenait à mettre un peu les choses au clair avec le jeune adonis. Bien évidemment elle comptait rester courtoise et polie avec lui. Il n’avait rien fait de mal après tout, il était juste un peu trop condescendant.

« Vous savez monsieur Nym, je suis seulement aveugle. Votre attention et votre sollicitude à mon égard me touche beaucoup, mais je suis apte à pouvoir agir indépendamment de vous pour ce genre de choses. Vous n’avez pas besoin d’en faire autant. »

Elle afficha un doux sourire, comme pour montrer que ce n’était pas grave en soit. Toutefois, elle espérait que cela serait suffisant pour faire comprendre à son partenaire ce qu’il en était. Reprenant son sérieux, le jeune homme finit par lui adresser à nouveau la parole, lui posant une question simple concernant les origines de la demoiselle en question.

« Je suis aussi originaire du jardin radieux. Quand celui-ci à était détruit, nous avons préférée nous réfugier mère et moi à la ville de traverse. Comme beaucoup d’autres. » Elle semblait un bref instant pensive, mais elle continua ses dires malgré tout. « Quand nous avons appris que la citadelle était libérée des ténèbres, nous sommes revenues pour continuer nos vies ici. Certes, la forteresse oubliée est bien différente en tout point. Mais elle reste un endroit agréable à vivre. » Il suffisait de constater les efforts des nombreux habitants pour voir la richesse de ce nouveau monde. Elle pouvait paraître morne et sombre, elle n’en restait pas moins une ville où sa force résidait en chacun de ses concitoyens. Du moins, c’est ce qu’Arianne ressentait. « Concernant les voyages avec ma mère, on ne peut pas vraiment dire cela. Pour le moment, mère n’a pas besoin de voyager, mais j’ose espérée pouvoir lui porter l’aide nécessaire à ses besoins si cela devait arriver. »

Jusqu’ici, Arianne n’avait pas trop pensée à cette perspective. Est-ce qu’Androméda accepterait au moins que sa fille adoptive l’accompagne ? Sûrement que oui, car la sorcière n’aimait pas trop la laisser quand elle s’absentait, surtout quand elle se retrouvait toute seule. Bien sûre elle n’était jamais vraiment seule, car Chisé se trouvait toujours auprès de sa maîtresse, mais ce n’était pas vraiment comparable. En pensant à la solitude, Arianne se trouva de nouveau intrigué par le jeune Elliot. Lui qui disait ne connaître personne, n’avait-il pas croisée des anciennes personnes qu’ils connaissaient du jardin radieux ? Après tout, bon nombre de ses habitants étaient revenus pour repeupler la forteresse oubliée, donc il avait sûrement du revoir de vieille connaissance. Pour s’en assurer, la belle aveugle décida de lui poser la question, juste pour en être certaine.

« Puis-je me permettre de vous poser une question Monsieur Nym ? » Elle attendit un peu, avant de se lancer dans ses questionnements. « Vous m’aviez dit un peu plus tôt que vous ne connaissiez peu de personnes ici même, vous êtes pourtant originaire du jardin radieux n’est-ce pas ? N’avez pas de la famille ? Où des amis qui sont revenus au sein de la citadelle ? Nous sommes nombreux à être revenu aussi, peut-être qu’il y a des gens que vous connaissiez dans ce bal, mais que vous les aviez pas reconnus ? »

Cela pouvait être possible après tout. D’après Androméda, certaines personnes étaient méconnaissables, donc en toute logique, peut-être n’avait-il pas fait attention à la foule qu’il l’entourait ?

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MessageSujet: Re: Que tombent les masques. [Pv: Sly] Que tombent les masques. [Pv: Sly] Icon_minitime1Lun 25 Jan - 1:58
Là, au dehors de la cohue formée de ces gens trop nombreux, juste trop maladroits, un spectacle magnifique s’offrait au regard morne du simili. Ce regard dans lequel rien n’aurait dû se refléter et qu’il arrivait pourtant à parer de différentes couleurs : intérêt, colère, peur, amusement, n’importe quoi, car tout lui était possible de feindre… Absolument tout. Et à la perfection…Parfait, trop parfait. Après tout, si ce n’était pas le cas, il ne pourrait pas remplir ses missions et ça, ce n’était juste pas possible. Arrivé à l’extérieur de la forteresse en délicieuse compagnie, il eut tout le loisir de détailler ce nouvel endroit. La nuit était tombée depuis quelques temps déjà et une douce brise rafraichissait les convives. Le ciel nocturne s’était paré de sa myriade d’étoile, rendant ce lieu encore plus magique quelque part. Ces étoiles qui symbolisaient chacune un monde différent, qui symbolisait quelque part l’immense tâche qui lui restait à accomplir. Et puis, il y avait ce balcon de pierre, démesuré, si bien construit, si bien pensé, qui avait été restauré à la perfection par le comité de la Forteresse Oubliée. Dans leur genre, il faisait plutôt du bon travail, du trop bon travail même, à son goût… Voir tous ces gens, bavasser, danser, rire…s’amuser dans ce lieu qui aurait dû appartenir aux ténèbres ne lui faisait guère plaisir. 
Ah ! Si seulement il avait pu empêcher cela… Mais il restait seul sbire des ténèbres au milieu de tous ces affiliés de la lumière…Le mieux qu’il pouvait faire, c’était récolter toutes les informations nécessaires pour préparer un gros coup…un coup qui porterait, il l’espérait, le coup de grâce à ce monde déjà si instable. Pour ça, il lui fallait juste un peu de patience et supporter les simagrées de ces patins drapés de tissus lourds et onéreux. Dire qu’il y a quelques temps encore, cet endroit était le lieu de résidence privilégié de sa chère maitresse de l’ombre, guide unique de son destin : Maléfique. Comme il aurait aimé être présent durant ces moments de gloire, quand, à la moindre évocation du doux nom de celle qui guidait chacun de ses gestes, les humains se mettaient toujours simplement à avoir peur. Mais non, non…Il n’était pas présent durant cette période faste qui avait été trop vite interrompue par un gamin châtain armé d’une keyblade. Gamin auquel il ferait passer un mauvais quart d’heure s’il avait la chance de tomber sur lui… Avançant jusque cette balustrade courbe, il jeta un coup d’œil vers la pièce éclairée qu’ils venaient de quitter. Cette musque générée par l’orchestre devenait presque supportable ici. Ah, ces humains… Toujours obnubilé par l’attrait de la lumière, par la possibilité de se pavaner sous elle…Du moins en apparence, car grattez un tant soit peu la surface et ce cœur inutile et décevant ne souhaitait souvent que se baigner dans une mare noire et gluante de ténèbres…Quand il ne l’exhalait pas tout simplement. 
Ces humains, ces humains… Il n’avait qu’à regarder ce spectacle grotesque qui se jouait devant ses yeux pour comprendre ce qui n’allait pas chez eux. Dire qu’il avait été l’un entre eux… Qu’est ce qui le retenait de déchainer ses armées sur ces joyeuses festivités ? De leur gâcher la fête et l’existence, de leur faire bien comprendre que, en dehors de leur système de sécurité, ils n’étaient que de la nourriture potentielle pour sans cœur ? Quelque part, Rien ne le retenait. Rien du tout. Il n’avait qu’un mouvement de poignet à exécuter et tous ces gens verraient leur cœur s’envoler mollement de leur poitrine, arraché et dévoré cruellement par les extensions de sa personne. Quelle image…plaisante… Mais qui malheureusement ne cadrait pas avec la mission qu’il s’était fixé. Et puis, il ne devait oublier cette toute nouvelle proie sur laquelle il avait jeté son dévolu et sa curiosité malsaine… 

Arianne…Arianne…Bientôt, oui, bientôt, il en saurait plus sur elle…sur ses préférences, sur son histoire… Oh, il en avait presque hâte…presque… Déjà, il la savait très gentille et compatissante…Compréhensive aussi… Elle avait très bien compris dans quelle situation se trouvait ‘Elliot’, ainsi disloqué entre ‘son désir de retourner chez lui mais l’horreur qu’il avait à résider dans cette version corrompue de son Jardin Radieux’. Et l’occasion d’en savoir plus se présenta d’elle-même en la personne de ce simple serveur. De suite, Sly, ou plutôt Elliot, cet humain charmé dont il avait endossé la peau, s’était montré au petit soin pour la jeune femme privée de vue. Mais, alors qu’il pensait réellement bien faire, elle lui fit remarquer qu’elle préférait largement se débrouiller toute seule. Ça, il ne s’y attendait réellement pas. D’habitude, les femmes humaines aimaient plutôt bien que l’on soit au petit soin avec elles, anticiper tous leurs désirs et leurs envies… Mais pas celle-ci… C’était plutôt inattendu, surtout de la part d’une personne privée de la vue. A vrai dire, il s’était attendu à ce qu’elle soit plus…fragile peut-être. Plus dépendante sans doute…mais non et loin de là, même. Il nota cette information dans un coin de son esprit. Aucune chance qu’il l’oublie. ‘Elliot’ se sentit néanmoins obligé de s’excuser.

« Oh, Veuillez m’excuser. Je préfère me montrer prévenant plutôt qu’impoli. »

Puis, il reprit le cours de leur conversation, comme si de rien était. En effet, la jeune femme ne semblait pas lui tenir rigueur de cette insistance qu’il semblait faire preuve…Encore une information qu’il nota dans sa mémoire. Avide d’information, il lui posa innocemment une question sur ses origines et écouta avec attention sa réponse. Ainsi, elle ‘aussi’ était originaire du Jardin Radieux… Et elle avait été expulsée vers la ville de Traverse durant la période de trouble liée aux ténèbres. Il avait bien choisit sa cible, ainsi que le lieu de provenance de sa couverture…Rien de tel que de partager un moment entre ‘réfugiés’, non ? Rien de tel pour tisser plus de lien… Rien de tel pour susciter plus de curiosité, juste ce qu’il fallait… Car la proie mordit à l’hameçon. Intriguée par le jeune homme qu’elle avait en face de lui, intriguée par son histoire et peut-être même par sa personne, Arianne se risqua à lui poser une question supplémentaire sur son passé. Tout d’abord, elle lui en demanda la permission, qu’il lui accorda évidemment avec le sourire, d’un simple « Allez-y ». Ainsi, elle voulait savoir pourquoi il ne reconnaissait personne dans l’assemblée ici présente… Si elle savait la vérité sur son ignoble engeance, sur sa propre personne, elle ne lui poserait sans doute pas ce genre de question. Ou, si elle savait qu’elle discutait en ce moment avec un simili couvert d’un simulacre dégoutant de lumière figée, elle ne lui poserait pas ce genre de question. Parce que s’il ne savait plus rien de ces gens, c’était entre autre parce qu’il ne voulait rien avoir à faire avec cet ‘autre lui’, cet humain répugnant du passé qui venait hanter ses rêves d’images inutiles. Le simili ne répondit pas de suite à sa question. Il resterait dans son rôle et, même s’il n’avait pas vraiment de notion du temps qui passe, il connaissait assez bien la chronologie de ce monde pour ne pas se tromper. Son verre en main, il passa ses avants bras par-dessus la balustrade de pierre, se tournant complètement vers le paysage décharné de ce monde, le regard dans le vide. Il cherchait ses mots, du moins, c’est ce que ‘Elliot’ faisait et après un moment, il finit par lui répondre.

« C’est une bonne question » Il marqua un temps d’arrêt et déglutit, hésitant. « Vous savez garder un secret, Arianne ? » Il attendit poliment une quelconque confirmation de sa part. «  Je… Ne me souviens  pas de grand-chose de cette période, celle précédant l’arrivée des ténèbres. Ni de mes parents, ni de mes amis et je sais que la plupart des personnes ici présentes ne me reconnaissent pas. » Il n’employa aucunement un ton triste ou misérable. « Moi, je ne me suis pas réveillé à la ville de Traverse, je ne sais pas pourquoi, mais c’est ainsi, je suppose. »

Puis, Sly vida son verre d’une seule traite et le posa délicatement sur le rebord. Il était un simili, l’alcool n’avait donc pas vraiment d’effet sur lui et il pouvait largement se permettre ce genre d’effet  théâtral qui collait si bien avec un homme en mal de passé…Dire que quelque part, cette situation s’appliquait à lui également, sauf que lui ne voulait pas revoir ses anciennes connaissances…Et autre chose également…Quelque chose qui empêchait ceux présent à cette soirée de remettre son véritable nom sur son personnage. Et ensuite, il changea de sujet, préférant revenir sur elle que sur sa prétendue histoire qui n’avait pas de réel fondement. Son regard repartit dans l’exploration de la vaste plaine séparant la forteresse de sa ville.

« Vous vous êtes déjà rendue au nouveau Jardin Radieux ? » Il prit un ton un peu plus amer, légèrement contrarié. « Celui que le Roi Mickey a fait bâtir au lieu d’investir sur ces terres corrompues… » Il émit un petit rire de dépit. « Je pensais pouvoir m’y faire une idée mais non… Ce n’est qu’un monde creux au final… Je me demande ce qui a bien pu lui passer par la tête de faire ça. Ça n’a pas de sens…»

Avoir son avis sur le Roi-souris pourrait se révéler capital pour lui. Après tout, tout le monde connaissait cette drôle de lubie qu’il avait eu de ressusciter le jardin Radieux ailleurs qu’à la forteresse…Et tout ça pour y mettre ses apprentis Keyblade master en formation. Le comité de Restauration n’avait pas d’avis officiel sur la question, mais le simili se doutait que ne pas avoir reçu le soutien du Roi devait avoir laissé une profonde blessure chez bon nombre d’habitants et anciens habitants de ce monde décharné.

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MessageSujet: Re: Que tombent les masques. [Pv: Sly] Que tombent les masques. [Pv: Sly] Icon_minitime1Lun 25 Jan - 20:28
Elle s’était permise d’être indiscrète. De poser des questions concernant l’entourage de ce jeune homme répondant au nom d’Elliot Nym. Cela lui semblait étrange et intriguant de voir que depuis tout ce temps aucun proche n’avait donné signe de vie à ce pauvre garçon. La solitude était un sentiment amer, aussi, cela avait dû être dur de vivre seul, sans jamais trouver la trace des personnes qui nous sont chères. Profitant de cet échange pour se confesser un tant soit peu sur son histoire, le cavalier d’une soirée demanda d’un ton hésitant si la belle aveugle était capable de garder un secret. Il était évident que oui, mais en guise de réponse, Arianne hocha doucement la tête, lui adressant un « bien sûr » doux et réconfortant face à son malaise. Les explications se succédèrent et le verdict fut sans appel. Une amnésie. C’était là, la triste réalité concernant cet adonis abandonné de tous. Il ne se souvenait de rien. Ni du visage de ses parents, ni celui de ses plus proches amis et visiblement, personne n’avait l’air de se souvenir de lui et encore moins de le reconnaître. C’était un attristant constat. Pourtant, quand il s’était mis à raconter son histoire, rien ne semblait indiquer la morosité dans sa voix. Il semblait calme, comme s’il s’était fait à cette fatalité. Était-ce du courage ? De la prise de conscience ? Toujours est-il qu’Arianne n’avait pas omis le moindre mot. Écoutant avec attention Elliot, sans jamais le couper. Son récit se finit sur une note quelques peu fataliste. Il est vrai qu’on ne pouvait rien faire contre le destin, surtout quand celui-ci avait décidé de la tournure des choses. Pourtant, rien ne l’empêchait d’essayer de le contrer. Surtout si cela pouvait lui éviter des années encore de solitude.

« J’espère de tout cœur que vous retrouverez quelqu’un qui se souvienne de vous. »

C’était tout ce qu’elle pouvait ajouter, avec sa sincérité la plus honnête au possible. Revenir sur cette discussion serait une erreur, surtout au vu du comportement du cavalier. Elle ne pouvait pas le voir, mais elle pouvait le ressentir. L’entendre. Et d’ailleurs, elle fut impressionnée par sa descente concernant son verre de pétillant — ô combien luxueux —. N’était-ce pas un alcool qui s’appréciait à sa juste valeur ? Sûrement, après tout Arianne n’était pas fine connaisseuse dans ce domaine. Peut-être que les gens appréciaient la saveur de ce liquide à leur façon. Certains devaient le boire avec délicatesse et lenteur, tandis que d’autres le buvaient pour connaître l’ivresse et la fougue de son arôme. Toujours est-il que la demoiselle préféra mettre ça sur le compte du mal être et de la blessure profonde que ressentait l’adonis. Les secondes s’écoulaient avec minuties et très vite, Elliot décida de dériver la discussion sur un tout autre sujet, où du moins, il revenait sur le cas du jardin radieux. Mais pas de l’ancienne, non, il s’était mis à la questionner sur le nouveau jardin radieux, lui demandant si elle s’y était déjà rendue. Depuis qu’elle s’était installée à la forteresse oubliée, Arianne n’avait jamais vraiment voyagé à part vers la ville de traverse qui fut son refuge pendant quelques temps. Elle n’avait donc pu mettre les pieds sur la citadelle qui avait été rénovée. Répondant d’un signe de tête d’un air négatif, Elliot ne tarda pas à s’exprimer à nouveau, laissant son ton devenir de plus en plus agacé. Un jonglage parfait entre indignation et frustration. Ses mots étaient forts, il semblait juger une situation dont il ne connaissait pas vraiment les détails. De plus, il décrivait la forteresse oubliée comme une terre corrompue. Une définition bien trop virulente et bien trop faussée à son goût. Se tournant vers son interlocuteur pour lui faire face et attirer son attention, Arianne n’hésita pas à exposer le fond de sa pensée, usant de sa franchise et de ses propres mots amplis de sagesse.

« Le roi Mickey doit sûrement avoir ses raisons concernant ses choix et ses actes. Qui sommes-nous pour juger de cela ? Nous ne savons pas combien il a dû réfléchir à ce choix crucial. Nous ne pouvons donc pas tirer de conclusion hâtive. »

De plus, Mickey n’était pas vraiment le représentant de la forteresse oubliée, ni du jardin radieux. Il n’avait aucun pouvoir concernant ses deux royaumes. Peut-être avait-il recréé le jardin radieux à la demande de l’ancien dirigeant de celui-ci ? Peut-être avait-il conclus un accord avec le comité de restauration ? Personne ne savait, aussi, Arianne ne se voyait pas médire sur ce genre de choses. Elle en était tout simplement incapable.

« Par contre, je dois vous avouer que je suis en désaccord avec vous sur un point. La forteresse oubliée n’est pas une terre corrompue. Le jardin radieux était certes jadis un lieu emblématique pour beaucoup, mais je trouve que la forteresse oubliée l’est encore plus. » Elle rapprocha ses deux mains près de son cœur, comme pour joindre les gestes à la parole. « Elle représente le combat de ses nombreux habitants. Un combat ardu et difficile pour faire revivre au mieux cette citadelle et la rendre plus lumineuse encore. » Elle releva avec douceur sa tête, avant de se tourner vers ce paysage qu’elle ne pouvait voir. « Elle reflète la force du cœur de chacun des êtres vivants qui l’habitent. Une force qui prouve toute la détermination de ses concitoyens. Je trouve que la forteresse oubliée à bien plus de charme que son ancien nom. Aussi, je pense que c’est l’une des raisons qui a dû faire que le roi Mickey n’a pas voulu la rebâtir. Car il aurait été dommage de détruire un si joli symbole d’union et de solidarité. »

Ses paroles s’arrêtèrent alors. Il n’y avait pas besoin d’en dire plus. Tout avait été dit. Avec le plus de sincérité au possible. Arianne était persuadée de ses paroles, car c’était ce qu’elle ressentait au plus profond d’elle. Il y avait dans cette citadelle, une fraternité qui était unique en son genre. Bien sûr, il y avait toujours quelques fracas, mais n’étais-ce pas là, la nature même d’un humain ? Qui pouvait avouer avec conviction qu’il était parfait ? Personne, assurément, car l’être humain était ainsi. Imparfait. Mais alors qu’elle en venait à cette conclusion, un curieux malaise vint soudain l’envahir. Personne ne pouvait être parfait, que ce soit dans ses gestes, dans ses paroles, comme dans sa façon d’être et de penser. Pourtant… Elle avait l’impression que le jeune Elliot échappait étrangement à cette logique. Il s’était montré charmant, agréable, son aura dégageait une lumière innocente et pourtant, ses dernières paroles étaient en totale désaccord avec cette gentillesse montrée un peu plus tôt. Il s’était montré étrangement tranchant, méprisant. Était-ce à cause du fait que ses événements l’avaient profondément touché, voir blessé ? Probablement. Tout n’était que théorie et pourtant, cette sensation ne semblait pas la quitter, malgré ses pensées qui se voulaient positive. Adressant un sourire qui se voulait doux et rassurant pour effacer sa réflexion, Arianne décida d’oublier pendant quelques seconds son ressentis, décidant de poser d’autres questions à ce jeune homme, qui semblait maintenant la désorienter.

« Et vous monsieur Nym ? Qu’en pensez-vous ? Qu’elle est votre vision de cette ville ? Vous qui venez souvent ici, n’avez-vous pas ressentis la même chose que moi ? »

Des questions innocentes, juste pour avoir son avis concernant ce monde qui l’entourait à présent. Lui qui connaissait un peu la ville, ses habitants et qui avait contribué à l’aider, pensez t-il réellement qu’elle était corrompue ? Des pensées bien sombres pour une personne qui semblait assez aimable et aidant, car il ne pouvait être passé à côté de tout cela. Il n’avait pu ignorer la beauté que représentait ce monde, à moins d’être franchement aveugle, mais au vu que Arianne l’était, cela aurait été une véritable malédiction que de ne rien ressentir en plus de ne rien voir. Et cela revenait aussi à être aussi insensible qu’une coquille vide.

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MessageSujet: Re: Que tombent les masques. [Pv: Sly] Que tombent les masques. [Pv: Sly] Icon_minitime1Mer 24 Fév - 20:54
Ô Arianne…Quelle douce et délicieuse enfant. Ainsi coincée dans cette robe bleutée, ce masque rehaussant ses yeux morts qui pourtant, scrutaient les alentours comme s’ils pouvaient toujours capter la lumière au sein de leurs rétines, elle avait des allures de Grande Dame. D’après ce qu’il voyait, elle devait être plus ‘âgée’ que lui. Plus de la vingtaine ? Moins que Trente, c’était certain, plus que dix-huit, assurément. Dire que lui en paraissait difficilement Dix-Sept. Eternellement coincé dans un corps d’adolescent, il n’avait pas changé depuis que sa non-vie lui avait été accordée. Était-ce simplement le dessin des similis ? Avoir son ‘temps’ stoppé, devenir insensible à sa course, à son érosion ? Peut-être. Peut-être pas. Il ne connaissait pas un seul de son engeance qui ait survécu assez longtemps pour ‘vieillir’. Peut-être que les similis finissaient par ‘s’arrêter’, comme ça, d’un seul coup. Et vu qu’une fois ‘mort’, ils s’échappaient en une gerbe d’étincelle, personne n’avait pu le prouver ou même l’observer. Peut-être que dans une heure, une minute, une seconde, son cœur organique s’arrêterait. Définitivement. Ou peut-être pas. Peut-être était-ce juste son corps qui avait décidé de ne plus se laissé malmené par l’avancée des aiguilles, peut-être qu’il y avait une raison derrière tout ça. Une raison plus exotique. Soit. Il garderait son physique d’adolescent, si pratique pour tromper son monde. Trop frêle pour être réellement dangereux, trop jeune pour être responsable d’atrocités sans noms, trop lumineux pour n’être qu’un être du néant. Et pourtant, être du néant, il était. Même si parfois, son physique pouvait également l’écarter des sujets sérieux. Trop jeune pour être impliqué, trop jeune pour être fiable. Et dans ces cas-là, il devait faire des pieds et des mains pour s’imposer. Mais ce soir, peu importait son âge réel. Le masque était là pour dissimuler les ravages du temps, ou au contraire, les suggérer. Comment savoir ? Comment savoir ce qui se cache derrière ce morceau de tissus et d’armature ?
Comme il avait eu raison de jeter son dévolu sur elle et pas une autre, car la discussion prenait un tour fort intéressant pour le simili. Comme à chaque rencontre qu’il faisait, quand il portait ce masque ignoble et répugnant de lumière, il aimait à savoir ce qui se cachait au plus profond du cœur des gens. Amour, Haine, Indifférence, Mépris, Ressenti, Jalousie, Colère, Orgueil, Malveillance. La palette des facettes de ce dont il avait été privé était presque infinie. Quelles allaient être celles que la jeune femme lui montrerait ?
Tout d’abord, il commença par la tragédie. Son être, cette excuse si simple et qui pourtant fonctionnait souvent. Ainsi, il se fit l’amnésique perdu au milieu de personnes qui auraient dû le reconnaitre, mais qui pourtant, en était incapable. Simple excuse, simple mensonge, dire qu’il n’avait même pas à fournir la moindre preuve pour étayer ses propos. Quelque part, rien ne montrait qu’elle le croyait, sauf peut-être ce ton, cette attention, cette impression qu’elle dégageait quand elle lui dit simplement « d’espérer qu’il rencontre quelqu’un qui se souvienne de lui. ». Compassion. C’était le mot, c’était une des facettes. Alors il continua et adopta un ton nettement plus… cassant. Il continua sur un sujet plus épineux. La forteresse oubliée et sa jumelle artificielle, mis en place par le Roi Mickey en personne : Radiant Garden. Sujet au combien sensible en ces lieux, il en était conscient. Sciemment, il laissa transparaitre son ‘impression’ sur la question, demandant à mot couvert le sien à sa compagne de la soirée. Et elle commença à lui répondre, à lui fournir toujours un peu plus d’informations. C’était un peu comme se faire sermonner quelque part, mais qu’importait, temps qu’il en savait un peu plus sur elle… Sagesse. Ses mots étaient choisis avec soin. Autant pour ne pas le blesser que pour ne pas envenimer la discussion –ce qui aurait très bien pu se faire avec n’importe quel autre garde par exemple-. Maturité. De telles paroles venant d’une personne si jeune, sans réelle expérience… Etrange pour la simple fille d’une guérisseuse, non ? Il chercha le mot un instant. Education. Oui. Elle avait sans doute reçu une excellente éducation pour ainsi user de ces mots, savoir doser leur sens, éviter d’écorcher l’interlocuteur, éviter de relever ses gestes peu courtois. Encore une fois… Etrange pour la simple fille d’une guérisseuse.
Et il la laissa continuer. La laisser donner son avis sur ce monde, sur cette forteresse. Un flot de paroles qu’il analysa avec soin, son regard de feu perdu dans l’immensité grise du sien. À croire que ce jeune homme buvait littéralement ses paroles, non ? Les bals… catalyseur de « si belles rencontres », car, extérieurement, la mascarade était toujours de mise pour ce public silencieux. Puis, une question. Simple, elle aussi. Son avis sur la ville. Oh, son véritable avis était assez…tranché. Il honnissait cet endroit que ce soit Forteresse ou Jardin, il n’en avait cure. Ce lieu baignait dans une trop grande lumière pour lui et avait eu l’audace de se rebeller contre sa maitresse. Rien que pour ça, il méritait l’anéantissement total. Pour ça et… autre chose.
Mais ce n’était pas à lui qu’elle s’adressait, mais bien à Elliot. Soit. Il continua son petit jeu.

« Je pense que vous avez une très belle vision de ce monde. Une vision précieuse, bien que peut-être un peu trop éloignée de la réalité de notre univers. » Ça c’était vrai, enfin, la dernière partie, quand on avait vu à quel point l’être humain était ignoble, son avis était bien trop…Optimiste. D’ailleurs n’était-il pas un exemple éclatant de cette horreur ? « Je ne peux que louer le courage de ses habitants de se battre ainsi pour récupérer leur bien. C’est vrai. Cette communauté est exceptionnelle pour ça. » Un peu trop à son goût d’ailleurs. Il allait devoir trouver un moyen de briser cette fraternité s’il voulait rendre son château à sa Déesse. Au moins, le comité avait redécoré avec soin, trop lumineux, mais soit. « Mais moi… Je veux juste qu’il redevienne comme avant. Pouvoir ressentir le Jardin d’autrefois. » Il esquissa un humble et triste sourire. « C’est égoïste de ma part, mais j’aimerai que ce monde me rende ce que j’ai perdu. » Faux, évidemment, mais ça cadrait bien avec son personnage. Il marqua un temps d’arrêt avant de reprendre avec de pures banalités. « Excusez-moi d’alourdir ainsi cette soirée de fête, mais, il y a si peu de personnes avec qui j’ai l’occasion de discuter de cela… Peut-être préfèreriez-vous des sujets plus légers ou retourner danser ? »

Tout en disant ces phrases creuses et vides de sens, avec ce ton mêlé de modestie, de gentillesse et d’une pointe de tristesse vers la fin, il continua d’analyser ce si gracieux discourt qu’elle lui avait énoncé. Ce fut difficile à admettre mais, son discours l’étonna. Vraiment. Bien qu’il n’en parut pas affecté. Il n’y avait aucune amertume dans ses mots, aucun double sens caché, aucune ironie, non, rien. Pas de double signification, même le moindre petit frémissement de visage, qui aurait pu lui indiquer qu’elle lui mentait. Non. Rien du tout. Elle pensait réellement ce qu’elle disait. Elle pensait réellement qu’il ne fallait pas juger les actions du Roi. Elle pensait réellement que cette forteresse avait bien plus de valeur maintenant que du temps où elle portait son ancien nom. Elle pensait réellement à cette histoire d’union et de fraternité. Ce n’était pas une farce. Et cela l’étonna profondément. Sincérité. Conviction. Encore deux facettes… Auquel il ajouta une autre.

Lumière.

C’était tout bonnement inconcevable. Oui vraiment. Impossible même. Simplement impossible. Mais il n’arrivait pas à déceler une quelconque emprise de sentiments négatifs dans sa voix, dans ses gestes, dans sa personne même. Même avec la meilleure éducation au monde, on ne pouvait le tromper bien longtemps. Elle attrapa définitivement sa curiosité. Il devait savoir. Il devait le confirmer. A quel point la lumière s’était penchée sur son berceau ? C’était risqué, très risqué… trop risqué… Mais tant pis. Il devait savoir. Temps qu’elle était isolée du reste de la foule, ici, au dehors sur ce balcon. Mais il ne pourrait faire qu’un seul essai…Et devrait sans doute quitter le lieu avant que l’on ne le remarque. Tant pis. Trop curieux. Trop étrange. Il devait savoir.
Tout se passa en à peine un battement de paupière.

Il éclata son aura de couverture. La répugnante qu’il avait volé dans ses songes, celle de lumière dont il s’était drapé depuis le début de cette soirée. Puis, il calqua celle de son interlocutrice. Copiant véritablement son cœur pour l’intégrer à sa personne. Et il chercha. Il chercha sur ce décalque la moindre trace d’ombre. Même la plus infime particule. N’importe quoi.

Rien.

Il n’en décela pas une. Et son pouvoir était infaillible. Il n’y avait pas de ténèbres en cette femme. Et cela ne pouvait dire qu’une seule et unique chose. Une seule réponse qui resta coincée dans sa gorge, tant il ne s’y attendait pas.

Princesse de Cœur.

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MessageSujet: Re: Que tombent les masques. [Pv: Sly] Que tombent les masques. [Pv: Sly] Icon_minitime1Sam 27 Fév - 20:47
Qui aurait cru qu’en exprimant son ressentis et ses pensées, que son destin se scellerait par de simple parole qui lui semblait chère à cœur. Elle respirait la lumière, un symbole perdu dans le néant que les ténèbres essayaient d’engloutir subrepticement. Elle ne savait pas à qui elle avait à faire et pourtant, sa façon d’être et le savoir vivre de cet adonis, vendait clairement son jeu dangereux. Elle avait des doutes, des craintes, elle commençait à se poser des questions en son fort intérieur. Pourtant, elle ne chercha pas à s’en méfier, préférant connaître un peu plus ce jeune homme avant de le juger totalement. Pourtant, il y avait cette sensation étrange, ce semblant trop parfait qui mettait doucement la puce à l’oreille à notre chère aveugle. Toutes ses émotions, était ponctué dans une minutie presque habituelle, comme s’il était capable de savoir quelle attitude afficher pour mieux saisir sa proie. Elle avait cette sale sensation au plus profond d’elle qui l’alarmait, mais elle ne voulait lui fermer les portes. Tout simplement parce que ce n’était pas dans sa nature de fuir pour si peu. Surtout sans preuve plus concrète. Alors que le jeune homme avait repris la parole, il se permit de lui répondre concernant ses belles paroles, ne manquant pas de rajouter une petite remarque qui ne blessa aucunement la jeune aveugle. Au contraire, elle s’était mise à sourire avec douceur, avant de lui répondre d’une voix tout aussi bienveillante que ses précédents mots.

« Vous trouvez que je m’éloigne de la réalité ? Pourtant, je ne fais que vous confier ce que j’ai ressentis en côtoyant ce monde. Le mal n’est pas toujours omniprésent vous savez. Chaque chose possède de bon, comme de mauvais côté. Aussi, je préfère voir cet ensemble comme une richesse inestimable. »

Ce n’était là que son humble avis. Un avis éclairé par sa bonté naturelle qui ne cessait de s’accroître de jour en jour. Bien que parfois l’être humain était un être instable, Arianne savait qu’au fond de lui, brillait un sentiment positif qui pouvait l’emporter sur tout le reste. Peut-être se trompait-elle, peut-être que pour certains elle avait tort en tout point, et pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de voir les choses ainsi. N’ayant plus le don de la vue, elle avait cette chance inestimable de juger avec son cœur. Une chance qui parfois pouvait la perdre et se transformer en une malédiction mortelle, mais c’était un don qu’elle ne voulait échanger pour rien au monde. Même si cela pouvait s’avérer dangereux, celui-ci lui permettait de voir la beauté en chacun des nombreux habitants de ce monde, c’était pour cela qu’elle était plus à même de comprendre, et de ressentir les nombreuses émotions qui en ressortaient. Aussi, elle comprenait peu à peu où voulait en venir le jeune Elliot. Du moins, elle aurait pu le comprendre, mais quelques choses lui paraissaient bizarres dans son discours. Ses mots sonnaient creux. Le ton de sa voix était là, marquant une certaine conviction, mais cela ne venait aucunement du plus profond de son cœur. Où du moins, il manquait de cette force d’âme qu’exprimaient parfois ses interlocuteurs. En constatant cela, la jeune femme s’en retrouva soudainement perturbée. À tel point qu’elle n’avait pu répondre au jeune adonis concernant le sujet. Elle ne savait quoi penser de la situation. De cette rencontre avec ce jeune garçon, dont elle ne saisissait pas les intentions. Au début, il s’était montré courtois, gentil et serviable, voir même un peu trop serviable et l’instant d’après, il avait reflété des émotions, bien trop éloignée de sa première image. Était-il lunatique ? À moins qu’il ne faisait que jouer des masques pour tromper la jeune femme ? Qu’elle était la véritable réponse ? Elle ne le savait guère, mais elle avait un mauvais pressentiment. Revenant auprès de la réalité, la non-voyante, fut surprise d’entendre à nouveau la voix du jeune Elliot Nym. Cette fois, il n’était plus question du jardin radieux, ni de la forteresse oubliée, non, il était plus question de son bref ressentis et de la suite des événements. Reprenant contenance, tout en affichant un fin sourire, Arianne se tourna de nouveau vers lui, pour mieux lui faire face, de façon à être plus audible.

« Vous n’avez pas à vous excuser pour cela. Après tout, nous sommes là pour échanger et donner notre avis. La discussion ne me gêne aucunement, mais si vous désirez user d’un autre sujet, je ne vous en empêcherais pas, toutefois pour la danse, je… »

Elle se stoppa soudainement, remarquant que le jeune homme semblait peu attentif à ses paroles. Elle n’en était pas sûret, mais elle avait l’impression qu’il n’était pas à ce qu’il faisait. Comme s’il méditait profondément. Intriguée, la belle demoiselle se rapprocha doucement de lui, penchant légèrement la tête sur le côté, appelant avec douceur et inquiétude l’adonis comme pour lui faire reprendre ses esprits.

« Monsieur Nym ? Est-ce que vous vous sentez bien ? »

Il n’y eut aucune réponse, pas un seul mot, ni de geste. Et pourtant, il se passa quelques choses qui semblaient indescriptibles pour la non-voyante. Jusqu’ici, elle avait ressenti l’aura du jeune garçon qui respirait l’innocence et la gentillesse. C’était une aura pure qui inspirait la confiance, mais en un bref instant, Arianne ne sentis rien. Un vide étrange, qui se fit rapidement remplacer par une autre aura qui ne lui était pas étrangère. La sienne. Elle avait cette sensation bizarre et inquiétante qui ne cessait d’envahir ses sens. C’était comme si elle se tenait devant un miroir, sauf que celui-ci était fait de chair et de sang. Reculant de quelques pas, tout en posant ses deux mains vers son cœur, la jeune femme pris une posture défensive, s’éloignant peu à peu du jeune Elliot comme pour dresser une barrière entre eux. Elle n’avait pas spécialement peur, mais il était clair que la méfiance avait marquée son doux visage. Doucement, elle entrouvrit ses lèvres rosés, mais cette fois, ce n’était pas pour évoquer un discours, non, c’était une phrase simple et pour le moins importante pour elle.

« Qui êtes-vous réellement monsieur Nym ? »

Elle voulait connaître cette réponse mystérieuse. Savoir à qui elle avait réellement affaire. Ses doutes étaient maintenant fondés et cette fois, malgré qu’elle ne fût pas du genre à rejeter son prochain, elle préféra marquer une distance. Plus par protection que par véritable rejet. Mais malheureusement pour elle, cette réponse risquait de se perdre dans les tréfonds du néant. À peine le jeune homme avait-il put bouger d’une oreille, qu’une autre présence ne tarda pas à pointer le bout de son nez. Une présence stricte et autoritaire qui s’avança d’un pas neutre vers les deux protagonistes. D’un coup, Arianne se détendit doucement se sentait apaisée par cette personne qui s’était incrustée au bon moment et qui n’était autre que sa mère. L’herboriste du nom d’Androméda.

« Cela n’est peu recommandable d’entrainer une jeune fille loin de la foule mon brave. Je vous prie de ne pas importuner plus cette demoiselle qu’est ma fille, et vous prierait éventuellement de trouver une autre âme à courtiser si vous le voulez bien. »

La voix de cette dame était étrangement calme, bien qu’on y sentait un brin de sévérité et de tranchant. Son regard lui s’était fait noir à l’adresse du jeune adonis, presque meurtrier, lui indiquant qu’il ferait mieux de ne rien tenter de fâcheux s’il ne voulait pas avoir affaire à son courroux. Préférant ne plus lui accorder la moindre importance à partir de ce moment, Androméda s’approcha de quelques pas de sa fille, attrapant avec douceur son bras avant de l’entrainer à l’intérieur de la salle de bal, là où elles seraient un peu plus en sécurité parmi la foule. Depuis un long moment déjà, la sorcière avait observée les deux compagnons de soirée dans l’ombre, observant les moindres faits et gestes de ce garçon, qui ne lui disait rien. Quand elle l’avait vu celui-ci inviter sa fille à danser, Androméda s’était montrée suspicieuse, préférant veiller au grain pour qu’il n’arrive rien à sa fille adoptive. Visiblement, ses craintes n’avaient pas été infondés et profitant d’être un peu tranquille et inaudible des autres, la dame d’âge mure en profita alors pour questionner Arianne sur les événements. De façon à savoir quoi penser de tout cela et vérifier ses craintes.

« Tu m’as l’air quelques peu perturbée mon enfant. Il s’est passé quelques choses avec ce jeune homme ? Il ne t’a pas violenté au moins ? »

« Non mère rien de tout cela. » Encore perturbée parce qu’il venait de se passait, Arianne essayait de rassembler quelques peu sa raison pour répondre au mieux à sa mère. « Mais… Je ne serai vraiment vous l’expliquer… Ce jeune homme était fort agréable, mais ses paroles n’avaient que le ton de concret. Comment vous dire explicitement… C’était comme si ses mots n’avaient aucune âme… Il ne dégageait rien de véridique en termes d’émotion. » Ce qui était assez troublant quand on y pensait, mais l’aveugle avait du mal à comprendre elle-même comment cela était possible. « Le plus étrange c’est son aura… Je ne sais pas réellement ce qui s’est passée et j’en reste encore confuse, mais… J’avais comme cette impression dérangeante d’être face à un miroir. Comme si je m’étais dédoublée. »

C’était là, la conclusion de la jeune demoiselle, qui ne savait réellement quoi penser de tout cela. Et la réaction de sa mère n’arrangeait pas vraiment la situation. Après ses quelques paroles sur son récit, la sorcière était devenue pensive, comme si quelques choses la tracassaient intérieurement. Au fond, Androméda était terriblement inquiète. Elle repensait à nouveau à la réaction de cet étranger et de sa fille adoptive, mais aussi aux paroles de celle-ci qui lui avait éclairée la situation. Il n’y avait qu’une théorie possible. Il savait. Quittant ses songes, la sorcière afficha un air quelques peu soucieux, avant de continuer son petit interrogatoire pour en savoir plus sur ce potentiel ennemi.

« Arianne. Connais-tu connais l’identité de ce jeune adonis ? Est-il originaire de ce monde ? Où au contraire est-ce un parfait étranger que nous ne connaissons guère ? »

« Il s’appelle Elliot Nym. Ce nom devrez-vous dire quelques choses mère, puisqu’il est un de vos clients au sein de votre boutique. Il était d’origine du jardin radieux, mais j’avoue ne pas avoir été aussi curieuse et indiscrète concernant son monde actuel. Puis-je vous demander pourquoi toutes ses questions ? J’avoue n’être guère rassurée. »

« Excuse-moi, je ne souhaite pas t’inquiète. Disons que je n’apprécie guère ses manières et encore moins le fait qu’il te joue un mauvais tour pour t’apeurer. Tu devrais ne plus faire attention à lui, je serais m’en occuper si jamais il revient à la charge. »

« Très bien. »

Préférant ne pas inquiéter inutilement la non-voyante, Androméda avait pris soin de prendre un air rassurant, et confiante, de façon à ce qu’Arianne croit en ses paroles. Bien évidemment, la situation était en ce soir, devenu fâcheuse et sûrement que la sorcière se devrait de prendre des mesures et des précautions bien plus que nécessaire à présent, maintenant que quelqu’un savait pour sa fille adoptive. Sûrement qu’elle devrait trouver un endroit plus sécuritaire, à moins que fuir pendant quelques temps seraient une situation envisageable pour éviter là, une attaque où pire, un enlèvement. Bien sûr, la sorcière se montait peut-être trop la tête, mais elle n’avait aucunement confiance en ce jeune homme du nom d’Elliot, et son comportement avait laissée sous-entendre, qu’il ne voulait pas du bien à la jeune Arianne. Aussi, elle préférait se faire à toutes les possibilités possibles et inimaginables et elle pria fortement pour qu’il ne tente rien en ce lieu ou la foule était maîtresse des lieux.

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MessageSujet: Re: Que tombent les masques. [Pv: Sly] Que tombent les masques. [Pv: Sly] Icon_minitime1Ven 4 Mar - 20:51
Il avait fallu qu’il sache. Il avait fallu qu’il confirme les soupçons que ce joli et doux brin de voix avait enfoncé dans son néant. Curieux…trop curieux…Sly se devait de savoir. Savoir était important. Savoir était la raison même de son existence. Il devait savoir, il devait prévoir, il devait récolter informations sur informations, sentiments et paroles, gestes et impressions. L’infime soubresaut d’un muscle en devenait le plus important des trésors à ses yeux. Car, quand le simili jetait son dévolu sur quelqu’un, il attendait d’elle un flot incessant dont il pourrait user pour la détruire. Une personne que ce soit femme, enfant, homme, jeune, vieillard, affilié de lumière ou de ténèbres, si une personne parvenait à capter ne fusse qu’un instant son regard de flamme, scrutateur du néant, s’en était fini pour lui.
Fini, il ne lâchait pour ainsi dire jamais ses proies. Car dans son cynisme infini, sa non-vie l’avait doté de plusieurs avantages pour remplir correctement son dessin. Un néant qu’il pouvait camoufler de fausses et creuses lumières, de fausses et répugnantes lumières. Une mémoire plus qu’impressionnante, enregistrant quantité de données plus ou moins importantes. Une répugnance maladive à trouver le sommeil, lui laissant le temps plus que nécessaire à l’analyse de ses cibles désignées par la fatalité. Un cœur arraché, dont l’absence de sa poitrine lui permettait de feindre ce que les « vivants » nommaient vulgairement « émotions ». Ah…Maléfique n’aurait pu trouver meilleure outil pour ce travail vil et néanmoins nécessaire. Fouiller, triturer, malaxer l’esprit des gens, en extraire cette substantifique moelle, ses forces et ses faiblesses… Exploiter ces dernières, surtout tirer…emporter le plus possible de monde dans l’angoissante terre de l’ombre. Renforcer l’armée vorace et grouillante. Précipiter la ruine de la clarté. Tel était sa fonction. Tel était ce pourquoi Elle, sa Déesse de l’enfer, l’avait nommé ainsi, si perfidement. Un bel outil, façonné pour la servir, qui, chaque jour passant, montrait à la face des mondes une dévotion sans faille et corrompue.
Mais, plus que pour aider à la réalisation de ses plans machiavélique, plus que pour remplir sa mission éternelle, le simili avait été fait d’une curiosité sans faille. Souhait de la sorcière draconique, ou véritable trait de sa propre personnalité ? Comment le savoir ? Impossible de dissocier le vrai du faux, l’implanté de la réalité de son être. Trop flou, trop compliqué, trop imbriqué dans sa propre psyché. Curieux semblait être sa nature profonde et c’est ce qui l’avait conduit dans cette soirée. C’est ce qui l’avait conduit à aborder cette jeune et délicieuse jeune femme. C’est ce qui l’avait conduit à vouloir l’isoler du reste de la foule, à vouloir en savoir plus sur elle, elle qui semblait pourtant tellement insignifiante dans la vie de la citée.
Il aurait pu choisir n’importe qui d’autre. Gardes, notables, membres de comité, la fête regorgeait de tant de cibles alléchantes. Mais non. Non. Il en avait décidé autrement, et ses yeux de sang s’était fixé sur ceux, morts, d’une si douce inconnue.
Douce, trop douce. Au fur et à mesure de la conversation, au fur et à mesure que le temps en sa compagnie allait croissant, une impression, un doute certain s’était emparé de lui. Analysant une par une les facettes parfaites de la personnalité de sucre, une idée, saugrenue mais terriblement tentante, s’était frayé un chemin dans son esprit en alerte. Education impeccable. Maturité sans faille. Douceur et grâce plus que naturelle. Sincérité, conviction, sagesse, trop nobles termes pour celle qui se disait n’être que la fille d’une modeste guérisseuse. Empathie, gentillesse, fragilité, plus que son handicap, cette combinaison faisait de « trop ». Trop, il n’avait jamais rencontré pareille femme. « Trop ». Elle était tout simplement « trop » de tout ça pour ne pas instiller cette idée obsédante dans son esprit.
C’était risqué. Même plus que risquer. Mais Sly n’avait pas le choix. Une fois cette soirée terminée, il était incertain de la revoir. Le cerbère qui lui servait de tutrice gardait trop bien jalousement la porte de sa chambre. Impossible de forcer l’entrée, si même lui n’avait guère été au courant de son existence, c’est que la femme d’âge mûr en était devenu méfiante avec les années. Il y avait ça, mais il y avait aussi toujours l’épineux problème du système de sécurité de la citée. Trop dangereux. Il ne pouvait prendre le risque d’exposer Nox à celui-ci plus que nécessaire. Et vu qu’il ne pouvait guère se séparer de lui… Plus que le manque, cela lui était physiquement impossible. Même y songer s’avérait de l’ordre de l’impossible pour lui. Le Nocturnes était à sa place à ses côtés, seconde moitié d’un tout plus grand, il ne pouvait simplement pas se trouver à plus de quelques mètres de lui. Le déchirement qui en résulterait sonnerait comme la plus affreuse et ignoble des tortures. Pour tout dire, Sly n’avait jamais même tenté de se soustraire à la possessivité maladive de ce petit sans cœur. Alors, imaginer qu’il pourrait le laisser en arrière le temps d’une mission, si importante qu’elle soit…
C’est pour ces raisons qu’il prit ce risque, éclatant sa couverture de lumière qu’il honnissait tant pour s’emparer de la sienne. Capturer un instantané de ce cœur si bon, en synthétiser de fausses répliques,  pour l’intégrer à sa personne. Couvrir le néant, ne pas le laisser transparaitre. Voler, capturer ce qui ne lui appartenait pas, remplir ce vide à la place de sa poitrine, comme si il pourrait le combler avec ces auras factices, comme s’il cherchait à remplacer l’essence qu’il avait perdu, comme si c’était naturel que cette essence lui revienne de cette façon, tel était le but de son pouvoir étrange et si peu utile en combat.
Concentré, il analysait ce dont il s’était emparé, ignorant les inquiétudes légitimes de la jeune femme. Il avait un peu de mal à l’admettre, mais la preuve en était là, la preuve qui s’agitait désormais dans on néant. Aucunes ténèbres. Juste…Une éclatante lumière. Si elle avait été vraie, si pure et luisante qu’elle était, elle l’aurait sans nul doute blessé, mais puisqu’il ne s’agissait que d’une copie… Un mot s’imposa alors dans son esprit…Princesse de cœur.
Sa cible privilégiée.
Ce que désirait le cœur noir de sa maitresse.
Là, juste en face de lui, à quelques pas à peine, une princesse de cœur… Et elle était seule. Seule sans royaume. Seule sans le moindre gardien. Car aucun d’entre eux n’avait été assigné à la forteresse oubliée encore…Trop peu d’effectif, trop de royaume de cœur à protéger. Une proie parfaite… Trop fragile pour se défendre. Ô s’ils n’avaient pas été au milieu de cette foule, il se serait emparé de son poignet délicat ! Et, sans ménagement, l’aurait simplement emportée dans l’un de ses portails des ténèbres. Elle était faible. Même avec sa stature plus que modeste, il aurait pu la contrainte physiquement. Direction le Château de Maléfique. Direction l’un des cachots tout désigné pour elle. Si extérieurement, rien ne transparaissait, intérieurement, il arborait ce sourire…ce sourire étiré et inquiétant. Ce sourire malsain accompagné d’un petit rire proche de la folie. Mais fou, il ne l’était justement pas. Il savait parfaitement ce qu’il faisait.
Soudain, une question. Sa voix de cristal pénétra le voile de ses réflexions. Il reprit contact avec la réalité qui l’entourait. Un pas en arrière, elle était sur la défensive désormais. Pourquoi cette question ? Pourquoi si soudainement ? S’était-il montré si étrange que ça ? Avait-elle percé cette toile de mensonge si habillement tissée pour qu’elle s’y prenne les pieds ? Non…Non…impossible. Si elle avait réalisé la nature de l’engeance avec laquelle elle discutait, elle se serait enfuie bien plutôt, sans doute durant cet écart de mépris qu’il avait joué. Alors…comment ? Ce timing…ce timing était juste parfait…Juste quand il venait de changer d’aura. Était-ce là la réponse ? Serait-elle dotée de « certaines capacités sensorielles » ? Capable de lire les cœurs… Don, rare et précieux. Lui-même devait user de ce substitut qu’était son pouvoir pour le faire. Ça…ça la rendait encore plus intéressante ! Jusqu’à quel point s’étendait les limites de cette ‘empathie’ ? Loin…Très loin pour avoir ainsi décelé ce changement rapide et précis. Mais pourtant, il avait réussi à le flouer une bonne partie de la soirée…Pas infaillible, donc. S’il ne s’était pas drapé de son cœur, elle ne l’aurait jamais masqué de cette façon. Sly enregistra l’information. Il ne paraissait nullement étonné et avait mille et une parades à ce genre de situation précaire. L’avantage de n’avoir rien de mieux à faire de ses nuits que de réfléchir. Mais une présence nouvelle vint perturber le coin de son champ de vision. De toutes les personnes présentes à la soirée, il avait fallu qu’elle se rende sur le balcon en cet instant propice. Androméda. La guérisseuse et ‘mère’ d’Arianne. La femme ne semblait guère satisfaite de voir sa progéniture en compagnie du jeune homme, c’était le moins que l’on puisse dire. Une remontrance…allons bon… Croyait-elle vraiment qu’elle seule serait de taille à l’arrêter si affrontement il y avait eu pour la salut de la belle aveugle. Voir cette femme si sévère, lui adresser ses reproches comme s’il n’avait été d’un simple gamin, ça le faisait doucement rigoler. Mais soit… Ce n’était pas lieu. Ce n’était pas le moment d’intervenir pour lui. Il s’inclina légèrement et lui présenta ses excuses les plus…sincères.

« Veuillez m’en excuser Ma Dame, je ne vous importunerai plus désormais. »

Et il les observa s’éloigner, sans rien pouvoir faire pour les en empêcher. Le simili en était… Contrarié. On avait osé le stopper au meilleur moment de la fête et ça, il ne l’était pas près de l’oublier. Ainsi, c’était Androméda la « gardienne » de cette délicieuse enfant ? Sa vigilance était à toute épreuve, mais cela ne l’empêcherait pas de mettre ses mains sur ce cœur palpitant. Si pour ce faire, il devait stopper celui de cette « Dame », il n’hésiterait pas une seule seconde.
Pour s’emparer du trésor, il faut d’abord en éliminer le cerbère. Il savait ce qui lui restait à faire.
Désormais seul sur ce balcon, il n’avait plus la moindre envie de rentrer se mêler à cette foule. Son travail ici était terminé. Il alla s’isoler dans un angle mort et sombre, et, quand il fut certain que nul ne pouvait le voir, il s’enfonça dans un portail des ténèbres.
Il avait une foultitude d’informations à coucher dans ses dossiers mais, surtout, il devait informer ses légions et sa maitresse de sa trouvaille.

Et si, par hasard, on lui demandait où avait-il bien pu disparaitre, il répondrait avec le sourire du jeune homme un peu vertement éconduit. Ah…les histoires de cœur attiraient toujours la sympathie…ses « collègues » allaient adorer.

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