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Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena}

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MessageSujet: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Mar 6 Sep - 18:12
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Hellena Moonlight
« Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas. »
Une course contre la montre pour sauver... un vaudou.

J’avais toujours entendu dire que la Nouvelle Orleans était peuplée de magie en tous genres, et que toutes créature s’y cachaient. Bien entendu, elles se révélaient rarement, laissant cette chance qu’à ceux qui avaient les capacités de les trouver ou aux élus qu’elles avaient scrupuleusement choisis. La magie, même du temps où j’étais encore pur – autant qu’un demi-démon pouvait l’être tout naturellement – m’avait toujours fui. Alors j’avais passé mon temps à la poursuivre. Seule la magie noire m’était apparue. Elle avait baigné mon corps, m’ensorcelant de ses pouvoirs démoniaques. Et puis j’avais découvert les miens – noirs. Aussi foncés que l’obscurité elle-même.

Avec ces facultés, difficile de passer inaperçu lorsque je les utilisais. C’était en particulier pour ça que j’évitais de rester trop longtemps dans les mondes où la lumière gisait, comme ces fameuses contrées de cœur. Toutefois, je me devais d’y aller lorsque les opportunités toquaient à ma porte. Comme aujourd’hui. Depuis fort longtemps, le vaudouisme tapissé près des mares grouillantes de races fort sympathiques telles que les alligators – entre autres – régnait en maître. Personne ne connaissait la Nouvelle Orleans sans ses experts en magie noire, magie que le peuple aime rejeter mais peuple qui est bien content de la trouver quand le ciel vient soudainement lui tomber sur la tête.

Les maîtres vaudous, j’en avais consulté pas mal, et force m’était de constater que la majorité était de la poudre de perlimpinpin ; alors, évidemment, quand j’avais appris à Crescentia qu’un nouveau prince de la nuit avait débarqué sur la rive de la Nouvelle Orleans, j’avais fait la sourde oreille. Négligeant toutes ces bonnes gens qui le ventait, j’avais quand même continué à écouter d’une oreille distraite tous les racontars. Le mouvement avait enflé, le peuple était satisfait. Et puis, plusieurs mois durant, sa notoriété avait grimpé, à un tel point que je m’étais demandé si ce n’était vraiment qu’un phénomène de mode.

Mon hippogriffe enfourché, il me déposait dans la Louisiane. Et comme ça m’arrivait souvent, pile au moment où j’arrivais, les bruits ont arrêté de courir, les paroles élogieuses se sont tues. Comme ça, brusquement. Un claquement de doigt et, hop ! Plus personne. S’ils pensaient que je m’étais déplacé pour rien, ils pouvaient aller se faire voir. Traversant la ville animée, je l’avais peu à peu quittée pour les marécages brumeux à souhait, enveloppés d’un mystère sans fin, là où on n’y voyait pas à moins d’un mètre. Pratique pour se déplacer.

Les bottes glissant dans la terre – si on pouvait appeler ça de la terre -, le nez empli de délicates odeurs, je pestais contre la situation qui m’arrangeait peu. La tentation de rappeler la bête ailée à moi était tentante ; je me rappelais à chaque fois que j’avais tout de même plus de chances de trouver le prince du vaudouisme à pied. Comme s’il n’y avait pas assez de cachettes en ville, non, il fallait qu’il s’exile ici ! Je soufflais longuement et continuais ma lente exploration. Pour couronner le tout, les sortes de baraques étaient d’une part affolement sombres, et d’une autre part, très faiblement éclairées ; le nombre de bougies qu’il y avait à l’intérieur devait se compter sur les doigts d’une seule main.
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Hellena Moonight
MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Mer 7 Sep - 12:15



     
Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪
     


     
Elle avait fait des recherches pendant plusieurs jours avant d'arriver jusqu'ici. Une petite lune matinale éclairait la végétation dense de la zone et le portail, par lequel sorti la jeune femme, se referma. Hellena posa sa botte sur le sol en grimaçant. L'endroit où elle se trouvait n'était pas des plus accueillant aux premiers abords, pour sûr, c'était un marais. Composé principalement d'alligators, d'espèces amphibiennes et de moustiques, l'endroit était très humide et boueux, tellement humide et boueux que ses talons s'enfonçaient lorsqu'elle fit les premiers pas. Elle avançait à contrecœur en se disant que chacun des ses pas la rapprochait de son objectif indirect: Maléfique.

Quelque chose était présent dans l'air et ça n'avait rien à voir avec les odeurs nauséabondes du bayou, ni même avec la pourriture d'une proie qui trainait près du nid d'alligator quelle venait de dépasser. La magie était très puissante ici, elle était presque environnante, sombre et mystérieuse: de la magie noire. Hellena pouvait la sentir, pas distinctement, mais elle la ressentait. C'était comme une vibration dans l'air, un appel au fond d'elle. Le pouvoir appelle le pouvoir comme le dit le dicton. De ce qu'elle en avait appris, la Nouvelle-Orléans avait été le théâtre d'une magie noire puissante. Des sorciers avaient fait appel à des forces démoniaques pour infliger le mal sur ces lieux. Les cultes étaient devenues monnaie courante et les praticiens, parfois débutants, se servaient de cette forme de magie pour faire souffrir leurs ennemis, les contrôler, les manipuler; les détruire. On racontait également que les plus grands prêtres noirs arrivaient à réveiller les morts et invoquer des démons lors de ces rituels. Ça faisait froid dans le dos. La démone frémit à cette idée, un frisson qui parcouru tout son dos en un instant: l'excitation.

Elle passa à côté d'une souche qui flottait dans l'eau trouble du bayou en chassant ses pensées quelques minutes. Elle n'avait pas été très prudente et était devenue une proie facile l'espace d'un instant. Les alligators faisaient légion en ces lieux et constituaient une menace importante pour quiconque s'approchait trop d'eux. Ça tombait bien, il lui fallait une paire de bottes et un sac à main de qualité. La rousse s'arrêta quelques secondes. Le taux d'humidité était relativement élevé. Elle s'essuya le front d'un revers de manche, consciente que cela n'était pas très élégant, avant de changer de tenue d'un claquement de doigts, l'une de ses nombreuses facultés. La demoiselle portait à présent une tenue bien plus aisée composée d'un short noir court, d'un débardeur blanc et d'une paire de bottes montantes noires. De nouvelles gouttes perlaient ses tempes mais elle se sentait bien plus à l'aise.

Elle se sentait presque fraiche sans ses vêtements amples de noblesse et se remit en mouvement avec bien plus d'ardeur. La miss escalada une vieille souche  morte avant de se laisser tomber derrière. Le chemin continuait droit devant mais s'arrêtait quelques mètres plus loin avant de laisser place à de l'eau boueuse, trouble et odorante pleine de... d'excréments ainsi que de sangsues et d'alligators.

Le sang de démon est vraiment écœurant, à supposer qu'on y survive assez longtemps pour le décrire. Ma peau ne laissera pas de trace de toute manière...  

Elle pesa le pour et le contre un instant avant d'être parcourue d'un nouveau frisson qui se propagea le long de son échine. Elle trembla d’excitation quelques secondes. Une aura, sombre, bien sombre se dégageait pas loin d'ici. Une source différente de l'énergie ambiante qu'elle avait ressenti la première fois en pénétrant dans le bayou. Ça ne pouvait être qu'un démon mais c'était différent d'un démon. Mais similaire quand même...

-Il dégage une énergie presque palpable, c'est excitant ! dit-elle à voix basse.

Et avant même qu'elle s'en rende compte, elle avançait dans l'eau qui lui arrivait jusqu'au-dessus des jambes, comme attirée par le pouvoir. Le pouvoir appelle le pouvoir.


     
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Mer 7 Sep - 19:04
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David Kraus
« Promenons-nous dans les bois, pendant qu'les crocos n'sont pas. »
Une course contre la montre pour sauver... un vaudou.

Lassé de ne voir que des taudis qui se ressemblaient – et aucune pancarte n’indiquant de noms ou de professions bien sûr -, je me décidais à aller toquer à la prochaine maisonnette que je rencontrerais. Quelques minutes plus tard, je distinguais les formes d’un toit plus haut que les autres. Cette différence me paraissant logique – l’homme étant réputé, sa baraque devait bien se distinguer des autres -, je gravissais les cinq marches, laissant de belles traces de boue sur le bois. Je m’apprêtais à lever le poing lorsque la porte s’ouvrit d’elle-même, anticipant mon geste et provoquant une stupeur vite maitrisée.

- Évidemment… Je me trouvais d’un coup assez bête. Ce n’est pas un vaudou pour rien… Murmurais-je pour moi-même.

Entrant à pas mesurés dans l’habitacle, le panneau de bois ancien fit grincer ses gonds et claqua contre l’embrasure de la porte. Occupé à décrypter l’endroit sombre, je sursautais en entendant le claquement inattendu. Un rire léger frôla mon oreille moins d’une demi-seconde ; il me sembla que je l’avais rêvé. Je crus distinguer une forme dans l’ombre ; volumineuse, elle semblait me narguer. Patient, j’attendais un geste de sa part. De longues minutes s’écoulèrent, vibrantes de silence total. Histoire de montrer un peu ma détermination, je me laissais tomber dans le premier fauteuil venu et joignais les mains sur mes genoux croisés.

- Rare sont les visites que je reçois…
- Rare sont les visites que je donne aux vaudous.
- C’est ce que j’ai cru comprendre en entendant ta discrétion en ces lieux, jeune homme.
- Aux vrais vaudous, insistais-je.
- Qu’est-ce qu’un vrai vaudou ? Nous le sommes tous.
- Un vrai vaudou… Connaîtrait au moins la raison qui m’a faite venir ici.
- Sulivan, ce n’est pas ici que tu auras des réponses à propos de ta chère tête rousse…
- Vous êtes vaudou... Je frissonnais. J’étais pas trop à l’aise avec les trucs occultes.
- Je suis Daho’mey. Celui que tu cherches est Gangnihessou.
- Et la différence est… ?
- Ta sœur a les souvenirs liés. La lourde femme s’asseyait précautionneusement, comme si elle s’apprêtait à déclarer une tirade.
- Peu importe.
- Au contraire. La quantité d’énergie et de magie nécessaire est incroyable. Rare sont ceux qui le puissent. Ici, c’est Gangnihessou, et nul autre.
- Alors je vais m’y rendre de ce pas. Je me levais puis inclinais la tête pour la remercier. Daho’mey secoua lentement sa tête de droite à gauche, comme si je ne savais pas tout. Je suspendais mon geste et haussais un sourcil inquisiteur. Ne m’aviez-pas dit l’essentiel ?
- Gangnihessou ne sera pas si facile à trouver.
- Je m’en doute, c’est un vaudou. Ma main navigua dans l’air. Déjà que ces marais sont un véritable traquenard, alors dénicher un homme qui se cache !
- Il ne se cache pas, du moins, pas délibérément.
- C’est-à-dire ?


Daho’mey prenait une longue pause. J’avais remarqué qu’elle jetait de drôles de regards vers la seule fenêtre de l’étroit salon, redoutant quelque chose. Elle qui avait l’air sage et avertie, c’était peu rassurant. Je m’attendais presque à une attaque ennemie éminente. Pourtant, les secondes passèrent, puis les minutes, et il ne se passait toujours rien. Son regard dériva sur moi ; elle soupira lourdement, le front barré d’un pli, puis reprenait le court de ses mots.

- Il est enfermé dans une amulette ancienne qui porte les symboles de ce monde, avoua-t-elle rapidement.
- Retrouver une personne de l’ombre me semblait déjà compliquée à la base, alors un gri-gri… Et vous savez à quoi il ressemble, où il pourrait être ?
- Je sais qui tu es, demi-démon. Elle plissa les yeux, tout à coup, elle semblait méfiante. Et je connais la haine que tu renfermes, cette même haine était dans le corps de ceux qui ont manipulé Gangnihessou.
- Ce que je suis vous importe peu. Je grimaçais. L’idée d’être rangé dans un sac était déplaisante. Si je vous étais si ingrat, vous ne m’auriez certainement pas dit tout ça.
- Véridique. Elle osa un sourire. Un être pur ne saurait récupérer le pendentif ; il faut combattre le mal par le mal, dit-on, et je suis on ne peut plus d’accord sur cet adage. Il se dit que le talisman pourra dénicher seulement à l’aide de reliques. Croisant mon regard étonné, elle m’expliqua davantage. Comme le gri-gri est magique, il va de soit que seulement des objets magiques peuvent déceler sa présence. Tu devras retrouver diverses babioles dont recèle les lieux sacrés. Tu les reconnaîtras facilement ; elles comportent toutes une rune. Ces pierres scintillent quand elles sont en présence de magie – qu’elle soit noire ou blanche. Une fois que tu les auras toutes – elle secoua la tête négativement – non, je ne connais pas le nombre exact, c’est hors de ma portée et ce que je te raconte est digne d’une légende du coin. Quand elles seront en contact, elles brilleront plus ou moins vivement selon la proximité de l’amulette. La lumière intensive provoque leur chaleur, donc en plus d’être visibles à des kilomètres à la ronde, elles attireront les êtres qui possèdent un minimum de magie en eux. Un ange passa. Voilà ce que je sais.
- Eh bien… Je prenais une grande inspiration. On dirait que je suis bon à prendre des vacances pour m’occuper de ça convenablement.
- Un être t’aidera… Marmonna-t-elle.
- Pardon ?
- Que la chance soit avec toi. Un léger sourire énigmatique glissa sur ses lèvres, signe qu’elle en savait bien plus qu’elle ne voulait l’admettre.
- Mmph. Je reviendrais vous –
- Je sais, me coupa-t-elle sans plus de cérémonie.


Ne trouvant rien à dire – rien qu’elle ne sache pas en tout cas, je sortais silencieusement, méditant ses paroles. Descendant les marches branlantes, je restais sur ce qui servait de perron, les bras ballants. Elle m’avait donné des informations – très utiles – mais j’avais carrément l’impression de l’aider plus elle que ce qu’elle m’aidait, un peu comme si j’étais devenu une sorte de marionnette. Fermant les yeux, je me concentrais sur la zone qui s’étendait autour de moi, cherchant des ondes qui m’indiqueraient la présence des objets. C’est moi qui les trouverait, et non l’inverse !
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Hellena Moonight
MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Jeu 8 Sep - 12:02



     
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Hellena avait continué de marcher, tant bien que mal, dans l'eau trouble pendant plusieurs bonnes minutes qui lui semblèrent éternelles. L'eau lui montait à présent jusqu'à la taille et elle luttait pour avancer. Sa chevelure rousse, longue et soyeuse, ressemblait tout juste à une serpillère usagée dans laquelle de la boue se serait incrustée. Son visage en était recouvert également. Elle qui est d'habitude si jolie aurait très facilement pu se faire passer pour la créature des marais. D'ailleurs, dans son état d'énervement, elle aurait très bien pu tuer la première personne qui avait pris ses jambes à son cou en la voyant.

De temps à autre elle avait ressenti des picotements le long des cuisses, de petits pincements tout juste puis plus rien. Ce fut tout ce qui lui arriva pendant sa traversée. Elle n'avait pas rencontré d'alligator et abandonnait son rêve de bottes en peau d'croco, pour le moment. La femme, mi-boue mi-démone, se rapprochait maintenant peu à peu d'une surface terreuse où elle pourrait reprendre sa petite marche jusqu'à son mystérieux ténébreux. Cette énergie qu'elle avait senti, elle était prête à parier que c'était un homme. Les démones ressentaient ces choses-là. Si il était suffisamment mignon, elle pourrait même en faire sa marionnette, son valet personnel ou sa chose, et sinon... elle lui ferait regretter de l'avoir fait se déplacer pour rien.

Hellena venait de sortir de l'eau. Elle se contempla de haut en bas. Son débardeur blanc beaucoup plus marron que blanc, ses cheveux boueux couverts de vase qu'elle essora de ses mains et ses jambes nues qu'elle regarda, et plus particulièrement le parasite à forme de limace qui se cramponnait à elle. Elle ne tenta pas de l'enlever car la créature tomba aussitôt dans la boue en se contorsionnant de douleur avant de rendre l'âme. La demoiselle se dirigea instinctivement dans la zone. Les premières habitations se dessinaient. Des baraques en bois, toutes semblables à celle qui la précédait, étaient disposées sans alignement précis et constituaient une sorte de village plus ou moins paumé de la vraie civilisation. Cet endroit puait autant que le marais, il était le marais. C'était glauque donc forcément l'endroit parfait pour pratiquer de la magie noire et il se situait sûrement à l'endroit le plus à même de fournir des ressources pour les rituels. C'était ingénieux.

La rouquine venait de s'arrêter à une dizaine de mètres d'une baraque au toit différent des autres. Elle ne s'arrêta pas pour ce détail qu'elle ne remarqua guère mais bel et bien pour ce qu'elle ressentait dans l'habitation. Le démon. Mais lequel ? Il y avait deux présences sous ce toit. La première était sombre, vraiment sombre, une magie mystérieuse, indescriptible et ancienne qui l'habitait. L'autre n'était que la raison de sa visite et de sa traversée des marais, une aura d'un démon qui n'en était pas un... mais qui en était un tout de même. C'était perturbant. Hellena aurait voulu se joindre à eux mais elle n'en était pas moins méfiante à l'égard des inconnus et plus particulièrement des inconnus maléfiques. Elle regarda à droite et à gauche, comme pour vérifier que personne ne l'observait, puis contourna la baraque, accroupie, et trouva une fenêtre sous laquelle elle s'adossa, invisible des regards.

Elle jeta un coup d’œil, discrètement, et distingua les deux silhouettes, plus ou moins, avant de se baisser. Son cœur bondit comme une adolescente en puberté. Il était pas mal. Pas mal du tout même. Elle dû se mordre la lèvre inférieure pour réprimer un gloussement. Elle resta assise sous les carreaux pendant plusieurs minutes avant que son teint ne retrouve la normale. La belle demoiselle risqua un autre coup d’œil et examina avec attention ce qui se passait. La conversation dans la pièce semblait calme mais également sérieuse mais elle n'en comprenait pas un foutu mot -lire sur les lèvres ça n'avait jamais été son truc sauf pour les je t'aime- C'était bien insonorisé pour des vieilles fenêtres. De la magie, probablement. Elle semblait trop prévoyante et ne désirait pas être entendue dans ses activités. La démone dû se contenter de l'image pendant quelques instants avant de se rebaisser.

Qu'est-ce qu'ils pouvaient se dire ? C'était trop important, ils ne discutaient pas tricot ensemble. La conversation se termina après plusieurs minutes et la personne qui franchit le seuil de la porte ne fut autre que le démon ténébreux. Hellena avait quitté sa position depuis un petit moment mais elle continuait d'observer à longue distance. La boue sur sa tenue et son corps constituait un camouflage naturel mais les pulsations de son aura palpitante ne la couvrait pas. Elle serra son poing fortement -se transperçant par la même occasion sa paume qui dégoulinait de sang- avant de se maitriser, tandis que l'homme s'éloignait.

Elle se décida à le suivre et disparue à son tour.


     
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Jeu 8 Sep - 22:12
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La tension chargée d’ondes se brouilla, signe que quelqu’un possédant des caractéristiques similaires aux miennes était tout proche. Intrigué et désireux d’en savoir plus, je tentais de me focaliser sur le signal, qui disparut en un claquement de doigt, comme lorsqu’on apercevait une ombre au coin de l’œil une fraction de seconde. Haussant les épaules – si le signal était réel et menaçant, une attaque serait survenue -, je recommençais à me concentrer sur l’air ambiant et suivais ce que je ressentais, occultant mes sens pour n’être que focalisé sur les breloques qui, à tous les coups, devaient être cachées dans des endroits impossibles.

Marchant à pas mesurés, les yeux à demi-fermés, je glissais dans une flaque, manquais de m’étaler par-ci, m’enfonçais par-là. Ma progression était plus que lente, ça me désespérait. Je m’exhortais au calme ; il ne manquerait plus que je loupe un vieux pot enfouit sous la vase sous prétexte que les verres me tiraient sous terre ! Ressentant une tiédeur apaisante, je comprenais de suite que l’un des objets était à portée de main. Déplaçant de la boue à l’aide mes bottes, je cherchais autour de moi un truc dur sous mes pieds, en espérant que ça ne se brise pas – ou que ça le soit déjà par les années.

Grommelant au bout de quelques minutes infructueuses, je relevais la tête pour me détendre les cervicales. Et là, bim, je le vis. Un chêne des marais, arbre centenaire qui ployait sous le poids des intempéries. La satisfaction d’avoir trouvé la première relique laissa rapidement place à de la lassitude. J’allais devoir me taper une séance d’escalade. Pour trouver une connerie vieille comme le monde. Pour libérer un fichu vaudou qui est soi-disant puissant mais qui s’est fait avoir comme un bleu et enfermé dans un gri-gri. Bon dieu, qu’est-ce que je ne ferais pas pour ma sœur !

Tout en jugeant des yeux la hauteur, je déboutonnais ma longue veste, trop lourde et encombrante pour mon ascension. Après avoir remonté les manches de ma chemise, je m’approchais de l’arbre. Pas de lierre en vue, seulement du lichen. Très pratique pour grimper... Les idées tournant à toute vitesse dans ma tête, je finissais par sélectionner la plus évidente. Je pouvais ramener les morts à la vie, non ? Eh bien, prions pour que les branches mortes comptent là-dedans ! Décidé, je m’élançais vers le large tronc et accrochais du mieux que je le pouvais mes mains gantées sur l’écorce.

Aussitôt après, je sentais mon pied reposer sur quelque chose. C’était pas épais, certainement friable et absolument pas fiable, mais ça valait tout sur le moment. Je fermais les yeux, rassuré, expirais fortement et continuais à grimper le long de l’arbre, grâce aux branches qui repoussaient instantanément sous mes pieds en guise de marches. Arrivé à mi-chemin, un éclat attira mon regard. Je souriais. Facile. Dégageant la lame de mon katana – dont je n’avais pu me résoudre à me séparer -, je l’enfonçais dans le cœur de la cavité refermée et découpais le bois pour pouvoir y passer au moins ma main.
Une fois chose faite, ma main plongea dans le trou formé et en ressortit munie… d’une pierre. Un grosse caillou vert, triangulaire, où d’étranges signes y étaient apposés. En y regardant de plus près, on distinguait des grains, comme si de l’orge ou du blé avait atterrit là. Ne me posant pas plus de questions, je retournais rapidement sur la terre ferme, rangeant ma trouvaille dans ma bourse. Échauffé par ma montée, je posais ma veste au creux de mon bras. Ma main fourragea un peu dans mes cheveux. Où est-ce que j’allais atterrir pour la deuxième trouvaille ?

Même au fond de ma bourse, la pierre scintillait. Rassuré de voir que tout s’était bien passé, je m’étais ragaillardi et étais bien plus confiant pour trouver une autre pierre ou tout autre chose. Si en une petite heure j’en avais eu une, il ne me fallait guère plus de quelques simples jours pour trouver tout le reste ! Suivant le même procédé que tout à l’heure, je pataugeais cette fois-ci au bord des marais. Dès que je m’éloignais de l’eau, la pierre cessait de briller. J’étais donc condamné à crever de froid dans l’eau glaciale crapoteuse, à moins que je ne sois sauvé avant par une sale bête au ventre vide.

Quoi qu’il en soit, je fus mené par le bout du nez jusqu’à atteindre une sorte de grotte, à moitié remplie d’eau, camouflée par des herbes hésitant entre le marron et le vert et où tombait en cascade des fleurs violettes. Plutôt saugrenu, je m’attendais pas à des fleurs ici. Passant outre cet élément qui détonnait, je tentais d’oublier mes jambes congelées et entrais à travers le rideau végétal. Devant moi, un mélange kaki retenu par des arbres morts servait de mur en forme de U. Et pas un seul rayon de lumière.

Pourtant, contre l’un de mes reins, la pierre s’échauffait, s’évertuant à me dire que si, le deuxième élément était bien là, quelque part. Je n’eus pas le temps de chercher davantage ; des clapotis m’indiquaient que quelque chose approchait. Me figeant, j’attendais. Et la chose fit de même. Plus un bruit ne m’indiquait sa progression. Sortant sans bruit mon katana, je me maudissais silencieusement. J’étais une proie facile. Transi de froid, une chemise pour toute armure, pas de sortie pour me dérober. Évitant de claquer des dents, je m’adressais au silence.

- Montre-toi.

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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Sam 10 Sep - 12:07



   
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L'étranger semblait chercher quelque chose d'important. Quelque chose qu'on ne trouvait que dans le marais et uniquement à cet endroit. Ce n'était ni de la vase ni des œufs d'alligator car il y en avait partout et il ne pouvait pas ne pas les voir. Qu'est-ce que c'était ? Un artéfact magique... se dit-elle avec évidence. Elle se concentra à la recherche d'une vibration magique, les yeux fermés, elle tournait progressivement la tête dans la direction de l'objet à mesure qu'elle en sentait l'énergie émaner. Lorsqu'elle les ouvrit, ses yeux contemplaient un grand chêne mort à demi pourri et pourtant encore debout. C'était une très bonne cachette pour se débarrasser d'un objet qu'on comptait oublier.

-C'est ici, idiot... dit-elle à voix basse en regardant l'arbre mort.

Le démon se redressa et contempla à son tour l'arbre comme si il avait été guidé instinctivement par Hellena. Elle soupira intérieurement, satisfaite quand même de ne pas avoir à se salir les mains -qui étaient déjà on ne peut plus sale- pour récupérer ce truc. Elle le regarda un instant avant de se mettre à réfléchir sur ce qu'elle pouvait faire, elle, de son côté. Il n'y avait pas de grandes options pour le moment. Bien entendu, elle était libre de tout lui prendre quand ça la chantait. Mais dans quel but, au final ? Elle n'avait pas pu parler au vaudou et elle savait très certainement qu'elle n'aurait pas accepté de l'aider sans en savoir un maximum. Ce n'était pas une marionnette et elle n'aidait pas les gens si ça ne lui rapportait rien. La relique avait été planqué à l'intérieur de l'arbre pour une bonne raison. On cherchait à cacher un danger et ce toutou était en train de rapporter chaque piécette du puzzle, délibérément, dans le but d'accomplir on ne sait quoi.

C'est avec brio qu'il réussi à trouver ce qu'il cherchait. Il avait été habile et venait sans s'en rendre compte de se dévoiler un peu plus aux yeux d'Hellena. Observer son adversaire était un bon moyen de le connaitre, ne pas se dévoiler aux yeux de l'adversaire était un bon moyen de surprendre. Il avait utilisé de la nécromancie botanique ou une sorte de régénération des plantes, à peu de choses près. Son pouvoir semblait bien plus compliqué et la situation ne permettait pas de dire si il pouvait l'utiliser sur autre chose que de la végétation, mais il y avait fort à parier qu'il ne s'en servait pas pour redresser les rosiers sauvages de son jardin. Il se servait également d'un outil tranchant, un katana, une arme facile d'utilisation qui demande cependant un entretien particulier pour ne pas émousser la lame. Ça ressemblait à une œuvre de maitre, peut-être japonais d'après le design. L'espace d'un instant, Hellena avait aperçu un léger scintillement d'une pierre verte avant que celui-ci ne la range dans une bourse. C'était trop beau et trop plein de pouvoir pour être une émeraude ordinaire.  

Lorsqu'il fut redescendu, non satisfait de sa belle trouvaille, il se remit en quête de sa chasse au trésor. Cet homme était capable de pister des sources d'énergie proches mais il semblait incertain dans ses recherches. Dans l'évidence, ces caillasses émettaient une source d'énergie qu'aux individus les plus proches, comme attirées par la vie d’autrui elle battait sur leur propre fréquence dans le but d'être trouvées. Son raisonnement l'agaçait. Elle commençait à avoir la migraine avec toutes ces hypothèses dignes d'une académie magique, ou alors peut-être que c'était cette odeur répugnante qui s'infiltrait dans ses narines depuis le début. La belle rousse l'observa s'éloigner à mesure que ses recherches avançaient. C'était désormais l'heure pour elle de le questionner, de le connaitre. Le bel inconnu s'exila dans ce qui ressemblait à une caverne en bord moitié immergée dont l'entrée avait été camouflé par la végétation abondante du lieu. L'endroit ne semblait pas servir de tanière à un prédateur.

Elle le suivit sans se questionner. Mouillée comme elle l'était, elle ne risquait rien de plus à barboter dans l'eau froide qui puait, tout comme elle....
Hellena lui emboita le pas et elle se rapprochait de plus en plus de l'homme dans cet espace exigu. Il faisait noir, très noir, et ses yeux n'étaient pas habitués à tant d'obscurité d'un coup, pas même à Halloween town qui s'irradiait de la lumière de la pleine lune en permanence. Ses jambes lourdes remuaient péniblement la surface de l'eau et elle tenait compte de cette exagération pour paraitre bien plus imposante qu'elle ne l'était. Jouer sur les nerfs c'était son dada !
Puis, elle s'arrêta et respira calmement. Il n'y avait pas un bruit mis à part les sons environnants qui s'amplifiaient en s'engouffrant dans la grotte.


Montre-toi, avait-il dit conscient qu'il était face à une personne dotée de la parole et non d'un animal.

Pas de réponse mis à part un clapotement d'eau à deux mètres de la position du démon. Elle s'arrêta à nouveau, arrangea une mèche de son visage d'un mouvement silencieux, puis tendit la main pour toucher le vide, elle étira son doigt et une flamme apparut. La flamme se déplaça en même temps que le doigt et projeta des ombres fantomatiques sur les murs de la grotte. Elle aperçut en face d'elle un visage déformé par les ombres et un katana pointé dans sa direction.

-Il est charmant, plein de piment ♪ Elle s'amusa à prononcer cette phrase malgré le plaisir non partagé par son interlocuteur.

Malgré cela, elle continua sa petite danse de la flamme et la rapprocha de son visage, révélant des cheveux roux, mouillés et en désordre, des lèvres rouges, un joli nez fin et des yeux couleur noisette. Elle continua son mouvement et descendit vers sa poitrine comme si elle le croyait incapable d'identifier une femme autrement, puis la flamme disparut. Elle ne se ralluma pas. A la place, on notait une forte agitation de l'eau, ses pas de course déterminés, puis, une détonation et un jet de flamme qui fondit dans la direction de l'individu masculin.



   
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Sam 10 Sep - 16:25
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Une course contre la montre pour sauver... un vaudou.

Une flamme naissait du néant, illuminant le mur végétal et me dévoilant par la même occasion. Conservant ma position, j’attendais, la mâchoire contractée, la suite des évènements. Une voix féminine, pleine de malice, prononça quelques mots sans réelle signification, me laissant sur ma faim. La flamme s’approcha d’une forme, suivit les contours d’un visage fin. Une chevelure de feu trempée par le climat à la fois pluvieux et brumeux des marais apparut pendant quelques secondes, jusqu’à ce que la lumière dégagée par la flammèche me montrât la physionomie de son visage puis un décolleté garni. Le feu s’éteignait aussi soudainement qu’il ne s’était allumé.

La jeune femme pataugea du mieux qu’elle le put dans l’eau et un jet de flammes me fondit dessus. Basculant mon poids sur ma jambe gauche, je l’esquivais. Aucune idée si c’était du vrai feu qui brûlait ou seulement une source de chaleur tiède, mais dans le doute, valait mieux être prudent. La flamme revint, décrivait mon visage, laissait deviner la couleur de mes yeux et celle de mes cheveux. Je ne voyais pas grand-chose de la femme ; je n’aimais pas vraiment être exposé de cette manière, mais étrangement, je ne bougeais pas et elle continua sa sage exploration.

Je détournais ma tête sur le côté, et la lumière dévala mon cou, dessina les lignes de mon corps. Je ne pouvais voir ce qu’elle regardait ; toutefois, ça devait lui plaire puisqu’elle s’attarda quelques secondes de plus que nécessaire. Le jeu d’ombre et de lumière créé laissait suggérer une sorte de voile d’intimité qui tombait sur la grotte. Lassé de la situation, je grognais légèrement, montrant mon impatience, et me détournais de la demoiselle pour chercher le bien qui m’attendait. Me baissant, je palpais la terre meuble, cherchant quelque chose de dur, de coupant, n’importe quoi qui puisse m’indiquer que c’était bien là. La lumière s’éteignait, m’interrompant dans ma tâche.

- Poupée, tu me rendrais un grand service si tu rallumais ta lanterne invisible.

Elle hésitait, puis finalement, la flamme fut de retour. D’une voix empreinte de curiosité, elle me demanda ce que je cherchais dans cette grotte. Tout occupé à mes recherches, je ne répondais pas. Un soupir me parvenait. Comme si j’allais raconter toute l’histoire que Daoh’mey avait eu la patience de me dire ! Elle déboulait de nulle part, semblait plus apte à jouer qu’à donner un coup de main, alors non, vraiment, je ne voyais pas pourquoi je lui répondrais sans lui mentir. Je zieutais l’eau trouble. Il n’y avait que par-là que je n’avais pas encore fouiné. Mais j’allais avoir un problème de luminosité. Saisissant la main de la rousse, je la plaçais dans l’eau, espérant que ça allait marcher. La flamme vacilla mais resta en état, éclairant l’eau. Je souriais.

- Tu peux te baisser ? Elle me regarda d’un drôle d’air. Je dois trouver un truc vraiment important là-dedans… Son regard m’incitant silencieusement à poursuivre. Je soupirais. Un vieux truc qui date de Jérusalem, finissais-je en haussant les épaules.

Contente d’avoir réussi à me grappiller quelque chose, elle se baissa vers l’eau, m’offrant une vue sur des collines protubérantes au passage. Feignant n’avoir rien vu, je me coulais dans le mélange eau-boue-sable-végétaux (et encore, j’étais sûr que la liste était bien plus longue que cela). Grâce à l’aide prodiguée, je pouvais mieux voir le fond – si on pouvait appeler ça un fond. Réapparaissant de temps à autre à l’air libre afin de récupérer un peu d’oxygène, je continuais à fouiller le sol. Je remontais la surface après maints essais infructueux.

Pestant contre moi-même, je m’asseyais sur une grosse pierre, de l’eau jusqu’au ventre, fatigué. Pendant que je faisais le point mentalement, je m’adossais contre la terre, les yeux fermés, et examinait la fille à travers mes cils. Peut-être qu’elle y était pour quelque chose ? Tout s’était très bien passé jusque-là ; elle apparaissait et boum, c’était la misère. À moins que… À moins qu’elle n’ait trouvé l’artefact avant moi. Dans ce cas-là, elle devait bien rire… Son air amusé et son enjouement viendraient-ils de là ? Je me risquais à le lui demander de but en blanc :

- Dis-moi, ce ne serait pas toi qui as ce que je recherche si avidement ?
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Mar 13 Sep - 11:55



   
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Après l'avoir rapidement aidé, elle continua de le regarder avec une curiosité sans fin, un léger sourire aux lèvres, et un regard sensuel dans ses yeux de braise. Il était attachant en un sens et représentait l'archétype de l'homme parfait. Beau, ténébreux et mystérieux, une puissance plus ou moins impressionnante et ce côté de mauvais garçon qui primait sur chacune de ses actions. Un vrai mauvais garçon, pas du style de ceux qui se la jouent pour se donner du charisme. Hellena ne résistait pas aux ténébreux.

-Dis-moi, ce ne serait pas toi qui as ce que je recherche si avidement ?

Elle étouffa un rire grave derrière sa main comme si c'était la chose la plus drôle qu'on lui avait jamais dite. Faignant l'ignorance de la situation, elle le regarda malicieusement puis prit la parole.

-J'ai beaucoup de choses que les hommes recherchent...
dit-elle en se mordant la lèvre inférieure.
Tu n'as qu'à venir me fouiller si tu crois que j'ai ce que tu cherches.

Il n'avait pas envie de rigoler. Son visage sérieux prit une teinte d'amusement et d'agacement en même temps, un curieux mélange, l'air de dire que ça serait probablement pas la pire chose qu'il s'apprêtait à faire aujourd'hui mais qu'il n'avait pas le temps pour ces jeux d'ados.

-Si tu parles des cailloux je ne sais pas où ils sont, enchaina-t'elle avant qu'il ne prenne son avance au sérieux. Je t'ai simplement suivi, depuis le début, car j'ai ressenti ton énergie et j'espérais qu'on puisse s'aider dans notre objectif commun...


Elle se tut, ne voulant pas en dire d'avantage à un être qu'elle ne connaissait même pas, elle s'occupa comme elle le pouvait en faisant mine de carboniser quelque chose qu'elle avait repéré à la surface de l'eau. Comme si ses paroles ne suffisaient pas, elle se leva suites au regards suspicieux du bel inconnu et tourna sur elle-même autant pour faire admirer sa plastique que pour montrer qu'elle n'avait aucun caillou, aucune babiole et pas le moindre grigri vaudou sur elle.

-Alors, tu me crois ? dit-elle agacée.


Le binôme avait décidé de faire route commune, pour le moment. Les closes du contrat avaient été formulé rapidement avant qu'ils entreprennent leur avancée. "Pas de petits jeux débiles, personne n'essaie de doubler l'autre, tout le monde s'entraide et tu passes devant", avait-il dit à l'attention d'Hellena. Rougissante, elle avait prit cela comme un compliment. Ses formes restaient attractives malgré la saleté de ses vêtements et son parfum du bayou, se disait-elle. C'est toi qui éclaire la zone, avait-il précisé avant qu'elle ne rentre dans un de ses délires plus ou moins farfelu.

Hellena s'improvisait comme torche et éclairait les parois de la grotte rupestre. Ses jambes nues étaient glacées et ses bottes, n'étant pas étanches, laissaient passer des trombes d'eau qui s'engouffrait entre ses orteils désormais. C'était un sentiment bien désagréable, à quoi venait s'ajouter un sol biscornu et on obtenait un vrai calvaire pour avancer. Elle n'avait pas cessé de geindre depuis ce moment. Se plaignant tantôt du sol tantôt de cette eau puante, elle s'était finalement trouvé un bouc-émissaire parfait: les vaudous. Par moment, elle proliférait une injure contre eux à voix basse et sur ce qu'elle leur ferait si jamais elle en croisait un. -Une figure particulièrement vulgaire sur où ils pouvaient se les ranger leur satanées pierres-
L'eau montait désormais et il durent nager à ce moment. Le chemin n'en finissait plus mais Hellena devenait silencieuse à cause de la fatigue, ce qui ne devait pas déplaire à son compagnon d'infortune.

Après une bonne dizaine de minutes à nager, ils arrivèrent à l'endroit ou la zone aquatique prenait fin. La terre se faisait de nouveau sentir sous les pieds et l'eau leur arrivait de nouveau aux jambes. Hellena fut la première à sortir de l'eau, haletante, des crampes plein les bras et les cuisses mais soulagée. Sa peau était parcourue d'un frisson et elle aurait tout abandonné pour un bon bain bien chaud plein de bulles. Elle s'assit sur un rocher proche, en compensation de son calvaire, et massa ses pieds à travers sa botte pour se soulager. L'enlever aurait été une erreur car elle n'était pas sûr de pouvoir la remettre. La grotte semblait avoir changé légèrement. On notait la présence de sculptures et d'ornements dans la pierre qui prouvait que ce lieu était fréquenté par une certaine forme de civilisation. A quelques mètres, un portail en fer rouillé encadré d'une arche en pierre éclairée par la chaleur d'un brasero encore crépitant faisait office d'entrée. Un chemin perpendiculaire au portail semblait indiquer que la grotte disposait d'une autre entrée bien plus emprunté que celle qu'ils avaient prit pour venir jusqu'ici.

Le lieu était lugubre, quelque peu surprenant, mais d'un macabre dominant. Il en réchappait des traces de magie noire sur toutes les parois de la grotte. Une magie occulte et sombre, mais surtout récente.

-Je crois qu'on est arrivé où tu voulais dit-elle.


Le beau gosse n'avait pas prit le temps d'admirer la splendeur du sanctuaire, il poussait déjà le portail grinçant qui s'ouvrit dans un bruit de métal aigu.

-Attends-moi, s'empressa-t'elle d'ajouter avant de se lever d'un bond sur sa plante des pieds endoloris.


Derrière le portail se tenait un grand cercle en forme de pentagramme encadré par des bougies dont la plupart étaient éteintes. Un autel cérémoniel, vide de tout corps, se tenait au centre. Sa surface sombre laissait prétendre que de nombreux sacrifices avaient eus lieu ici. Hellena s'arrêta. Elle regardait son mâle préféré qui contemplait une forme indistincte dans l'obscurité. Les flammes improvisées par la belle ne parvenaient pas à percer la noirceur du sanctuaire mais on distinguait une sorte de statue fétichiste représentant une divinité démoniaque. Une paire d'aile, une tête allongée et... un joyaux rouge qui s'illuminait dans le noir sur le poitrail de la bête statique.


   
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Jeu 15 Sep - 21:45
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J’avais difficilement retenu un gloussement ; ce genre de répliques, c’était tout à fait mon genre. Tentant de rester digne, je l’avais regardée avec un air à la fois sérieux et amusé. Lui répondre aurait été parfaitement à mon goût ; seulement, je devais garder en tête que j’avais une mission, et pas des moindres : retrouver des reliques. Elle m’expliqua qu’elle n’en savait rien et s’était contentée de me suivre, attirée par mon énergie. Un sourire en coin, je la regardais tournoyer, n’omettant aucun commentaire. Comme apparemment, elle avait besoin de moi et qu’apparemment, j’allais avoir besoin d’elle, on avait fini par sceller un accord où quelques conditions de base s’appliquaient. Sur ma demande, elle nous servait de flambeau. Suivant le chemin qu’elle me traçait, on avait fini par sortir de l’eau pour arriver devant un immense portail de métal. Je le poussais sans plus de façon, « entrant » dans le lieu qui regorgeait de magie.

Un éclat attirait mon regard ; m’approchant, je constatais que c’était une sorte de pierre : ornement ou relique à collecter ? Tournant la tête, j’adressais un regard interrogatif à la demoiselle, qui semblait ne pas en mener plus large que moi. Toujours était-il que, simple statue ou socle, je me devais de vérifier la chose. Ôtant mes bottes – pleines d’eau et qui faisaient atrocement trop de bruit -, je les retournais en les secouant, les vidant. Mes pieds ne sentirent pas la différence entre l’eau et le sol ; était-ce grave ? Ne m’en souciant guère, je me dirigeais à pas lourds vers l’imposante statue et l’examinais longuement. Cherchant à trouver un truc – un mécanisme, une aura, quelque chose qui m’indiquerait à savoir où nous étions -, je laissais courir mes doigts frigorifiés à sa surface afin d’atteindre le cœur de mon attention. Ils caressaient la pierre, exploraient le rouge sang lumineux. Rien ne se passa dans l’endroit étonnamment silencieux.

Tremblants, ils se cramponnèrent au joyau et tentèrent tant bien que de mal de l’arracher de son support, qui le tenait fermement en son sein. Marmonnant des injures à voix basses, je répétais l’opération, sans obtenir le fruit de mes efforts acharnés. Un rire résonna ; la jeune femme s’approcha de moi et tapota ma besace avec suffisance. Je la regardais sans comprendre, jusqu’à ce que l’idée atteigne mon cerveau plus ou moins transi. Frustré d’avoir essayé le plus dur en oubliant le plus facile, je sortais le caillou vert et, ne sachant pas vraiment quoi faire avec, le plaçait à proximité du rouge, par-dessus, juste à côté, ou le baignait dans la lumière couleur de sang. Roulant des yeux, je me désespérais. Oui, j’avais eu espoir qu’il se passe quelque chose !

J’étais fatigué, mes membres faisaient des siennes, j’avais froid et une superbe jeune fille qui s’amusait à se foutre de moi mettait mes nerfs à rude épreuve. Si c’était pas le paradis ça ! Ayant besoin d’une bonne pause, je m’asseyais à même le sol et basculais sans le sentir sur le dos. Une brûlure à l’oreille me réveilla – merde, je m’étais endormi ! – en sursaut. Tous les sens en alerte – enfin, ceux qui fonctionnaient encore -, je papillonnais des yeux et reconnaissais la fille. Ah oui, la fille… C’était quoi déjà son nom ? Aucune idée. Bref, y’avait la fille, les poings sur les hanches, qui semblait me parler. Les yeux lourds, je les fermais et roulais sur le côté. Je ne me rappelais plus à quel point c’était bon, de s’assoupir ; la froideur du lieu et de mon corps ne me dérangeait même plus. Je grommelais en ayant l’impression que la grotte tremblait. Profondément ennuyé, mes yeux s’ouvraient à demi. J’étais en train de me faire traîner comme on le ferait pour ramener un ballot de foin aux bêtes.

- Viens me réchauffer au lieu de rire comme ça… La demoiselle haussa un sourcil. Je lui tendais mes bras. J’ai froid moi ! M’enflammant un peu trop sans me rendre compte, je continuais de plus belle. Si tu veux, je peux enlever mes vêtements aussi… Je joignais le geste à la parole et ôtais les boutons de ma chemise, qui glissa le long de mes épaules tandis que mes mains s'attaquaient à mon pantalon détrempé qui m'irritait la peau. Fais pareil, on se tiendra plus chaud comme ça…

Un bruit me fit rejoindre la terre :  des grincements s’élevaient de toutes parts, comme si la grotte protestait enfin contre notre arrivée. Et sous mes yeux ébahis, je pus voir… Rien. Me tenant la tête – la vache, ça tournait là-dedans ! -, je me levais et pus enfin comprendre la cause de tout ce raffut. Le sol s’était décalé (ou s’était fait avalé, je ne savais pas), et un escalier étroit comblait ce vide. Intrigué, je suivais la demoiselle radieuse jusqu’au bord. Seulement les premières marches bénéficiaient de la lumière créée aux abords du portails. Demandant une nouvelle fois de l’aide à Hellena – c’était une torche vivante en fait -, elle s’avança précautionneusement et descendit le vide. La talonnant, je faisais attention où je mettais les pieds. J’étais complètement intrigué ; qu’allions-nous découvrir en bas ?

J’eus une réponse rapidement. Une pièce se dessinait à la lueur des flammes d’Hellena, macabre. Une sorte de table se dressait en plein milieu. Frissonnant, je me demandais ce que c’était. Trop curieux, j’avançais à pas de loup, jusqu’à frôler l’objet.  À l’aide de mon katana, je traçais une belle ligne dans ma main et serrais fortement le poing. Des gouttes coulèrent. Avec une lenteur absolue, elles glissèrent le long de la table, atteignirent le sol dans un léger bruit de « plic ploc ». Je ne comprenais pas trop pourquoi il y avait ça ici ; il me semblait avoir vu un grand autel là-haut – imposant et tâché de sang assombrit par les années.  Voyant qu’il ne se passait rien – et que ce n’était pas un deuxième autel, je me retournais vers Hellena et levais les bras à hauteur de mes épaules, moqueur mais déçu tout de même :

- Je me suis pelé les couilles pour rien, il n’y a strictement rien à voir ici ! Une statue, un autel sacrificel, une sorte de table, c’est tout. On ferait mieux de remonter pour prendre la pie-

Je m’interrompais en voyant la tête éberluée d’Hellena. Pressentant quelque chose de plutôt sombre, je me retournais lentement et tombais sur… une nuée de créatures. J’étais partagé : était-ce des bestioles, des décharnés ou des sans-cœurs ? Une sorte de fumée noire s’échappait de leurs corps, comme si le mal débordait d’eux. L’un d’eux murmurait d’une voix éraillée, presque méconnaissable :

- P… Pou… Voir…

Déglutissant, je comprenais que c’était l’odeur du sang, de mon sang, qui les avait attirés. Putain, quel con !
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Sam 17 Sep - 11:12



   
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La pierre rouge était solidement incrustée dans l'ornement de la statue aux allures de démon de l'enfer. Et après plusieurs tentatives pour l'en déloger, elle ne bougea pas, préférant rester bien sagement dans son renfoncement en attendant que quelqu'un trouve la solution sur comment l'en sortir. Cet horrible démon, bien que inanimé et totalement faux, semblait les narguer du plus profond de son être avec sa gueule démoniaque pourvue de rangées de petites dents pointues. Comment un objet se permettait-il de se foutre de la trogne de la belle Hellena ? Elle le soupçonnait d'être bien plus qu'une simple statue. C'est ce qu'elle avait pensé au moment ou sa main avait frôlé la surface de l'objet. Ce n'était pas de la pierre, pas vraiment en tout cas, c'était froid comme du métal, sombre comme les ténèbres, rugueux au toucher et ça procurait une sensation de frisson quand on en frôlait la surface, un peu comme plonger sa main dans un bain glacé. C'était de l'obsidienne, peut-être. Un obsidienne maléfique.

Hellena n'avait pas noté de réaction de la part du sang-croisé. -Elle avait compris qu'il n'était pas un vrai démon au fur et à mesure qu'ils étaient ensembles-
Il touchait ça comme si c'était de la roche sans en être perturbé, contrairement à elle qui faisait mine de ne pas grimacer chaque fois qu'un de ses doigts entrait malencontreusement en contact avec cette matière. Ce type semblait ne faire qu'un avec les ténèbres, il en était immunisé...

A trop être au contact des ténèbres on en devient aveugle... Voilà à nouveau que tu te découvre face à moi.

La situation était délicate mais pas encore désespérée. Pour le moment, l'important était de cogiter. Deux têtes valent mieux qu'une d'après le proverbe.

-Hé, beau-gosse, tu penses qu'on devrait... Elle s'arrêta après avoir tourné la tête vers le corps inanimé de son coéquipier, soupira intérieurement et plissait les yeux de colère. Il avait bien mal choisi son moment pour piquer un roupillon. Comment le réveiller en douceur ? Elle l'ignorait. Sur ce moment elle n'avait que des idées violentes qui lui venaient en tête... Cependant, maintenant qu'il était au pays des rêves, elle avait le champs libre pour tester des trucs sans que personne ne lui dise quoi que ce soit si jamais ça venait à foirer.

Les mains posées sur les hanches, elle tournait en rond, contemplait la statue à la recherche d'indices et tentait quelques trucs au passage. Une boule de feu percuta la statue et s'évapora simplement à son contact. La matière ne réagissait pas au feu. C'était solide et ça ne brulait pas, intéressant. Une seconde boule de feu, bien plus grosse cette fois, percuta le cœur de la statue avec un effet similaire à la première fois. Pas plus d'effet.

Elle rigola nerveusement, car son visage n'exprimait pas la joie, mais plutôt une sorte de rictus douloureux et très pénible. Elle avait envie de tout incendier ce qui se trouvait autour d'elle, oui, tout ce qu'il y avait autour d'elle... quitte à griller cet imbécile assoupi avec ce lieu. Elle avait envie de détruire ce truc, cette statue, cette idole de culte qui se moquait d'elle depuis le début, de lui faire du mal. Mais c'était impossible car les statues ne ressentent pas la douleur. Mais aller, tant pis, juste une fois, rien que pour se soulager. Les deux mains d'Hellena se joignirent et elle concentra un jet de flamme qui parcouru la statue de haut en bas dans un bruit de déflagration.

Les flammes avaient léché la statue, épousant parfaitement ses formes et avaient disparu sans que cela ne l'endommage, sauf une flamme se trouvant dans la gueule du démon. Elle crépitait, dansait et rendait l'apparence de la majestueuse et imposante masse bien plus effrayante qu'elle ne l'était auparavant, presque vivante. Un déclic retentit, puis une succession de cliquetis et de roulements dans le sol.

-J'ai trouvé, dit-elle dans un excès de bonheur qu'elle ne pu dissimuler.
Aller, DEBOUT ! hurla-t'elle en produisant une fine étincelle brulante qui le toucha près de l'oreille. Elle avait manqué la cible qu'elle s'était fixée mais n'en arborait pas moins un rictus de satisfaction. Vu qu'il ne bougeait pas, elle dû aller le chercher par la peau du cou et ne pu s'empêcher de rire tandis qu'elle le trainait. On aurait dit une serpillère tellement il était docile.

-Viens me réchauffer au lieu de rire comme ça… J’ai froid moi ! Si tu veux, je peux enlever mes vêtements aussi… Fais pareil, on se tiendra plus chaud comme ça…

Se réchauffer ? Bien sûr. Quel garnement, pensa-t'elle. Elle rougit sous cette proposition de se réchauffer mais ne tint pas compte de ce qu'il disait. Elle voyait parfaitement où il voulait en venir mais ce n'était ni le lieu ni l'endroit pour faire des galipettes, bien que ça aurait été sa première fois dans un sanctuaire malsain... sous les yeux vides d'une statue du diable contemplant leurs ébats et autour d'un autel satanique... Charmant endroit pour faire des coquineries tout compte fait.
La grotte, ou plutôt le sanctuaire, semblait s'être réveillée de son sommeil. Il se manifestait ou plutôt manifestait ses secrets qui s'ouvraient à la vue des deux visiteurs. Un passage secret se forma dans le sol et un escalier tombait jusque dans des profondeurs inconnues.

Sans se précipiter, ils parvenaient en bas où les attendait une autre table de cérémonie. Hellena dans son rôle de torche comme d'habitude et lui couvrant ses arrières. Après avoir attentivement observé ce qui les attendait il sorti son katana avant de passer la lame contre sa paume. Un sang écarlate s'écoula lentement de la blessure et les premières gouttes tombaient sur la table comme un début d'averse. Hellena tendit l'oreille persuadée que quelque chose allait se passer.

-Je me suis pelé les couilles pour rien, il n’y a strictement rien à voir ici ! Une statue, un autel sacrificiel, une sorte de table, c’est tout. On ferait mieux de remonter pour prendre la pie-

Plusieurs poignées de secondes s'écoulèrent sans qu'il ne se passe quoi que ce soit. Quoique... quelque chose se manifestait. Elle écarquilla les yeux, 1, 2, 3... pas moins de 15 présences se faisaient sentir non loin de là. Il ne fallut pas plus d'un battement de cils pour que de petites masses sombres se matérialisent sous leurs yeux. Des sans-cœur à l'aspect nébuleux avaient été attiré en ce lieu occulte. Leurs petits yeux rouges regardaient la plaie d'Adam, car c'est comme ça qu'il s'appelait et elle ne le savait toujours pas.

- P… Pou… Voir… dit-l'une des créatures décharnées d'une voix d'outre-tombe qui ressemblait à une plainte profonde et résonnante.

Encore une fois le dicton se confirmait: Le pouvoir appelait le pouvoir. Et il n'en était autrement dans ce cas-là. Le sang continuait de couler à un rythme régulier, sur le sol maintenant, et il dégageait une source d'énergie qui attirait ces choses comme un aimant. Elles étaient hypnotisées, excitées et parfaitement immobiles, dégageant une aura gazeuse qui s'évaporait de leur corps. Elles attendaient tandis que d'autres créatures se matérialisaient. Bientôt, Hellena ne pu même plus compter leur nombre. A gauche, à droite, au milieu, près de la statue démoniaque qui faisait maintenant pâle figure au milieu de cette foule, ils étaient partout et il n'était plus possible de les dénombre; elles formaient une masse, une seule et même entité.

-Au fait, je m'appelle Hellena, j'dis ça au cas ou tu devrais mourir sans connaitre mon nom, ironisa-t'elle.

Les sans-coeur, ou plutôt les sang-coeur, s'animèrent en même temps, bougeant leurs membres désarticulés, ils attaquèrent à l'unisson. Quelques-unes des créatures avaient prit pour cible Hellena et se jetaient les griffes en avant vers elle. Le reste des troupes prenait pour cible Adam qui était l'appât numéro un. Il dégaina son katana, prêt à riposter tandis qu'Hellena en attirait quelques-uns de son côté.

Elle révéla son arme et matérialisa son fouet dans une pluie de pétales de roses, le claqua dans l'air dans un mouvement de balayage, et frappa un groupe qui s'approchait d'elle. Les pointes hérissées du fouet -Rose épineuse qu'il s'appelait- lacérèrent les chairs. L'extrémité qu'elle tenait en main s'enroula autour de cette dernière, pénétra sa paume et fit couler son sang. Le fouet prit une coloration écarlate et se braqua comme un serpent, il se tortillait sans qu'aucun mouvement ne soit effectué par la belle. La demoiselle, transpercée par la douleur, concentra sa rage sur un sans-cœur et le fit disparaitre d'un coup net derrière la tête. Elle feinta une autre chose, la repoussa du pied, avant d'enchainer avec un rayon électrique qui se propagea vers plusieurs ennemis.

-Pouvoir... dirent plusieurs créatures en chœur.

Les ombres s'organisaient, se déplaçaient, réfléchissaient. Plusieurs petits groupes avaient quitté Adam pour se concentrer sur Hellena, d'autres battaient en retraite vers la statue, ils s'agglutinaient contre elle et la pierre rouge vif qui lui servait de cœur et bientôt les corps nébuleux donnèrent naissance à une statue nébuleuse. La statue s'anima, se contracta, dégourdi ses jambes et rugit d'un cri aigu.


   
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Dim 25 Sep - 10:20
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-Au fait, je m'appelle Hellena, j'dis ça au cas ou tu devrais mourir sans connaitre mon nom.

Je lâchais un sourire amusé et dégainais mon katana en voyant la horde remuer devant nous. Un fouet se matérialisait ; je ne pus cependant la regarder à l’œuvre, occupé par quelques sans-cœurs au tempérament audacieux. Fonçant sur moi avec une soif évidente de tuer – ou simplement d’aspirer ma magie jusqu’à la dernière goutte -, je fléchissais mes jambes et détendais mon bras, poignardant les premiers, tranchant quelques têtes, me baissant pour laisser deux sans-cœurs se rentrer dedans. Profitant d’un court moment de répit pour tourner la tête, je restais bouche-bée devant le fouet qui se dressait comme s’il était paré d’une âme ; manié avec dextérité par Hellena, le spectacle était d’une beauté saisissante. Ça n’avait rien à voir avec ma manière barbare de couper les têtes comme j’aurais tailladé des haies si j’avais été jardinier !

Fendait l’air avec ma lame pour les dissuader de s’approcher, je parvenais à atteindre la belle qui se débattait avec les êtres à l’aura malfaisante. Si au début, ils s’étaient focalisés sur moi – sûrement à cause de mon sang -, ils n’en avaient désormais plus rien à faire de ma petite personne et fonçaient sur Hellena. Pas besoin d’être un génie pour comprendre que le pouvoir qu’elle renfermait surpassait le mien, les attirant comme un aimant. Proche d’elle, je lui glissais dans un léger rire :

- Désolé poupée, mais on dirait que j’ai plus de chances de sortir vivant d’ici ! Du coup, je vais également te donner mon nom… Sullivan.

J’ouvrais la bouche puis la refermais, hésitant à ajouter quelque chose d’autre. Qu’aurais-je pu lui dire ? « Sinon, j’suis un prince, bâtard depuis que mon père s’est pris une nouvelle épouse et au fait mon nom de naissance c’est Adam ! » Peut-être lui dirais-je si on arrive à sortir entiers d’ici. Peut-être, peut-être pas. La voyant se débrouiller avec son rayon électrique, je me décidais à gravier les marches escarpées de l’escalier douteux, suivant le même chemin que les sans-cœurs. Et ce que je vis me glaçait le sang.

Les corps, attirés par la statue, se pressaient tout contre elle, n’hésitant pas à se marcher dessus, à se pousser, chiquer un membre qui gênait par-là, protestant de couinements et grognements contre ceux qui accédaient à la statue en premier. Véritable méli-mélo de corps ambulants. La pierre rouge, toujours implantée au cœur de l’énorme statue, brilla intensément. Sous mes yeux stupéfaits, les sans-cœurs semblaient fondre comme neige au soleil et s’intégraient dans la masse. L’opération se répétait pour les retardataires et recommençait pour ceux qui venaient après.

Un sans-cœur me bouscula, m’arrachant à ce spectacle démoniaque. Il se tourna vers moi, puis entama une grande enjambée vers la statue avant de se retourner avec brusquerie. Interdit, je me plaçais automatiquement en position de défense, la lame pointant en avant. Bizarre comme comportement, je ne le sentais pas celui-là. Il avait un drôle de sourire, à mi-chemin entre une grimace et un sourire moqueur, le genre de rictus qu’on ne sait pas comment interpréter. Un peu hautain aussi. De ses doigts trop crochus, il essayait de me balafrer le visage. Mon katana jaillissait, les contrant. Une vive douleur m’atteignait derechef à la cuisse.

Premier réflexe ? Déplacer mon arme, qui était près de mon cou, à ma cuisse où l’élancement me brûlait. Réflexe qui ne servit à rien ; le katana restait bloqué près de mon visage, enserré par des mains frêles mais pourtant pleines de force. Ce qui fut autrefois un homme se mit à ricaner franchement, apparemment la situation était drôle. L’écartant d’un coup de pied au thorax et grimaçant sous le transfert de mon poids sous ma jambe douloureuse, je reprenais possession de mon arme. Une sourde inquiétude me vrillait le crâne. Non, il ne fallait pas que je repense à ça, pas maintenant !

Secouant la tête pour tenter d’y échapper, je me lançais du mieux que je le pouvais sur l’intrus qui m’attendait, ce satané rictus toujours en place. Il parait mes attaques et parvenait à m’égratigner ; sous les morsures de ses ongles, ma chair meurtrie semblait être en feu. Cool, du poison. Depuis que ce foutu truc s’était décidé à venir me secouer le cocotier, mes chances de survies avaient chutées sous terre. L’avantage, c’était que maintenant, je n’avais absolument plus besoin de me soucier d’avoir froid. Dire que je m’ébouillantais était un euphémisme.

Me rapprochant de plus en plus dangereusement du mur, je commençais à perdre foi. Ce type, il me rappelait en tout point Zakhar, cet homme, enfin, ce sans-cœur qui voulait la peau de ma sœur Airi. Comme je n’avais réussi à le tuer, faible gamin que j’étais, elle avait été expulsée du royaume pour sa propre sécurité. Et ce sans-cœur-là, cette bête qui se tenait devant moi, me rappelait crûment mon échec. J’hurlais quand ses ongles transpercèrent ma main, la plaquant au mur. Mon katana tomba à terre. Haletant, je luttais contre la douleur. Putain, qu’est-ce que j’avais mal ! Entre ma cuisse et ma main, j’étais bon pour devenir infirme. D’un glacier, j’étais devenu brasier. Foutus marais de mes deux. J’allais m’en rappeler tiens ! Enfin, si je survivais d’ici là.

Un claquement sec fendit l’air ; le sans-cœur se courba en deux, l’échine atteinte. Profitant d’un instant de répit, j’ôtais ma chemise et me hâtais de la déchirer de part en part. Bandant rapidement ma main, enserrant ma cuisse barrée d’une plaie d’une couleur douteuse dans le linge, je lançais un pauvre sourire à Hellena une fois ma tâche terminée. Elle m’intima de la suivre en me rendant mon arme. Hochant la tête, je la suivais docilement vers la statue devenue vivante.

- Tu penses qu’enlever le truc rouge brillant suffira à l’arrêter ?

Question rhétorique. Hellena me répondait qu’on ne pouvait savoir sans essayer. Débarrassés des sans-cœurs, nous avions maintenant à faire avec le démon – je ne voyais pas ce que ça pouvait être d’autre. Il n’avait pas l’air d’avoir d’armes, mais je me méfiais de son corps de géant et de ses poings qui avaient l’air de pouvoir briser tout et n’importe quoi. Le feu qu’il semblait toujours contenir dans sa gueule était également alarmant ; je ne savais pas si Hellena serait de taille face à lui.

Contournant le géant, je courais droit vers le mur, commençais à grimper sur la roche puis, pivotant, me propulsais sur lui. D’un large mouvement de la main, je fus propulsé à terre. C’est que ça commençait bien ! Mais une autre alternative me semblait compliquée ; de par sa taille, grimper était la chose la plus évidente mais aussi la plus complexe. Il était temps d’utiliser mes pouvoirs, en espérant que ceux-ci suffisent.
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Mer 28 Sep - 17:26



   
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Sullivan -Sully, comme elle se destinait à l'appeler- armé de son courage, et d'une lame tranchante comme un rasoir, était déterminé à en finir maintenant avec le dernier opposant qui restait en ce lieu. L'idée paraissait simple à première vue, récupérer un joyaux rouge sur le corps d'une statue et l'en retirer en espérant que ça suffirait à stopper cette machine infernale. Malheureusement, on avait une statue immense qui s'éveillait d'un faux sommeil et qui avait pour but de détruire ce qui l'avait réveillé. Semi-consciente, peut-être, mais néanmoins rendu dangereuse par l'incroyable nombre de sans-cœur qui résidait dorénavant en elle. Cette chose était dotée d'une conscience, maintenant.

Sully bougeait plutôt vite malgré son corps meurtri. Il parvint à se déplacer sans que le gros balourd ne réagisse, prit une impulsion sur le mur en direction du géant et, se préparant à déloger ce qui ressemblait au cœur du démon, fut balayé d'un revers de la main comme un simple moucheron. Quelle concentration d'énergie dans un corps aussi massif, quelle force ! Elle fut surprise de penser ça de la statue, elle qui n'aimait que les hommes en chair et en os, c'est avec regret qu'elle observait son ancien chouchou rouler sur le sol. Si seulement il avait été aussi fort que la statue, si seulement elle pouvait l'être... elle pourrait au moins s'enlever du cliché de la femme faible qu'elle se mettait peu à peu en tête.

-Je m'en occupe, assura-t'elle. Laisse faire la pro.

Elle n'avait pas le temps de le prendre en pitié et se jetait, après une bonne inspiration, à son tour dans la gueule du loup, d'un pas vif. Le sang continuait de couler de sa paume lacérée par le fouet. Son arme démoniaque n'était pas sa meilleure amie, c'était au mieux une alliée à n'utiliser qu'en dernier recourt, et encore. Comme toutes les armes démoniaques, il y avait un prix à payer à les utiliser. Le prix de son arme était celui du sang, de sa vie. Le fouet était désormais écarlate-pourpre et continuait de se gorger du sang de la miss, lentement, mais à un rythme régulier. Mais elle n'y prêtait plus attention. Peut-être n'était-elle plus totalement consciente de ce qu'il se passait. Outre cette douleur et une sensation de vertige naissante, elle ne ressentait plus rien, ni le froid et pas même ses vêtements mouillés, seulement une émotion hybride entre la peur, la détermination, et un profond ennui qui ne savait la quitter. Récupérer une babiole dans un arbre mort pourri par la racine aurait été bien plus facile. D'ailleurs, ça l'avait été.
La rousse passa rapidement à gauche, feinta, repassa à droite, tentant de faire diversion tout juste assez longtemps pour que son partenaire tente une attaque par surprise. Le colosse écrasa la zone, où se trouvait la belle, dans un virevoltant nuage de poussière et de projections de débris qui fusaient dans toutes les directions. Un trou béant se formait dans la roche, là où son pied avait heurté le sol, laissant une empreinte qui ne correspondait pas au 37 fillette dont chaussait Hellena. Les parois du sanctuaire occulte s'ébranlèrent un instant en laissant retomber des débris de cette grotte qui s'écrasaient sur le sol. C'était pas le moment pour t'écrouler, pensait-elle.

La démone était parvenue à esquiver au dernier moment, juste avant que sa vision ne se trouble. Une fraction de seconde trop tard et elle aurait fini sous sa patte démesurée, comme un vieux chewing-gum collé sous la semelle, baignant dans une marre de sang et d'os broyés finement. Cet exploit, elle ne s’imaginait pas le reproduire une deuxième fois, pas dans son état tout de même. Son état de faiblesse n'était pas une excuse. Un démon devait trouver la force de se battre pour le bien de son espèce. L'abandon était réservé aux mortels, et seulement à eux, car ils n'avaient pas la force pour affronter les tâches les plus ardues. Le titan ne se focalisait plus sur la belle, désormais, et concentrait pleinement son attention sur Sullivan, qui avait tenté plusieurs approches vaines et brèves. Régulièrement, la créature se protégeait le cœur avec son épaisse main griffue. De sa démarche de gros balourd, il avançait, pas à pas, il faisait trembler le sol. Sa gueule remplie de flamme s'ouvrit et un grondement en sorti, une plainte. Une plainte de plusieurs dizaines d'âmes qui logeaient dans son corps.

Il braqua son bras titanesque et fracassa l'emplacement où se trouvait le demi-démon, qui esquiva, avant de réitéré son opération. Il y eut plusieurs successions d'esquive mais aucune attaque frontale de la part de Sullivan. Peut-être avait-il trouvé un adversaire à sa hauteur sans aucun jeu de mots. La statue ouvrit la gueule et cracha un jet de flammes sur une longueur de plus de deux mètres. A nouveau, une esquive permit de ne pas finir rôti vivant. Le monstre patienta, avança sa jambe maladroitement avant de griffer le sol. Son imposante stature était, semblerait-il, son seul et unique point faible. Hellena repéra cette faiblesse avant de puiser dans ses dernières ressources pour tenter le tout. Son fouet bascula en arrière et elle frappa vers le bras levé du monstre sur lequel l'arme fini par s'enrouler. Elle se cramponna de toutes ses forces et tira en arrière avec la force dont elle disposait. Cela ne suffisait pas, hélas, il était trop fort, trop imposant. L'énorme statue tourna cependant sa tête vers Hellena et tira sur le fouet d'un coup sec. Le fouet ne lâcha pas -elle non plus, déterminée plus que jamais à montrer de quoi elle était capable- et projeta la femme en avant avec force. Elle heurta simplement l'imposant corps mais amorti le choc en projetant ses jambes en avant. Toujours pendue à son fouet enroulé autours de l'immense bras, elle se balançait légèrement sous les mouvements de ce dernier qui la ramenait vers lui comme un trophée. Son attention ne portait plus sur Sully et il baissait sa garde imprudemment, laissant place à une opportunité de contre-attaque.


   
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Ven 30 Sep - 20:53
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Hellena m'avait priée de la laisser faire. Ne pouvant rien faire d'autre, et, je l'avouais, étant plutôt curieux de la voir à l'œuvre, je me plaçais légèrement en retrait, le torse luisant. Une grimace m'étirait le visage. Quelle idée d'être ainsi exposé ; autant adresser une invitation à l'étrange statue pour qu'elle me défonce la cage thoracique, c'était absolument la même chose. Seulement je ne me baladais ni avec des bandes, ni avec du linge de rechange. J'étais pas guérisseur pour un sous et étais adepte du "moins je porte de choses mieux c'est".

La jolie femme suinta à l'ouvrage, se déchirant pour créer des ouvertures, des angles qui, une fois pris d'assaut, ne laisseraient pas une seule chance au démon. Elle avançait, reculait, créait une sorte de danse envoûtante pour endormir la méfiance du démon. Mine de rien, c’était une sacrée coéquipière ; je m’imaginais pas me battre contre cet énorme truc sans elle. Seul, il était évident que j’aurais dû essuyer un échec cuisant, et perdre quelques membres si ce n’était pas tout simplement ma propre vie. D’où elle débarquait, c’était un mystère total, un questionnement sans fin. Mais j’étais satisfait de sa présence, qui qu’elle ne soit. Enfin, si elle venait à se révéler et qu’elle appartenait à un camp auquel mes objectifs me conduisaient à y nuire, ça serait bien dommage. Je l’aimais bien, cette poupée.

Je piquais le sprint le plus intense de ma vie ; en poussant sur mes jambes, je jetais le sol le plus loin possible de moi afin de sauter à pieds joints. Attendant le point culminant, toujours à bonne distance de l'immense chose, des chaînes sorties de nulle part se ruèrent sur la statue. Le métal froid s'enroulait sournoisement autour des épaules, du cou, du bassin, des genoux et des chevilles. D'autres achevèrent la bête en l'enveloppant de part en part. Ficelée comme un veau, elle était tout à moi. Ramenant le poing vers moi, les chaînes suivirent le mouvement et l'horrible créature ploya sous moi ; je n'avais plus qu'à retomber avec grâce et légèreté dessus, fier comme un coq, comme dans tous ces récits longuement contés par les troubadours ou les hommes qui revenaient du combat. Or, il n'en était rien de tout cela.

Je me laissais lourdement tomber sur la bête et, atterrissant sur la mauvaise jambe, retombais sur les fesses. L'élancement m'ayant fait perdre tous moyens momentanément, la partie "contrôle de chaines" de mon cerveau s'était désactivée. Avec affolement, je sentais la bête mugir et commencer à se redresser. Tic, tac, tic, tac, pas le temps de réfléchir, le temps presse, bordel Adam réagis, fais quelque chose ! Les chaînes furent de retour. Mais je m'étais moi-même attaché avec le monstre. Je grognais en me rendant compte de ma stupidité.

Pas trop bête, la créature gigotait, tentant de se retourner pour invraisemblablement faire de moi une galette. Me demandant comment j'allais me demerder pour réparer ça, je jetais machinalement un coup d'œil à Hellena qui semblait se décomposer de seconde en seconde. Son teint, d'une étrange couleur, me rappelait ceux des malades dont le fil était prêt à se rompre. J'avais une carte à jouer, un joker qui ne fonctionnerait sûrement qu'une fois puisque la créature me semblait capable de tout. Mais peut-être que l'effet de surprise fera que ça marchera...

Au moment où les chaînes disparaissaient pour la seconde fois - mais cette fois-ci, c'était un fait volontaire -, j'envoyais ma chère Daphné sur la bête, enfin plus précisément dans ses yeux. Mon ombre manipulée l'aveugla ; le monstre se plaignait aussitôt, posant ses larges mains sur ses yeux, et oubliait qu'au lieu de se les couvrir, il aurait pu directement me faucher. Descendant prestement de son imposant dos - du mieux que je le pouvais serait plus correct -, je le rattachais dès que je le pus. J'étais pas sûr de pouvoir tenir pendant des jours et des jours, mais là, sur le moment, ça faisait l'affaire. Estimant que je n'en avais pas encore fini, j'épinglais la chose au mur avec des chaînes qui s'incrustèrent à même la roche.

Soupirant de soulagement, je laissais mes jambes céder et rejoignais le sol en un clin d'œil, le corps tremblant. Récupérant un minimum légal de force - si on pouvait appeler ça de la force, je ne me sentais plus capable de rien physiquement parlant. La tête roulant vers Hel, je l’observais, un peu hagard. Souhaitant qu’elle se relève, je cherchais un moyen qui y aboutirait. Aller la voir ou l’aider à se relever m’était impossible, je savais que ma jambe ne tiendrait pas, qu’elle s’écroulerait dès que je laisserais quelques milligrammes de mon corps reposer dessus, et m’affaler comme une larve sur le sol, non, vraiment, ça n’aiderait en rien Hellena et ça me discréditera encore un peu plus.  

Un silence confortable s’installa, où on distinguait chacun de nos souffles, et, de temps à autre, un mugissement rageur s’élevait contre les parois, éclatant notre petite bulle où l’on récupérait, chacun de son côté, comme on le pouvait. Quand je sentais que ma jambe allait mieux, je me risquais à me lever ; je vacillais un peu, mais ouais, franchement, ça allait, je m’étais attendu à pire. Mes pas devinrent de plus en plus assurés et je parvenais jusqu’à Hellena, qui me semblait avoir repris quelques couleurs, même si je n’en étais pas vraiment sûr. Lui tendant une main, je l’aidais à se remettre sur pieds, ignorant le sourd éclair de douleur qui zébra fugitivement ma cuisse quand elle s’appuya sur moi. Fixant ses prunelles, je déclarais ce qu’on savait tout deux à voix haute.

- On a une chance sur deux. Soit ôter la pierre règlera le problème, soit elle provoquera notre fin. Prête pour un autre round ? Ironisais-je.

Avec des pas mesurés, on s’approchait du corps. En tirant sur quelques chaînes stratégiques, le monstre fut retourné rapidement ; le bijou rouge, plus luisant que jamais, comme s’il reflétait la fureur du démon, semblait nous narguer. Le visage de la bête était déformé, ses muscles bandés. En me penchant, je pus constater que certaines chaînes semblaient présenter des fissures. Vu la quantité que j’avais sortie, j’étais pas sûr de pouvoir refaire de même une seconde fois – voire sortir le double pour être certain de son immobilisation. Hellena croisa mon regard. J’hochais la tête. C’était maintenant.

- Vas-y, soufflais-je dans un murmure, appréhendant la suite des évènements.
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Mar 4 Oct - 17:49



Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪


Elle n'approuvait pas les paroles de Sully. Si ils risquaient la mort en ôtant le joyau de la statue, bien qu'elle n'était pas curieuse au point de le vérifier, pourquoi vouloir le faire ? C'était peut-être une bombe à retardement qui leur faisait face. Cependant, elle se sentait obligée, sinon tout ce qu'ils avaient accomplis jusqu'à maintenant aurait été vain, et elle avait horreur de faire des choses pour rien.

-Vas-y, dit-il.
-Et pourquoi moi ? répondit-elle.

Ils se connaissaient à peine et il prenait déjà des libertés en lui ordonnant des choses. Quel homme ! Soulagée de ne pas entendre le traditionnel "honneur aux dames", elle s'approcha aussi près que possible de l'imposante figurine, tout en se méfiant de la capacité des chaînes à la maintenir convenablement en place. C'est bien dans les moments où tout semble facile qu'il se passe quelque chose de dramatique. Inutile d'être pessimiste, le pire était probablement accompli. Goliath avait été vaincu, ou plutôt immobilisé, et était maintenu au mur par des chaines. Un bien intéressant pouvoir qui inspirait Hellena tant les possibilités d'utilisations étaient diverses et variées. Elle ne pu s'empêcher de penser à tout ce qu'elle pourrait faire si elle maitriser un tel pouvoir. Parmi toutes ses pensées, la torture, les châtiments corporels, le mariage et la soumission revenaient en boucle dans sa tête. Des pensées des plus grotesques les unes que les autres, surtout celles qui envisageaient d'être dans un lit à barreaux offrant de multiples points d'attaches. Un vrai rêve pour elle que de montrer sa domination totale sur la gente masculine.
Mais avant de penser au réconfort, il fallait encore accomplir une dernière tâche. Cette fois-ci, il ne restait plus qu'à lui faire l'ablation du "cœur" en observant le résultat produit. Dans le meilleur des cas, tout le monde repartait heureux en route vers le prochain objectif. Dans le pire des cas... malédiction, explosion, transformation, possession étaient des possibilités en matière de vaudou. Surtout les transformations en animaux. Devenir une limace ou un chat était bien pire que de mourir, et être recouverte de poil serait une calamité pour Hellena. Pratiquer la magie ne l'immunisait pas à la magie elle-même. ëtre née en tant que démon non plus. Quelle crédibilité garderait-elle auprès de Démog, son animal de compagnie si elle se présentait à lui en tant que quadrupède ? mieux vallait encore mourir brulée vive dans ce cas.

-Si jamais j'ai de la fourrure sur le corps en retirant ce truc, trouver un autre artefact sera le cadet de tes soucis, fit-elle en ponctuant son dernier mot prononcé d'un petit clin d’œil.

Après avoir escaladé quelques chaînes, lentement, elle posa sa main sur le joyau rouge et glissa sa paume ensanglantée sur la pierre en tentant de la faire basculer.
-Ta gueule ! avait-elle dit à l'attention de la créature grognante qui semblait se douter que sa fin était proche. Elle s'aida de ses ongles, presque des griffes, et parvint à soulever légèrement l'objet de sa cavité. Avec précaution, et une légère crainte, elle tourna, pivota, bougea, en ressentant que la pierre semblait décidée à sortir de son trou. Tout était devenu plus facile, désormais, même leur amie statue ne se plaignait plus, depuis une bonne minute, au moins. Elle cessait même de bouger. L'envie de combattre devait la quitter, probablement. Hellena s'arma de patience, l'objet lui résistait encore un peu, mais elle souriait maintenant, bien plus décontractée qu'auparavant et naturelle comme elle l'était à son habitude. Ce fut au bout de deux minutes qu'elle jubila réellement en brandissant une pierre sanguine au-dessus de sa tête, et le plus satisfaisant c'est qu'elle avait toujours sa forme de jeune et belle séductrice comme auparavant. La pierre écarlate brillait en harmonie avec la verte qui se trouvait dans la bourse de Sullivan. Ensembles, elles étaient deux pièces d'un puzzle au nombre indéterminé. Fière de son exploit, elle la tendit à Sullivan et le gratifia d'un merci au passage, difficile à sortir, certes, mais existant tout de même. Ce genre de remerciement était suffisant pour un homme. Qu'il ne s'imagine pas qu'elle lui devait quelque chose après ça, car elle l'avait aidé aussi autant qu'il ne l'avait aidé, si ce n'est plus. Le plus important, en ce moment, était de se restaurer, voire de trouver un abri pour la nuit sans oublier de panser ses blessures avant le prochain combat. N'ayant plus rien à faire dans la grotte, la rousse laissa son compère ouvrir la voie, prétextant qu'il lui fallait encore un petit moment pour reprendre ses esprits.

Chose inexplicable, elle se sentait envahit d'un sentiment de noirceur comme si le spectre de la défaite planait sur elle. La demoiselle regarda autour d'elle, à gauche: une statue inanimée maintenue par des chaines, à droite: le néant, le noir total du sanctuaire qui l'emportait sur les faibles lumières qui éclairaient l'endroit. Rien. Il n'y avait plus rien qui méritait qu'on s'y attarde, plus de présence hostile, absolument rien. Elle l'aurait senti si quelque chose rôdait car ces énergies l'attirait. Hellena contempla un petit moment la statue avant de se mettre en route. Bête et inanimée, voilà ce qu'elle inspirait désormais avec son rictus démoniaque. Fière et néanmoins inquiète, elle emboita le pas de Sullivan.
Ses joues avaient repris une coloration de vie, mais elle se sentait encore faible. Son sang avait servi de festin à une arme démoniaque insatiable et elle était bien plus vidée qu'elle ne le pensait. En cet instant, elle rêvait d'un bain chaud pour se débarrasser de son odeur de fauve et de sang, d'un friand à la viande de dragon et aux piments pour récupérer et, pourquoi pas, d'un moment de détente avec un homme amoureux d'elle dans des séances de galipettes intenses. C'est peut-être ce qui l'attendait prochainement.

Hellena et son compagnon n'eurent pas de problème sur le chemin du retour. Il n'y avait qu'une seule galerie menant à la sortie, celle qu'ils avaient vu à leur arrivée, et ils furent heureux de constater qu'aucune mauvaise surprise ne les attendait en chemin. Elle s'improvisa comme torche une fois de plus, une dernière fois avait-elle assurée. Il fallait pas que ça en devienne une habitude, bientôt elle lui lavera sa chemise si elle continue sur la lancée. La galerie se terminait en une succession de gravas qui bloquait la route. Un éboulement, récent semblerait-il, avait détruit une partie du plafond qui menait à l'extérieur, comme le suggéraiit un gros rayon de lumière qui pénétrait la cavité au-dessus de leur tête. Ce n'était pas réellement haut mais ca demandait toutefois une petite séance d'escalade, rien de bien méchant car monsieur avait le pouvoir de manifester des chaînes à volonté. Et c'est ce qu'il fit une nouvelle fois pour leur permettre de remonter. Plusieurs chaînes se plaçaient de telle façon à former des points précis pour grimper. En bon gentleman, il fut le premier à aider Hellena à monter en poussant là où il pouvait pour qu'elle grimpe avec plus d'aisance, avant de s'extirper de ce lieu par le même procédé.

Lorsqu'elle leva la tête, la lumière lui brûlai les yeux, celle du jour. Combien de temps avaient-ils passé sous terre ? Un peu trop longtemps peut-être, ses yeux mirent un moment à s'habituer à cette nouvelle clarté, comme si elle découvrait la lumière pour la première fois après sa venue au monde. Toute dégoutante de terre,-ainsi qu'une croute de sang coagulé- qui recouvrait ses mains et ses vêtements, la belle se lava comme elle le pouvait avec un petit cracha, très glamour, au creux de sa main qu'elle frottait sur les parties les plus sales de ses mains et de son visage. A mesure désespéré, recours désespéré. Son compagnon ne semblait pas choqué pour autant par cette toilette façon chat moderne, lui aussi tout crade et beaucoup moins sexy qu'il ne l'était lorsqu'elle le vit la toute première fois. Le temps n'avait pas réellement bougé depuis leur départ dans les tréfonds de la terre. Le ciel s'était couvert et légèrement assombri de nuages noirs, de pluie, à coup sûr. Géniale, de la pluie, c'est tout ce qu'il manquait dans cette journée bien trop parfaite. La goutte de pluie qui fait déborder le vase, pensait-elle.

GROUUUU.......

L'horrible bruit du ventre de la démone la trahissait dans ce moment de silence. Une plainte profonde qui signifiait manger, tout de suite ! Mais manger quoi ? Il n'y avait rien de bien palpitant qui éveillait l'appétit, ici. Peut-être des alligators, ça devait bien pouvoir se manger, en plus il y en a des tas ici. Mais elle ne sentait pas de taille à chasser cet imposant reptile.

-Si tu sais attraper une de ces choses, cowboy, je te le fait rôtir. avait-elle dit en mimant un alligator.

Le marché était conclus. C'était pour elle une occasion de montrer à ce beau mâle ses talents de cuisinière inexistants. On épousait pas une femme pour ses talents en cuisine de toute manière. Nonchalamment, elle se força à bouger ses fesses pour récupérer du bois sec ou pas trop mouillé. Ce ne fut pas difficile tout compte fait. Elle n'eut qu'à se baisser pour se faire un stock de bois. Accroupie, elle réunit plusieurs branches qu'elle disposa de façon à établir un feu de camp improvisé. Le bois, pas trop humide, prit rapidement feu avec un simple geste du doigt, les premières flammes devinrent bien vite un doux foyer ardent, et réconfortant, qui réchauffait ses mains sales et son cœur. Une chose de faite. Pourvu que Sullivan revienne vite avec de quoi commencer un festin.


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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Lun 10 Oct - 14:10
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- Si tu sais attraper une de ces choses, cowboy, je te le fait rôtir.
- Avec des yeux pareils, je t’attraperais tout ce que tu veux ma belle, lui lançais-je avec un clin d’œil amusé.

Je m’avançais vers la berge, accompagné d’un désagréable bruit de succion, les pieds ancrés dans la vase. Fixant l’eau avec attention, je guettais à sa surface quelques paires d’yeux d’un jaune foudroyant. Pas une brise n’effleurait l’eau, pas un remous ne la dérangeait. Les rôles s’inversaient ; ce n’était plus moi, le prédateur, mais eux. Je le savais, je sentais qu’ils m’épiaient, tapis sous cette eau trouble et si vaseuse qu’on ne voyait strictement rien en dessous. M’accroupissant pour mieux guetter, je souriais lentement d’un de ces sourires qu’on utilise quand on a une proie sous les yeux. S’ils pensaient me bouffer… Des chaines glissèrent silencieusement dans ma main. Mes yeux toujours rivés sur le marais, je portais les chaînes sur ma blessure et, les dents serrées, les frottaient vigoureusement sur ma cuisse pas encore cicatrisée. Venez là sales charognards, venez renifler mon sang que je fasse couler le vôtre…

Une fois mon harpon de fortune bien imprégné, je me redressais afin de prendre mon élan et le lançais comme je l’aurais fait avec un matériel de pêche. La réaction fut presque instantanée. Quelques bulles au début troublèrent le calme apparent, puis des projections d’eau révélèrent en leur sein des monstres d’une taille incroyable au regard frétillant. Les plus proches se ruaient dessus tandis que les plus éloignés se contentaient de renifler avant de juger que l’odeur était bonne et de se lancer à la chasse à leur tour. Muet, je regardais les alligators se grimper dessus, rendus fous par le sang, mon sang. Décidément, ça mettait tout le monde d’accord !

Une nouvelle horde de bestioles arriva comme des princes.  Ceux-là, ils ne se contentèrent pas de donner quelques coups de pattes pour arriver au premier rang ; oh non, c’était bien trop facile. Non, ceux-ci, ils étaient probablement les plus forts. Sans précipitation, avec une lenteur indescriptible, toujours bien cachés sous l’eau, ils ouvrirent grand leurs gueules et déchiquetèrent les plus proches. La loi de la nature par excellence ; les plus faibles ne vivent jamais bien longtemps. Ils provoquèrent un début de pagaille. Ceux qui se risquaient à protester devenaient des blessés de guerre ; ceux qui se laissaient faire étaient bouffés vivants. Aucune issue n’était possible.

Lorsque le carnage cessa peu à peu, l’eau n’était plus marron, elle tirait vers un bordeaux. J’attendais patiemment que l’un d’eux s’approche assez près pour l’empaler, c’était insupportable de voir les bêtes rôder autour sans jamais se mettre en danger. Mon ventre grogna, ça me rappela ma faim mais aussi celle d’Hellena. Hellena, qui avait promis de s’occuper de la viande… J’imaginais sans grande peine un morceau de viande juteux rôti par les flammes. Mon estomac émit un bruit plus imposant encore. Trop impatient d’attendre encore, je me décidais à passer à l’action avant que ma proie ne file. Je visais un alligator, un de ceux qui étaient arrivés en dernier, aux écailles plus fines que les autres, qui m’avait l’air vif. De la chair tendre en perspective… Je me réprimandais, m’obligeant à arrêter de fantasmer.

Le harpon improvisé se mouvait à toute vitesse dans la gueule béante de la bête, lui provoquant un net mouvement de recul et un cri de douleur, puis d’autres ; il se débattait, encore et encore, se tortillait, se retournait, cherchait à cracher ce fichu bout de métal qui lui arrachait la gorge, sa queue battait l’eau comme il battrait un ennemi, émettant des râles. Cependant, je n’imaginais pas une seule seconde que ma chaîne lui trouerait la gorge et qu’il se servirait de ses pattes pour tirer dessus ! Me sentant partir en avant, je me hâtais d’ajouter d’autres chaînes afin de le tirer sur la rive.

La tâche fut loin d’être aisée ; il avait beau être blessé, il continuait à se démener comme un beau diable. Dès qu’il fut à la portée de mon katana, je bataillais pour lui infliger un coup. Ses écailles avaient beau être, elles n’en étaient pas moins résistantes et ma lame ne faisait que glisser dessus. Si je ne pouvais le blesser pour le calmer, il ne me restait plus qu’à le tuer. Je lui tranchais la gorge sans me poser de questions. La lame avait correctement détaché la tête du corps, la coupure était nette et précise. J’appréciais de voir que j’étais toujours efficace.

La tête entre mon coude et mon corps, les chaînes portées sur mon épaule, je traînais ma charge derrière moi à pas lents. Ce truc devait faire une tonne, probablement parce qu’il s’était nourri peu de temps avant sa mort. Je rejoignais Hellena qui nous avait fait un feu de camp plutôt primaire mais assez fonctionnel. Ses yeux s’agrandirent en voyant ce que je ramenais et nos ventres résonnèrent à l’unisson. Je l’aidais à dépecer la bête, découpais les organes et les posais à côté du feu, avant de m’attaquer au découpage de l’alligator en gros quartiers que j’imaginais déjà rôtir. Si ce n’était pas un festin ça ! Trouvant deux bouts de bois avec des fourches, je posais un gros bâton par-dessus dont j’avais au préalable élimé les bouts pour qu’ils soient pointus. Le tout au-dessus du feu, on avait de quoi faire griller plusieurs alligators à la chaîne.

Hellena approuva mon système et commença à se saisir des plus grosses pièces qu’elle piqua du bâton et posa au-dessus du feu. Ses premiers essais ne furent pas bien concluants, la peau était plus noire que brune, et la texture, la texture… Autant manger des cailloux, ça devait revenir au même.

- Si j’avais su que tu faisais cramer la viande, j’aurais laissé la peau pour protéger au moins une partie de la chair… Me moquais-je.

Un regard de braise accueillit ma remarque à laquelle elle répondit derechef. J’éclatais de rire et la laissais marronner. La suite du repas fut plus juteuse – je parle de la viande, bien sûr. Les morceaux finissaient dorés et avaient un goût proche de la volaille, plutôt agréable donc, mais légèrement plus filandreux et plus tendre encore. Il se finissait silencieusement car repus, nous ne pensions qu’à piquer un somme. Enfin Hellena surtout, car j’en aurais été bien incapable. Une sorte de tension vibrait dans mes oreilles et résonnait dans mon crâne, commençant doucement à l’assommer. Et puis ce fut ensuite les frissons, presque convulsifs, qui me faisaient croire que j’avais froid alors que je bouillonnais à l’intérieur d’une fièvre sans nom.

Je me levais d’un bond, Hellena sursauta, surprise de mon action. D’un débit rapide, je lui intimais de rester tranquille. Quelqu’un était là, j’en étais absolument certain. J’étais épié. Faisant part de mes doutes à Hellena, elle m’asura d’un ton nonchalant qu’elle ne percevait personne. Je n’étais pas fou de même ! Il y avait quelqu’un, je le sentais ! Impossible pour moi de rester en place. Je me mis à faire les cent pas, guettant tous les moindres recoins, allant jusqu’à en fouiller certains. La présence était fourbe, elle ne souhaitait pas être vue, elle se cachait pour m’échapper. Et soudainement, je la sentis, je savais où elle était. À ce moment-là, je crois que j’aurais souhaité ne pas le savoir. Car si je ne la voyais pas, c’est parce qu’elle était en moi, cette saloperie !

Je me relevais difficilement, à quatre pattes, hagard, les yeux pas en face des trous. J’étais allongé par terre, le dos vers le ciel, face contre terre. La tension avait enflé, désormais, elle rongeait tout mon crâne, elle résonnait sans cesse, sans interruption, me vrillait tellement les oreilles que je n’entendais plus que ça. J’avais besoin de quelque chose, mais de quoi ? Qu’est-ce qu’il me fallait tellement que j’avais la force d’oublier un peu cette tension pour me consacrer uniquement sur ce besoin ? Je tournais en rond, cherchant quelque chose. Dès que je vis ma bourse au milieu des joncs, une sorte d’alarme mentale résonna. Oui, c’était ça que je cherchais, c’était ça que j’avais besoin, mais pour quoi faire ? Je n’en avais aucune idée, mais mon subconscient, si, et cette histoire commençait à me foutre les jetons. Manquerait plus que je me fasse posséder tiens !

J’ouvrais la bourse et saisissais la pierre rouge à pleine main. Elle brillait mais ruisselait de lumière quand elle sentit le contact de ma peau. Était-ce ça ? Avais-je besoin de ça ? Je me pliais en deux, la respiration hachée. J’avais un problème, je le sentais. Mes réactions n’étaient pas celles de d’habitudes, et cette douleur ne m’appartenait pas. J’avais mes propres problèmes, bien sûr, mais là, j’avais un fardeau en plus, comme si une conscience se reposait sur moi. Mais qui se foutait de moi, comme ça, à me donner ses putains de problèmes, ses douleurs mentales et physiques pour que j’encaisse comme un chien à sa place ?

La colère, sourde au départ, grimpait en flèche sans que je m’en aperçoive. Une rage ridicule, incompréhensible était là, impossible à surmonter. Une rage qui ne m’appartenait pas, qui m’était donnée par la pierre en adéquation avec mon être. Être qui ne m’appartenait plus, j’allais pas tarder à le comprendre.

- Tue. Tue-la.
- Qui… ?
- Tue-la.
- Hellena ?
- Elle ne mérite pas ta clémence. Tue-la.
- Elle a tué le démon !
- Elle a tué ton frère. Elle doit mourir.

La dernière phrase me laissait interdit et stoppa instantanément ma colère. Ah bon, j’avais un frère ? Et depuis quand ? À moins qu'elle ne parlait de la statue ? Je fouillais dans ma mémoire, remontais le temps, recherchant ce soi-disant frère. Franchement, ça me disait rien, je ne voyais pas de quoi cette voix parlait. D’ailleurs, c’était qui cette voix ?

- Euh, ta sœur. C’est ta sœur qu’elle a tué ! Si elle t’aide, c’est pour arriver au vaudou la première et le tuer ensuite ! Comme elle le fait pour tous ! C’est une tueuse !

Je me dirigeais machinalement vers le feu de camp, là où Hellena se reposait. Une main qui n’était pas la mienne attrapa mon katana avec une maladresse qui ne m’appartenait pas. J’étais toujours sûr quand j’avais mon arme entre les mains, alors pourquoi ces tremblements incontrôlés ? Je regardais le feu flamber. Et un détail me chiffonna. C’était quoi cette masse sombre derrière moi ? Avec une lenteur équivalente aux rythmes de mon cœur qui battait en sourdine, je tournais la tête doucement, très doucement. Je retenais mon souffle et la nausée monta.

Mes ailes, ces putains d’ailes de démon que j’avais hérité de ma mère, elles étaient là ! Celles que je ne sortais jamais, qui me provoquaient une douleur sans nom à chaque fois. Elles étaient là, je pouvais effleurer leur laideur si je le voulais. Toutefois, je me demandais bien ce qu’elles foutaient là. Je n’avais absolument aucun souvenir de les avoir fait sortir. Je tâtais mon dos du bout des doigts. Ils étaient ensanglantés, évidemment. Je commençais peu à peu à comprendre pourquoi je m’étais évanoui. Mais je n’étais pas au bout de mes surprises ; je n’avais pas vu les cornes qui surplombaient mon front, ni l’aspect changeant de ma peau.

Tandis que je regardais Hellena, si paisible dans son demi-sommeil, je sentais inconsciemment mon corps avancer, mes pas me conduire à elle alors que non, ce n’était pas ce que je voulais, et que comme je ne contrôlais plus grand-chose, la tournure que les choses pouvaient prendre me faisaient flipper. Hellena gigota, ouvrit les yeux et me vit avec le katana en main, proche d’elle, comme si je m’apprêtais à prendre sa vie du fil de ma lame. Je devais lui expliquer, je devais lui dire que je ne savais pas ce qu’il se passait, que ce n’était pas moi, que j’étais prisonnier dans mon propre corps. D’une voix rauque, tout ce qui sortit de ma gorge fut :

- Je vais te tuer.
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Jeu 13 Oct - 16:28



Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪


Le ventre plein d'un repas consistant et délicat, mais quelque peu fade, il n'en fallut pas plus à la belle pour s'abandonner dans les bras de Morphée; à défaut de ceux de Sullivan qui avait commencé à s'agiter. Sur le qui-vive, très légèrement perturbé et attendant qu'on ne sait quoi se jette sur eux. La démone admirait cette énergie débordante, mais pas quand cette énergie était déployée pour la réveiller, sous prétexte que monsieur percevait quelque chose qu'Hellena n'aurait su ressentir. Dépense ton énergie autrement, semblait-elle se dire en roulant des yeux. S'attendait-il à se qu'une armée de sans-coeur les prenne à revers ? Anxieuse à l'idée de savoir que quelqu'un allait faire les cent pas quand elle fermerait les yeux, et n'étant guère friande des histoires d'horreur autour d'un feu de camp, Hellena s'accorda un moment pour vérifier ses dires. D'après lui, le mal rôdait, quelque part, caché. Elle scruta les environs pour dénicher la moindre source d'énergie, tourna la tête dans une autre direction, se concentra autant qu'elle le pouvait, mais rien. Il n'y avait absolument rien. Si un démon ne pouvait pas localiser une source d'énergie aussi sombre, alors personne le pouvait. Ils étaient programmés pour ressentir le mal et également pour l'infliger, tout comme le rôle du scorpion est de piquer sa cible. C'était une règle existentielle de la vie, leur raison même d'exister sur terre. Les plus faibles d'entre eux, ceux qu'on appelait les démons inférieurs, devaient servir les démons supérieurs sans grande possibilité de devenir un jour leur propre chef. Ainsi agissait la hiérarchie du ferme-la et obéit, microbe.
Hellena s'étira. Elle ressentait déjà des crampes un peu partout dans son corps qui la suppliait de rentrer à la maison sur le champs. Dans d'autres circonstances, elle aurait écouté ses envies, mais pas aujourd'hui. Elle bailla à s'en décrocher la mâchoire. Même en cet instant de fatigue montante, jamais elle n'aurait laissé une présence démoniaque la berner aussi facilement sur sa présence. Il n'y avait qu'eux deux ici, Sullivan et elle-même, c'est tout ce qu'elle ressentait hormis la présence des deux joyaux toujours présent dans la bourse du jeune homme. Si la demoiselle ne présageait rien, c'est qu'il n'y avait rien dans les parages, sauf peut-être quelques alligators, alors effectivement, oui, on pouvait dire qu'il y avait quelque chose qui rôdait dans ce cas là. L'énergie de ces choses n'était pas perceptible car ils n'en avaient pas suffisamment pour la ressentir, et elle n'était pas suffisamment sombre pour qu'on le puisse. C'était des alligators, en somme, de banales et simples petits mangeurs de chair qui pataugeaient stupidement dans leur mélasse toute la journée. Mais pour leur défense, ils avaient bon goût, et il y en avait suffisamment pour faire un bon petit-déjeuner revigorant dès le lendemain.

-Mais non, il n'y a rien... elle étouffa un bâillement sauf des alligators maléfiques autour de nous, ne dors pas ou ils viendront te chercher... elle pouffa de sa bêtise je le saurai si quelque chose se pointait ici. Elle le rassura d'un petit clin d’œil avant de lui souhaiter une bonne nuit.

Son partenaire devenait parano, pensait-elle. Elle préférait se dire ça, car si elle se mettait à le croire ça voudrait dire que c'est elle qui avait tord, chose inconcevable pour sa petite personne. Les cris des crocos résonnaient un peu partout. Il y avait de quoi rendre fou n'importe qui après une journée aussi dure que la leur. C'était juste de gros reptiles qui lui faisaient perdre le sens du rationnel, rien de plus. Mais si c'était des reptiles, pourquoi ça avait le gout du poulet ? Question intéressante sur laquelle ils pourront débattre demain au petit-déjeuner. Un léger sentiment de remord intérieur fit surface concernant le repas. Était-ce à cause d'elle, et de sa première tournée de viande indigeste qui lui pesait sur la raison ? ou alors peut-être était-ce sa plaie à la jambe qui s'infectait ? Si il survit jusqu'à demain matin, alors elle lui préparera le repas convenablement tout en prenant soin de son petit corps de dieu grec. Réconfortée, elle s'abandonna au sommeil, lourdement, ses paupières n'étaient plus que du plomb et elle ne les retint pas un seul instant lorsque celles-ci se refermèrent. Un sourire angélique aux lèvres et un feu de camp qui lui réchauffait le dos et les jambes. Elle se sentait presque à la maison. La dernière chose qu'elle vit, avant de s'endormir, c'est son chouchou, debout, toujours alarmé pour une raison inconnue. Même pas assez galant pour venir se coucher auprès d'elle et la réchauffer, elle dû se contenter du feu qui crépitait en oubliant qu'auparavant il aurait été jusqu'à retirer ses fringues pour lui tenir chaud. Qu'à cela ne tienne, il pourra toujours se rendre utile en veillant sur le feu, pensa-t'elle. Plusieurs minutes s'écoulèrent. La rousse senti quelque chose l'effleurer dans son sommeil. Une main chaude, un peu taquine, lui caressant le bras avec une délicatesse qui faisait rêver. Un peu rugueuse, quelque peu, en fin de compte. C'était quand même agréable, au début du moins, mais ça faisait mal ensuite. La main se resserrait peu à peu sur son bras, avec une pression non négligeable, comme si on prenait sa tension dans le but de lui faire exploser le biceps. Elle ouvrit les paupières et s'extirpa du monde des rêves pour revenir à la réalité. Affolée, et non sûre de ne pas être dans un de ces cauchemars, elle tenta de reculer en s'aidant de ses mains. Les yeux grands écarquillés, elle le vit. Cette vision d'horreur qui se manifestait devant elle pouvait de loin se prétendre être la créature la plus laide du monde. C'était le diable, à peu de choses près. Cornu et doté d'ailes robustes, la chose brandissait le katana de Sullivan et semblait déterminée à s'en servir. Rêvait-il de se venger pour la mort de l'horrible statue démoniaque vaincue un peu plus tôt ? Si c'était le cas, la demoiselle allait regretter d'avoir retiré la pierre.

-S-sull...ivan ! balbutia-t'elle dans un murmure presque inaudible.

Personne ne lui répondit. Hellena, toujours affolée, jeta un prompt regard autour d'elle en recherchant la solution à son problème. La triste réalité était là, il n'y avait personne pour l'aider. Pas de preux chevalier mi-homme mi-démon ne se trouvait dans les parages. Aucun beau-gosse armé d'un katana n'allait l'aider. A la place, il y avait un bourreau sorti de sa carapace charnelle pour reprendre le contrôle de son instinct primaire: tuer. C'était bien Sullivan qui se tenait devant elle. A ce stade, il était impossible de nier l'évidence. Elle parvint à se dégager après avoir donné plusieurs coups de botte. La belle bascula en arrière après avoir essayé de reculer en s'aidant de ses mains, sa tête heurta la première la boue.

-Je vais te tuer, hurla-t'il sans une once de pitié.  

Et il fendit l'air de son katana dans un mouvement circulaire vers le sol. Elle disparu à cet instant en glissant au sol dans un roulé-boulé instinctif. L'élan emporta le katana dans le sol avec une force surhumaine qui fit disparaitre la lame dans une couche de boue collante. Rapidement, la rousse se redressa, veillant à ne pas lui tourner le dos, elle avançait à reculons en manquant de tomber pendant sa manœuvre. Hors de souffle, elle reprenait ses esprits en expirant du mieux qu'elle le pouvait. Inspirant de petites bouffées d'air, elle se savait en vie pour le moment. Elle expirait aussitôt et continuait ses inspirations aussi rapidement que possible pour diminuer son taux cardiaque aussi vite que possible. Si la peur donnait des ailes, alors en cet instant elle serait déjà à l'autre bout du pays. Des ailes, elle n'en avait pas. De la chance, elle pouvait pas dire qu'elle en regorgeait non plus, mais elle était toujours vivante depuis le début de cette journée maudite. Sans aucun artifice elle devait se débrouiller pour rester en vie. Pendant combien de temps ? Le plus longtemps possible. Il reprendrait bien sa forme humaine à un moment ou à un autre. Et si jamais ce n'était pas le cas... Elle lui ôterait la vie.
La créature déterra le sabre emboué, l'agita d'un mouvement rapide et puissant dans l'air pour se débarrasser de la boue émoussant le tranchant de la lame. Imperturbablement, il la faisait tournoyer entre ses doigts avec rapidité. Il maitrisait invraisemblablement le maniement de cette arme, cela ne faisait aucun doute. Seul le fou se jetterait dans la gueule du loup en cet instant. Ne souhaitant pas finir en carpaccio, elle savait que la seule possibilité de victoire était une attaque fourbe donné à pleine puissance. De la fourberie, elle n'en manquait pas, elle en avait à revendre, ou mieux, elle aurait souhaité en troquer contre une bonne dose de courage. Hellena reprit du poil de la bête. Elle se calmait petit à petit. Ses exercices de respiration finis, elle se redressa sur ses deux jambes. D'un ton tremblant, elle ajouta:

-J'imagine q-que tu parlais... de cette présence là... dit-elle aussi naturellement qu'elle le pouvait.

Quelle idiote, se disait-elle. Bien entendu qu'elle l'avait ressenti cette présence. L'énergie de son mâle n'était pas tout à fait la même depuis qu'ils étaient sorti de la grotte. Elle avait changé à un moment mais ça n'avait pas inquiété Hellena plus que ça, vu qu'elle n'avait ressenti qu'une seule source dans son corps. Leurs énergies avaient déjà fusionné dans le sanctuaire. Cette armée de sans-coeur, c'était ça qui avait éveillé son pouvoir ? Ou peut-être à trop rester en contact de ces pierres. Sans se soucier des questions qui la taraudaient, Elle entreprit de faire reprendre ses esprits à Sullivan en lui parlant. Sa voix douce n'allait peut-être pas la sauver, mais elle espérait gagner suffisamment de temps pour le terrasser en un coup. Chanter une chanson, elle ne le pouvait pas, ce n'était pas la peine d'y penser. Elle parvenait tout juste à articuler sans mouiller le sol. Elle parvint à se ressaisir.

-Tu ne veux pas me tuer, je le sais. Elle garda sa main droite derrière son dos. Tu as subit un bref changement, mais on peut y remédier en combattant ce mal... elle recula tandis que lui avançait.

Bref changement n'était pas le terme exact, elle s'en rendit compte. Si il était aveuglé par sa personnalité, cela ne voulait pas dire qu'il était totalement stupide. Mais elle continua à verser des paroles soporifiques, concentrant assez d'énergie dans sa main cachée pour pouvoir lancer un sort dévastateur. De fins éclairs se concentraient dans ses deux doigts. C'était dur de maintenir un tel niveau, mais elle le devait, juste un petit peu, un tout petit peu plus et tout serait fini.

-C'est pas évident de... !

Le dernier mot s'étrangla dans sa gorge. La créature avait déployé ses ailes et se ruait sur Hellena, la lame en avant. Il était beaucoup trop rapide pour être esquivé, beaucoup trop puissant pour être contré. Hellena ne parvint pas à esquiver totalement le coup. C'était trop rapide, même pour un démon de son niveau. Le katana glissa sur son bras, au moment où elle tentait une esquive, et lui entailla profondément la chair sur une bonne épaisseur, versant son sang à flot. Par chance, son os n'avait pas été effleuré, mais qu'allait-il lui arriver ? Pendant sa chute, elle le vit revenir à la charge, se propulsant à grande vitesse vers elle après s'être réceptionné dans les airs. La main tendu, celle qui concentrait toujours ce rayon électrique, elle le pointa dans sa direction et frappa. Un arc électrique fusa à toute vitesse, rependant une trainée d'étincelles sur son passage. Il toucha l'ex-Sullivan en plein poitrail avec un impact détonnant. Celui-ci retomba sur le sol dans une pluie de foudre qui se rependait sur son corps avec vivacité. De droite à gauche, l'arc électrique continuait de frapper, ses ailes cessèrent de s'animer sous l'engourdissement. Quelques spasmes le secouaient de temps en temps, mais il ne se releva pas, son katana s'était planté dans un arbre en retombant des airs, et lui était simplement assommé. Un éléphant se serait écroulé aussi sous cette pression. Son corps reprit une apparence humaine. Beau et presque fringuant, il allait survivre...

... jusqu'à ce qu'il te tue, Hellena. Conclut-elle mentalement.

Un rictus de douleur lui tordait le visage. A la fois satisfaite d'être en vie et frustré de ne pas avoir réussi à lui ôter la vie, et, curieusement, contente de ne pas avoir réussi à le faire. Elle se servait maintenant de sa main droite comme point de pression pour sa plaie. Ce n'était qu'une question de temps avant que le sang cesse de couler. Sa cicatrisation rapide allait bientôt prendre le dessus. Du moins, en théorie, car jamais elle ne s'était retrouvé dans un tel état. Assise par terre, elle le contemplait comme jamais elle n'avait posé les yeux sur quelqu'un. Terrifiée à l'idée de devoir à nouveau le rencontrer dans cet état. Prise de chagrin à l'idée de devoir le tuer.

-Tu vas voir ça... dès que je me révei..

Elle bascula sur le côté, dans les vapes. Et la nuit passa.


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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Lun 17 Oct - 21:14
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Une course contre la montre pour sauver... un vaudou.

La douleur, foudroyante, fut si insolente, si poignante qu'elle me fit gémir en premier lieu. Ce fut, je le crois bien, mon premier point d'ancrage dans la réalité qu'on m'avait faite fuir. Je ne savais pas trop où j'étais ; en revanche, je sentais que je devais la fuir au plus vite, avant qu'elle ne s'imprègne dans tout mon être et qu'elle ne m'achève pour de bon. Je ne pensais qu'à ça, la souffrance, ce que j'endurais à cause d'elle, et je continuais ma litanie, doucement, je l'implorais de me lâcher comme on implorait ses parents de le faire, oui c'est bon, j'ai compris, laisse-moi maintenant.

Après, ce fut non plus un point foudroyant, mais un élancement plus lourd et sourd qui semblait circuler à travers mes veines, un peu comme un engourdissement lancinant, une sorte d'enveloppe qui m'entourait et me protégeait du monde extérieur, m'empêchant de le percevoir de mes propres moyens. J'étais là sans être là, j'étais cet individu impuissant sans l'être vraiment. La réalité me fuyait, à moins que ce n'était que moi. J'avais la sensation floue d'atterrir pour repartir quelques secondes après. Allez, accroche-toi. Lève-toi. Une révélation m'apparaissait ; oui, j'étais allongé me semblait-il, je devais certainement me relever.

Ma tête claqua sauvagement sur le sol et un gémissement de désespérance m'échappait. Ça tournait, ça tournait, ma tête tournait, et, merde, la nausée, la nausée... ! Je réprimais difficilement un haut-le-cœur et jugeais plus sage de ne plus bouger. Mon souffle était hérétique comme si je venais de m'accorder une course de fond. Une course. Sérieusement. Rien d'y repenser, j'avais le cœur au bord des lèvres. Je basculais avec une lenteur infinie sur le côté, me questionnant sur cette situation pour le moins étrange. D'aussi loin que je pouvais m'en souvenir, je ne m'étais pas payé une gueule de bois, si ?

Le crâne menaçant de s'ouvrir à n'importe quel moment, je me contentais de m'appliquer à respirer pour oxygéner mon cerveau. Deux minutes après, je me sentais déjà un peu moins nauséeux. Avec minutie, je prenais mes appuis et me relevais peu à peu. Le décor me laissait sans voix. Qu'est-ce que je foutais dans les marais ? Mon regard dériva sur une jeune femme fichtrement bien... Je toussotais. Pas le moment de penser à ça ! J'examinais un peu plus ses traits épuisés et sa posture étrange, qui ne semblait pas volontaire. Lui avais-je fait quelque chose ? J’espérais bien que non, que mon pieux état m’en ait empêché.

En cherchant à m'étirer, je me rendis compte que tout mon dos me chauffait. Curieux ! En tâtonnant du bout des doigts, je constatais deux longues entailles qui commençaient à cicatriser. La peau, durcissant de plus en plus, commençait à s'enflammer. Génial. C'était quoi la prochaine surprise ? Je soupirais. Les souvenirs revenaient par flashbacks et je me rappelais le pourquoi du comment j'avais atterri ici, en Louisiane : pour un vaudou susceptible de trouver ma sœur, Airi. Comme par hasard le bonhomme avait disparu à mon arrivée - je me remémorais mon amertume - et j'avais rencontré... Je cherchais un instant. Hellena, qui m'avait filé un coup de main. Depuis le repas à l'alligator, trou noir.

Mes membres raides assouplis, je sommais Daphné de me rapporter quelques plantes communément utilisées par les guérisseurs, sorciers ou vaudous – peu m’importait du moment que ça marchait. Sur le coup, j’étais bien incapable de nommer ne serait-ce qu’une plante utile ; mais je savais que Daphné saurait trouver quelques notions dans mes souvenirs confus. La réponse fut évidente quand elle revient les mains pleines ; un peu de reine-des-prés, de l’arnica, d’harpagophytum, ou encore de feuilles de frêne pour me remettre sur pieds. Une fois soigné plus ou moins grossièrement par Daphné, j’étais sans mentir presque en pleine forme – pas assez en forme pour repartir à la chasse aux alligators tout de même.

Je passais quelques heures au clair de lune seul, avec ma fiole d’hypocras, comatant par instants, bien éveillé par d’autres moments, attendant que les cataplasmes et autres herbes fassent leurs effets. Quand le froid prit Hellena par surprise, la faisait grelotter, j’avais eu le réflexe de m’approcher d’elle afin de lui prodiguer ma chaleur. Logé contre elle, je m’endormais d’un seul coup. Étrangement, je ne me réveillais pas une seule fois ; ce fut le lever du soleil qui m’ôta des bras de Morphée. J’avais pris l’initiative d’utiliser les dernières herbes pour en faire une tisane et réanimé le feu pour faire réchauffer les restes de viande. J'appliquais un cataplasme similaire au mien sur la blessure D'Hellena avant de me recoucher. Le sommeil m’attrapa une seconde fois.

Je fus réveillé en sursaut par des mouvements brutaux. Ouvrant un œil endormi, je pus voir Hellena qui rampait hors de ma portée, les yeux agrandis par la stupeur, les traits tirés par l’inquiétude ou peut-être la colère. Je grognais et me tournais sur le ventre ; mon ventre grogna à son tour, me rappelant l’odeur de la viande. D’un pas leste, j’atteignais le feu et attrapais un bout que je tendais à Hellena, ainsi qu’un peu de tisane. N’ayant pas pris de gobelet ou de vaisselle quelconque, je m’étais contenté d’utiliser les moyens du bord. Dans une posture de défense ou d’attaque, je ne savais pas vraiment, elle ne semblait pas vraiment prête à me sauter au coup. Comme elle ne les saisissait pas, je lui en faisais la remarque.

- C’est comme ça que tu remercies un homme qui te prépare le petit-déjeuner ? Je suis une perle rare ! Je risquais un rire. Voyons, je ne vais pas t’empoisonner poupée, sers-toi !
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Ven 21 Oct - 15:30



Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪


Le réveil fut brutal pour la demoiselle, un peu trop d'ailleurs. Tout ce qui s'était passé la veille lui revint d'un seul coup en tête. Une multitude de données qu'elle ne parvenait pas à ingurgiter sans s'en donner la migraine. Tellement de choses semblaient s'être passé hier.  Elle ne savait plus par quoi commencer. Ah si, il y avait un évènement dont elle se souvenait nettement. La première chose qui lui vint à l'esprit, assez clairement, c'était le démon-ailé, celui-là même qui avait essayé d'attenter à sa vie quelques heures plus tôt. Il répondait au doux nom de Sullivan. Beau-gosse le jour, démon la nuit. Oui, c'était trop beau pour être vrai, elle aurait dû s'en douter qu'il y avait quelque chose de bizarre avec cet homme, trop mignon pour être normal. Au moins, il aimait les femmes, à n'en pas douter. Peut-être un peu trop tout de même. Lors de ses moments de lucidité, il avait prononcé le nom d'une femme; Airi. C'était probablement sa petite-amie. Quel choc ce fut pour Hellena, elle qui s'était éveillée haletante, couverte de sueur et en sursaut à cause de cette douleur cinglante dans le bras. Tout ceci n'était qu'un cauchemar, au final. Le cœur palpitant comme jamais et la crainte de devoir à nouveau se retrouver devant le diable s'imposait dans son esprit. Elle entendait cette petite voix, la peur, qui lui ordonnait d'achever le boulot. Inconscient, par terre, il était sans défense et elle pouvait mettre fin à son existence quand elle le voulait, sans la moindre souffrance. Mais elle n'en fit rien. Le demi-démon avait quelqu'un à protéger dans sa vie. Comment se serait-elle permis de lui retirer cette source de pouvoir ? De toute façon, elle avait déjà prévu autre chose.

En fait, maintenant qu'elle y pensait, ce n'était ni la douleur et pas même la peur qui l'avait tiré de son sommeil. Ce rêve qu'elle avait fait juste avant, à la fois étrange, mystérieux et totalement flippant. Oui, ce rêve. Était-ce vraiment un rêve ? C'était peut-être une hallucination, ça pouvait être n'importe quoi. Bizarrement, elle ne savait pas qualifier ce que c'était, mais c'est à ce moment là qu'elle l'avait vu. Cette chose, indéfinissable, humaine, qui dansait dans le marais au milieu de la brume. Une sorte de bâton de sorcier en main. Il semblait comme envouté, déchainé, en transe même, et il dansait comme si il était parcouru de spasmes. Seul la lune révélait ce spectacle horrifique. Quand elle s'était approché, pour pouvoir le dévisager, il avait disparu, tout comme la brume. C'est à ce moment là qu'elle s'était réveillée. Ce n'était qu'un simple cauchemar. Maudits vaudous. Cette histoire de magie noire commençait à lui taper sur le système. Quand ce n'était pas eux qui lui montaient à la tête, il fallait que ce soit autre chose. Airi, par exemple. Et en plus elle ne la connaissait même pas.
Maudite fiancée, s'était-elle dit après avoir entendu son nom. Et elle avait même maudit ce beau mec qui ruminait inconsciemment dans son sommeil. Amèrement, elle commençait déjà à regretter son choix de l'épargner. Son choix se teintait d'un délicat goût d'amertume qu'elle gardait en bouche, voire de jalousie, pourquoi pas.

Et elle s'était endormie, à nouveau, forcée au sommeil par ce vertige qui s'installait de nouveau en elle. Aussi bien qu'elle s'en souvienne, la nuit fut paisible. Ni les cauchemars, ni la jalousie ne perturba son repos. Elle se souvenait même d'une chaleur agréable à un moment, réconfortante et apaisante. La nuit avait passé, laissant place à une matinée fraiche et particulièrement humide. La belle s'éveillait, les narines pleines d'odeurs différentes, entre la nourriture et la puanteur du lieu, sans compter son propre sang au goût prononcé qui lui donnait la nausée. Elle s’écœurait elle-même et ne se sentait pas vraiment d'attaque. Sa tête lui faisait un mal de chien, son bras aussi était douloureux mais il ne saignait plus, un cataplasme d'herbes maintenait la blessure fermée.
Dès qu'elle avait reprit connaissance, la belle Hellena avait rassemblé le peu de forces qui lui restaient, tentant de se déplacer du mieux qu'elle le pouvait, elle s'appuya un peu trop fort sur son mauvais bras et grimaça sous la douleur poignardante qui s'élança de nouveau. Ses jambes ne parvenaient plus à la soulever malgré sa taille svelte, c'était un effort surhumain, même si elle ne l'était pas, humaine, elle n'y arrivait pas. Tentant de se calmer au mieux, elle respira. Elle avait faim, après un bon repas elle se sentirait mieux, pas au point de devoir affronter à nouveau un démon hargneux, mais tout juste assez pour attaquer sa journée convenablement. Attaquer sa journée ou autre chose, se dit-elle en voyant passer Sullivan qui se rapprochait d'elle, les mains chargés d'une bonne portion d'alligator. Visiblement, il avait tout oublié. Allez, j'essaye de te tuer, j'ai échoué, on en parle plus. C'était trop facile d'oublier comme ça.

- C’est comme ça que tu remercies un homme qui te prépare le petit-déjeuner ? Je suis une perle rare ! Voyons, je ne vais pas t’empoisonner poupée, sers-toi !

(Bien sûr que non, tu préfères sans doute me tuer sous la forme de ton alter-ego démoniaque... Cette nuit, pourquoi pas.)

Elle n'accepta pas la viande chaude qu'il lui tendait, se contentant de l'observer pour le moment, elle soupira, puis finalement se redressa avec un peu de mal, pris le morceau de croco fumant dans sa main droite. Un petit-déjeuner tout chaud valait bien un remerciement.

-Te remercier ? dit-elle avec un grand sourire accueillant. Oui, pourquoi pas. Elle s'approcha de lui le plus près possible, de telle sorte à ce qu'on ne puisse pas être plus près, outre l'intimité, et l’enlaça de ses bras qu'elle venait de disposer tout autour de son cou. Elle le regarda avec un petit air mielleux, rapprocha ses lèvres des siennes et s'arrêta à quelques centimètres de sa bouche avant de murmurer. Merci... POUR TOUT ! dit-elle en joignant sa parole à un bon coup de genou dans l'abdomen qui le plia en deux avant qu'il ne retombe sur le sol. Qu'est-ce que ça faisait du bien, c'était comme un second souffle, une nouvelle énergie qui se répandait dans son corps. Quelle libération, elle pouvait continuer toute la journée à ce rythme. Heureuse, elle le regarda gigoter au sol, essayant de récupérer le souffle qu'elle lui avait coupé. Il n'y avait rien de personnel là-dedans, c'était une vengeance comme une autre, ça se mangeait froid. Bon ok, il y avait également du personnel. Ca lui apprendra à prononcer le nom d'une femme autre qu'elle en sa présence. Il pouvait s’estimer heureux qu'elle ait visé cette partie plutôt qu'une autre, sinon adieu sa descendance. La rousse le suivi du regard tout en grignotant son encas. Joliment cuit ce croco ! Elle se sentait d'appétit à dévorer tout le reste de la carcasse à elle toute seule.

-Merci de m'avoir soigné, ajouta t-elle alors qu'il se redressait pour demander une explication. Alors, tu ne te souviens pas, hein ?

Alors qu'ils discutaient, il ne fallut pas plus de trois arguments à la belle pour lui montrer l'évidence. Ses deux entailles dans le dos, son bras à elle et un katana planté dans la cime d'un arbre. La zone elle aussi gardait les séquelles de la petite bataille.

-Maintenant, dis-moi qui est Airi, dit-elle en changeant brusquement de sujet.




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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Lun 24 Oct - 17:23
ft.
« Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas. »
Une course contre la montre pour sauver... un vaudou.

J’haussais un sourcil inquisiteur ; je me demandais pourquoi elle ne prenait pas la viande, viande qu’elle avait mangé la veille au soir mais dont elle ne semblait pas vouloir s’en nourrir sur le moment. Peut-être avait-elle été victime d’une indigestion ? Elle restait immobile. Ses yeux semblaient m’examiner, me scruter sous toutes les coutures, me sonder jusqu’au plus profond de mon âme. Que cherchait-elle exactement ? Je ne saurais le dire, mais elle voulait quelque chose de bien précis, quelque chose qu’apparemment je ne pouvais lui dire. Je restais immobile, la main toujours tendue ; il n’y avait rien que je pouvais faire d’autre.

Elle finissait par lâcher un soupir, signe de résignation – zut, elle s’était déjà lassée de m’admirer. Son corps se grandissait, elle était désormais plus près de moi ; sa main s’avança et chipa le petit-déjeuner. Ses yeux se plissèrent légèrement ; je croyais sur le moment avoir inventé cela, jusqu’à ce qu’elle se collât pratiquement à moi, plaquant presque sa peau sur la mienne. Bordel, qu’avait-elle en tête ? Soudainement ôté de toute parole, je la regardais, comme fasciné. Ses bras tièdes s’enroulaient autour de ma nuque, ses lèvres se rapprochaient à une vitesse à la fois lente et folle des miennes.

Je déglutissais, les yeux rivés sur cette bouche qui s’approchait toujours un peu plus. Qu’allait-elle faire ? N’était-ce qu’un jeu ou comptait-elle vraiment me remercier de cette manière ? Non pas que ça me dérangeait – elle était loin d’être un crapaud, la mignonne. Nos lèvres s’étaient entrouvertes ; ce n’était qu’un signe de plus pour moi. Je crus que mon cerveau allait dérailler quand elle me remercia. Et étrangement, non, ce ne fut pas mon cœur qui explosa, mais mon abdomen, m’arrachant un gémissement. J’étais bien au courant que selon les dires des bonnes femmes, on pouvait sentir son ventre papillonner, mais là… J’avais plutôt l’impression d’avoir reçu une bombe.

La douleur m’arc-boutait, ne pouvant tenir debout sous cette explosion, je m’effondrais lamentablement sur le sol ; vu l’état dans lequel j’étais, j’avais plus grand-chose à craindre. Boue, coupures, froid, odeur insupportable, blessures, cicatrices, vase, rien de pire ne pouvait m’arriver ! Ça aurait pu faire viril, l’homme, le mâle ; or, il n’était rien de tout ça, je me sentais juste bien crade et on ne peut plus repoussant. Je repensais furtivement à nos positions, il y avait à peine quelques secondes de ça, et me trouvait bien bête. Il aurait fallu être un croco pour être séduit !

Après avoir pataugé un peu plus dans la boue et essayé de trouver une position à peu près confortable pour soulager la douleur en tuant Hel des yeux, je m’asseyais avec délicatesse pour ne pas appuyer sur le point sensible. Avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, elle me remercia de nouveau ; cette fois-ci, ça me semblait moins graveleux. Et j’étais pas prêt à recevoir un coup à nouveau. Sa question m’étonnait, je ne savais de quoi elle parlait, et manifestement elle le savait puisqu’elle n’attendait pas que je proteste vivement ou que j’épuise ma salive pour m’expliquer le carnage qu’il y avait eu lieu.

J’étais confus puisque je ne me souvenais de rien, et pourtant, elle ne s’était pas blessée elle-même. Je lui présentais mes plus plates excuses, peu fier de ce que j’avais fait, les yeux plantés dans les siens. Spontanément, j’avais posé ma main sur la sienne, peut-être pour lui prouver la sincérité de ce que j’avançais ; main que je retirais avec précipitation, de la même manière que je l’aurais fait si je m’étais brûlé, quand elle y coupa court en demandant d’un ton ferme qui était Airi.

Je gardais le silence, le visage fermé pendant qu’une multitude de pensées traversaient ma tête en toute hâte. Airi… Ça faisait si longtemps. Dire que j’étais venu en pensant à elle, pour me rapprocher d’elle et que curieusement, depuis que j’avais croisé le chemin d’Hellena, je n’avais pas une seule fois replongé dans mes souvenirs pour me remémorer ses yeux taquins ou ses cheveux de feu. La culpabilité me tombait dessus à une vitesse hallucinante, telle une épée qu’on abattait sur un ennemi pour le briser. Je m’en voulais, mais j’essayais de m’en défendre. Misérable combat contre moi-même.

- Qui… Qui t’as parlé d’elle ?
- C’est toi, tu as dit son nom plusieurs fois pendant ton sommeil.

Sa réponse me laissait un instant coi. Je l’avais appelée pendant mon inconscience, j’avais imploré sa venue. À quel point avais-je été en pleine tempête, comment m’étais-je autant perdu ? J’avais tant eu besoin d’elle, comme avant, comme d’habitude, comme toujours… Et elle n’était pas apparue, je n’étais pas dupe, elle ne le fera jamais, je pouvais toujours espérer, je le savais bien. Une fine et longue épine se ficha quelque part dans mon cœur. Pourquoi m’aurait-elle aidé, elle n’avait rien à faire de moi après tout. Surtout après toutes ces années sans réponse, où son absence m’avait pesé de plus en plus jusqu’à crever ce pauvre petit cœur.

- Airi est…
- Cette gonzesse est ta petite-amie ?

Mes sourcils se fronçaient derechef et je n’avais pas réussi à éviter de lui jeter un regard noir. D’un, Airi était bien loin d’être une « gonzesse », c’était une princesse, mais bon, elle ne pouvait pas le savoir, je ne pouvais lui en ternir rigueur ; de deux, le terme dans la bouche d’Hellena me surprenait, même si je ne l’avais pas énormément entendu parler. J'en faisais fi et reprenais, les yeux dans le vide.

- … Pour faire simple, c’est celle qui hante mes nuits.  

J’eus un sourire sans joie et inspirais un bon coup, histoire de me donner du courage, de raconter ce qui me rendait si fou, cette histoire à en dormir debout qui me réveillait parfois en sueur, la nuit, et qui m’ôtait tout sens de raison, qui me déboussolais à chaque fois, tellement que finalement je me demandais si je n’inventais pas ; dans ces moments-là, la douleur montait, montait, montait, si vive, elle poignardait mon être, et là, je me rappelais que malheureusement, oui, c’était la réalité, ma réalité avec laquelle je faisais depuis maintenant de nombreuses années. Mon fardeau.

- Elle m’a abandonné, un soir où la neige tombait.

Les yeux vers le ciel, je me remémorais la scène. Je déglutissais.

- Elle a lâché ma main. Ses pieds se sont rapidement enfoncés dans la poudreuse tandis qu’elle me fuyait. Je l’ai vue partir, sans rien dire, j’ai regardé ses empreintes apparaître peu à peu, de plus en plus loin de moi, sans se retourner, sans jeter ne serait-ce qu’un seul regard en arrière.

Ma voix, désormais tremblante, faiblissait. Des frissons secouaient ma peau, mes yeux s’humidifiaient de plus en plus dangereusement. Je baissais la tête.

- Depuis ce maudit jour, je ne l’ai plus revue. J’ai eu beau la chercher à travers les mondes, quémander au peuple s’il l’avait vue, il n’y avait que dans mes rêves les plus fous que je la revoyais. Elle virevoltait, ses doux cheveux de feu au vent, faisant valser sa lourde robe, me tendant la main avec l’un de ses sourires dont elle avait le secret pour m’inciter à la rejoindre. Elle se jetait à mon cou, les yeux pétillants, quand je lui avais offert un camée que j’avais moi-même créé pour son anniversaire.

Mon ton était plus sûr, et mon sourire, revenu. À travers mes mots, je revoyais Airi, mes paroles la faisait revivre. Elle prenait forme, je pouvais aisément l’imaginer devant moi, son sourire en coin et ses yeux malicieux. Qu’est-ce qu’elle me manquait…

- C’était mon rayon de soleil, ma joie de vivre. Et puis, après son départ, j’ai peu à peu basculé dans les ténèbres. Après tout, si elle est partie, c’est de ma faute.

Je bondissais de là où j’étais assis et me ruais vers le marais. Je me retournais brusquement vers Hellena.

- Je vais me baigner, ça va rafraîchir mon odeur et ma tête.

Je repartais d’un pas décidé vers l’eau dont je ne faisais plus vraiment attention à la couleur, et ôtais rapidement mes bottes ainsi que mon bas, ne gardant que mon caleçon de laine. L’absence de bêtes à la surface de l’eau me confortait dans mon envie de piquer une tête. Après un dernier regard en arrière, je me jetais littéralement à l’eau. Elle avait un goût dégueulasse, le fond était désagréablement vaseux, mais la température, glacée, était idéale pour ne penser à rien.
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Sam 29 Oct - 11:51



Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪


Elle l'écouta aussi longtemps que son histoire durait, sans broncher, sans jamais l'interrompre une fois. Que de tristesse dans la vie de cette âme au cœur voilé. Bien que noirci par les ténèbres et son opacité, il n'en gardait pas moins un cœur, chose qui étonnait la belle au plus profond d'elle-même. Pour elle, un vrai démon n'a pas de sentiments, mis à part la haine qui nourrit secrètement ses ambitions grandissantes ou la colère envers l'humanité qui l'a jugé, jadis. "Tu es un ange déchu", "tu n'es que noirceur et malfaisance", "tu existes pour faire le mal", "tu n'es pas une princesse de cœur", tant de choses qui lui revinrent en mémoire...

Hellena ne pouvait pas affirmer avoir un cœur, du moins, pas dans le sens faisant référence aux capacités émotionnelles de quelqu'un. Elle ne connaissait pas réellement les sentiments comme la compassion, les joies autre que celles de son petit plaisir personnel, ou encore la nostalgie d'avoir perdu un être tant aimé. Mais elle savait que quelque chose battait dans sa poitrine et c'est grâce à ça qu'elle vivait. Elle respirait, comme tous les jours, son cœur régulait sa pression sanguine et ça lui suffisait de se dire qu'elle avait bien un coeur, comme tout le monde. Ses intentions étaient purement mauvaises, comme toujours, se disait-elle pour se rassurer. Jamais elle ne laissait place à un sentiment, aussi primitif soit-il, influencer sur ses actions et sa mission. Hier soir, si elle avait tuer Sullivan, elle s'en serait remis d'une manière ou d'une autre, c'en était certain. Pourtant, une petite part de son inconscience savait très bien qu'elle s'était retenu ce soir là. C'était évident, elle n'avait pas attaqué avec l'intention de le tuer, malgré ce qu'elle voulait se faire croire.

Au fond, ce n'est qu'une fille qui se cache derrière une carapace, épaisse et impénétrable, qu'elle s'est forgée pendant ses siècles qui ont passé, seule et abandonnée, sans amis, sans amour autre que celui maternel de la famille Moonight qui n'avait rien à voir avec l'amour qu'on donne à un enfant humain. Et autant dire que les démons n'avaient pas le sens de la famille. Ils se reproduisaient avec leurs semblables, ou des humains comme c'était le cas pour Sully, probablement, et ainsi naissait la famille. Un petit bébé démon par-ci, un autre par-là, et ensuite place à l'éducation cruelle sous le joug d'un tuteur qui n'assume pas son rôle de parent. Hellena s'était retrouvée sous la tutelle d'un véritable psychopathe, cruel et sanguinaire, qu'elle nommait père chaque fois qu'elle s'adressait à lui. Quelle vie longue que celle d'un démon millénaire dans de telles conditions. Des punitions, des châtiments, et une haine des humains transmise dès le plus jeune âge, voilà ce qu'il en était. Encore aujourd'hui, elle redoute celui qu'elle appelle père. C'est bien grâce à ça qu'elle a trouvé la force de quitter son monde natal: sa peur. Vivant aujourd'hui comme une fugitive, libre et heureuse dans la mesure du possible. Hellena se souvenait, le combat contre Maléfique avait été une parfaite excuse, c'était tombé au bon moment, pensait-elle. Le fait de ne pas avoir pu battre cette sorcière avait été une bonne excuse pour quitter son monde, pour fuir "père". De toute évidence, elle semblait parfaitement douée pour mentir, aussi bien aux autres qu'à elle-même. Et elle se disait même que, si elle arrivait à battre Maléfique, plus tard, alors ça voudrait dire qu'elle était assez forte pour rencontrer "père".

Mis à part la crainte, la seule chose qui l'avait animé pendant tout ce temps, c'était la renommée. Celle qu'elle s'était façonné de telle sorte à ce qu'on parle d'elle comme d'une légende, un mythe, un conte de fée ou tous ce que vous voulez. La fille de la lune. Voilà le titre dont elle avait hérité après ses siècles passés au contact des humains -sans compter les noms de vampires, sorcière, fantôme ou succube qu'on lui donnait également- On l'avait baptisé ainsi car c'est toujours lors des phases lunaires qu'elle apparaissait, des apparitions brèves, jamais plus longtemps que le souffle du vent, jamais plus visible que la brume de bon matin. C'était la fille de la lune, le mirage qu'on apercevait la nuit, si on avait de la chance, le mystère qui éveillait les amateurs nocturnes. Ce n'était qu'un simple fantasme pour les chasseurs de surnaturel, elle n'avait aucun but dans sa vie, contrairement à Sullivan qui avait tout abandonné pour sa chère et tendre, jusqu'à abandonner son âme aux ténèbres. Tout ça pour une femme...

Et là, en cet instant qui lui semblait éternel, elle se rendit compte de sa faiblesse, comme un buvard absorbe une tâche d'encre, elle s'était approprié le chagrin qui s'échappait de Sullivan et s'incrustait peu à peu en elle. Hellena revoyait ses moments douloureux, à elle, ses chagrins, ses peines qu'elle était parvenu à cacher jusqu'à maintenant. Et, sans rien y comprendre, elle ressentait qu'il déteignait fortement sur elle. Ce n'était peut-être pas un mal, après tout.

- Je vais me baigner, ça va rafraîchir mon odeur et ma tête.

Frémissant sous la voix de Sullivan, elle se surprit à sursauter. Elle en avait presque oublié sa présence, elle qui raisonnait pleinement depuis un moment. Se rafraichir était une bonne idée, par contre pour ce qui est de l'odeur, elle doutait que cette eau soit efficace pour l'enlever. Mais ça valait bien le coup de tenter. Vu dans l'état dans lequel ils se trouvaient tous les deux, rien n'aurait pu les rendre moins présentables qu'ils ne l'étaient en cet instant. Au moins elle en oublierait ses histoires de famille, et également cette Airi qui n'avait pas vu le joli petit lot qu'elle avait laissé s'échapper. Joli petit lot, c'était certain, il n'y avait rien à redire là-dessus. La belle esquissa même un sourire au moment où il se dévêtit, ne gardant que son caleçon moulant sur lui, et offrant une belle vue sur son corps taillé dans la cuisse d'un dieu. Voilà qui remontait bien le moral. A son tour, elle se décida à faire les premiers pas vers l'eau, déchaussant ses bottes et commençant par enlever le haut qu'elle jeta ensuite dans une flaque avoisinante. Elle s'en foutait fichtrement, ce n'était pas un problème pour elle qui avait la capacité de se changer à sa guise, et qui commençait même à oublier son pouvoir depuis le début. Hellena ne garda que son sous-vêtement du bas, ce truc qui finissait pas une lanière entre les fesses. Comment ça s'appelait déjà ? C'était à la mode humaine en tout cas. L'eau était froide, revigorante tout de même, malgré l'opacité totale de cette dernière. Il ne semblait pas y avoir d’alligators à proximité, et de toute façon elle s'enfichait de ça en ce moment. Elle faisait partie des prédateurs de la chaine alimentaire, désormais, étant donné qu'elle avait goutté à leur chair raffinée.

Sullivan nageait pas loin de là, elle le remarqua et le regarda sans aucune gêne, mais il détourna les yeux. Pourquoi se gêner quand on est à moitié nu ? C'était encore un secret d'humain dont elle ignorait la réponse. Occupée à s’enduire d'eau sur les cheveux  -oui, pauvres cheveux- elle se mis en mode petits soins pour se rendre de nouveau présentable ,comme au premier jour, jeune et séductrice comme jamais. Elle se pinça le nez et immergea sa tête sous l'eau avant de la remonter. Brrr, c'était froid. La saleté de son visage s'évanouissait presque en même temps que son cataplasme aux herbes, ainsi que tout ce sang sur elle qui s'était bien coagulé comme une croute de sang. Elle continua de se frotter pour éliminer les résidus mais s'arrêta un petit moment.

-Sully, tu as les pierres avec toi ?

Ah non, elles sont toujours dans leur bourse sur la rive, constatait-elle en les voyant briller un peu plus loin. Pourquoi les aurait-il emporté pour nager avec, c'était idiot. Mais dans ce cas, qu'est-ce qui se rapprochait d'eux en ce moment ? Elle ressentait une énergie semblable à celle des pierres, pas loin, assez près d'eux au final, mais se rapprochant comme si c'était une pierre qui se déplaçait avec des jambes, voire des nageoires car c'était dans l'eau. Oui, quelque chose approchait, elle le ressentait bien. Une pierre. Ça se déplaçait, ça zigzaguait avec incertitude, puis, elle ressenti l'énergie s'éloigner aussi facilement qu'elle l'avait ressentie s'approcher. Cette chose s'éloignait dans le marais, vraisemblablement. Avant d'en perdre la trace totale, elle regagna la berge à la nage, se cachant la poitrine d'un bras, et s’empara du précieux Graal contenu dans la bourse. Elle mis une partie du tissu dans sa bouche et s'apprêtait déjà à retourner dans l'eau lorsqu'elle heurta Sullivan.
 


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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Dim 30 Oct - 12:45
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Une course contre la montre pour sauver... un vaudou.

Penser à rien, c’était vite dit, et bien plus facile à dire qu’à faire quand on avait une femme sous les yeux dont les courbes vous affolent plus qu’autre chose. Pour le coup, Airi, je l’avais vite oubliée quand le haut d’Hellena avait rejoint le sol, exposant le galbe de ses seins à mes yeux curieux. Cette douce vision valait bien toutes les galères vécues jusqu’ici. Immobile, je frissonnais en constatant que le bas avait fait de même et que désormais, elle se baladait dans une pièce de lingerie qui dévoilait à merveille la rondeur de ses fesses ; toutefois, cette fois-ci, c’étaient une toute sorte de frissons qui réveillaient ma peau. J’inspirais fortement et manquais de m’étouffer avec ma salive. Elle s’avançait vers moi. Maintenant.

** Ne pas regarder. La vache, elle a une de ces paires de meules ! Merde. Ne pas regarder. Stop. Non. Arrête, elle va penser que tu es une bête en rut ! Mais je… **

Interrompant mon flux de pensées contradictoires d’un agréable plongeon glacial, je n’arrivais décidément pas à m’ôter de la tête la séquence où sa poitrine rebondie subissait malgré elle les aléas de la nature, savourant sa soudaine liberté, remuant en harmonie avec ses petits pas. Et mon prince, pourtant bien refroidi par la température, essayait de me manifester son intérêt pour la demoiselle. Je me félicitais d’avoir gardé mon caleçon, qui, bien que très près du corps, me permettait d’atténuer les ardeurs du prince.

** J’essaye de la tuer, je lui fais à bouffer, je la soigne et maintenant j’ai la trique. Elle a le don de me mettre dans tous mes états, y’a pas à dire ! **

Quelques galipettes aquatiques ne m’auraient pas déplues, au contraire. La belle avait tout de même refusé mes avances – fait incroyable mais oui, elle avait résisté à ce corps, corps qui m’avait permis d’avoir de belles aubaines, pour ainsi formuler la chose agréablement. M’étonnait donc qu’elle cède brusquement et se rue pour se faire ramoner la cheminée alors qu’il restait encore quelques bribes de souvenirs d’un homme malfaisant, l’ombre du diable, prêt à lui trancher la gorge et de se rouler dans son sang.

** Si je pouvais effacer cette fichue nuit… Ça aurait peut-être bien changé des choses… **

Je relevais la tête et me tournais d’un quart en entendant sa voix interrogative.

** Pierres ? Les pierres ? Mais qu’est-ce qu’elle barag – ah oui, ces pierres-là… J’vois pas pourquoi je les aurais prises… Elle en a vu une autre ? Ici ? Depuis le temps qu’on est là, on a rien vu pourtant ? **

- Elles sont toujours là-bas.

Je désignais la rive.

- Pourquoi ? Un souci ?

La jeune femme, entourée de ses cheveux mouillés qui formaient un rideau sur son corps - dommage, je ne voyais plus grand-chose -, nageait vivement jusqu’à atteindre la terre ferme et courrait presque jusqu’au campement pour se saisir de la bourse. Intrigué par son comportement, je rejoignais le bord de quelques mouvements puissants. Dos à moi, elle faisait quelque chose avec la bourse, mais quoi ? Je la cueillais au moment même où l’eau vaseuse commençait à lécher le début de ses mollets.

** À tous les coups il y a une pierre dans les parages… Et je n’ai rien vu, rien senti ! Faut dire que j’avais pas vraiment la tête à penser à de stupides cailloux alors que j’avais Hel sous les yeux… **

- Qu’est-ce qu-

Déstabilisé par la rencontre soudaine et imprévue de nos deux corps dont la quasi-nudité me déstabilisait, le dos d’Hellena se pencha en arrière. Attrapant par pur réflexe son bras, je reprenais ma question, interrompue par le choc.

- Qu’est-ce qu’il se passe ?

La jeune femme ne me répondait pas et se contenta de me contourner, les yeux rivés sur le cours de l’eau. Son regard était si profond que je m’étais retourné pour vérifier la chose – qui sait, peut-être qu’un nouveau monstre était tapi là, ça ne m’étonnerait pas. Mais non, il n’y avait rien. Fronçant les sourcils, je posais ma main sur son épaule et y exerçait une pression suffisante pour qu’elle s’arrête. Je reprenais.

- Hellena… Tu as vu quelque chose ? Ce sont les pierres ?
- J’ai senti la présence d’une pierre, mais elle bougeait, comme si elle avait des nageoires !

** Une pierre avec des nageoires… Je ne suis pas à ça près… Allons voir de plus près ! **

Interloqué par ce qu’Hellena venait de me dire, je me décidais à effectuer un prompt retour dans le marais, mené par la demoiselle recouverte de ses cheveux. J’aurais bien été tenté de dégager sa nuque, histoire de frôler sa peau, mais c’était pas le moment. Une tentatrice à n’en pas douter, voilà ce qu’elle était.

** Quoi que tu fasses, de toute manière, c’est jamais le moment ! **

Je soupirais, me rendant compte que j’avais toujours le mauvais timing. Ma partenaire me menait jusqu’à un certain point dans l’eau, où nous n’avions pieds, point où elle me jurait qu’elle avait ressenti la présence de la pierre avant qu’elle ne fuit, présence qui n’avait duré que de brèves secondes. Nous patientions dans l’eau, trop tendus pour échanger quelques paroles ou blagues. Son corps bondit quelques minutes plus tard, et je la regardais tracer un chemin imaginaire. J’avais beau me concentrer, je ne sentais absolument aucune énergie.

** Tu t’es bien ramollit mon vieux… À moins que ce ne soit à cause de la belle que tu perdes tous tes moyens… Pitoyable non ? **

Me sentir minable, ce n’était pas mon genre, ça non. Je fermais les yeux et tentais désespérément de capter quelque chose. Je m’éloignais un peu d’Hellena, écoutant à demi ma conscience. Une brûlure me piqua le bras, m’électrisant. Je grognais.

** Putain de plantes des marais ! **
**Mais… Mais d’était pas une plante ! **

Un demi-tour sur moi-même me permettait de voir un alligator d’une étrange couleur ; son vert foncé habituel ressemblait plus à un noir cendré qu’autre chose. Comme si… comme s’il cramait sur place. Ses mouvements étaient saccadés, surnaturels ; un coup le voilà vers Hellena, un coup le voici éloigné, comme attiré par autre chose. Je m’apprêtais à sortir mes chaînes pour attraper le lascar. S’il était bien possédé, examiner ses chairs pouvaient s’avérer utile, surtout si on découvrait autre chose. Hellena m’en dissuada toutefois en posant sa main sur la mienne, contact qui amena mes yeux voilés à la fixer peut-être un peu trop longtemps. Je me disais qu’elle avait peut-être raison, qu’elle avait un bon instinct ; donc je n’en fis rien et c’était de cette manière que nous suivions la créature à la nage.

Bien heureusement – il fallait croire que pour une fois la nature était avec nous – les marais n’étaient menés par aucun courant, ce qui rendait la nage un poil plus agréable. J’avais bien dit « un poil » car rester autant de temps dans l’eau était une épreuve. Parfois, je me sentais obligé de sortir quelques secondes en dehors du liquide qui me congelait, pour récupérer un peu de circulation sanguine qui avait tendance à me faire défaut. Un premier changement me faisait comprendre qu’on s’éloignait de la zone où l’on avait élu domicile pour la nuit ; mes muscles endoloris commençaient à revivre et pour cause, l’eau s’était réchauffée de quelques degrés.

** C’est le pied ! Je pourrais même dormir ici ! Si j’avais su qu’une étuve naturelle nous attendait, je serais venu bien avant ! **

L’odeur typique des marais s’endormait, elle se faisait peu à peu remplacer par celle, plus forte, suffocante, d’œuf pourri, odeur qui prenait à la gorge. Le paysage semblait mourir, la végétation disparaissait sans aucune explication, les bêtes, n’en parlons pas, et la température de l’eau augmentait encore. Finalement, on aurait pu confondre avec une facilité déconcertante le marais avec un plaisant bain. L’alligator semblait être sûr de sa trajectoire. La chaleur était tellement accueillante, comparée à la froideur de la grotte, c’en était presque paradisiaque, nous qui souffrions de la fraîcheur des lieux depuis notre arrivée.

- Tu penses qu'on arrive bientôt ?

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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Dim 6 Nov - 11:42



Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪


La journée commençait avec son lot de bizarreries et de surnaturel dilué dans de la magie noire. La sauce vaudou s'accompagnait avec tout depuis hier, entrée, plat et dessert. Que ce soit les ombres des sans-coeur, ou encore les démons hostiles qui en avaient après la belle, le marais dans toute son abomination et maintenant les alligators, tout était lié avec une bonne dose de magie obscure, un mets délicat qui se consomme sans faim. Pour le peu qu'elle croyait en cette magie, Hellena commençait à se dire qu'elle avait été maudite, que tout ceci n'était qu'un sort qu'on lui avait jeté pour X ou Y raison, pour le fait d'être un démon ou encore car elle était trop belle pour eux. Ouais... Mais d'après ce qu'elle en savait, il fallait au moins une représentation de la personne, statue, photo, du sang, un cheveu, quelque chose de personnel. Est-ce qu'elle avait laissé quelqu'un s'emparer de tout ça ? Non, pas à sa connaissance, et pourtant il y aurait eu de multiples occasions de le faire. Disons simplement que c'était une journée de merde, une fois de plus.

Ensemble, Sully et elle suivaient l'Alligator comme ils auraient très bien pu suivre un chien les menant à une destination anodine. Mais vu la taille du chien, mieux valait ne pas l'énerver car sa carrure aurait facilement pu décourager les chasseurs d'alligators professionnels, tandis que son apparence n'envisageait rien de bon pour la consommation de sa chair, il fallait se résoudre à ne pas tenter de le manger. La créature poursuivait sa route sans demander son reste, c'était un véritable radar à magie qui se terrait au fond de sa bulle, presque une timidité dont il faisait preuve, ignorant pour le moment nos deux compères et préférant se concentrer à sa tâche. C'est qu'elle en a de l'ambition la bestiole ! Elle semblait savoir ce qu'elle faisait, instinctivement, sans trop se demander pourquoi elle le faisait, mais elle s’exécutait sans plus de questionnement sur le pourquoi. Si Hellena en croyait son raisonnement, cette chose était elle-même devenue une source de magie, un réceptacle vivant même. On ressentait une source de pouvoir concentré en elle, dans son estomac plus précisément. Pourquoi dans son estomac ? Là était la question, et il y avait des tas de théorie qui pouvaient l'expliquer. L'alligator avait peut-être simplement trouvé la pierre, brillante ou pas, et l'avait gobé sans se poser de question, ou alors il avait avalé la personne qui, elle-même, avait ramassé le caillou en pensant que sa fortune était assurée. Mais visiblement, finir dans le ventre d'un alligator n'était pas ce qu'on pouvait espérer de la fortune. De toute façon, à un moment ou un autre, il faudra bien vider la bête pour s'emparer de la pierre, et ça confirmerait bien une théorie ou l'autre. Mais en attendant, suivre ses déplacements était l'important, et ça devenait même de plus en plus facile de le suivre. L'eau, tantôt froide, devenait tiède à mesure qu'ils avançaient, et le tiède devint même chaud au bout d'un moment, accompagné d'une odeur de... soufre ? La chaleur rappelait celle des sources thermales où l'eau était revigorante, claire et très agréable. C'était presque le cas ici et ça aurait pu donner envie de s'y baigner si ces choses appelés alligators ne trainaient pas dans ce lieu appelé marais. Marais, alligators, puanteur, il n'en fallut pas plus à miss Hellena pour chasser cette pensée de plaisir de sa tête. Elle garda quand même l'idée des sources thermales où elle pourrait se baigner nue, sans personne pour l'observer, ou avec Sully pourquoi pas, "si il ne t'arrache pas la tête". Non, sans lui, c'était mieux tout compte fait.

- Tu penses qu'on arrive bientôt ? demanda Sullivan.

Elle se pinça les lèvres pour déloger ce petit sourire lié au sources thermales, ça lui éviterait d'avoir une tête de psychopathe souriante, songeait-elle, avant de reprendre une mine plus sérieuse. Visiblement, Hellena n'était pas capable de prédire le comportement des espèces hybrides attirés par les sources de pouvoir. Ingurgiter du pouvoir en le mangeant ça ne lui parlait absolument pas. Il était même conseillé de ne pas bouffer tout ce qui était magique, pour sa propre sécurité car rien n'est jamais gagné avec la magie, ou simplement pour ne pas s'étouffer vu la taille des pierres. Aussi bien qu'elle s'en souvienne, c'était la première fois qu'elle voyait ça depuis le jour où elle avait appris la magie, et c'était probablement l'une des choses les plus curieuses qu'elle avait vu jusqu'à aujourd'hui. Mais la journée n'étant pas fini, elle ne fit pas part de sa réflexion car chasser le surnaturel le ramène toujours au galop.

-Je ne sais pas, ça dépendra de notre ami et de sa capacité à flairer la magie. Moi, je ne ressens rien du tout pour le moment....

Légèrement vexée de ne pas être aussi efficace que la créature qui prenait la tête du groupe, son visage se marquait d'une moue de mécontentement. Le croco: 1, Hellena: 0, voilà à quoi elle pensait, mais elle comptait bien renverser la balance en se payant une belle paire de botte au moment où il faudrait supprimer notre ami. Les colliers en dents de crocos sont aussi à la mode en ce moment, ça ferait d'une pierre deux coups comme ça. La créature continuait de zigzaguer à la surface de l'eau, mais il ralentit à la vue de la terre ferme proche. Effectivement, on pouvait ressentir quelque chose dans l'air qui n'était pas du soufre, bien que le soufre était très présent quand même et s'échappait du sol comme une fuite de gaz.

-Tu crois que ça explose au contact du feu ? demanda la rousse. Non, je comptais pas le faire, rassure-toi, dit-elle devant Sullivan affolé.

Qu'il est mignon quand la panique le gagne.

Vu les quantités de soufre qui flottaient dans l'air et qui s'échappaient par tous les pores de la terre, il ne valait mieux pas tenter, elle n'y connaissait rien en chimie mais elle savait que c'était presque comme l'art des potions. Une étincelle et "boom" la zone du marais. Elle qui ne connaissait que le feu et la foudre devait se résoudre à ne pas utiliser de la magie si la situation dégénérait. La quatrième pierre était ici, quelque part, et l'instinct de la belle avait vu juste une fois de plus. Si sa méthode continuait de fonctionner, c'est finalement l'écailleux qui les retrouverait toutes, la cinquième, la sixième pierre, celle d'après et ainsi de suite jusqu'à tous les avoir en bourse. Le plan parfait. Mais est-ce que notre ami à écailles allait rester fidèle et obéissant jusqu'à la fin ? Bonne question. Ça valait bien le coup de prendre une assurance pour cette fois-ci. L'hybride gratta la terre de son museau. Il retourna brindilles et végétaux du mieux qu'il le pouvait mais avec suffisamment d'énergie pour parvenir à un résultat.

-Tu crois donc que c'est enterré ici ? lui demanda-t'elle avant de se rendre compte qu'elle parlait à un animal stupide.

Mais au point où en étaient les choses, peut-être qu'il avait gagné le pouvoir de parler. Cette situation était déjà grotesque en elle-même alors pourquoi pas. Hellena s'approcha lentement de l'animal, le regardant farfouiller le sol comme le chien le ferait pour trouver des truffes, avant de se mettre en face de lui. C'est maintenant qu'elle sortait son joker, celui qu'elle avait gardé dans sa manche depuis le début. Si son pouvoir de séduction marchait sur les hommes, les femmes et quelques animaux et espèces diverses, alors ça pouvait marcher sur un animal dont le cerveau était l'équivalent, en taille, d'une petite poire. Elle s'agenouilla, sous la mise en garde de Sullivan, tout en passant inaperçu aux yeux de la bestiole qui dépensait son énergie à creuser le sol, un bien beau trou d'ailleurs qui continuait de croitre. La belle approcha sa main du museau de la bestiole, lentement, afin de gagner sa confiance, mais elle la retira avant que la bête ne change d'avis et se mette en tête que sa main valait plus qu'une pierre, et préféra tenter une autre approche. Toujours accroupie, elle le contourna par la gauche sous la surveillance de son œil qui lui faisait face, rapprocha sa tête et le regarda dans l’œil. Les yeux d'Hellena prirent une couleur plus vive avant de redevenir normaux sans que personne ne s'en aperçoive. L'animal ayant les yeux des deux côtés de la tête, elle ne savait pas si ça avait marché mais il semblait déjà plus docile, sous son contrôle elle l'espérait. La créature avait cessé de creuser son trou, preuve qu'il n'était plus contrôlé par son instinct de chasseur de pierres. A la place, il fit quelques pas en avant et poussa un petit beuglement docile, si on pouvait interpréter ça comme ça. Que c'était mignon ! mais mieux valait ne pas lui donner de nom, pauvre bête, elle allait s'attacher à lui si c'était le cas. Ou alors sac à main, oui, ça représenterait un beau nom et c'est exactement ce qu'il représentait en cet instant, un beau sac à main ou une paire de bottes, non, les deux c'est mieux, il y a suffisamment de matière pour ça.
 
-Et voilà, un nouvel allié temporaire, sac à main dit-elle toute fière d'elle. Je te déconseille quand même de t'approcher trop près de lui... ou de moi... il ne t'obéira pas et risque même de faire de toi son casse-croute, elle s'autorisa un sourire.

Elle regarda Sullivan à son tour, devant tant d'ébahissement il semblait presque en perdre la réalité. Il restait une pierre à récupérer, celle qui se trouvait dans le trou déjà entamé par "sac à main". Voyant ceci comme une évidence, elle ajouta, les mains sur ses hanches toujours nues.

-Si tu crois que c'est moi qui va le creuser toute seule ce trou, tu te fourres le doigt dans l'oeil !


Ainsi femme avait parlé.


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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Dim 4 Déc - 21:02
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Je plissais les yeux, un brin méfiant. Me suggérait-elle avec amabilité de creuser désespérément jusqu’à atteindre le nonos, juste pour le plaisir sadique de me voir me salir les mains ? Cette idée me hérissait le poil, elle ne pouvait être sérieuse et espérer ça de ma part. Faire le singe, me battre contre un sans-cœur, vaincre une statue, passait encore, mais ça… ! Il en était hors de question. L’ignorant délibérément, je restais dans l’eau me délectant de sa chaleur. La température était idéale pour y rester des siècles et des siècles durant. Je rejetais la tête en arrière, savourant le moment présent. Non, elle ne pouvait vraiment vouloir que je creuse, comme le feraient de vulgaires chiens pour y chercher un os ou des lapins pour creuser un terrier. De plus, le crocodile était employé au noir pour effectuer cette sordide tâche, et il semblait la faire à merveille, ce que j’en déduisais en tout cas en entendant les bruits effrénés de ses pattes qui grattaient le sol avec acharnement d’une allure régulière, comme omnibulé par ce qu’il allait découvrir.

Une ombre se glissa dans mon dos ; comme les secondes passaient et qu’elle ne daignait bouger, je soupirais longuement et me retournais pour lui faire face. Une Hellena fermement campée sur ses deux pieds, les poings plantés dans la rondeur de ses hanches, semblait être furieuse au vu de son visage rosit. Cette expression m’amenait un sourire, je ne l’avais encore jamais vu dans cet état-là. Essayant de masquer mon amusement, je tentais de lui expliquer la raison de mon inactivité. Je doutais qu’elle allait bien le prendre, m’enfin, je pouvais toujours tenter de l’amadouer.

** Du moment qu’elle me rejoint…**

- Ne le prends pas mal poupée ! Je ne suis pas fait pour creuser, c’est pas dans ma nature…

Je prenais une mine désemparée pour l’adoucir, et pointait la bête du doigt, qui s'acharnait encore sur son trou.

- Pas comme lui !

Saisissant de mes doigts ses poignets, je l’attirais doucement dans l’eau bienveillante.

- Tu n’es pas faite non plus pour creuser comme une dingue juste pour un bout de pierre ! Viens plutôt profiter de ce bain, après tout ce qu’il s’est passé, on l’a bien mérité !

** Allez, viens te coller à moi… **

Elle me résista, provoqua ma stupéfaction. Les yeux arrondis par la surprise, je la lâchais sans m’en rendre compte. Lui étais-je si désagréable ? Ou était-elle devenue trop intéressée par les pierres ? Mais de là à refuser de prendre une pause ! Je n’avais rien vu venir, le changement devait s’être opéré devant mes yeux, à moins qu’il n’en fût ainsi depuis le départ et que, aveuglé par ses délicieuses courbes, j’avais un peu oublié de m’intéresser un peu plus à l’esprit dans ce corps tendancieux. Maintenant, c’était tout juste si elle n’avait pas plus d’intérêts que moi à retrouver ces choses. Les yeux rivés sur son visage, je me relevais lentement, des questions plein les yeux. J’avais soudainement du mal à garder mon calme. Passant sous silence mes questions sur mon charisme qui semblait n’avoir aucun effet sur elle, je m’attaquais à la partie la plus intéressante.

** Elle me cache quelque chose. Mais quoi ? **

- Tu peux peut-être me renseigner, me dire pourquoi tu es soudainement aussi focalisée sur ces pierres ? C’est moi, j’insistais sur le « moi », qui ai entamé cette recherche, pour servir mes intérêts ! Et pourtant, pourtant, tu réagis comme si tu étais également impliquée dans l’affaire ! Tu n’aurais pas, par pur hasard, oublié de me dire quelque chose ?
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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Dim 18 Déc - 16:01



Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪


Le silence s’installait suite aux suspicions de Sullivan, car oui, il commençait à douter de l'honnêteté de la belle rousse, tout comme elle, qui commençait à voir où il voulait en venir avec ses intentions de "détente". Apparemment, il ne savait pas dans quelle galère il s'engouffrait, mais vraiment pas. Si son père -celui d'Hellena- l'apprenait, bien qu'ils ne soient plus en contact depuis peu, s'il apprenait qu'un bâtard au sang mi-humain mi-démon avait, ne serait-ce qu'effleuré sa fille, il y perdrait la tête, tout comme Hellena qui tenait fortement à sa petite tête rousse. Alors qu'il s'estime heureux qu'elle ne cède pas à ses avances, bien que quelques peu tentantes, il fallait être honnête. Et ce n'était certainement pas les occasions de "détente" qui avaient manqué dans ces marais, ni dans le sanctuaire, d'ailleurs. Mais elle n'était pas prête à croquer le fruit la première, mais ça, c'était un secret. Il ne le saura pas et elle ne lui dira rien. Qu'il continue de fantasmer encore un peu et bientôt il fera parti d'un cercle infernal. Voilà qui constituait peut-être une assurance qu'elle pouvait se mettre de côté... un allié qui devra l'aider contre son gré, du moins, si il veut toujours continuer à vivre. Quant au reste...

"Tu n’aurais pas, par pur hasard, oublié de me dire quelque chose ?"

La réponse était simple et elle n'attendit pas un instant de plus pour la sortir. Elle s'était suffisamment tut pour qu'on puisse émettre les plus grands soupçons à son égard.

-Si. Elle marqua une courte pause où elle prit le temps de revêtir un habit par magie, d'un simple mouvement des mains elle matérialisa sa tenue rouge qu'elle portait à halloween town, avant de poursuivre. -Je ne suis pas ici par hasard, vois-tu. C'est pas ton côté BCBG qui m'a attiré vers toi, bien que tu me laisses pas totalement indifférente non plus, elle sourit. -Le pouvoir m'attire, les forces obscures m'attirent, et ce que tu recherches m'attire également... Tellement. Il me parle...

Tant de pouvoir sommeille en ces pierres, bien qu'il est quelque peu scellé en elles sans aucune forme d'expression que de se manifester lorsqu'on est à proximité. Elle contempla la bourse dans sa main avec une avidité de gobelin avant de regarder Sullivan dans les yeux. Le pouvoir des pierres lui montait à la tête comme une gorgée de vin en trop. C'est vrai qu'elles étaient belles. On se sentait presque invincible en les touchant. Et maintenant, il ne manquait plus que celle de l'alligator en plus de l'autre qu'il se dépêchait de déterrer. Stupide créature, il allait mourir juste après l'avoir déterrée. Il y avait de quoi faire tourner les esprits les plus sains dans la folie. Leur lueur, la chaleur qui s'en dégageait, c'était envoutant.
C'était à cet instant qu'elle s'était dit que le pouvoir qu'elles contenaient ne devait pas servir aux desseins d'un vaudou. Et c'est là qu'elle avait compris que c'était elle qui devait récupérer ce pouvoir. Sullivan ? Il en avait pas besoin, il n'aurait jamais su l'exploiter pleinement. Et de toute façon, il allait mourir. Tôt ou tard, la vie s'échapperait de son corps. Mais quand ? Peut-être qu'elle pouvait avancer ce moment. Elle s'humecta les lèvres avant de poursuivre.


-Je ne partagerai pas ça avec les vaudous, ni avec personne ! Je suis celle qui a été choisie par les pierres. Regardes-les, elles m'appellent. Elles vibrent avec mon âme.


La belle cessa sa folie quand un dernier éclat émana du sol. Une pierre de couleur jaune venait accompagner sa splendeur à celles des autres. Les 4 pierres ainsi réunis produisaient une source de lumière comme jamais elles n'en avaient dégagé. Il semblait se passer quelque chose. Est-ce qu'elles étaient censés toutes être réunies ?

-Elles sont à moi, hurla Hellena avant de dégainer son fouet.
Et elle le fit claquer une première fois vers Sully.


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MessageSujet: Re: Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena} Sam 24 Déc - 8:01
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David Kraus
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Je fixais la demoiselle, me contentant de lui prêter une oreille attentive ; ce qu’elle me disait, je m’en doutais déjà plus ou moins, j’avais été moi-même confronté à cette saloperie quand elle m’avait « forcé » à prendre la forme d’une bête. Et maintenant, c’était Hellena qui se laissait aller. Tout en elle indiquait cette soif insatiable de pouvoir, son ton affirmé, ses yeux pétillants qui ne cessaient de jeter des regards envieux à la bourse qui renfermait les pierres, tout son corps cherchait à réceptionner le flux magique retenu dans le tissu.

Son fouet s’allongea dans ma direction, résonna contre le sol en un claquement brutal. Un défi. Elle recula de quelques pas pour aller capturer le rayon jaune lumineux. Ses yeux s’agrandirent, ravis, et un frisson me secoua l’échine. C’était comme si je revivais un souvenir, comme si j’étais à nouveau dans cette grotte et que ce sans-cœur me barrait à nouveau le chemin, un rictus aux lèvres. Je ne m’étais pas méfié assez tôt de la belle, mais je pouvais peut-être faire en sorte de rester entier. Mon katana dégainé, je me rapprochais d’Hellena. Si je pouvais au moins récupérer la pierre dans l’estomac de l’alligator…

- Haha bien joué, je ne l’avais pas vu venir celle-là. J’vois pas trop ce que tu veux faire de tous ces cailloux lumineux, tu pourrais m’éclairer ? Si ce n’est pas pour le vaudou, c’est pour quoi ?

Ça me paraissait tellement illogique. Pourquoi perdre son temps à me suivre, à endormir ma méfiance, à m’aider, si ce n’était pas pour libérer le vaudou de sa prison magique ? Elle devait forcément vouloir quelque chose, mais ce quelque chose, elle ne pourra pas l’avoir puisque j’avais moi-même besoin de ces fichus trucs pour retrouver ma sœur. Enfin, le côté familial, j’étais pas sûr qu’elle connaisse, et les actions semblaient mieux fonctionner que les mots.

Lassée de me voir lui tourner autour, elle chargea la première, son fouet à l’allure de serpent zigzaguait dans ma direction. Un mouvement à l’aide de ma garde le repoussa, elle visait bien, un peu plus et son serpent vicieux se serait entortillé autour de mon poignet, et adieu mon katana. J’avais pas envie d’attaquer, tout d’abord parce que c’était Hellena, et ensuite parce qu’à la moindre folie de ma part, l’espèce de cicatrice sur ma cuisse se ferait une joie de se rouvrir, et bien évidemment je ne comptais pas sur la clémence de mon adversaire pour me soigner avant de reprendre les armes. Si mes faiblesses prenaient le dessus, j’étais foutu.

Plissant les yeux, j’attendais de voir ce qu’elle allait faire, le croco semblait ne plus faire partie de ses pensées. Des chaînes sorties silencieusement de terre s’assurèrent qu’il ne bouge pas, ça serait bien dommage qu’il me file sous le nez. Une fois l’esprit tranquille, je me recentrais sur Hellena qui m’accueillait d’une rafale de coups. Reculant précipitamment, j’essayais de trancher ce fichu fouet avant qu’il ne me lacère, chose qui n’était pas aisée, surtout quand on n’avait pas l’habitude de faire face à une arme aussi déroutante.

Devinant sans mal ce que j’essayais de faire, elle modifia sa posture et les mouvements effectués par son arme de torture aussi. Je tentais d’ignorer les coups et avançais d’un bond pour la toucher au corps. Tout sourire joueur avait disparu, elle se battait réellement. D’un coup d’œil, je vis qu’on s’était rapprochés, c’était le moment ou jamais. M’accroupissant pour dévier une attaque, je plongeais le bras en arrière, droit dans le corps du croco. Au lieu d’attraper son cœur, j’attrapais la pierre qui n’en était pas loin. Essayant de ne pas trop jubiler, je glissais ma trouvaille dans le fourreau de mon katana, à défaut de pouvoir la mettre ailleurs.

- Tu me donnes les autres ? Je tendais la main, impatient. J'ai quelqu'un à sauver moi !

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Promenons-nous dans l'marais, pendant qu'les crocos n'sont pas ♪ {PV. Hellena}

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