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Que la purification débute. - Béatrice Portauvent

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MessageSujet: Que la purification débute. - Béatrice Portauvent Mar 10 Mai - 15:59


Béatrice "Portos" Portauvent

Some Informations

Nom & Prénom : Béatrice Portauvent
Âge : Seize ans
Lieu de naissance : Pyadurac
Groupe : Citoyen des ténébres
Arme : Simple glaive de métal se rangeant dans sa manche gauche, juste sous son petit écu de fer.
Pouvoir : Aucun. Le sans-cœur reposant en elle cependant à la capacité d'absorber la magie. Il se nourrit de magie et de la peur de la mort que peut éprouver Béatrice. Il annule donc les sorts bénéfiques comme malveillant vis-à-vis de cette dernière. Mais plus il se nourrit, plus il se rapproche de prendre le contrôle entièrement ce qui ferait disparaître Béatrice. Lorsqu'il a le contrôle, il peut manipuler les ténèbres comme chaque sans-cœur.
Race : Humain, avec un sans-cœur logeant à l’intérieur de son être.




Caractère • Inside of me

(Lisez d'abord l'histoire avant de lire la description ou derrière l'écran, s'il vous plaît.)

Comme vous avez pu le constater, Béatrice agit comme un homme, se présentant sous le nom de son frère. Elle est une personne obstinée ayant une volonté de fer, et elle souhaite faire entrer le nom de son frère dans l'histoire. Cela fait-il d'elle une bonne personne pour autant ? Pas forcément. En effet comme vous avez pu le remarquer, elle a choisi comme chemin pour arriver à son objectif de purifier le mal qui ronge chaque monde. Mais ces méthodes sont souvent disproportionnées. Tout comme ces enfants bohémiens qui peut-être ne cherchait qu'à trouver un peu d'argent pour survivre. Ça elle s'en moque bien. Il y a une expression pour cela je crois. Qui vole un œuf vole un bœuf, et Béatrice ne veut pas perdre de temps avec les voleurs ou n'importe quel pécheur.
Il s'agit aussi d'une personne très croyante, bien qu'elle ne porte pas Dieu dans son cœur. Elle pense sincèrement qu'il s'est acharné sur elle depuis sa toute jeunesse. Que Dieu existe réellement ou non n'est pas la question. Béatrice croit à son existence, point.
Elle possède aussi deux phobies, la peur des flammes et celle de la mort. L'un comme l'autre peuvent vraiment la figer durant quelques minutes.

Parlons un peu des effets secondaires néfastes laissés par le sans-cœur de son frère qui loge en elle. Il peut arrêter quand ça lui chante l'un des membres de Béatrice. Mais ce n'est pas tout, Béatrice souffre souvent de quintes de toux ou elle se met à cracher du sang, son corps n'appréciant guère cet élément perturbateur en lui.

Quant aux gardiens, aux princesses de cœur, aux apprentis maître de la clé, aux membres de la confrérie elle ne les connait que d'histoires entendues et que par quelques bribes. Elle va devoir apprendre petit à petit qui sont chaque groupe et quels sont leurs fonction. (Bien que n'importe qui n'ayant pas le Q.I d'une huître puisse rapidement comprendre les intentions de chacun au vu de leurs noms.) Après tout cela ne fait que peu de temps qu'elle sait qu'il existe d'autre mondes.

Dernier point important, Béatrice éprouve un profond racisme pour tous les non-humains. Les considérant comme des abérations de la nature n'ayant pas le droit de vivre. Et en un sens, c'est tout ce qu'elle a vécue qui l'a conduit à penser cela. Similis, sans-cœurs, démons, etc... Elle n'hésitera pas à vouloir les supprimer en les voyants.

En définitive, Béatrice est-elle une personne bien ? Elle est une personne de bien, cela est certain. Mais elle ne peut pas être considérée comme "gentille". A-t-elle raison de se comporter ainsi ? Est-ce acceptable d'agir de la sorte ?

Si vous ne pouvez comprendre aucun de ces actes alors jetez lui des pierres.
Si vous pensez que ce qu'elle a subie peut conduire à finalement agir ainsi, prenez la donc en pitié.
Et si vous approuvez chacune de ses actions, alors placez vous à ses côtés. Et recevez vous aussi les pierres.


Et derrière l'écran

Description lue et approuvée.
Bon, eh bien voilà mon TC. Ce ne fût pas chose aisée d'écrire son histoire je vous l'accorde. Heureusement, les encouragements sur la CB furent vraiment géniaux. J'vous aimes les gars ! (Et les filles !) Sinon, eh bien je n'ai pas grand chose à dire d’intéressant. Je me souviens encore de mon arrivée ici ou j'étais simplement venu tenter une dernière fois les forums RP. Je vais pas vous mentir, j'en attendais pas grand chose au tout début. Puis j'ai vu l’accueil, j'ai pu rencontrer les personnes qui peuplaient ce forum. Et honnêtement, vous êtes géniaux changez pas. Bon, je vais arrêter de faire dans le sentimental et je ne dirais qu'une chose : Merci.

(Ah si, désolé pour avoir pris tant de post, j'ai eu beaucoup de problème pour tout mettre. J'ai d'abord voulu mettre toute l'histoire sur un seul post mais il n'y avait pas la place. J'espère qu'elle vaudra au moins le temps que je vais faire perdre aux pauvres qui la liront. Désolé.)

Et ce petit mot commence à devenir vraiment long, j'ai l'impression d'être un petit vieux qui radote du passé. '^'

Mais il reste quelque chose dont je dois parler ici. Les deux personnes apparaissant sur l'image en 420*150 px sont comme vous avez dû vous en rendre compte en lisant l'histoire, Béatrice et son frère Portos avant "l'incident". J'ai bon espoir qu'au fil des RP, Béatrice rencontre quelqu'un qui puisse lui montrer ses erreurs et l'aider à s'élever, à sauver son frère et ainsi à ce qu'elle redevienne une simple humaine. Lorsque cela sera fait, je ferais certainement de son frangin un prédéfini. Les deux personnages apparaissant sur l'image sont Satoshi et Satoko Hojo venant tous deux du Sanglot des cigales.

Voilà j'ai dis tout ce que j'avais à dire. '^'
Informations à remplir

▬ Bell Cranel ♫ DanMachi = Béatrice "Portos" Portauvent ♣ Citoyens des ténèbres {PRIS}

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MessageSujet: Re: Que la purification débute. - Béatrice Portauvent Mar 10 Mai - 16:00



Histoire • On the tracks of my past


Qu'est ce qu'était un héros ? Concrètement je veux dire. On entendait parler de héros à toutes les sauces, dans les romans, dans les chansons mais surtout dans les légendes du passé. Il y avait un point notable, un point sur lequel chacun des supports semblait se mettre d'accord. La condition sine qua none qui faisait d'une personne ou non un héros. Un héros se devait de posséder des capacités hors du commun, loin devant tous les simples mortels. C'est ce que je pensais aussi autrefois, que seuls quelques élus pouvaient prétendre au titre, que ce titre était réservé aux mages de génie ainsi qu'aux épéistes possédants un talent inné. Evidemment, je me trompais lourdement. Ou du moins, je continue de croire dur comme fer que je me trompais. Avec le temps et surtout avec ses mots, j'ai pu comprendre que la notion de héros est n'est rien d'autre qu'un simple titre offert à un individu par le plus grand nombre. C'est pour cela que même le plus fort, le plus juste, le plus remarquable des individus n'est rien s'il vît en solitaire, si personne n'est présent pour noter ses actes et les répéter à un autre qui le fera ensuite à son tour et ainsi de suite créant un engrenage sans fin. Beaucoup de légendes ont sans doute commencés à partir de rien après tout. Un simple voyageur sauvant un enfant de quelques loups et voilà que se dernier se mettra à raconter son récit, de ses yeux enfantins il ajoutera une tonne de choses : les loups seront décrits bien plus gros et féroces qu'ils ne l'étaient, ils se trouveraient aussi bien plus nombreux qu'ils ne l'étaient à la base. L'enfant ayant échappé à la mort idéalisera sûrement son sauveur, le décrivant comme aussi robuste qu'un ours, agile tel un serpent, faisant la taille d'une montagne et j'en passe. Finalement son histoire prendra de l'ampleur, et à chaque fois qu'elle sera de nouveau transmise à un tiers elle sera conté avec la vision de l'orateur ou de l'écrivain ce qui changera de nouveau l'histoire, ajoutant parfois certains éléments pour la rendre plus vivante, en occultera peut-être d'autre. Le temps fera alors sa part du travail et si l'histoire survit à cette épreuve, alors elle deviendra une légende et le simple voyageur l'un des plus grands héros que cette terre ait portée. Après, c'était évidemment grossièrement résumé. Bien sûr qu'un héros n'était pas forcément juste un simple pourfendeur de loup, mais ce qu'il fallait retenir c'était que ce titre était tout simplement donné à quelqu'un de renom dont l'histoire n'oublierait pas le nom. Quels étaient les mots justes, déjà ? Je m'en souvenais comme si c'était la veille.

Je devais avoir quoi ? Cinq ans à tout casser ? C'était encore du temps ou je m'habillais avec ces haillons propre à ma caste sociale. Je n'ai appris que bien plus tard qu'il existait d'autres monde, bien plus évolués que mon l'aire médiévale de laquelle je venais. Je me trouvais dans la cuisine, assise sur le sol à le fixer en train d'essayer de faire cuir une soupe aux potirons. Oui lui, mon frangin adoré et regrété Portos. Il n'était pas beaucoup plus vieux que moi, seulement deux années. Et pourtant même enfants il s'arrangeait pour faire à chaque mieux que je ne le parvenais et ce peu importait le thème. Je lui en voulais énormément au début, il ne me laissait gagner à aucun jeu et chacun de nos défis, dont j'étais la seule et unique instigatrice, se concluait par sa victoire et donc ma défaite. Il se donnait toujours corps et âme à chaque fois que je l'opposais comme si sa vie était en jeu, comme si je n'avais pas le droit de gagner face à lui. Et comme je le disais, je lui en ais énormément voulu, allant jusqu'à refuser de lui parler durant presque un mois. Mais j'ai finalement compris avec le temps qu'il ne faisait pas cela pour m'agacer, au contraire il se donnait la peine de se donner à fond car il m'estimait. Nous n'étions que des enfants et pourtant il résonnait déjà mieux que les adultes. Il me poussait à essayer encore et encore pour enfin le détroner dans l'un des jeux auxquels nous jouions. Essayez de tout servir sur un plateau d'argent à un enfant et laissez le croire qu'il est tout puissant. Au moment même ou vous le lâcherez seul dans la nature, il se fera avaler par le premier prédateur qui aura eût la chance de tomber sur cette proie si facile. Voilà pourquoi laisser gagner l'opposant est l'une des pires insultes qui soient. C'est comme si vous disiez simplement qu'il ne méritait pas que vous dépensiez de votre temps et de votre énergie pour lui. Voilà pourquoi je continuais sans cesse de tout faire pour l'emporter sûr lui, c'était comme si à chacune de ses victoires il me narguait d'un : peu mieux faire. Il avait confiance en moi et c'est pour cette raison que je n'ai jamais abandonné. Evidemment, cela semble futile désormais. Il ne s'agissait que de simples jeux d'enfants, et pourtant cela compte toujours énormément pour moi.
Tout cela pour dire que j'étais assise en ce jour à essayer de comprendre comment il parvenait à cuisiner une simple soupe en lui donnant un goût bien particulier. Père et Mère étaient au champ, l'hiver approchait à grand pas et il fallait récolter les dernières pousses avant cette saison qui s’avérait au moins aussi rude que les précédentes. Oh, nous n'étions pas de sales garnements qui laissaient nos parents se tuer à la tâche sans nous, bien au contraire nous n'avions guère le choix de les aider. N'allez pas non plus vous mettre en tête que nous n'aimions pas notre famille, bien au contraire nous étions une famille des plus soudée et essayions de subsister malgré la pauvreté propre à notre classe social. Nos parents avaient fait beaucoup d'enfants, dans un premier temps par simple pragmatisme car ils aideraient au champ et que les filles pourraient leurs apporter une somme conséquente une fois qu'ils auraient réussis à les marier à de riches gentilhommes. Deux de mes sœurs étaient déjà parties ainsi. Non, ne soyez pas triste pour moi, je ne les ais jamais vraiment bien connues de toute manière, j'étais bien trop petite à l'époque. Portos me parlait souvent de l'une d'elle, Emilie je crois que c'était. Cela avait été dur pour lui de voir sa grande sœur, personne avec qui il était le plus complice, partir ainsi du jour au lendemain. Il avait longuement tiré la tronche, ne parlait presque plus. Puis finalement il est venu me voir et commença à s'occuper de moi. Je pense sincèrement qu'il voyait en moi une sœur de substitution, alors en un sens, j'étais bien heureuse qu'elle s'en aille. Sans ça, je n'aurais jamais eu mon Portos rien que pour moi. Dès lors qu'il s'approchait de moi pour me monter quelque chose, ou simplement me parler, j'avais tout plein d'étoiles dans les yeux. Honnêtement, je savais bien que je ne devais pas penser ainsi, qu'au fond de lui il savait très bien que je ne pourrais jamais la remplacer. Alors un jour je suis venue m'excuser en pleurs devant lui, lui demandant pardon de penser ainsi, lui promettant de tout faire pour qu'il oublie son chagrin, lui promettant que j'allais devenir comme notre grande sœur. Il est resté quelques temps à me fixer sans grande expression puis me frappa doucement le crane. Il faisait toujours ça lorsqu'il voulait m'apprendre quelque chose, mais ce jour là, je crois que la leçon n'est pas passé, sinon je n'en serais pas là ou je suis aujourd'hui. Il déclara d'un ton doux mais qui laissait comprendre qu'il m'en voulait :

"Idiote. Tu ne seras jamais comme elle." En un premier temps, je me sentis très mal, mais il continua calmement. "Et j'ai envie de te dire, heureusement. Ecoute Béa, Emi était une personne que j'appréciais énormément, pardon, que j'apprécie énormément. Mais toi, t'as pas t'as pas b'soin de la copier pour exister. J'veux dire, Béa est Béa et Emi est Emi, tu comprends ?" Voyant que de toute évidence je ne semblais pas comprendre un traître mot de ce qu'il disait il continua calmement. Je pense que de toute la famille, c'était lui le plus patient ainsi que celui qui savait jouer le plus avec les mots. "Bien écoutes... Mmmhh.. Ah je sais. Tu vois la délicieuse tarte que Mère fait parfois lorsque nous en avons les moyens ?" J'allais lui demander ou la tarte de mère allait nous mener mais il ne me laissa pas le temps dans placer une. Alors je restais silencieuse et écouta la suite de sa pensée. "Eh ben... Elle ne fait pas toujours la même tarte, parfois elle est à la citrouille, parfois à la groseille ou même encore parfois celles que tu préfères, celles à la framboise. On est d'accord pour dire quelque soient les ingrédients elle s'arrange toujours pour que ce soit délicieux, n'est-ce pas ?" Etant encore une gamine j'avais hoché la tête avec véhémence. "Eh ben... Vois les choses comme ça, Emi est une tarte aux pommes tandis que tu es une tarte aux poires. Les deux sont des tartes en apparence mais à l’intérieur elles sont totalement différentes. Et pourtant bien qu'elles soient différentes tu aimes les deux, n'est-ce pas ? C'est pour ça qu'une tarte aux poires n'a pas besoin de faire des pieds et des mains pour devenir une tarte aux pommes, tu comprends ? Heureusement qu'il y a toute sortes de tartes, sinon le monde serait bien fade, tu ne crois pas ?" J'avais séchée mes larmes d'un revers de main et hochais de nouveau la tête avec insistance, puis je lui avais demandé : "Et toi Portoche, tu es quel genre de tarte ?" Il s'était mit à rire, frottant mon cuir chevelu avec insistance. "Moi ? Eh bien, je ne me suis jamais goûté, j'espère que tu pourras me le dire un jour." Et c'était sur la promesse de lui dire un jour son parfum que cette discussion s'était arrêté. Si aujourd'hui quelqu'un me comparait avec une tarte, je pense qu'il prendrait rapidement une claque. Mais je n'avais pas encore quittée l'innocence de la jeunesse. J'aurais aimé ne jamais la quitter...

Mais revenons à ce fameux jour ou il préparait de la soupe et au pourquoi nous n'étions pas dans les champs. Nous étions les deux plus jeunes, j'avais cinq ans et lui sept. Entre nous, je pense que j'avais peur de grandir. Je ne voulais pas être mariée et quitter un jour le domicile familiale. Je me souviens encore de quelques jours après le départ de ma sœur ou je m’entraînais à faire tout un tas de grimaces et être vraiment insupportable pour que le jour fatidique je soit rejeté par l'homme choisit par les grands qui irait m'épouser. Evidemment, cela ne dura pas longtemps et je pense que ma joue se souvient encore de la douleur de la baffe octroyé par Père. Mais j'avais encore le temps de trouver une solution après tout. J'étais encore toute petiote. Chaque soir je priais le seigneur de m'apporter une solution. Oui, j'ai toujours cru en l’existence d'une quelconque divinité quelque part qui veillerait sur nous. Ce sont mes parents qui m'ont appris ça et si vous avez un problème avec mes valeurs, y'a pas de soucis mes mains ne servent désormais plus qu'à labourer un champ, faire la cuisine ou le ménage. Chaque soir, Portos aussi priait. Bien que nos prières étaient silencieuses, je pouvais affirmer qu'il demandait qu'Emilie aille bien, ou qu'elle soit. Nous étions religieux et il y a beaucoup de choses que nous lui demandions à ce dieu. Sans même savoir qui il était réellement, ce qu'il voulait vraiment ou encore s'il en avait ne serait-ce que quelque chose à faire de nous. J'avais un autre grand frère, bien plus grand que Portos et pourtant pas bien malin. Le soir, il demandait toujours devant les étoiles quand arriverait le moment ou il deviendrait un héros. Il avait dix ans de plus que moi et dans le genre pile électrique on faisait rarement pire. Ah, vous vous demandez comment je connais le terme pile électrique alors que de toute évidence l’électricité n'existait pas dans mon monde ? Pas de chance, vous allez devoir vous faire bassiner encore quelques minutes par mon histoire. Mais après tout, c'est vous qui avez décidé de la lire et pour ça, même Dieu ne peut vous venir en aide. C'est ce que m'avait appris mon frère un autre jour alors que je priais Dieu de faire les corvées à ma place. De nouveau il m'avait frappé doucement sur le haut de la tête.

"Eh beh. Qu'esstu dis-là ? Tu ne penses tout de même pas que le seigneur va venir toquer à notre porte et étendre le linge tranquillou pour ensuite prendre un p'tit café pépère ?" Je ne comprenais pas, n'était-il pas ici pour nous servir en échange de nos prières ? Aussi je lui posais cette question, et il mît quelque temps à me répondre. De nouveau, il cherchait les mots qui pourrait illustrer la thèse qu'il n'allait pas tarder à me présenter. Finalement il dît posément : "Eh bin... T'sais Béa, t'as déjà du jouer avec des dés, nan ?" J’acquiesçais silencieusement me demandant encore ou tout cela allait nous mener. Il continua. "Bah tu vois, Dieu c'est un peu un grand joueur de dés." Je pense que n'importe quel homme de foi se serait mit à hurler au bûcher dès cette simple sentence, même Père lui aurait sans doute coller une bonne baffe après avoir entendu cela. Je le laissais cependant continuer son discours. "Quand tu jettes un dé, tu obtiens un nombre entre un et six, exact ?" A ce moment, nous ne savions pas qu'il existait tout un tas de dés différents, c'est pour cela qu'il resta sur l'image d'un dé à six face. De nouveau j'hochais la tête lentement, lui donnant ainsi le droit de continuer. "Disons que dans ce cas présent, six est un très bon score tandis que un est le pire cas qui puisse être tiré. Chaque jour, Dieu prends les dés qui ont étés attribués à ton pion et les tire. Parfois tu obtiens un trois et ta journée sera ennuyante, parfois tu obtiendras un six et tu auras une formidable journée, tout te sourira et tu prendras vraiment bien ton pied. Et d'autres jours encore... tu obtiendras un. Enfin, ce n'est pas obligé après tout, tu peux très bien vivre toute ta vie sans tomber sur aucun un." C'est alors que je le coupai, quelque chose clochait. Quelque chose que je ne pouvais pas accepter. "Mais... C'est nul." J'avais simplement laissé échapper ces mots qu'il se mît à rire. Tout simplement, alors que la situation n'avait pourtant rien de drôle. Si toute notre vie n'était entièrement régie que par des lancers de dés, alors nous ne serions que de simples pions sans volonté ! Je ne voulais pas être un pion, je voulais exister ! Comme pour me rassurer il passa sa main sur mes cheveux et ajouta. "Tu ne laisse jamais les gens finir dis-donc. Quand tu joues à un jeu de plateau comme, prit totalement au hasard le magnifique jeu de l'oie, tu n'as qu'un unique chemin donc tu ne fais qu'avancer un simple pion sans rêve ou espoir. Ce n'est qu'une simple pièce de bois. Mais je vais t'avouer un p'tit secret sœurette. Vois-tu Béa, on est pas des petites pièces de bois. Nous sommes des êtres humains, nous avons nos sentiments, nos rêves, nos espoirs, nos envies, notre moral et tout cela nous conduit à posséder quelque chose que n'ont pas ces petites pièces ridicules. Et ce sont nos choix. Laisse moi étayer ma thèse. Tu es en case cinquante-six, là Dieu te donne un un. Pas de chance si tu arrives en cinquante-sept ce sera vraiment pas cool pour toi. Vraiment la misère, personne ne veut arriver en cinquante-sept. Mais seulement voilà, tu n'es pas un pion, t'es humaine Béa. Pourquoi tu ne prendrais pas un autre chemin pour ne pas arriver sur cette case ? Pourquoi n'irais-tu pas en cinquante-sept-B ou même en cinquante-sept-C ? Elles seront sans doute bien différentes de cette maudite case. Tu vois Béa, pour nous le plateau de jeu ne se limite pas à une simple ligne droite, nous pouvons créer nos propres chemin. Voilà comment nous controns les malheurs divins, avec notre ingéniosité et notre volonté de vivre." J'allais lui poser une question mais il me prit de vitesse et y réponda avant même que je ne puisse la poser. "Oui, il reste très important de bien croire et prier en Dieu. Car il a le pouvoir de de changer ses jets. Et il récompense ceux qui croient en lui, un jour ou l'autre ceux qui auront menés une vie pieuse verront leurs efforts récompensés. Tu vois, je pense que Dieu n'est pas foncièrement quelqu'un de bon ou de mauvais. C'est juste quelqu'un qui est obligé de tirer les dés qui régissent le monde, alors je pense que parfois il ne veut pas se donner la peine de changer les résultats, et c'est pour cela qu'il faut rester dans ses bonnes grâces. Tu comprends ?" J'hochais alors énergiquement la tête, montrant que j'étais d'accord avec sa pensée. Je lui promettais alors que je ne rechignerais plus jamais à la tâche et que Dieu pourra alors arranger mes jets de dés. Peut-être que j'aurais tout plein de six si je suis une fille sage ? Sur ces mots, je partais étendre le linge.

Une fois de plus je venais de divaguer, et nous n'avions toujours pas avancé sur la question initialement posée : qu'était-ce qu'un héros ? J'étais donc assise sur le sol tandis que mon frère préparait le repas, normalement j'aurais du être en train de faire le ménage dans la maisonnée mais je savais qu'il me restait encore de nombreuses heures avant que Père, Mère et mes frères ne rentrent. Donc je prenais calmement mon temps, épiant ses moindres faits et gestes. Il ne disait rien et épluchait calmement les quelques légumes que nous avions. Finalement, jugeant que cela faisait trop longtemps que son attention ne s'était pas posé sur moi, je pris la parole. Je ne m'en rends compte que désormais, mais j'ai du être bien casse-pied envers lui dans ma jeunesse. J'espère qu'il pourra me pardonner, là ou il est...

"Portos ? Dis, c'est quoi un héros ?" Je commençais avec le premier sujet qui me venait en tête. A l'époque je voyais souvent notre grand frère prier pour en devenir un comme je vous l'avais dis plus tôt, et je ne savais pas réellement ce que cela signifiait. Oh évidemment, certaines légendes connues présentaient tel ou tel âme comme héroïque mais je n'arrivais pas à comprendre ce qu'elles avaient de spéciale pour être considérées comme telles. Mon grand frère posa alors son couteau et se retourna pour me faire face, s'appuyant contre la table il commença à passer sa main sur son menton comme pour montrer qu'il était dans une intense réflexion. Je restai alors silencieuse et attendît patiemment qu'il trouve la réponse correct à me donner. Enfin, je sais bien qu'il n'y a aucune réponse correct dans le domaine de la simple pensée, mais il mettait un point d'honneur à toujours émettre une réponse qui lui était correct, en accord avec ce qu'il pensait, pas la réponse généralisé d'un autre, non. Il s'agissait de sa réponse. Finalement il parla calmement. "En v'là une question difficile. C'est à force d'entendre l’aîné hurler à la lune que t'en es venu à te poser c'te question ?" Je pense que ça en devenait récurent mais une fois de plus j'hochai lentement de la tête. Qui avait-il se si génial à vouloir un héros ? Il continua alors son discours. "Ben... Comment t'expliquer ? Un héros c'est un type qui a fait de grandes choses, et je parle pas de simplement réussir la corvée annuelle de nettoyage de la grange dans l'ancienne ferme hein. Nan, je parle d'un truc tellement gros, tellement gigantesque que tu ne pourrais le cacher à personne. Alors ouais, lorsqu'on dit héros on parle souvent d'un gars qui aurait genre terrassé un dragon, sauvé toute une population, un truc dans l'genre quoi. Mais en fait, nan ça ne s'arrête pas qu'à nos heureux bienfaiteurs comme pourrait le penser notre frère. Faire une hécatombe dans une grande ville fera aussi de toi un héros si quelques survivants s'échappent de ton carnage. Dans les deux cas, que tu sois droit et juste ou simplement le pire des tocards, tu auras fais quelque chose de grand. Alors attention, grand ne veut pas dire bien. Nan, c'est juste un indice de taille. Imagine que demain j'accède au trône et que par simple ennui, il me venait l'idée de décimer tout mon peuple. Alors j'atteindrais la postérité. Comme le pire des monstres je te l'accorde, mais je serais tout de même un héros. Les gens ne lui donneront évidemment jamais ce nom, héros possède une connotation bien trop positive dans le cœur de chacun, mais ce ne serait que ce voiler la face. En définitif, être un héros c'est rester à jamais dans le souvenir des générations à venir, à jamais... Voilà ce qu'est un vrai héros. Cette réponse te convient ?" Ce fût exactement ces mots ci qui me conduiront plus tard à entreprendre cette folle entreprise dans laquelle je suis actuellement. Ou du moins, il s'agit là de la première pièce du puzzle de ma détermination actuelle. Sur le moment je lui avais fais de grands yeux ronds et lui avait simplement avoué : "Quoi qu'il en soit, t'es mon héros Portoche." Il sembla prit sur le dépourvu quelques instants et finalement il me caressa de nouveau la tête en riant doucement. "Eh beh... Merci, dans ce cas tant que tu seras là, je serais en quelque sorte aussi toujours là..." Sur le moment je n'ai pas compris ce qu'il voulait dire par là. Je pensais qu'il parlait simplement qu'il serait toujours dans mon cœur tant que je penserais à lui. Mais non, il avait choisi les mots "toujours là". Pas "toujours avec toi". Il me fallût attendre quelques années de plus pour comprendre la signification de ses mots. Il me fallût découvrir l'horreur de la mort...

Quelque chose me secoua alors, me sortant de mes songes sur mon passé. Un vieil homme me secouait péniblement, il faisait nuit et je me trouvais dans une charrette. Peu à peu je me rappelais pourquoi j'étais présente ici. J'avais entendu qu'un certain mal régnait ici dans la fameuse cité des cloches et je venais y mettre un terme, en tant que héros, en tant que futur Dieu. Je payais ce vieil homme pour m'y conduire et il semblait que nous étions arrivés à la fin de nôtre voyage. J'étais très loin de mon petit village natal, mais il le fallait, sinon je ne pourrais jamais accomplir mon devoir. L'homme parla d'un ton bougon.

"Nous sommes arrivés jeune homme. Cité des cloches, vous trouverez celui que vous cherchez très certainement dans la cathédrale centrale. J'ose espérer que notre accord est toujours d'actualité, vous êtes sensé me payer le reste à notre arrivé."

Oui il venait de m’appeler jeune homme et après tout j'en avais l'apparence. De plus je me comportais comme tel, alors il n'y avait rien de désobligeant dans ses propos. Je sortais alors ma bourse de munnies et lui donna la somme manquante avant de descendre de sa charrette et d'entamer une marche nocturne tandis que je l'entendais me remercier au loin. La lune était haute dans le ciel ce qui donnait à cette ville un certain charme silencieux. J'aimais énormément les soirs de pleine lune, il s'agissait des nuits les plus éclairées. Je n'avais pas de montre sur moi et je n'avais pas d'idée précise sur l'heure exact. Aussi jugeant qu'il était sans aucun doute fort tard, je décidais de remettre à demain ma visite de la cathédrale principale. Je détestais ces endroit après tout, si je pouvais gagner quelques heures sans y aller, je ne ferais pas la fine bouche. Ces dans ces endroits que Dieu est le plus proche de nous, et moi je le voulais le plus loin possible. Je ne voulais plus qu'il touche à mes dés, je ne voulais plus en entendre parler. Il me terrifiait et m'agaçait fortement à la fois, mais je savais que ma résolution serait bien plus grande que tout ses pouvoirs.
Un bruit attira alors ma curiosité. Dans une ruelle non loin de moi, quelque chose se mouvait dans les ténèbres. Je pouvais sentir de quoi il s'agissait, un sans-cœur. Seul et sauvage, sans doute à la recherche d'une victime innocente sur qui il pourrait se faire les dents. Je dégainai alors mon simple glaive de ma manche, pile sous mon écu. Puis, j'approchai calmement de cette créature en murmurant : "Bah alors le monstre ? Je vais tuer un des tiens et ça te fait rien ?" J'attendis quelques instants mais aucune réponse ne vint. Lui qui d'habitude était-si enclin à donner son avis sur tout. "Tiens ? Je t'ai connu plus loquace engeance démoniaque." Et de nouveau aucune réponse ne survint. Il dormait peut-être ? Peu m'importait en fait, moins il l'ouvrirait, mieux je me porterais. J'arrivai donc devant le simple sans-cœur et m'agenouilla pour être à sa hauteur. Il ne m'attaquait pas et ne montrait non plus aucun signe de frayeur devant moi. Ils sont tous comme ça depuis l'incident, pensant que je suis des leurs... Mais non, jamais je n'accepterais pas que l'on me compare à ces monstres venus des enfers. Je plantai alors ma dague d'un coup sec dans le crane de la créature. Net, efficace, précis. Un monstre de moins sur cette terre que je devais purifier. Je rengainai alors calmement la lame courte et me relevai silencieusement. Je n'étais pas encore très douée pour me battre, mais à force de voyage je commençais à pouvoir tenir mon arme fermement sans trembler. Je n'avais pas le droit de trembler, je n'avais pas le droit à l'échec.

Je fis alors route vers une auberge, ne laissant malheureusement aucune trace de cette purification derrière moi. Heureusement pour moi, il y en avait une non loin de ma position que je pus remarquer facilement grâce à son écriteau. Sans grande cérémonie, je poussais les porte et m'engouffrai à l’intérieur. Il y avait une jeune homme assis derrière le comptoir qui me fixa quelques temps avant de m'adresser la parole.

"Vous avez bien de la chance, le patron allait fermer dans la minute. J'imagine que vous souhaitez une chambre ?" J'hochai alors de la tête un simple coup et il ajouta : "A quel nom ?" Je lui répondais alors sans aucune forme amical : "Portos Portauvent." Oui, tel était mon nom désormais. Il m'indiqua le numéro de la chambre à l'étage et me fournît la clef de la dite chambre. Je m'empressai de la ramasser et me dirigea directement dans cette pièce avant de fermer à loquet derrière moi. Je déposais le peu d'affaire que j'avais sur moi dans un coin de la pièce et enleva mes pièces d'armures pour me laisser tomber sur le matelas. Lentement, je laissai mes yeux se fermer. Je n'avais pas beaucoup dormi dernièrement et pour une fois il semblerait que je n'allais pas l'entendre. Peut-être allais-je pouvoir me reposer décemment. Tandis que je m'endormais peu à peu, un son que je pouvais reconnaître entre mille arriva jusqu'à mes tympans. Je ne me trompais pas, dans la pièce voisine je pouvais entendre un feu crépiter doucement. Les chambres étaient dotées de petites cheminées et il est vrai qu'étant en plein hiver, il était tout à fait normal de vouloir chercher une source de chaleur. Le froid était pénible, atrocement pénible. Les hivers que j'ai pu connaître lors de ma petite enfance ne s'effaceront jamais de mes souvenirs tant ils ont pu être pénibles. Mais ce n'était rien comparé aux souvenirs que j'avais des flammes dévorantes qui avaient bien faillies me coûter la vie. Oui, depuis ce jour je gardais une grande crainte du feu, une crainte qui je pense ne s'effacera pas avec le temps. Rien que d'entendre son crépitement me rend malade, la nausée m'en monte et mon corps réagit seul. Je me met à trembler légèrement, ne pouvant me focaliser uniquement sur les flammes et rien d'autre. Comme si elles allaient de nouveau me dévorer, comme si elles allaient de nouveau tout m'arracher. Je ne veux plus revivre ça. Plus jamais...

J'avais neuf ans. Tout juste neuf ans. C'était un jour assez particulier à dire vrai. Bien que nous n'étions pas très aisés financièrement, Mère et Père se débrouillaient toujours pour faire une petite fête sans grande prétention accompagné d'une pâtisserie de Mère. Une tarte, c'était bien la seule chose qu'elle arrivait à faire. Une bonne pâtisserie, quelques rires, quelques histoires, voilà comment le bas peuple essayait d'oublier sa condition de vie déplorable. Oh, je ne m'en plains pas. Cette vie était la mienne et pour l'instant même si nous avions pu vivre quelques coups durs, même si j'avais déjà pu connaître une faim me lancinant les entrailles, même si le froid de l'hiver avait une fois gelé mes os, même si le travail dans le champ pouvait parfois être éreintant au possible, je vivais paisiblement avec ma famille. C'était tout ce qu'il m'importait et c'est pour cela que ma condition ne me gênait pas. Après ne nous mentons pas, si j'avais eu la possibilité d'améliorer nos conditions de vie alors je n'aurais pas hésité un instant, mais cela ne m’obsédait simplement pas. Grand frère m'a dit un jour qu'à trop vouloir obtenir quelque chose, cela devient maladif et peu à peu nous finissons par perdre tout sens avec la réalité. Et nous oublions ce qui était vraiment important. Peut-être que moi aussi, je suis dans ce cas désormais ? Mais je n'ai plus le droit de reculer, ma détermination sera sans faille et peu m'importait les sacrifices. Je ferais de Portos un dieu. Il aurait pu en être bien autrement si Dieu ne m'avait pas sorti au moins cinq un d'affilé. Un anniversaire se devait d'être joyeux, nous faire oublier les tracas quotidiens au moins le temps d'une journée, n'est-ce-pas ? Alors pourquoi, pourquoi ce ne fût pas le cas de mon neuvième ? Je m'en souviens comme si c'était la veille. Je n'étais pas chez moi, non j'étais partie en pleurs de mon domicile après avoir entendue l'heureuse nouvelle de Père. Il était exactement midi, l'heure du repas et alors que nous allions passer à table, alors que nous allions déguster une tarte aux myrtilles, alors que Portos allait m'offrir un petit cadeau... Mon père a déclaré enthousiaste :

"Béatrice, ma fille. Te souviens-tu de monsieur Debeaumont ?" Oui je me souvenais de cet homme. Il s'agissait d'un ami de Père. Ou du moins d'une connaissance. Monsieur Debeaumont était un riche marchand de la région et c'était sa compagnie qui s'occupait d'acheminer les récoltes du champ de Père jusqu'à la capitale. Père s'arrangeait por toujours l'avoir dans ses bonnes grâces, lui offrant le couvert lorsque ce dernier était de passage et usant de formes de politesse dont je n'avais pas toujours la connaissance. Oui pour faire simple, Père cirait bien les bottes de cet homme. C'était quelque chose que nous savions tous plus ou moins faire dans la famille. Cela permettait d'obtenir la protection des riches et Père s'était assuré à ce que nous soyons tous extrêmement poli avec ce monsieur Debeaumont. Il n'y avait qu'une personne qui surpassait mon père dans l'éloge d'autrui dans la famille, il s'agissait évidemment de mon Portos. Il était capable d'afficher un sourire purement amical et bienveillant alors qu’intérieurement il ne pouvait pas supporter son interlocuteur. Il détestait vraiment ce comporter ainsi, mais il le faisait tout de même, pour la famille. Je me suis longtemps posé la question si lorsqu'il prenait le temps d'être amical avec moi, il le faisait car il m'appréciait ou bien uniquement pour ne pas me blesser. Je n'ai jamais osé lui poser la question. La possibilité qu'il réponde autre chose que ce à quoi je pensais me terrifiait au plus haut point. J'ai donc hoché la tête lentement devant Père pour lui signifier que oui, je me souvenais bien de cet homme. La question était simple alors la réponse en serait de même. Evidemment, la question de Père ne servait qu'à amener la suite de la discussion qu'il souhaitais avoir avec moi, donc je n'étais pas vraiment surprise de le voir continuer. "Eh bien, j'ai une excellente nouvelle à te confier." Le temps se figea alors. Rapidement je voyais déjà venir le coup, je voyais déjà les propos que Père allait employer. Mes muscles se crispèrent, comme si mon corps voulait se préserver d'un quelconque coup physique qu'il allait bientôt recevoir. Le corps possède des mécanismes de défense, et ce que je ressentais présentement au plus profond de moi, cette peur qui ne voulait s'arrêter, cette envie presque maladive que le temps s'arrête à jamais, que Père ne puisse jamais finir sa phrase. Evidemment, cela ne dura qu'une seconde. Je n'avais pas le pouvoir d'arrêter le temps et j'allais devoir subir. Père reprit : "Son fils, que tu as déjà pu rencontrer quelques fois est arrivé à l'âge ou il doit prendre une épouse." D'un coin de l’œil je vis mon frère tirer une sale mine. L'heure était-elle venue ? J'étais encore pourtant si jeune, je pensais qu'il me restait au moins quelques années. Je ne voulais pas partir. Pas encore. "Et vois-tu, j'ai réussi à conclure un mariage avec monsieur Debeaumont. Entre son fils et toi ma fille. Monsieur Debeaumont s'est montré fort généreux en compensation financière vis-à-vis de notre famille. Alors heureuse ?" Je pense que je n'ai pas du réussir à cacher la tête que je lui tirais, alors il continua : "Tu vas pouvoir vivre dans le luxe, ma fille. Les Debeaumont sont une famille immensément riche ! Fini le froid en hiver, fini le dur travail dans le champ." Je me suis mise à pleurer. C'était vraiment misérable de ma part, j'aurais pu essayer de m'énerver, de protester, d'hurler mon désaccord. Mais je ne pus que pleurer. Je ne voulais pas quitter ma famille, je ne voulais pas aller loin de mon frère. Mais je ne pouvais pas protester, pas devant Père. C'était à lui de choisir, moi... Je ne pouvais que pleurer. Et en un sens, cette aide financière aiderait surement ma famille. Je devais être en un sens très égoïste aux yeux de Père et Mère. Le silence assourdissant commençait à se faire malsain dans la pièce. Je commençais à étouffer, Père attendait que je dise quelque chose. Toute la maisonnée s'était tue. Je n'arrivais à rien. Je restais simplement assise sur ma chaise à pleurer bêtement. Cela en devenait étouffant, je n'arrivais plus à tenir. Tout ces regards qui n'attendaient que ma réponse...

Je me suis levée d'un coup, renversant alors ma chaise. Une seconde passa ou je fixai dans les yeux Père. Je ne devais pas laisser passer la surprise générale, je me suis jetée vers la porte d'entrée et j'ai commencé à courir dans le champ en direction de la forêt. Une fois de plus, c'était un comportement idiot, futile. Non seulement il n'arrangerait rien à la situation mais en plus j'allais me prendre certainement de nombreuses beignes par Père. J'entendis les cris de Père derrière moi tandis que j'atteignais le champ. "Toi ! Va la chercher !" J'osai alors me retourner pour lâcher un regard furtif derrière moi. Je vis Portos qui courrait doucement derrière moi. Je pense qu'il ne voulait pas me rattraper, je pense qu'il avait compris mon désarroi. Aussi, il tomba lourdement sur le sol à l'entrée du champ, laissant échapper un simple zut. Il se releva bien évidemment et reprit sa course aussitôt, mais j'avais déjà atteint la forêt. Arrivée dans la dît forêt, je continuai encore quelques précieuses minutes. C'était quelque chose dont j'étais certaine, tant que je serais en mouvement, tant que mes forces s'épuiseront, tant que je continuerais de ressentir le vent frais du nord sur mon visage alors je n'aurais à penser à rien. C'était un sentiment étrangement apaisant de ne plus penser. Simplement courir, encore et encore. Peut-être que si je venais à ne plus m'arrêter alors je ne serais plus jamais malheureuse ? Mais ce ne fût qu'une question de temps. Finalement je tombai à genoux, essayant de reprendre ma respiration lentement. Quelque chose me frappa doucement la tête.

"C'est bon ? Tu as fini de courir ? Ce n'était pas facile pour moi tu sais." Le ton de mon frère ne laissait supposer aucun reproche. Au contraire, il semblait sur le point de rire. Les larmes s’intensifiant alors, je me retournai pour lui sauter dans les bras. "Je veux pas ! Je veux pas partir ! Je veux continuer de faire la course avec toi jusqu'à la rivière, je veux continuer nos recherches de la germe de blé parfaite, je veux continuer d'aller au marché pour faire les achats, je veux continuer de jouer avec toi dans le poulailler à rendre fou Père, je veux que tu continu de m'apprendre tout plein de chose ! S'il te plait, ne me laisse pas..." Il continua de me caresser la tête, comme pour rassurer un animal effrayé. "Béa... On a encore un peu de temps. Viens, rentrons à la maison. Je suis certain que nous allons trouver quelque chose sur le chemin..." Lui aussi pleurait. Je pense que c'est pour cela que je n'ai pas rechignée. Il savait aussi bien que moi qu'il n'y avait aucune échappatoire à cela. Et pourtant il essayait de me rassurer. Il me fît grimper sur son dos et entama une longue marche vers la maison. Il prenait tout son temps, faisant parfois des détours, s'arrêtant disant devoir admirer un arbre quelconque ou encore fixer le ciel. Je pense que lui comme moi, nous essayions de graver à jamais cette dernière promenade que nous faisions ensemble. Dieu... Si tu m'entends, j'aimerais que tu me tires un six. Je t'en pries, juste un seul. Je ne te demanderais plus jamais rien. Mais s'il te plait, si tu pouvais faire quelque chose... Juste un petit truc. Que je puisse rester pour toujours avec mon Portoche... Je t'en serais reconnaissante...

Un bruit assourdissant se alors entendre. Ce fût à ce moment précis que ma vie dérailla. Portos accéléra alors le pas pour voir de quoi il en retournait. Rapidement nous nous retrouvâmes à l'entrée du champ. Grand frère me posa au sol, ébahi par ce qu'il voyait. D'imposants nuages noirs comme du charbon s'élevaient hors de la ville. Le champ était en flammes et de nombreux cris se faisaient entendre depuis le centre-ville. Portos Jura. Que venait-il de se passer ?! Il semblait y avoir encore du mouvement en ville, comme si l'enfer venait de s'abattre sur terre. Une vision d'horreur. Nous devions en savoir plus, nous devions vérifier. Les flammes du champ commençaient à lécher dangereusement notre maisonnée. Nous eûmes la même idée au même moment. Nous nous mîmes à courir avec toutes les tripes que nous avions dans le ventre, contournant le champ pour ne pas terminer brûlés vifs. Tout se déroulait très vite, je n'avais pas le temps de penser à autre chose qu'à la pire éventualité. Mère, Père, et mes autres frères... Allaient-ils biens ? En un temps record, nous sommes arrivés devant notre foyer. Il faisait triste mine à voir et la fumée commençait sincèrement à me piquer les yeux. Je me mise à tousser, l'oxygène ayant du mal à parvenir jusqu'à mes poumons. Portos fonça tête baissée et ouvrît la porte avec fracas, m'ordonnant de rester à l’extérieur. Le temps semblai anormalement long. Depuis combien de temps était-il entré ? Quelques secondes ? Quelques minutes ? Presque une heure ? Je me mise à hurler son nom plusieurs fois. Aucune réponse ne vînt. Ce n'était pas par courage que je me suis alors jetée à l’intérieur. Non, je ne méritais pas cet éloge. La peur de ne plus jamais le revoir me poussa contre mon gré à l'intérieur. Je n'y voyais rien, tout n'était que fumée et chaleur. Les flammes me léchaient les pieds, mais je devais persévérer. Je me remise à hurler son nom. Encore et encore... Jusqu'à ce que la voix m'en manque.
D'un coup quelque chose m'attrapa et me tira hors de la maison. Sur le coup, je me souviens avoir énormément tousser, essayant de recracher tout le gaz que j'avais pu aspirer. Lorsque je revins à peu prêt à moi je vis Portos, sur le dos à côté de moi. Lui aussi semblait en piteux état. Finalement il dît faiblement : "Béa... Nous devons aller voir en ville... Mère s'y trouve peut-être..." Sur le coup je pense qu'intérieurement j'avais déjà compris ce qu'il voulait dire, j'avais su lire entre les lignes. Il n'avait pas parlé de Père ou de nos frères. C'était donc dans cette maison qu'ils avaient donnés leurs derniers souffle. Oui, j'avais compris tout cela. Mais je ne voulais pas l'admettre. Hors de question. Nous nous sommes donc rendus le plus rapidement possible en ville sans un mot. Ni lui, ni moi n'osait parler. Comme si casser le silence apporterait encore plus de malheur qu'il n'y en avait.

C'est ici que je l'ai vu. C'est ici que pour la première fois de mon existence, j'ai eus la preuve que le seigneur existait. Une seule figure se démarquait dans le ciel malgré toute cette fumée. Des cheveux d'un blanc pur, le jeune garçon semblait tout droit descendre des cieux. Levant simplement les mains, il provoquait autour de lui mort et désolation. Je ne pouvais voir clairement son visage, mais je pouvais lui imaginer un pragmatisme hors du commun. Certaines personnes voulurent s'opposer à son courroux divin, mais c'était peine perdue. Il pouvait s'arranger pour ne se donner que des six et laisser tous les un au commun des mortels. Pourquoi faisait-il cela !? La réponse me parût alors évidente... Très simple même. Tellement simple que je n'y avais pas pensé instantanément. Je lui avais demandé de faire quelque chose. Moi Béatrice lui avait demander de faire en sorte que je ne quitte pas mon frère... Je me mise à genoux, en pleine rue et commença à le prier. Lui demandant, non, lui suppliant d'arrêter cette hécatombe. Mais il continua, encore et encore. Sans jamais s'arrêter. Les hommes qui lui faisaient face tombèrent un-à-un... Et finalement je me retrouva toute seule sur la place. Je n'avais aucune idée d'ou était passé Portos. Était-il vivant ? Les flammes, la fumées, les cris, les pleurs, l'agonie... Encore et encore. Cela ne cessait pas ! Cela ne voulait cesser ! Une enfant qui cherchait ses parents ne tarda pas à disparaître de mon champ de vision, perdue sous les décombres d'une bâtisse. Un jeune homme, celui même qui s'occupait de la chasse, parcourra la place en agitant les bras. Il était recouvert par le feu et ces plaintes se mêlaient comme si ne rien était au crépitement incessant des flammes. Le ciel... Ou était passé le ciel ? Y-avait-il même eu un jour un ciel ? Le silence ne venait pas... Portos ne venait pas. Et moi, je continuais d'hurler ma prière, le suppliant d'arrêter ce massacre. Mais rien n'y fît. Je ne me souviens plus vraiment de ce qui se passa ensuite. Quelque chose éclata tout proche de moi et puis ce fût le néant absolu...

Je me réveillais quelques jours plus tard dans un lit. Je ne savais pas ou j'étais. La première chose que j'ai fais, ou du moins la seule chose que je me souviens avoir fait en me réveillant, c'est d'avoir énormément pleuré. Pas particulièrement car sur le coup j'étais triste. Non. J'ai simplement pleuré encore et encore. Comme pour me laver de mes pêchers. Je le faisais dans le plus grand silence, comme par peur que l'on me remarque. Je ne sais combien de temps je suis resté ainsi, à pleurer de manière pitoyable et seule. Finalement, Portos est entré dans la pièce et s'est assis à côté de moi. "Béa... Tu vas bien ?" J'aurais mieux fais de me taire à ce moment présent, mais je ne pus m’empêcher de lui demander. Il fallait que je sache. "Portos... Ou sont Père, Mère et nos frères ?" C'était d'un manque de tact évident, mais j'étais assez jeune à l'époque après tout. Il chercha ses mots soigneusement durant de longues minutes. Et finalement. "Ils se reposent dans la terre... Nous pourrons aller les voir plus tard." Ce jour-ci, j'ai appris ce que c'était de mourir. J'ai appris ce que c'était de vivre avec la peur de la mort. Je lui ais répondu sur le ton de la rigolade, même si je n'y croyais pas vraiment. "C'est vrai que ça a du être éprouvant, hein ? Héhé... J'espère qu'ils ne dormiront pas trop longtemps... Tu penses qu'il se réveilleront bientôt ? On a une tarte à manger après tout..." Il me lança un regard froid et me cogna le crâne plus durement qu'à l'accoutumée. "Ecoute Béa. Arrête de faire l'enfant, ils sont morts. Ils ne reviendront pas c'est fini ! Il ne reste que nous deux..." Il se tût alors et je pus alors remarquer qu'il pleurait. Je n'osais pas répliquer. Finalement, il s'excusa pour ce qu'il venait de dire et sortît de la pièce, me prévenant qu'un docteur allait venir voir comment je me portais. Un homme au teint pâle entra alors et me posa tout un tas de questions plus étranges les une que les autres. Ce que j'avais vu, ce que j'avais fais, comment je prenais le fait d'avoir perdu une grande partie de ma famille. Au bout d'un temps je décidais de le couper pour lui poser une question qui venait de germer dans mon esprit. "Monsieur ? Est-ce qu'un jour je mourrais ?" Le médecin, d'un pragmatisme à toute épreuve me répondit le plus calmement du monde : "Oui. Tout le monde meurt un jour. C'est naturel." C'est à ce moment qu'une peur primaire, une peur véritable et physique naquît en moi. Portos et moi allions aussi quitter ce monde un jour ? Cela semble évident désormais, mon corps n'est pas éternel. Mais à l'époque, je n'avais qu'une vague idée de ce dont il s'agissait.  J'ai donc longtemps parlé avec le médecin sur le sujet. Quand cela arrivait ? Que ressentait-on ? Qu'est ce que mourir signifiait réellement ? Evidemment, je n'obtins que des réponses vagues... Je ne voulais pas mourir. Je ne voulais pas que grand frère périsse non plus. Je ne souhaitais pas ça à ma famille...

Les jours passèrent alors et je me retrouvai avec mon frère, sans domicile, sans famille, avec une toute nouvelle peur au ventre. Ce ne fût que bien plus tard, alors que notre situation commençait à se stabiliser que j'eus enfin la réponse. Il existait un moyen pour que nous soyons éternels, pour que le temps ne vienne pas nous supprimer. Nous pouvions aussi devenir autant immortel que Dieu. Portos me l'avait dit il y a quelques années après tout. Concrètement, c'était quoi un héros si ce n'est un type dont l'histoire se souviendra à jamais ? En un sens, ils étaient devenus éternels, n'est-ce-pas ? Tant qu'ils vivront dans la pensée commune ils seraient toujours présents. Tant qu'il y aurait du monde pour continuer leurs modes de pensée, pour continuer leurs actions, pour simplement se rappeler d'eux... Alors ces héros seraient toujours là. Voilà ce que voulait dire mon frère, tant que quelqu'un pense à nous, alors nous serons toujours vivant, quelque part. Je n'avais qu'à faire de nous des héros ! Sur le papier, l'idée semblait géniale, sans faille. Certainement à cause de mon jeune âge. Quoi qu'il en fût, je pense pouvoir affirmer que le jour ou Dieu posa le pied dans notre monde, me traumatisa à jamais. D'un coup, je me mis à imaginer toutes les possibilités qui pourraient faire de nous des héros, des vrais ! J'excluais tout de suite toutes les actions horribles. Les gens se rappelleraient à jamais de Dieu pour ce qu'il avait fait, même moi je ne pourrais jamais l'oublier. Il avait bien réussi son coup. Cependant, il y avait une énorme différence entre lui et moi. Nous étions tous les deux des tartes, certes. Mais les fruits utilisés dans l'élaboration de la mienne n'étaient pas pourris comparés à la sienne. Je ne veux pas que l'histoire se souvienne de nous comme des monstres. Je m'arrangerais pour que nous puissions laisser une trace bénéfique sur le monde, juste à nous deux ! Il était hors de question que j'attende sagement une récompense de Dieu ! Il était hors de question que je lui redemande de nouveau quelque chose ! C'était à peu près avec ces idées là que le soir, après les petits boulots j'étais allé demander simplement à mon frère la chose suivante : "Portoche. Partons voyager, je ne peux plus vivre ici." Evidemment, ce n'était pas la raison première de cette demande. Ce n'est pas en restant dans un village en reconstruction que nous allions devenir des héros. Je ne toucha pas un mot de mon réel but à mon frère, pour une fois, c'est moi qui allait faire quelque chose pour lui ! Je ferais de nous deux des héros ! Je m'attendais à ce qu'il rechigne, à ce que je doive parlementer avec lui. Mais étrangement il accepta ma demande, signifiant qu'il était d'accord et que nous avions besoin de changer d'air. Demain, dès la première heure, nous utiliserons nos économies pour prendre un navire en direction du sud. Nous passâmes alors la nuit à imaginer les plages chaudes qui seraient bientôt notre, à parler de notre futur, que tout irait mieux, que notre passé resterait ici... Si nous savions à quel point nous avions torts...

Nous avons donc embarqué à bord d'un navire de pêche dès le lendemain matin. Portos avait réussi les négociations et le capitaine nous prenait jusqu'à sa prochaine destination, moyennant un peu de travail de notre part ainsi qu'une compensation financière. Au moment même ou j'avais posé un pied sur le bâtiment, j'ai senti que quelque chose n'allait pas, que quelque chose clochait. Je n'ai jamais été experte en bateau, mais celui-ci ne ressemblait pas du tout à un navire pour la pêche. Peut-être était-ce l'absence d'odeur de poisson ? Ou encore que la bâtiment semblait bien imposant pour être utilisé uniquement à des fins de récolte ? Je pense que ce qui me fît douter le plus, c'est lorsque je vis le capitaine. Un homme bien habillé, arborant une canne ainsi qu'un haut de forme. Portos était sage certes, mais il n'était pas du genre à voir le mal partout. Aussi il ne s’inquiéta pas et me rassura lorsque je lui fis part de mes doutes. Sa simple parole atténua toutes mes craintes. Je pense que de toute manière, s'il m'avait dit qu'en sautant du haut d'un pont il serait là pour me rattraper, j'aurais sauté sans sourciller un instant. Peut-être qu'une part de lui doutait aussi de ce voyage, mais je pense qu'il avait tellement envie de voir un nouveau jour, de laisser le passé loin derrière qu'il ne pouvait pas se permettre de douter. Il voulait croire que tout irait bien, que Dieu lui donnerait au moins un quatre. Mais surtout, bien qu'il ne voulait pas me l'avouer, je savais pertinemment qu'il espérait revoir notre sœur Emilie. Elle se trouvait dans les contrées du sud. Je ne lui en ais pas parlé. Mais j'avais peur que nous la retrouvions, j'avais peur qu'il me laisse finalement... Le navire quitta finalement le port et les marins nous donnèrent a chacun un balais ainsi qu'un seau d'eau pour nettoyer le pont. Il aurait été plus sensé de faire un nettoyage avant de quitter le port, du moins c'est ce que j'en pensais. Mais en un sens, ni Portos ni moi n'avaient de problème avec les tâches manuelles. Nous avions l'habitude de travailler durement pour survivre comme nous le pouvions, alors passer simplement un petit coup de balai. C'était un jeu d'enfant. Ne regardant pas derrière moi, j'ai entamé le travail. J'aurais du me douter à ce moment précis, que Dieu n'en avait pas fini avec moi. Qu'il me rejetais de nouveau un un en pleine face. Je ne compris strictement rien sur instantanéité, je me retrouvais ballonnée, contrainte à ne plus pouvoir bouger. Portos, lui aussi venait de se faire agripper. Pourquoi ? Pourquoi faisaient-ils cela ? Que ce passait-il ? Peu à peu, mes yeux se fermèrent lentement, la fatigue gagnant mon corps. Ce fût dans l'incompréhension la plus totale que je perdis connaissance.



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MessageSujet: Re: Que la purification débute. - Béatrice Portauvent Mar 10 Mai - 17:17



Histoire • On the tracks of my past


A mon réveil, le corps qui était le mien était lourd. J'ouvrais péniblement les yeux malgré un mal de crane que je ne pouvais pas ignorer. Je sentais le sol tanguer doucement, ce qui me fit comprendre que j'étais encore à bord de ce navire. Pourquoi avaient-ils fait ça ? Que ce passait-il à bord ? Je pus discerner des grilles de fer devant moi, il faisait très sombre. Et pourtant certains légers rayon de lumière transperçaient les ténèbres pour venir se heurter à ma prison. Oui, je me trouvais dans une cage. Et je devais sans doute être à l’intérieur du bateau. Je ne savais pas comment ça s'appelait et c'était bien le dernier de mes soucis. N'arrivant pas à me mouvoir, j'essayais de trouver Portos du coin de l’œil. Je passais donc de long en large la pièce avec mon regard le plus perçant. Une fois. Puis une seconde, suivi d'une troisième. La panique montait peu à peu en moi, je ne voyais mon frère nulle part. Peut-être était-il derrière moi ? Je poussais un soupire et je parvins à l'appeler faiblement. Quelqu'un me répondît alors, mais ce n'était pas du tout sa voix. C'était une voix féminine, peut-être un peu plus âgée que moi. Sa voix était toute basse et je pouvais ressentir une certaine frayeur. "Chhuuuut... Sinon ils vont revenir pour nous faire taire..." De qui parlait-elle ? Je me fis violence pour me relever et lui faire face. Nous étions dans une cage comme j'avais pu le comprendre. Cependant, nous étions trois petites filles dans cette prison. Aucune trace de mon frère. Je pris directement la parole. "Un garçon plus grand que moi, aussi blond que moi. Vous l'avez vu !?" Celle qui venait de parler avant moi me coupa avant que je puisse en dire plus. "Tais toi... S'il te plait. Je ne veux pas qu'ils reviennent..." Elle semblait regarder avec insistance les escaliers qui semblaient mener sur le pont avec une peur indescriptible sur le visage. Je lui reposais donc la question, parlant plus posément et à voix basse. "Mon frère, il me ressemble beaucoup. Nous avons embarqué tous les deux à bord de ce navire je pense. Ou est-il ?" Ce fût le seconde fille qui me répondît. Elle était recroquevillée sur elle même et semblait afficher une expression folle. "Ils n'ont pas besoin des garçons... Ils l'ont jeté par dessus bord." Je suis resté ainsi une bonne minute, essayant d'imaginer tous les scénarios possibles. Elle mentait, elle mentait forcément ! Ce n'était pas possible, Portos n'avait pas pu être éloigné de moi aussi bêtement que cela, hein ?... Cela ne pouvait pas être vrai. D'un simple coup, en quelques secondes, Portos avait disparu. Dieu me réservait-il tous les un qu'il tirait ? Que lui avais-je fait ? Je me suis mise à trembler. Nous essayions de prendre un autre chemin, de nous écarter de notre malheur et Dieu prenait un malin plaisir à nous rattraper aussi aisément que cela ? Ce n'était pas juste... Je me suis alors mise à lui hurler dessus. Sur cette pauvre gamine. Elle n'y était pour rien certes, mais c'était elle qui venait de m'apporter la mauvaise nouvelle. Je la traitais de menteuse, de monstre. Je criais encore et encore à son égard tandis qu'elle se blottissait contre l'autre fille, apeurée. J'aurais pu continuer longtemps, jusqu'à l'épuisement physique en fin de compte. Je n'en eus pas le plaisir. Quelque chose m’agrippa par les cheveux et me tira avec violence. Je pris un violent coup sur le crane, puis un second et un troisième. Chaque coup ponctué des cris d'un homme adulte qui hurlait au silence. Cela me fît tout drôle, il me passa finalement un bâillon sur la bouche et rejeta de nouveau dans ma prison avant de refermer la cage d'un grand coup de main. Tout cela était donc vrai. Portos m'avait donc bien été enlevé, je n'avais aucune idée de ce que j'allais devenir. Mais je savais que cela serait déplaisant. Je me suis alors mise en boule pour pleurer toutes les larmes de mon corps. C'était injuste. Pourquoi nous ? N'avions nous déjà pas assez pris dans la face comme cela ? Aucune des deux filles n'osa s'approcher de moi pour me réconforter, restant simplement silencieuses. Nous devions devenir des héros. Nous devions, partir explorer les plages chaudes du sud, nous devions être ensemble à jamais. Et en seulement quelques petites secondes, tous nos espoirs, tous nos rêves venaient d'être réduits à néant. Les jours passèrent et je devins finalement comme les deux autres filles à l’intérieur de ma cellule. Creuse. Je ne parlais pas, je ne bougeais pas, je ne pleurais pas. Parfois, nos gardiens nous jetaient un peu de pain et nous laissaient boire quelques précieuses gouttes d'eau. Il s'agissait là des seules animations dont nous pouvions jouir. Mais nous savions qu'une fois arrivées à destination, ce serait encore bien pire. Je ne voulais pas mourir... Je ne devais pas mourir...

Le navire se mît à tanguer dangereusement. Rapidement des cris suivirent, puis le bruit de métal se frottant à lui même. Il y eût des coups de feu. Des gros trous apparaissent peu à peu dans la coque du navire dans lequel nous étions. J'aurais sans doute crier de peur si je n'avais pas été brisée par par les derniers jours. L'un des hommes qui nous gardait enfermées chuta alors du haut des escalier pour s'écraser devant nous. Mort. Un second homme passa rapidement la tête avant de s'écrier qu'il y avait des prisonniers. Tout se déroula très vite, nous fûmes libérés par ces inconnus qui décimaient peu à peu les ordures qui m'avaient enlevé Portos. J'étais heureuse de voir toute ces morts. C'était bien fait pour eux... Nous embarquâmes à bord d'un second navire, tandis que l'autre coulait lentement. J'appris par la suite que nos sauveurs étaient des corsaires et que justement ils traquaient ces pirates depuis quelques jours. Je ne savais pas vraiment quoi en penser. Tout semblait trop parfait, concrètement qu'elles étaient les probabilités que cela arrive ? Que comme par hasard d'honnêtes gens viennent nous sauver ? Je ne croyais plus au six. Je ne pouvais plus y croire. Et même s'il s'agissait d'un six, pourrais' je vraiment en profiter sans mon frère ? Quand j'y repense maintenant, je me dis que t'es quand même une belle ordure Dieu. Car non, ce jour là tu ne m'avais pas fourni un six, seulement un un supplémentaire venant s'ajouter à ma collection. Mais ça, je ne le découvrirais que lorsque j'aurais mis pied à terre.

Avez vous déjà entendu parler d'un orphelinat ? Il serait aisé de ce dire qu'il s'agit là d'un endroit fantastique ou les pauvres petits enfants sans famille peuvent espérer avoir une vie correcte. Alors imaginez en plus si l'orphelinat devait être privé. Cela voudrait dire qu'un généreux donateur s'était arrangé pour le bâtir et payer les surveillants et autre professeurs qui devaient peupler une partie de l’orphelinat pour prendre en charge les enfants. il y avait des peintures du fondateur de l'orphelinat dans presque chacune des salles. Il semblait être un vieux bonhomme un peu joufflu affichant une mine joyeuse. Quelle personne formidable ! Donner autant d'argent pour permettre à de pauvres enfants de vivre, je dirais même plus ! Quel héros !... L'être humain était une créature formidablement amusante. Elle agissait comme cela : Tout d'abord, elle partait en quête de richesse. De façon à ce que son moment sur terre soit le plus aisé possible. De façon à pouvoir voler tous les six des autres. Cependant, lorsque la créature nommée humain se rapprochait de son terme, elle commençait à vouloir se trouver une bonne conscience. Il serait très fâcheux que les générations futures se souviennent de moi comme un monstre se disait alors la créature qui n'avait eût aucun scrupule à amasser tout cet argent et à le garder pour elle. La créature se mettait alors à penser. Elle n'avait pas envie de perdre son temps et ne voulait aider les autres que par pur égoïsme. Heureusement, elle avait de l'argent. Alors pourquoi ne pas simplement jeter un peu de cet argent en surnombre pour que d'autres fassent le bien à ma place ? Après tout, c'est de moi dont l'histoire se souviendra. Le généreux donateur, pas les pions que je ferais avancer sur mon jeu de l'oie. Ces créatures là sont de belles crevures... Ceux qui ne font rien pour aider les autres et qui essayent juste de s'en sortir avec leurs propres problèmes, on ne peut rien leur reprocher, il est normal d'essayer de s'en sortir avant les autres. Ou du moins, je pouvais le comprendre. Mais ces monstres qui se faisaient passer pour des gens de bien alors qu'il ne s'agissait là que d'horribles menteurs... Qu'ils aillent tous brûler dans les flammes.

Nos sauveurs n'avaient que faire de nous. Alors ils nous déposèrent dans le premier orphelinat que nous rencontrèrent. Si j'avais pu connaitre l'enfer sur terre, l'enfer psychologique m'avait été appris par cet orphelinat. Je pense que Dieu doit être tout de même un sacré comique, pour appeler l'orphelinat la bonne tarte aux pommes... Dès le moment ou j'avais pu lire son nom sur l'écriteau, je me suis mise à rire seule. Je savais que j'allais forcément encore en prendre plein la poire. Mais je me fichais de tout désormais. Il n'y avait plus rien pour moi, nul part. L'orphelinat était religieux. Une église se trouvait en son enceinte et ce fût une sœur qui nous accueillait. Elle était toute gentille avec nous, précisant à l'homme qui nous avait amené ici que nous serions bien logées et nourries. Que dans la maison de Dieu nous aurions une vie convenable. Ce n'est que lorsque l'homme quitta le lieu que l'horrible femme montra son vrai visage. Après tout, les adultes qui travaillaient ici ne le faisaient pas par bonté de cœur. Il s'agissait d'un travail sous-payé. Peut-être qu'au tout début il n'en était pas ainsi, peut-être que les adultes essayaient vraiment d'être accueillants avec les enfants. Mais ces derniers, venant de perdre leurs famille ne pouvaient que voir l'orphelinat comme le pire des endroits. Le comparant à une prison. Les adultes, au fil des années qui s'écoulèrent, finirent par perdre patience. Ils montreraient aux garnements ce qu'était une véritable prison. En un sens, c'était un peu un cercle vicieux.

Nous n'avions pas le droit de parler et passions de longues heures à prier Dieu. Mais moi, je ne voulais pas prier ce type. Pourquoi devrais' je user de mon temps pour ce démon qui m'a tout enlevé ? Je recevais de nombreuses punitions. Toutes plus drôles les unes que les autres. Les adultes de l'orphelinat étaient très imaginatifs concernant leurs punitions. La punition du porcelet saucissonné, la punition de l'ours sans fourrure ou encore celle du hibou sans tête. Oh je ne vois pas l’intérêt de vous expliquer en quoi consistait ces punitions. Sachez juste que ce genre de chose se grave dans votre âme, à son simple mot les réminiscences des peurs passées resurgissent pour vous assaillir l'esprit des douleurs morales et physiques qui autrefois furent les vôtres. J'ai bien vite compris comment ça marchait ici. Faire profil bas, ne pas parler, prier, faire le travail en classe mais surtout, surtout avoir de la chance. Quelque chose qui ne vous aurez pas puni la veille pourrait vous être fatal un autre jour. Les adultes s'arrangeaient pour passer leurs nerfs sur les gosses. Ce qui donnait un résultat des plus malsain. Bien que le silence était imposé, il ne passait pas une seule minute sans que nous entendions les pleurs d'un enfant résonnant quelque part dans l'établissement. Ou encore les bruits de métal résonnant. Oui, les châtiments physiques étaient comme je l'ai dit, monnaie courante ici. Heureusement, lorsque la nuit venait et que nous nous retrouvions dans nos dortoirs, nous pouvions chuchoter à condition d'être extrêmement prudentes. Je partageais mon dortoir avec les deux filles que j'avais pu rencontrer sur le bateau. Aucune de nous n'osa parler de son passé. Nous n'avions donc échangé que nos noms respectifs. Les années passèrent, se répétant encore et encore. Jusqu'à un certain jour ou je repris pied avec la réalité. J'avais désormais quatorze ans.

"Qui c'est ?" L'une de mes deux voisines de lit venait de s'adresser à moi. Il devait être très tard dans la nuit car nous n'entendions plus aucun pleur. Devant moi sur le bureau, se trouvait un dessin. Oui... J'étais en train de dessiner... Le regard creux, je fixais alors mon dessin. Il y avait deux personnes dessus. Deux enfants blonds. Une fille et un garçon. J'avais l'étrange impression de les avoir déjà vu quelque part... Qui étaient-ils ? Je savais qui ils étaient. C'est pour cela que je répondais le plus calmement du monde : "Moi même. Et mon frère." C'est alors que je me stoppai. Portos. Qu'avais' je fais ? Pourquoi je me laissais simplement dépérir ainsi ? Ce n'était pas ce qu'il m'avait apprit pourtant. Non, pourquoi diable étais-je assise ici dans cet horrible endroit, attendant simplement que les années passent ? Étais-je vraiment de ces personnes qui baissaient les bras pour si peu ? Pourquoi n'étais-je pas en train de chercher Portos ? Il était peut-être toujours en vie après tout ? Honnêtement, les chances étaient basses, très basses même. Mais si je ne me relevais pas tout de suite alors en quelque sorte, Dieu gagnerait ce jeu de l'oie. Il fallait que je change de chemin presto ! Pour le moment j'étais enchaînée à ce destin misérable qui était le mien. Mais était-ce Dieu qui m'avait enchaînée ici ? Non, il n'avait fait que déposer les chaines. C'est moi qui me les ais suis prises toute seule et qui peu à peu me suis étouffée sous leurs poids. Je n'avais pas besoin d'attendre un six pour vivre, je n'avais pas besoin d'attendre une quelconque approbation divine. Moi Béatrice Portauvent, devait vivre. J'allais retrouver Portos et j'allais faire de nous deux des héros ! Et peu importait le nombre de un que Dieu s'amuserait à me cracher au visage ! Je changerais simplement de direction pour les éviter, et quand j'arriverais enfin au bout de ce jeu, en ayant emprunté le chemin de mon choix et pas celui d'un autre alors là. Je lui ferais face. Lorsque j'arriverais devant Dieu à la fin de mon existence physique, je lui ferais simplement face et je lui ricanerais au visage. Il était hors de question que je perde. Depuis le début de ma vie, pas une fois l'on ma laissé gagner. Alors cette victoire je l'arracherais avec tout ce que j'ai. Peu importe si je dois y perdre mon sang, peu importe si je dois de nouveau faire face à ce feu incessant, peu importe si d'autres fruits pourris se mettaient sur ma route ! D'un bond je me levai alors et déclara : "Je m'en vais." Ma résolution était complète et rien ne pouvait l'endiguer.

C'est ainsi que nous nous sommes retrouvées toute les trois à nous faufiler hors de notre chambre. Evidemment, elles avaient tout d'abord voulu m’empêcher d'entreprendre cette folle entreprise. En effet, si je disparaissais elles seraient les premières à recevoir les questions incessantes des adultes. Et quand elles diront que j'étais simplement partie, alors les adultes passeraient leurs nerfs sur elles. Je leurs ais fais comprendre que ma décision était prise, qu'il était hors de question que je décède à petit feu dans cet enfer. Je pense que j'ai du réussir à allumer ce feu sacré en elles. C'est principalement pour cela qu'elles m'avaient suivis. Nous savions toutes que si nous nous faisions prendre alors les adultes nous tueraient. Il y avait déjà eût une unique évasion il y a un an. Trois filles tout comme nous qui avaient essayées de s'enfuir. Les adultes ne purent mettre le grappin que sur l'une d'entre elle. Ne pouvant pas attraper les autres, la pauvre petite avait prit tarif. Ils ne rataient pas une occasion  de la pourrir bien comme il fallait. Et un jour, elle est morte. Les adultes nous avaient tous réunis dans la cour et la mère supérieure nous annonça son décès. Elle s'était cachée dans le moulin et s'était prise dans les engrenages. Inutile de vous expliquer ce qu'il se passât ensuite. Cependant, quelque chose clochait. Nous en avions toute l’intime conviction. Ce n'était pas un accident, elle avait été tuée. Pour entrer dans le moulin il n'y avait qu'une unique porte. Et cette porte était constamment fermée par un lourd cadenas. Seuls les adultes y entraient et à de rares occasions. C'était un meurtre, pas un accident. Et si nous nous faisions prendre, alors c'était ce qu'il nous attendait. Cependant, si nous restions ici alors notre mental finirait un jour ou l'autre par lâcher. Mon choix était fait. Entre peut-être et certainement, je préférais tenter le coup. Rapidement nous nous sommes retrouvées dehors. Ce n'était pas bien difficile en un sens. Il ne nous restait plus qu'à courir loin d'ici. Cependant, il fallait qu'un surveillant qui patrouillaient entre les couloirs sorte pour soulager sa vessie. Il resta trois secondes à nous fixer, sur le pas de la porte. Avant qu'il ne puisse ce mettre à crier, avant qu'il ne se décide à nous courir après, nous nous mîmes à partir en courant, chacune dans une direction différente. C'était ce que nous avions convenus si jamais nous nous faisions prendre, ainsi nous espérions qu'au moins l'une de nous puisse s'en sortir. Evidemment, nous espérions toutes que les autres se fassent prendre à notre place. L'homme hurla alors et nous l'entendîmes commencer sa course.

Je courais désormais seule dans les bois depuis quelque seconde. Étais' je suivi ? Je ralentissais l'espace d'une seconde pour regarder derrière moi. Ce fût une grave erreur, je vis une imposante main m'agripper par le cou me soulevant alors du sol. Je n'eus pas le temps d'étouffer, l'homme plaqua violemment mon crane contre le sol de terre et de roche. Quelques gouttes de pluie commençait à chuter alors depuis les cieux. Comme si Dieu essayait de me faire comprendre à quel point il se moquait de moi en ce moment même. L'homme me mît un coup de pied dans l'abdomen. Il recommençait encore et encore tandis que j'étouffais dans la terre boueuse qui se mélangeait avec l'eau de pluie et mon sang. Je devais sans doute m'être ouverte quelque part en chutant contre la roche. Non... Je ne voulais pas mourir. J'avais mal. Très mal... C'est alors que cette peur primaire de crever ainsi pris le dessus sur mon corps. J'ouvrais grand la bouche et la refermait sur la chair de l'homme. Je ne sais pas vraiment ce que j'ai pu lui mordre dans la confusion, mais cette peur me fît serrer les dents comme jamais. Finalement, son hurlement perça la nuit et il me lâcha. Je me relevais instantanément en couru. Comme jamais. Si il m'attrapait, il me tuerait... De longues heures passèrent et je m'écroula dans une flaque d'eau avant de recracher quelque chose que j'avais en bouche depuis bien trop longtemps. Quand je vis de quoi il s'agissait, j'eus un haut-le-cœur. J'avais arraché le petit doigt de l'homme et l'avait transporté ainsi sans m'en rendre compte durant plusieurs heures. Ma robe était en piteuse état, mes pieds nus saignaient à force de marche dans la forêt. Comment m'étais' je retrouvée ainsi ? Je roulais pour me poser sur le dos, à bout de force. Je fixais le ciel avant de simplement parler calmement. "Qu'est ce que je t'ai fais pour mériter ça ? J'aimerais bien savoir..." Aucune réponse ne vint. "Pourquoi tu t'acharne sur moi ? Je suis toujours allée à l'église le Dimanche, j'ai presque toujours été respectueuse de ma famille." Toujours aucune réponse. Je me mise alors à hurler. "Bah alors, tu me réponds pas !? L'ordure qui ma tant pourrie ne vient même pas en personne pour m'achever ?! Qu'est ce que j'ai fais pour mériter ça, merde ! Ce n'est pas comme-ci c'était non plus pour équilibrer une quelconque chance ! Oui j'étais heureuse quand j'étais gosse, mais je ne croulais pas non plus sous les six ! Alors réponds moi ! Réponds moi saleté ! T'sais quoi ? J'en ais ma claque ! Vas-y, tues moi ! Allez j'attends ! Oses me foudroyer ! Bah qu'est-ce qui a ? Tu peux pas ? C'est trop dur pour môssieur !? Te fous pas d'ma gueule ! T'as pas le droit après tout c'que tu m'as fait !" Le ciel gronda alors. "Oui, moi aussi je sais grogner ! T'es vraiment une vermine en fait... A part t'acharner sur une pauvre gamine, tu sers à quoi ? Des gens te prient tous les jours pour quoi au final ? Pour que tu continues de t'amuser avec des dés ? T'sais quoi ? foudroies moi et j'avouerais publiquement que t'es gagnant une fois arrivée devant toi... J'en peux plus..." Je vis alors tout blanc et durant quelques instants je ne ressentis plus rien.

Je revins rapidement à moi. Une odeur de brûlée assaillant mes narines. Lorsque j'ouvris les yeux, je vis de petites particules de flammes voler non loin de moi. Un arbre, pas très loin de moi était fendu en deux et semblait avoir prit feu. Je me mise à rire comme une démente. La situation était franchement comique. Finalement un large sourire apparût sur mon visage. "Bah alors ? On sait pas viser ?" Je sentais de nouvelles forces qui naquirent en moi. Il avait eut sa toute dernière chance, désormais c'était à moi de frapper. Je me relevais et essuyai le sang qui perlait mon front. J'étais prête de nouveau à en découdre. "Pas de chance pour toi mon grand, t'es trop mauvais. Et devine quoi ? J'ai décidé que j'allais arrêter de te fuir. T'as intérêt à bien t'accrocher à ton paquet de dés, car je vais pas seulement m'arranger pour prendre le chemin de mon choix. Portos avait la moitié de la réponse. Je vais te prendre tous tes dés, et je m'arrangerais pour avoir tous les six ! Et viendra un jour ou nous nous croiserons, et ce jour là je te ferais manger tes dents !"

Je secouai alors la tête et me remise en marche tandis qu'une nouvelle force me portait. Moi, je n'étais pas du genre à laisser les gens gagner. Et il allait vite s'en rendre compte.

Je pense que ça n'a pas du vraiment lui plaire. Car les personnes de l'orphelinat retrouvèrent bien vite ma trace. Je ne sais plus vraiment combien de temps j'ai du encore courir. Mais finalement, je me suis retrouvée coincée dans un vieux bateau échoué sur la plage. Ils arrivaient de tous les côtés. J'allais être prise quoi qu'il arrive. Je cherchais dans le bateau de quoi me défendre. Si je voulais quelque chose, j'irais le prendre moi même. Même s'il s'agit de ma liberté. Malheureusement pour moi, le navire était vide. Je ne trouvai qu'une pauvre bouteille de rhum vide et deux trois morceaux de bois solides. Je pouvais faire quelque chose de cette bouteille. Je sortais de ma poche le dessin que j'avais fais plus tôt. Utilisant mon index, j'écrivis avec le sang qui coulait de la plaie sur mon front : [Au secours]. Je manquais de temps pour expliquer ma situation. J'ai donc simplement mis le dessin-message dans la bouteille et l'ai jetée à la mer. J'ai ensuite attrapé un morceau de bois et ai attendu sagement mes opposants. Ce fût un non match des plus total, à peine ais'je pu lever mon bâton, qu'il m'avaient déjà attraper. Ils ne me firent aucun mal sur le chemin, au non... Ils ne pouvaient prendre le risque que quelqu'un ne les aperçoivent. Mais ils jubilaient. Ils attendaient le moment ou nous serions rentrés à l'orphelinat avec impatience. J’espérais que les deux autres auraient pus au moins s'en sortir. Tout ne serait pas perdu. Ce n'est que lorsque je posa le pied à l’intérieur que je compris que ce n'était pas le cas. Les cris, les pleurs, les bruits de métal étaient revenus. Étrangement, je n'avais pas peur. Bien que je pris salement cher, bien que les violences physiques et morales s'étaient largement accentuées, je gardais la tête haute. Si je devais mourir, alors je me battrai jusqu'au bout. Les jours passèrent, et voyant que malgré les tortures ils n'arriveraient pas à m'enlever mon sourire je fus conduite jusqu'au moulin. Je sus alors que c'était la fin. Ils me firent entrer et commencèrent à me battre. Encore et encore. Normalement, cela aurait du continuer jusqu'à ce que mon corps physique ne cesse de bouger. Mais ce ne fût pas le cas. Les adultes tombèrent comme des mouches sur le sol. Dans une étrange mare de sang.

Dans l'encadrement de la porte, se trouvait mon sauveur. Lui. J'hurlai instantanément son nom en me relevant difficilement avant de me jeter dans ses bras. Il arborait un grand sourire, tenant dans une main le dessin que j'avais jeté à la mer et dans l'autre un morceau de ferraille. Il me serra contre lui. "Béa, sauras-tu me pardonner pour cet horrible contre-temps ?" Mon frère était en vie, en un sens cela semblait totalement fou. Peut-être que si je ne m'étais pas battue ainsi, il ne m'aurait jamais retrouvé. Pleurant à chaudes larmes je le remerciai sans interruption. "Écoutes, on a pas trop l'temps d'causer ici. Je te prends avec moi." Il me souleva. Il avait bien grandi durant ses années. Voilà un fantastique six que je m'étais accordé. Je remarquai alors qu'il portait autour du cou un pendentif. Je le reconnus au premier coup d’œil. Il s'agissait de celui d'Emilie, il l'avait donc retrouvé durant toutes ces années. Je lui posais donc la question. "Pourquoi es-tu venu pour moi ?" Voyant que je fixai l'amulette il passa sa main sur ma tête et répondit : "Je n'allais pas te laisser derrière voyons ! Et puis, ne le répète pas. Mais je pense que tu es plus importante, un petit plus à mes yeux. Après tout, tu a toujours tout fait pour que nous restions ensembles, nan ? Je pouvais tout simplement pas te tourner l'dos !" Et nous nous sommes échappés de cet enfer. Aussi simplement que cela. Je l'avais perdu simplement et je l'avais retrouvé aussi simplement.

Je me réveillais alors dans la chambre de l'auberge de la cité des cloches. Oui, tous ces moments étaient passés depuis bien longtemps. Deux ans à peu près. Les premières lueurs du soleil transperçaient déjà la fenêtre pour venir se heurter à mes yeux. Toutes mes nuits étaient ainsi. Je ressassais sans cesse les images passée qui s'était ancrée en moi. Je secouais la tête et remis mon armure. J'avais fort à faire, un rendez vous avec messire Frollo. Je n'avais jamais pu le rencontrer en personne mais il semblait être un fervent défenseur de la loi et nous avions conclu par le biais de lettres que je l'aiderais à résoudre un problème qui semblait le mettre bien mal à l'aise. Je m'étais présenté sous le nom de Portos Portauvent et j'avais précisé que j'étais de ces hommes en quête de gloire et de justice. Evidemment, nous nous sommes tout de suite entendu. Quand il a sût que j'étais d'accord avec lui concernant tout ces malfrats qui ne méritaient pas de jouir d'une telle liberté dans ses rues, il s'est montré tout de suite plus ouvert avec moi et m'a demandé mon aide. Nous avions donc convenu une rencontre pour discuter des faits entre le début et la fin de semaine. Je devais le retrouver à la grande cathédrale entre dix heure et douze heure ou bien dix-huit heure et vingt heure. Je vérifia que j'avais bien tout sur moi et me rendis donc au point de rendez-vous. Je pus le reconnaître dès mon arrivé, c'était un homme d'âge mûr bien habillé. "Monsieur Portauvent, je ne vous imaginais pas si jeune." Son ton montrait un homme sûr de lui, comme j'avais pu le deviner via nos échanges de courrier. "Ne vous en faites pas messire Frollo. Mon âge ne nuira que nullement pour l'accomplissement de votre requête. Alors dîtes moi. Quel est donc ce tourment qui vous tracasse tant ?" Frollo me prit alors à part et m'expliqua en détail les soucis qui étaient les siens. "Dernièrement, je me suis fais volé un bijou d'une grande préciosité. Je ne désire pas parler de la façon dont le vol s'est commis. Je sais qu'il s'agit des bohémiens !" Nous continuâmes de discuter ainsi quelque temps et je suis finalement parti à l'endroit qu'il m'indiqua. Il s'agissait d'un vieux bâtiment qui n'était plus utilisé depuis de nombreuses années. Je suis donc entré calmement à l’intérieur.

L'inspection du bâtiment se déroula sans encombre et j'entendis finalement des voix. Je m'en rapprochai donc calmement en déclarant : "La récréation est terminée pour vous. Vous allez passer par la case prison et cela sans passer par la case départ." Devant mes yeux se dévoilaient une dizaine de jeunes enfants et adolescents. Ils étaient tous habillés pauvrement et leur couleur de peau n'était pas la même que celle des habitants habituels de la cité. Il s'agissait donc de Bohémien dont messire Frollo m'avait parlé. De la racaille qui se sentait au dessus des lois. Derrière eux se trouvait quelques draps ainsi qu'un bric-à-brac plutôt conséquent. Du vol organisé donc... Les jeunes gens eurent tout d'abord un sursaut lorsqu'ils m'entendirent, mais voyant que j'était seule ils me firent face. Un jeune garçon de mon âge qui semblait être le chef de la bande s’approcha tout prêt et déclara d'un air confiant. "Et pourquoi ça ? T'es seul bonhomme, je vois pas pourquoi t'aurais la moindre chance." Je lui rétorquai calmement : "Je ne suis pas là pour discuter. Je vous ramène avec moi, peu importe la façon." Le jeune homme s'approcha encore plus prêt, me défiant du regard. "Je crois pas, non." Puis il me tourna le dos pour déclarer à son assemblée. "Mes amis, j-" Il n'eût pas le temps de poursuivre sa déclaration. Je l'avais prévenu et il avait décidé de confronté nos déterminations. Je l'avais empoigné par les cheveux pour simplement lui trancher la gorge devant ses camarades. Il eût un soubresaut et je le lâchai sur le sol comme un simple sac de blé. Les enfants qui riaient doucement lorsqu'il s’adressait à moi s'étaient désormais tuent. Aucun d'entre eux n'osa bouger ou même parler, niant la possibilité que ce qu'ils venaient de voir était vrai. Certains commencèrent à trembler, voir même à pleurer. "Bien. Suivez moi et avouez vos pêchers devant la justice. Dans le cas contraire, je vous purifierais tout comme cet homme." Evidemment, les enfants aveuglés par la colère décidèrent de prendre les armes. Des morceaux de bois, des couteaux, des barres de métal. Peu d'entre eux eurent trop peur pour venir se frotter à moi. Pas particulièrement car j'avais le profil d'un chevalier expert de la lame, au contraire je ne la maniais pas encore si bien que cela. Non, ils savaient que si ils venaient avec l'intention de me tuer, il en était de même pour moi vis-à-vis d'eux. Sauf que moi, je n'hésiterais pas une seule seconde comme ils avaient pu le voir. Je me mise alors en position, écu en avant, glaive en pointe, prête à purifier une autre partie de ce monde. Cependant, j'avais totalement oublié un facteur important.

("Eh bien Béa ? Encore à martyriser de pauvres gens ?") Cette voix... Cette voix que seule moi pouvait entendre. Celle de l'engeance démoniaque qui avait élu domicile dans mon cœur. Je me mise à hurler, évidemment les enfants ne comprirent rien à mon soudain accès de colère et se dirent que j'étais sans doute dérangée. "La ferme ! Pourquoi tu n'irais pas crever dans un coin pour voir !?" Je l'entendis alors rire. ("Voyons, pourquoi tant de méchanceté envers ton frère adoré ? Surtout que je ne suis là que pour t'aider.") Une fois de plus ce monstre sans forme se prenait pour mon frère, une fois de plus il essayait de faire baisser ma garde pour prendre le contrôle. C'était tout ce qu'il souhaitait après tout. "J'ai pas besoin de ton aide ! Si tu ne veux pas crever alors fais toi petit !" il renchérit d'un ton moins amusé. ("Bien. Voyons comment tu te débrouilles sans ton bras gauche. Bonne chance.") Instantanément, je perdis l'usage de mon bras gauche. Il se laissa tomber mollement. Il s'amusait à faire cela souvent, et plus le temps passait, plus il y arrivait bien. Je n’eus pas le temps d'y penser encore bien longtemps, en effet je vis un imposant morceau de bois me foncer en pleine tête. N'ayant pas le temps d'esquiver ou de parer, je pris le choc de plein fouet et je tombai en arrière. Ce coup fût décisif pour le reste de ce combat. Les jeunes m'entourèrent et me frappèrent de toute leurs forces. Tel un chien dont l'on voudrait se débarrassé, je me faisais lyncher par ce groupe de voleurs. Je me fichais de leurs motivation, seule la mienne m'importait... Je devais faire de Portos un héros. Je n'avais pas le droit de mourir ici. J'eus alors très peur quand je vis tout le sang que je commençais à perdre. Et cette peur, ce monstre se donnait un malin plaisir à s'en nourrir.

Comment en étais' je arrivée ici ? A quel moment avais' je fait fausse route ? Nous nous échappions de l'orphelinat, les corps des adultes venaient d'être découvert et une châsse à l'homme s'était lancée. Portos courait à vive allure, me portant dans ses bras. Nous pouvions entendre au loin les cris fous des autres adultes, ainsi que les bruits de leurs lourds pas. Mon frère venait de tuer pour me sauver. Ce n'était pas une fatalité en soit, je comprenais désormais que le monde était fait de telle sorte à ce qu'il n'y ait pas assez de place pour tous les avis. Si certains voulaient survivre, alors il fallait se débarrasser d'autres. Pour mon frère, j'aurais pu débarrasser la planète entière de ses habitants, j'aurais pu lui offrir ma vie. Nous sommes arrivés jusqu'à une petite embarcation sur la plage, une petite barque simplement posée sur le sable. Il me déposa sur le sol et en seulement quelques secondes, nous nous retrouvions sur le petit bateau. Nous fuyions cet enfer. Mon frère avait était d'un professionnalisme sans bavure. Il était venu, m'avait récupéré, et nous avait sorti de cet endroit en seulement quelques minutes. Les adultes restaient sur la plage, tempêstant contre nous. Nous avions gagnés. Mais les adultes étaient de mauvais joueurs. De sales tricheurs. D'un coup, Portos me plaqua au sol de l'embarcation. Il se figea quelques instant, et une goutte de sang sortit de sa bouche. Elle tomba sur mon front. "P-Portos ?" Il s'écroula finalement sur moi, à bout de force. Son dos était recouvert de flèches, tout comme notre barque. Les adultes avaient tentés le tout pour le tout. Voyant qu'ils ne nous rattraperaient jamais, ils ont essayé de nous éliminer de loin. Heureusement, il respirait encore ! C'était faible, mais il était en vie ! "Tiens bon Portos ! On va te soigner ! Je vais ramer aussi vite que possible jusqu'à la prochaine rive ! On verra un médecin ! S'il te plait, ne meurs pas ! T'as pas le droit de mourir ! Je te l'interdis !" Il leva faiblement sa main pour me caresser la tête et tenta d'afficher un sourire. "Mais, je n'en doute pas..."

J'ai ramé comme jamais. Je sentais mes bras brûler, mais je continuais de ramer, encore et encore. Souffrant en silence. Ce n'était rien comparé à ce que je ressentirais si Portos me quittait. Nous venions juste de nous retrouver, il était impossible que ce soit de si courte durée, non ? J'aurais du réussir. La berge n'était plus qu'à quelques dizaines de mètre. J'aurais du le sauver ! Mais c'est alors que j'ai rencontré pour la première fois de mon existence ces erreurs de la nature qui portaient le nom de sans-cœur. Ils semblaient sortir de l'océan et grimpèrent sur le navire. S'approchant de mon frère. Je n'avais aucune idée de ce qu'il s'agissait, aussi je commençais à agiter l'une des rames dans leurs direction. "Allez vous en ! Qui que vous soyez, partez !" Tout se déroula rapidement, les créatures affluèrent en sur-nombre. Je ne vis plus rien et le navire chavira.

Il faisait désormais nuit et je me retrouvais sur une plage. J'avais mal, mon corps était tout ankylosé. Mais la chose la plus perturbante était que je ne me reconnaissais plus. Je semblais avoir prit quelques centimètres, mes traits s'étaient durcis et mes cheveux étaient devenus entièrement blancs. Ce n'est que quelques heures plus tard que je commençai à entendre la voix de mon frère dans ma tête. Je crus tout d'abord être devenu folle, peut-être était-ce le cas après tout ?

Je ne compris que bien plus tard ce qui s'était passé. Je continuais de chercher mon frère et ce fût un érudit qui m'annonça la triste nouvelle. Il m'expliqua que notre monde n'était qu'une petite partie d'un grand tout, qu'il existait des tas d'autres mondes. Et que ce que j'avais vu ce jour là, se nommait sans-cœur. Des créatures des ténèbres venus pour détruire les mondes. Il m'annonça clairement que mon frère était mort, que les voix que j'entendais étaient celles de son sang-cœur. Que ces monstres l'avaient changé en l'un des leurs. La raison pour laquelle il était enfermé en moi et non libre, et que donc il n'avait pas pu me tuer, était sans doute du au fait que durant ses derniers instants mon frère avait du trouver quelque chose pour me protéger. Malheureusement, je ne sus jamais de quoi il en retournait. Il était mort pour moi... C'était fini. Pourquoi étais-je en vie ? Pourquoi moi et pas lui ? Non, il ne devait pas mourir comme ça ! Non ! C'était moi qui était morte, pas lui. C'était la seule explication que je voulais entendre. C'est alors que j'ai commencé à m'habiller comme un homme, à me présenter sous le nom de Portos. Mon frère deviendra un héros et tout le monde se rappellera de lui, il accédera ainsi à l'immortalité. Les années passèrent en j'en suis arrivée là ou j'en suis aujourd'hui. Découvrant peu à peu que la pourriture n'existait pas qu'en Pyadurac, que des erreurs de la nature comme des sans-cœurs, des similis, des anges, des démons, ou encore tout un tas d'horreurs qui ne demandaient qu'à être purifier existaient. Je n'ai pas encore trouver de moyen de me déplacer librement et le sans-cœur faisait apparaître un portail des ténèbres sous mes pieds quand ça lui chantait. J'avais sans-doute encore beaucoup à apprendre sur les différents mondes. Les princesses semblaient avoir droit à une attention toute particulière par exemple. D'autres parlaient d'énormes clefs capables de pourfendre les ténèbres. En dans tout ce beau monde, je devais faire une place pour mon frère. Une place de choix ou chacun pourrait entendre son nom. Je n'étais qu'une simple humaine, incapable de pratiquer une quelconque forme de magie. Tout ce que j'avais pour moi était ma détermination. Sans-cœurs, brigands, similis ou même encore divinités, je les coucherais tous devant moi pour placer mon frère au sommet. Je serais la lame qui purifiera ces mondes, je serais le bouclier qui repoussera le mal. Je serais un héros. Moi Portos Portauvent.

Mes motivations me revenant en tête, je repris le contrôle de mon corps. Mais il était déjà trop tard. Je me trouvais dans un champ de neige, recouverte de sang. Je me relevais péniblement. Ce fût une défaite. Encore une défaite. Le sans-cœur m'avait envoyé je ne sais ou... Il voulait prendre le contrôle de mon corps, mais si je venais à mourir il en serait de même pour lui. Mais cela ne me gênait pas. J'avais déjà tellement subi d'échec, j'avais déjà suffisamment pris de coups pour que je puisse outre-passer la frustration de perdre. Je n'avais qu'à redoubler d'efforts. Et si cela ne suffisait pas, alors je triplerais mes efforts ! Et je continuerais tant que cela restera nécessaire ! Même les plus grand ne pouvaient rien contre ma motivation ! Je me suis donc remis en route, à la recherche d'autres démons à purifier. Car je pouvais être certaine qu'il avait prit le temps de prendre leurs cœurs avant de m'envoyer ici...


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MessageSujet: Re: Que la purification débute. - Béatrice Portauvent Jeu 12 Mai - 0:20



Félicitations Béatrice !
Alors là je sais pas quoi dire à part CHAPEAU ! Malgré sa longueur digne d'une nouvelle tu as su me captiver tout au long de l'histoire alors que pourtant tu pars limite dans des explications sociales sur qu'est ce qu'un héros ou encore la religion. Tu arrives même à faire des références métas aux forum lui même avec la fameuse case 57. Même si les discussions du début entre Portos et Béa ont l'air anodine tu arrives à nous les rendre attachant avec leur discussions ! J'adore les explications de Portos d'ailleurs ^^ La Béa a vraiment pas de chance n’empêche mais a mon avis elle devrait éviter les bateaux surtout XD Bref trêve de bavardage je te valide avec grand plaisir ! Ta fiche est vraiment FABULOUS !

Bravo à toi ! Tu as réussis a terminé ta fiche avec brio et tu es maintenant validé ! Ton aventure va enfin pouvoir commencer ! Mais avant ça nous avons quelques indications à te donner. N’oublie pas de créer ta fiche de lien ici au cas où des personnes souhaiteraient se lier à ton personnage ! Surtout n'oublie pas de créer ta fiche d'activité RP, c'est obligatoire et très important, sans ça tu pourrais être supprimé si tu ne la met pas à jour ! C'est ici que ça se passe ! Tu peux, si tu le souhaite, demander un rang spécial à cet endroit-là. Histoire que tu sois unique tu vois ! Et puis enfin si tu veux des partenaires pour tes RP rien de mieux que de venir le faire ici. Si tu as la moindre question ou la moindre hésitation demande à un des admins, ne t’en fait pas on ne mord pas, du moins pas souvent ~ Puis si le cœur t’en dis viens te défouler dans le flood qui se trouve juste . Encore bravo pour ta validation et amuse-toi bien sur Kingdom Hearts Reload !

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Que la purification débute. - Béatrice Portauvent

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