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« Allons-y, Black. Vengeons-nous. » – Shion H. Kurogane

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MessageSujet: « Allons-y, Black. Vengeons-nous. » – Shion H. Kurogane Lun 2 Mai - 10:43


Shion H. Kurogane ➹

Some Informations ➹

Nom & Prénom : Kurogane Shion Haneki
Âge : 15 ans
Lieu de naissance : Pyadurac
Groupe : Citoyen des Ténèbres
Arme :
« Black » :
Shion peut invoquer une épée et une sorte de combinaison défensive noire et rouge faites tous deux de ténèbres à partir de son anneau. Les deux possédants quelques capacités : l’épée peut changer de taille en fonction des ténèbres qu’il lui envoie, tandis que la combinaison peut employer certains sceaux (bouclier, force, chaînes, rebondissement, tirs qui peuvent être combinés à des poids, portails, …) jusqu’à sept fois leur puissance. Cependant, ces deux invocations sont limitées, si elles prennent trop de coups, elles s’épuiseront et disparaîtront d’elles-mêmes. L’autre faiblesse est son cœur trop lumineux pour supporter la surutilisation de ces armes (quinze minutes maximum). Black a une autre forme, sa principale, également faite de ténèbres. Il ressemble à une sorte de petite créature noire avec deux antennes qui flotte à côté de Shion. Cette créature est en mesure de parler. Il fusionne souvent avec la combinaison pour faciliter l’utilisation des sorts. Sous sa forme principale, il peut également en utiliser certains, mais à faible puissance.
Pouvoir :
Détecteur de Mensonges :
Shion, après sa fuite de Pyadurac avec quelques livres de magie, a appris celle lui permettant de détecter les mensonges. Une magie très simple, mais toujours effective. Si quelqu’un lui parle, il sait aussitôt si celui-ci ne lui dit pas la vérité, sans pour autant la connaître.
Race : Humain



Character • Inside of me ➹

« Je viens en aide aux faibles qui sont maltraités par les forts. » Cette phrase décrit le principe simple pour lequel Shion se bat. Pour lui, les faibles sont les gens se faisant manipuler facilement, tandis que les forts sont les personnes qui se croient tout permis sur les faibles. Et ça, très clairement, il ne le supporte pas. Mais genre, pas du tout. Pourquoi les faibles doivent obéir aux forts, constamment se soumettre à eux ? Enfin, ce n’est pas comme si le sort des faibles lui importe vraiment… au fond, ça lui est bien égal, même… c’est juste qu’il ne veut pas que les autres subissent ce que lui a subi. Aussi bête que ça. Cependant, qu’a-t-il pu subir pour vouloir agir de cette manière ? C’est un grand mystère, il ne vous racontera jamais. Il ne parle jamais de lui, et encore moins de son passé. Très peu de personnes le connaissent, excepté sa famille et moi, Black.

Et ce banal principe dicte tous les faits, gestes, pensées et décisions de Shion. Ce n’est pas faute d’avoir essayé de lui faire oublier, abandonner ça et d’aller de l’avant. En vain. Il est obstiné, il s’y accroche, comme s’il allait couler s’il laissait tomber. Tous ses choix se basent sur ce principe. Et lorsqu’il fait face à une situation que son principe ne peut résoudre, il est complètement perdu. C’est à moi, son conseiller, de venir le soutenir alors que je me suis juré de ne pas influencer ses décisions. Pourtant, Shion me considère comme son seul partenaire. Plus qu’une machine de combat, plus qu’un partenaire, un véritable ami. Et pour lui, mes choix sont également les siens. Je suis le seul en qui il a pleinement confiance.

Je fais un étrange ami, n’est-ce pas ? Shion me traite parfois de lapin noir bionique. Enfin, si je suis bien le seul, c’est parce qu’il est extrêmement renfermé sur lui-même. Vous ne lui parlez pas, il ne vous parle pas. Vous lui parlez, il vous ignore. Il hait les gens… ou même l’humanité toute entière. Il se sent très bien tout seul, et n’accepte que moi à ses côtés. À ce niveau, ce n’est plus de l’asociabilité, mais bien de la misanthropie. Si ce n’est pire quelques fois. À l’occasion, s’il est forcé de répondre, ce n’est pas un ton aimable auquel vous aurez affaire… il parle froidement, et n’hésite pas à dire franchement ce qu’il pense. Pour la simple et bonne raison aussi qu’il déteste les mensonges. Lorsqu’on lui ment, il le détecte immédiatement, et il vous le fait savoir direct. Ça en est devenu une de ses phrases fétiches : « Tu mens vraiment très mal. » ou encore « Quel menteur ennuyeux. »

Par conséquent, en ce qui le concerne, il dit toujours la vérité. Pour ma part, je me suis interdit de lui mentir, par respect et parce que c’est inutile. Même s’il garde un calme faisant face à n’importe quelle épreuve, et notamment face à n’importe quel mensonge, il n’en reste pas moins très rancunier. Il ne pardonne pas qu’on lui mente. Pour lui, c’est bien plus qu’un tort personnel. Ça lui prouve qu’il ne peut pas avoir confiance en cet individu. De plus, si cette personne persiste à lui mentir, il perd réellement son calme et succombe facilement à la colère, au point d’en devenir très violent. Instantanément, en moins d’une seconde, il revêtirait la combinaison et le découperait en deux avec l’épée si je ne l’arrêtais pas. Il compte beaucoup sur moi, dans ces moments-là. Il n’aime pas trop laisser la colère l’envahir, pensant que ça lui nuirait plus qu’autre chose.

Toutefois, ce n’est qu’une partie de sa personnalité, celle qu’il montre au grand jour. En réalité, si on étudiait Shion d’un peu plus près, on découvrirait vite qu’il est incroyablement faible, aussi bien mentalement que physiquement. Il aurait déjà sombré complètement dans les Ténèbres si je n’étais pas là pour me nourrir de celles habitant dans son cœur. Plus puissant que son principe, il est animé par un esprit de vengeance impitoyable. En quoi consiste sa vengeance ? Il veut tuer sa famille qui s’est servie de lui durant son enfance. Et il sait parfaitement qu’avec son faible corps actuel, il n’y parviendra jamais. Alors il persévère dans le but de devenir plus fort, beaucoup plus fort, notamment avec l’aide de ma seconde forme. Mais ça ne lui suffit pas, comme il le dit lui-même. Il doit s’améliorer par ses propres moyens. J’essaye de le retenir un peu car son corps ne tiendra pas le choc… sauf qu’il n’en fait qu’à sa tête.

Donc contrairement à ce qu’on voit de lui aux premiers abords, il est conscient de sa faiblesse contre laquelle il ne peut pas lutter. Malgré tout, il a appris à se débrouiller tout seul. Il s’avère suffisamment mature pour peser le pour et le contre dans une situation qui n’est pas à son avantage. Même si son orgueil ne l’empêche pas de prendre parfois des décisions irréfléchies, de mon point de vue… dans lesquelles, je me sens parfois obligé d’intervenir sinon il y perdrait la vie. Sincèrement, il garde un bon fond, pouvant aller jusqu’à mettre sa propre vie en jeu si des « faibles » sont en danger sous ses yeux. Ceux-ci passent en premier car son principe le lui ordonne, et ce principe est inébranlable.


Behind the Screen ➹

Hello, hello ! ~ Eh oui, c’est encore moi qui reviens pour un quatrième compte… oui, j’ai rattrapé Sly, je le sais. Quoi, vous ne m’avez pas reconnu alors que ça fait deux mois que je parle de ce perso’ sur la cb ? C’est moi, Hiro / Lunastre / Joshua, houhou '^'

C’est la première fois que je fais quatre comptes sur un Forum, mais je trouve que les quatre valent le coup d’exister. Je ne suis pas très doué pour jouer des méchants, comme on a pu le remarquer avec mes trois précédents… et même Shion n’est pas méchant à proprement parler. Si je devais donner un pourcentage Lumière / Ténèbres dans son cœur, il serait 60% Lumineux et 40% Ténébreux. Il est chez les Citoyens des Ténèbres parce que… mort à sa famille, voilà °^° Bon, je ne vais pas mentir non plus. J’ai reçu de l’aide de la part de Sly pour écrire l’histoire de Shion, et je l’en remercie beaucoup ! Si vous trouvez une touche ne semblant pas m’appartenir, vous savez pourquoi désormais ! x) Et puis bon, je ne peux plus reculer maintenant car Shion a déjà un lien « prédéfini » avec la TC de Yami, et il est destiné – déjà – à rejoindre la Team Maléfique (je sens qu’on va tous s’entendre très bien…)

Bref, c’est bien beau tout ça ! Mais on va abréger tout ça en disant cette phrase devenue presque habituelle… J’ai rererelu et réréréaccepté le règlement ~ x)

PS : J’ai un petit souci technique appelé « la longueur dépasse la limite autorisée »… du coup, j’ai dû mettre l’histoire dans un post à la suite de celui-ci. Si ça cause un quelconque problème pour le Staff, prévenez-moi ><'


Informations à remplir ➹

▬ Yūma Kuga ♫ World Trigger = Shion H. Kurogane ♣ Citoyen des Ténèbres {PRIS}
A-Lice | Never-Utopia
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MessageSujet: Re: « Allons-y, Black. Vengeons-nous. » – Shion H. Kurogane Lun 2 Mai - 10:45


Shion H. Kurogane ➹


Story • On the tracks of my past ➹
Pyadurac est un monde pourri jusqu’à la moelle. Il ne doit son existence qu’à ses habitants et à ses rituels. Et encore, ses habitants… je ne suis pas sûr qu’ils soient utiles. Pas plus utiles que les habitants des autres mondes, de toute façon. Tous ces êtres, moi y compris, qui se battent pour la Lumière ou les Ténèbres… quelle importance ? L’humanité souille les mondes. Tôt ou tard, ils termineront tous comme Pyadurac. Où que j’aille, c’est toujours la même chose. Des mensonges. Comment mon cœur fait-il pour ne pas sombrer entièrement dans les Ténèbres après toutes les horreurs vues et vécues ?

Le cœur est quelque chose de très mystérieux. Personne n’est en réelle mesure de comprendre.

Black. La petite créature qui me sert de partenaire depuis maintenant trois ans sort de l’anneau noir sans prévenir, comme à son habitude, en répondant à mes pensées internes. Cet espèce de lapin bionique – alors qu’il est composé uniquement de ténèbres – peut lire mes pensées car il est relié directement à mon cœur. Il se nourrit des ténèbres de mon cœur, à l’inverse de l’épée et la combinaison. Ça crée une certaine balance. D’après ce qu’il m’a raconté, il a été créé par un ancien dirigeant du royaume de Pyadurac, dans le but d’absorber les Ténèbres de ce monde. Mais cet homme a échoué. Black absorbe seulement celles de la personne qui porte l’anneau, et en petite quantité. Il n’a cependant aucune mauvaise intention, et j’étais donc le plus adapté à l’utiliser. Il est mon conseiller numéro un, il ne me ment jamais. Il est mon unique compagnon de voyage en lequel j’ai totalement confiance.

Conseiller, mais je suis contre prendre les décisions à ta place. Après tout, je ne suis qu’une extension ténébreuse de ton cœur. Je ne veux pas influencer tes choix.

Parfois, j’ai l’impression que Black se contredit un peu, malgré que je sache qu’il ne ment pas. Même en étant mon camarade, il reste une créature autonome et agit de temps à autres par lui-même pour me venir en aide. D’ailleurs, je suis certain que s’il n’était pas à mes côtés, je serais peut-être déjà mort à l’heure qu’il est ou toujours incroyablement faible. Black m’a expliqué également que la seconde forme qu’il possède n’a été créée qu’après. L’ancien dirigeant, réalisant que sa création ne le mènerait à rien, a ajouté une fonction permettant de matérialiser une combinaison et une épée faites de ténèbres. L’objectif de cette seconde forme ? Pourfendre les ténèbres par les ténèbres. Mais ce n’est pas vraiment ce qui m’a choqué le plus. Ce dirigeant se fichait complètement de ce que pensait Black ! Il lui a imposé cette forme, avec laquelle il peut fusionner, alors que contrairement à lui, elle plonge le cœur encore plus dans les Ténèbres ! Et en plus, Black devait lui obéir, un point c’est tout ! Je ne peux pas lui pardonner !

Calme-toi Shion. À quoi ça peut t’amener de le haïr ? Il est déjà décédé depuis des années. Concentre-toi sur ton futur et non sur mon passé.

Mais… mais… Black-euh ! Je serre les poings et me mords la lèvre inférieure, énervé. Je ne comprends pas comment tu peux ignorer tout ça aussi facilement… tu es mon partenaire… moi, je t’ai promis de ne jamais te donner d’ordres, et je te laisse agir comme tu veux. Je ne ferai pas la même chose que cet ancien dirigeant ! D’ailleurs Black… Je me tourne vers la créature ténébreuse, comme si j’allais lui parler, sauf que je me contente de poursuivre mentalement. Je me rends compte… que je connais toute ton histoire, ou en grande partie puisque tu as dormi dans l’anneau pas mal de temps… pourtant, tu ne sais rien de la mienne… alors que ça fait trois ans que nous sommes partenaires… il serait tant que je t’en parle également, tu ne crois pas… ? Pas que ça m’enchante vraiment, hein ! Juste par respect pour notre amitié ! Mon camarade reste silencieux un instant, avant de pivoter dans ma direction à son tour et répondre calmement :

À vrai dire, je la connais dans les grandes lignes puisque je peux lire tes pensées. Mais je préférais attendre que tu m’en parles toi-même avant de le mentionner.

Oh, sokka ! J’adresse un léger sourire à Black. C’est vrai, j’oublie souvent que tu as accès à mes pensées. Ça me rassure que tu n’aies pas tenu rigueur de mon passé pour devenir mon ami. Très bien ! Je vais te raconter toute l’histoire, dans ce cas… Assis sur le rebord du toit d’une maison quelconque, un paysage urbain s’entendant devant moi à perte de vue, je passe mes bras derrière ma tête et prends une profonde inspiration. Black se rapproche de moi, pour écouter avec attention. Alors, je prends la parole. Par où commencer ? Eh bien, par le début, je présume. Je suis né dans la famille royale Kurogane, dirigeante depuis des siècles sur Pyadurac. Ce que tu sais déjà, bien évidemment. J’étais le plus chouchouté à cause de ma plus grande fragilité. Mon grand frère et ma grande sœur étaient jaloux. J’avais toute l’attention de nos parents et ça les énervait vraiment beaucoup.

Laisse-moi deviner, ils ont essayé de te faire un nombre incalculable de crasses.

Pas exactement, mais tu y es presque. Ils cherchaient plutôt à me faire porter le chapeau pour toutes leurs bêtises. Sauf que Père et Mère n’ont jamais été dupes. Ils ne sont jamais tombés dans le panneau. Ils savaient que j’étais incapable de faire ça, aussi bien à cause de mes aptitudes physiques trop faibles qu’à cause de mon tempérament de bon samaritain. En grandissant, ça ne s’est pas arrangé. Mes parents ont commencé à me reprocher ma faiblesse naturelle. J’ai donc tenté d’y remédier en travaillant très dur. J’ai lu tous les livres qui me tombaient sous la main, en vain. Si mon cerveau retenait, mon corps, lui, était incapable de suivre les rituels appris… J’étais vraiment un cas désespéré. Mère ne cessait de se demander comment une demi-portion comme moi avait pu naître. Motivés par l’idée de me rendre plus fort, ils ont préparé un rituel pour moi, en secret. Pas un simple rituel… mais bien un rituel interdit, le genre très dangereux pour être réalisé. Ça ne les a pas arrêtés pour autant. Ils étaient déterminés à me le faire passer. Bien sûr, j’étais le seul à ne pas être dans la confidence…

Il est bien plus risqué que tu ne le crois. Il a été inventé par mon créateur également. Tu aurais pu y perdre la vie. Mine de rien, tu étais très résistant. Plus qu’eux, même.

Vraiment ? Je dois admettre que j’ai beaucoup de mal à le croire… il a eu des idées absurdes, ton créateur, n’empêche… quoi qu’il en soit… depuis quelques temps, des jeunes enfants étaient déclarés portés disparus dans la capitale. Tous les jours, je me rendais dans les rues pour aider les familles à les retrouver sans me douter une seconde qu’ils se trouvaient au palais royal… et un soir, la nuit de mes huit ans, Mère est venue me chercher. Elle m’a simplement demandé de la suivre et je lui ai bêtement obéi, comme tout gamin inconscient. Je n’aurais pas dû, mais il est trop tard maintenant. Faire marche-arrière est impossible. Je dois vivre avec ce crime pour le restant de mes jours… enfin, je vais expliquer dans l’ordre des choses. Tout en me tenant la main, Mère m’a guidé jusqu’à une salle. Je connaissais plutôt bien le palais royal, et je savais que cette immense pièce était rarement utilisée. Parfois, elle servait de bureau ou de salle de réunion. Mais le plus souvent, il n’y avait personne à l’intérieur et il y faisait souvent froid comme on ne la réchauffait pas. En arrivant devant la grande porte, j’ai perçu du bruit derrière. C’était des cris d’enfants… Il ne m’a pas fallu plus longtemps pour comprendre… et mon corps tout entier s’est mis à trembler, sans que je puisse l’en empêcher… la peur s’est emparée de moi… et j’ai cherché à fuir.

Les enfants étaient fermés dans cette pièce depuis le début ? Mais tu aurais dû les entendre, dans ce cas, non ?

Je secoue négativement la tête avant de répondre. Non. À vrai dire, je ne passais jamais devant cette salle. Et puis, au cas où, mes parents avaient certainement été précautionneux. Avec l’aide d’un rituel, ils avaient sûrement installé une barrière ou quelque chose qui bloque les sons pouvant être entendus de l’extérieur. Enfin voilà… je me suis fait complètement avoir ! Je m’en veux tellement ! J’ai tenté de m’échapper, j’ai essayé de dégager ma main, mais Mère a resserré son étreinte, me retenant sans peine. Elle ne m’a pas jeté un regard, alors que je me débattais avec mes deux mains, lui donnant même des coups de poing. Je m’essoufflais plus qu’autre chose. Je savais que toute tentative de m’évader était vaine. De sa main libre, Mère a toqué à la porte. Un grand bruit a retenti dans la pièce, attirant mon attention et me paralysant totalement. Mon cœur battait la chamade, de terreur, bien évidemment. Je ne voulais pas entrer, je ne voulais pas voir ce qu’il se passait. Les hurlements des enfants ont immédiatement cessé après l’étrange bruit. Puis la porte s’est ouverte lentement dans un grincement strident. Sans attendre, Mère est entrée, me traînant à sa suite. La porte s’est fermée toute seule dans mon dos tandis que je découvrais la scène s’étendant devant moi. Un gémissement de frayeur m’a échappé. Quinze enfants de mon âge se trouvaient là, allongés sur le sol, tous inconscients, pieds et poings liés…

Eh bien, voyons le bon côté des choses… Tu les as retrouvés, et ils étaient en vie… Malheureusement, le pire reste à venir, n’est-ce pas ?

Ah, ah… ce que tu peux être drôle parfois, Black… ! Toujours assis sur le bord du toit, je balance mes jambes dans le vide, revisualisant la scène mentalement. Mon partenaire flotte à côté de moi, restant silencieux et attendant que je poursuive calmement. Je soupire, fermant les yeux quelques secondes. Je les rouvre pour observer le ciel nocturne parcouru d’étoiles. Les enfants formaient un cercle. Sous eux, un symbole étrange était dessiné à la craie blanche. Et pour seul éclairage, des bougies étaient posées à distance égale sur le symbole, entre chaque corps évanoui. Père, Grand Frère et Grande Sœur se tenaient debout derrière cette scène ignoble. Les rideaux avaient été tirés. La pénombre régnait majoritairement dans la pièce. Mère m’a poussé au centre du cercle. Malgré la panique qui saisissait mon cœur, j’ai accouru vers les enfants et je les ai secoués pour les réveiller. Rien à faire… aucun d’entre eux n’ouvrait les yeux… Je me suis tourné vers ma famille au complet, des larmes coulant sur mes joues. Je leur ai crié de les relâcher, cependant, seuls des sourires narquois se sont dessinés sur leurs lèvres. J’ai eu l’impression que mon cœur avait raté un battement lorsque Mère a levé son bras et prononcé un seul mot : « Chaînes. » Avant que je n’aie le temps de comprendre ce qui arrivait, des chaînes sont apparues des quatre coins de la salle, s’enroulant férocement autour de mes poignets et chevilles. La peur s’est alors encore plus emparée de moi. J’ai tenté de me débattre, mais rien à faire… Je ne pouvais plus bouger. Les chaînes étaient tendues à l’extrême, entravant chacun de mes gestes. C’était glacé sur ma peau. Un froid mordant dont je n’avais clairement pas l’habitude… la majorité des objets du palais royal étaient en bois de chêne. Le pire était que plus j’essayais de me libérer par moi-même en tirant dessus, plus je me fatiguais… alors forcément, j’ai fini par perdre l’équilibre et… aïe ! J’ai senti une douleur semblable à celle d’un étirement trop violent envahir mes épaules. Incapable de les remuer, je crois bien qu’elles s’engourdissaient de plus en plus… Mes sanglots ont redoublé d’intensité. J’ai supplié mes parents de me laisser partir, de me laisser tranquille, mais mes paroles ne les atteignaient pas… À travers ma vision floue, j’ai vu que Grand Frère et Grande Sœur rigolaient tout bas. Père s’est avancé, un vieux livre ouvert à la main, et s’est arrêté juste devant le cercle.

Un vieux livre ? Il doit s’agir du livre des rituels interdits que mon créateur a écrit et scellé pour qu’il ne tombe pas entre de mauvaises mains.

Alors, il a échoué dans sa mission puisque ma famille a réussi à mettre la main dessus… Je baisse les yeux pour regarder mon partenaire qui ne me répond pas, et comme son expression reste inchangée, je ne peux dire à quoi il pensait à ce moment-là. J’esquisse un léger sourire avant de reprendre. Les chaînes bloquaient chacun de mes mouvements. Quoi que je fasse, je ne parvenais pas à m’en défaire. J’ai bien tenté de me remettre sur pied. Je n’y suis pas parvenu. Je ne sentais plus mes épaules. À croire que la connexion au cerveau avait été rompue… En plus, les rituels n’étaient guère de mon côté depuis que je suis tout petit. Par conséquent, je ne possédais aucun moyen de me défendre. Et Père m’ignorait royalement. Il a commencé à lire à voix haute des mots dans une langue ancienne. Peu de temps après les premières phrases, les quinze enfants évanouis ont pris une teinte lumineuse. Puis un lien de lumière jaunâtre, leur énergie vitale, s’est matérialisé au-dessus de chaque corps, tous se réunissant en un point : moi. J’ai cru entendre certains pousser un gémissement de douleur. Malheureusement, je n’ai pas pu m’attarder sur ce détail. Très vite, je me suis senti mal. Mon corps tout entier s’est crispé sous les douleurs qui me tiraillaient de part en part. Je me mordais la lèvre inférieure. Si fort que je me suis ouvert la lèvre et que du sang s’est mis à couler le long de ma bouche. J’avais la sensation que plus le temps passait, plus mon corps me brûlait. Comme si on m’approchait lentement d’un four atteignant les 1000°… et qu’on finissait par me fourrer à l’intérieur. Tout mon organisme se modifiait de l’intérieur avec un mélange des différentes cellules appartenant aux quinze enfants… Tiens, tu sais, Black, à ce moment-là, je crois que j’avais vraiment l’impression que mon corps était en train de fondre de l’intérieur. Je me demande si ce n’est pas réellement ce qui s’est produit. Enfin… J’avais affreusement mal. Je peinais à respirer. La chaleur semblait obstruer ma trachée. J’ai cru que j’allais mourir par les flammes dévorant tout mon être. Pas besoin de préciser que je restais difficilement conscient, hein… ? Tomber inconscient… Je refusais d’offrir ce plaisir à ma famille à laquelle j’ai lancé un regard meurtrier.

C’est le principe de ce rituel : échanger quinze vies humaines contre un corps et une magie renforcés. Un rituel inventé et interdit par mon créateur. Je suis désolé pour les enfants…

C’est à mon tour de ne rien répondre à Black. À vrai dire, mon pouvoir a détecté un mensonge dans ses derniers mots. Mais je ne peux pas le lui reprocher… étant une extension ténébreuse de mon cœur, c’est comme si une partie de moi se fiche réellement de la vie de ces enfants… Je laisse retomber mes bras sur mes genoux et serre les poings, puis je poursuis. Finalement, une grande lumière devenant terriblement sombre m’a enveloppé. Peut-être était-ce les flammes qui s’échappaient de mon corps pour me consumer. Des flammes devenant ténébreuses. Cependant, à travers l’obscurité brûlante, du coin de l’œil, j’ai vu mes cheveux blanchir instantanément. Je n’ai remarqué que plus tard que mes yeux rouges s’étaient un peu éclaircis également. Sûrement provoqué par le mélange des quinze corps… Alors que je pensais que tout ça était enfin terminé… une dernière douleur plus intense… plus insupportable que toutes les précédentes a transpercé mon corps. On aurait dit que des milliers et des milliers d’aiguilles d’acier me perforaient la peau, les os et les muscles, m’arrachant un hurlement déchirant que je contenais difficilement. Cette fois, c’était sûr. Je ne pouvais plus respirer… J’avais le souffle coupé… L’air n’atteignait plus mes poumons. Ma gorge s’asséchait très vite. Le pire était que j’avais perdu face à ma famille… suite à ça, la douleur insoutenable m’a fait perdre conscience peu à peu… mais juste avant que je sombre, j’ai entendu Père prononcer une phrase : « Le rituel a réussi. » C’était donc bel et bien un rituel, que je me suis dit. À mon réveil, je me trouvais sur mon lit. Une douce lumière baignait dans ma chambre. Et une personne se tenait là, assise sur une chaise, en train de lire un livre : Mère. Mes souvenirs me sont revenus aussitôt en mémoire, et j’ai sauté hors du lit, loin de cette femme. Enfin bon, je ne suis pas allé très loin. Je me suis effondré à peine ai-je touché le sol. Des douleurs se sont réveillées un peu partout dans mon corps. Impossible de me relever. Aucune force. Mère a fermé son roman, un sourire amusé aux lèvres, et s’est levée pour s’approcher de moi. Je lui ai ordonné de ne pas venir… du moins, j’aurais voulu. Aucun son n’est sorti de ma bouche. Ma gorge me brûlait encore. Mère m’a complètement ignoré. Elle s’est arrêtée juste devant moi et a posé sa main sur ma joue, me regardant droit dans les yeux. Elle a déclaré qu’à partir de maintenant, j’étais capable d’apprendre n’importe quel rituel, mon potentiel magique était devenu plus important que celui de toute ma famille réunie. Mère a tendu sa main libre sur le côté, murmuré quelques mots, et des livres de magie sont apparus. Elle me les a ensuite donnés, puis elle a quitté ma chambre en fermant la porte à double-tour. Ainsi donc, je ne pouvais pas sortir tant que je n’avais pas appris tous ces rituels. Combien de temps s’était-il écoulé pendant mon sommeil… ? Qu’était-il arrivé aux quinze enfants… ? Je n’en savais rien… Tout ce que je sais, c’était que je me sentais affreusement mal, et que j’avais l’impression d’entendre des cris dans ma tête.

Des cris ? Probablement ceux des enfants, mais ce n’est qu’une illusion temporaire, je pense. Et tu as vraiment obéi à ta mère ? Tu n’as pas essayé de t’échapper par la fenêtre, par exemple ?

Va savoir. Je n’ai pas entendu ces voix très longtemps effectivement. Mais ça ressemblait bien à des cris d’enfants. Et bien sûr que j’ai essayé. Malheureusement, les fenêtres étaient incassables. Certainement protégées par un rituel. Je me suis demandé ce que mes parents avaient encore derrière la tête. Rien que repenser aux évènements du rituel interdit, une colère noire me prenait. Je voulais les tuer. Tu vois Black, mon envie de les assassiner ne date pas d’hier… Je ne peux pas leur pardonner d’avoir sacrifié autant de personnes juste pour moi… C’est à cet instant que j’ai pris ma décision. Pour y parvenir, j’ai accepté d’apprendre les rituels se trouvant dans les livres donnés par Mère. Je suis resté enfermé dans ma chambre pendant une semaine entière. Des serviteurs m’apportaient à manger de temps à autres. Sauf que je n’avais pas particulièrement faim. À vrai dire, les voix me coupaient souvent l’appétit, ou me donnaient d’intenses maux de tête. Et surtout, je ne pouvais plus supporter d’être dans le noir. Je gardais toujours une lumière allumée, la nuit. Pendant une semaine, je me suis complètement coupé du monde, et ça m’était bien égal. Seule mon envie d’abattre ma famille me gardait éveillé. J’ai rempli de nombreux rituels, gagnant de cette manière diverses magies plus ou moins puissantes, voire incroyablement destructrices. Tout ça non sans mal. Je ne comptais pas me laisser manipuler une fois de plus par mes parents, plus jamais je ne me ferai avoir. Je me vengerai. Je vengerai les quinze enfants. Je me le suis juré. Les fenêtres, aussi résistantes soient-elles, avec le pouvoir du feu de dragon, je les ai littéralement faites exploser en morceaux. Et j’ai sauté dans le vide. Je n’avais pas peur. Pourquoi devrais-je avoir peur de ça après ce que j’avais subi ? J’ai usé du pouvoir du vent pour ralentir ma chute et, passant devant une fenêtre du palais royal, j’ai croisé le regard de Mère. J’ai senti comme un pincement au cœur. La seconde d’après, j’ai perdu tout contrôle de mon corps.

Tu veux dire que ta mère a utilisé un sort de manipulation sur toi ? Mais que tu étais encore conscient ?

J’acquiesce légèrement de la tête, ne quittant pas l’horizon du regard. C’est bien ça, oui. Elle dirigeait mon corps, mais je pouvais encore penser par moi-même. Ça sonnait comme un avertissement… et le début d’un nouveau calvaire pour moi. N’ayant plus aucun contrôle sur moi-même, je me suis contenté d’observer ce que je faisais, en somme : retourner au palais royal. Mère s’est pointée devant moi en applaudissant, toujours avec ce bon sourire malsain aux lèvres. Je me souviens parfaitement de ce qu’elle m’a dit, à ce moment-là… « Tu sais que des régions ont décidé de se rebeller contre nous ? À partir d’aujourd’hui, c’est toi qui les calmeras. » Des mots simples que même un idiot comme moi pouvait comprendre… désormais, mon rôle d’enfant était terminé… j’étais devenu l’arme de guerre de la famille royale, de ma famille… et tandis qu’en moi, une haine plus grande encore se formait, une larme a coulé sur ma joue, devant Mère. J’ai eu honte de dévoiler mes sentiments aussi facilement. Et bien évidemment, celle-ci s’en est aperçue. Elle a éclaté de rire. Impossible de m’échapper, j’étais la marionnette de Mère, elle gérait chacun de mes mouvements. Il ne me restait que le droit de penser et de voir. Peut-être pour mieux assister au massacre… ? Cependant, une faiblesse persistait à son pouvoir de manipulation. Je devais rester dans son périmètre d’action pour qu’elle garde le contrôle. Si seulement je pouvais m’en extraire juste une seconde… mais c’est beau de rêver, hein Black ? Mère n’est pas du genre à faire une telle erreur.

Attends, attends. Il y avait des révolutionnaires au sein de Pyadurac ? Alors la prédiction de mon créateur s’est avérée vraie. Ce monde va sombrer complètement dans les Ténèbres.

Ton créateur avait fait une prédiction de ce genre ? Personnellement, je m’en doutais déjà depuis un petit moment. Le cœur des habitants s’obscurcissait de plus en plus. Et mes actions n’ont rien arrangé. Âgé d’à peine huit ans, Mère m’a envoyé à la guerre dans certaines régions au nord et à l’est du pays. Des énormes groupes de révolutionnaires s’étaient formés là-bas. Je l’ai toujours su, et leurs existences m’étaient complètement égales. Au contraire, avant, j’étais même prêt à les rejoindre pour renverser ma famille. Malheureusement, je me suis retrouvé à me dresser contre eux. Un premier mois s’est écoulé, aussi bien pour nous rendre dans le nord, que pour observer leurs faits et gestes. Mère m’obligeait à rester à ses côtés à chaque instant. Je n’avais pas une once de liberté. Enfin… quelques fois, elle m’envoyait seul en mission de reconnaissance. Mes cheveux anormalement blancs par rapport à mon jeune âge attiraient facilement l’attention. Mais le pire était sûrement parce que je pleurais, et les gens devaient se demander pourquoi. Dire que par ma faute, ces personnes allaient bientôt mourir… que je n’allais pas pouvoir empêcher ça… je ne voulais pas assister à ça… Moi, je souhaitais aider mon peuple… pas le détruire… Qu’a-t-elle contre moi ? Qu’ai-je fait à ma famille pour qu’ils me fassent subir ça… ? Excellente question. Qui restera sans réponse, très certainement. À l’époque, j’étais persuadé que j’allais mourir en étant contrôlé par Mère… mort pitoyable… et le matin que je redoutais tant a fini par arriver. Je me suis levé et me suis rendu dehors. Utilisant le pouvoir du vent, je me suis envolé pour surplomber la ville dans laquelle nous logions. Et là… déclenchant divers pouvoirs aux capacités vraiment variées… création de gaz, provocation d’explosions, pouvoir du feu de dragon, ect… en moins de temps qu’il me faut pour le dire, la ville a été réduite à feu et à sang. Une odeur de brûlé flottait dans l’air. Elle m’emplissait les poumons. C’était désagréable. Mais comparé à la chaleur du rituel interdit, ce n’était pas grand-chose. Des épaisses fumées noires s’échappaient aussi ça et là, bouchant parfois mon champ de vision. Quelques personnes cherchaient à éteindre le feu. Des cris de terreur me parvenaient. Des gens fuyaient dans tous les sens. Et au milieu de tout ça… certains ont choisi de riposter.

Je suppose que c’était les révolutionnaires, n’est-ce pas ? N’empêche que ce que ta mère a fait est vraiment immoral. Les Ténèbres avaient certainement envahi totalement son cœur. Impossible qu’une parcelle de Lumière persiste à ce niveau.

Dire que j’ai hérité de ce cœur souillé… qui sait si je ne vais pas finir par sombrer complètement tôt ou tard, moi aussi ? Les révolutionnaires m’attaquaient à plusieurs, de front ou de diversion. Je les ai d’abord laissés me toucher… ou plutôt, Mère les a laissés me toucher volontairement. Enfin, ce ne sont pas des petites attaques comme les leurs qui allaient entailler ma défense. J’ai appris une magie qui crée des barrières invisibles. Cherchait-elle à leur faire croire que je n’étais pas aussi invincible que je le prétendais ? Mais au bout d’un moment, j’ai fini par commencer à les éviter sans mal et à contrattaquer. Et moi… le moi intérieur… observait le spectacle, en silence et impuissant. Je ne le supportais pas… Mon cœur me faisait mal, terriblement mal… Je sentais leur haine à mon égard. Je n’en pouvais plus de regarder. J’ai tenté de fermer les yeux pour échapper à tout ça, en vain. Alors, je me suis mis à pleurer tout en regardant depuis les cieux. Le désespoir et la colère se lisaient sur le visage de mes adversaires. Je leur criais mentalement que ce n’était pas moi, que je ne leur voulais aucun mal. Ils ne pouvaient pas m’entendre… Et avec une autre magie parmi tant d’autres, j’ai fait apparaître une multitude d’épées dans le ciel qui se sont abattues sur les révolutionnaires, ainsi que sur les habitants. Les larmes coulaient de plus en plus sur mes joues. Pourquoi ne remarquaient-ils rien ? Pourquoi n’abandonnaient-ils pas ? Ils auraient mieux fait de se mettre à l’abri. Ne pouvais-je donc rien faire pour m’arrêter moi-même ? C’est au milieu de tout ça que je les ai vues pour la première fois : des créatures noires aux yeux jaunes. Je ne savais pas du tout ce que c’était. Elles guettaient les gens, et dès qu’elles en trouvaient un, elles lui sautaient dessus pour lui arracher quelque chose de scintillant. Juste après que ce « morceau d’étoile » leur soit retiré, les personnes s’effondraient et ne se relevaient pas. Ni maintenant, ni jamais… Au bout de quelques heures à peine, il n’y avait plus âme qui vive dans la ville. Seules des fumées acres volaient encore dans l’air. L’odeur du sang et des cendres régnaient sur les lieux. Et des corps sans vie jonchaient le sol par centaine… un spectacle désolant causé de mes mains… j’ai baissé les yeux vers celles-ci, et j’ai cru voir l’espace d’une seconde qu’elles étaient recouvertes de sang. Mes yeux ont cligné et l’illusion a disparu… cependant, j’étais sûr que cette hallucination avait un sens : désormais, j’avais le sang de mes victimes sur les mains…

Et, de ce que j’ai lu dans tes pensées une fois, ces massacres… cette guerre a duré trois ans. Il ne me semble pas que le rituel de manipulation dure autant de temps, alors comment ça se fait ?

Observant l’horizon alors que le soleil commence à pointer le bout de son nez, je desserre peu à peu mes poings, me calmant doucement. Silencieusement, je remercie mon partenaire d’avoir abrégé mon histoire. Je n’ai pas particulièrement envie de raconter ces trois années durant lesquelles j’ai gagné le surnom « Le Démon Blanc ». Mais, je reconnais que cette question concernant la magie de manipulation de Mère se pose. Et je décide d’y répondre. Sincèrement. Comme tu l’as dit, le rituel ne fait pas effet durant trois ans. Sa limite d’utilisation est d’un an. J’ai donc eu deux chances de m’échapper. Néanmoins, je n’ai pas choisi la solution de m’évader. Peut-être car à ce moment-là, je n’avais nulle part où aller après les monstruosités que j’avais commises. Et puis, pour me faire pardonner de ces horreurs, et ne plus jamais en commettre, le meilleur moyen auquel j’ai songé était celui de me suicider. Donc, le jour où j’ai récupéré le contrôle sur mon corps – c’était le jour de mes neuf ans –, je me suis rendu discrètement dans la cuisine. Les cuisiniers n’étaient pas encore là. J’ai chapardé un couteau dans un tiroir, puis je suis retourné me cacher dans ma chambre. J’ai verrouillé la porte à double-tour pour éviter que quelqu’un entre. Je me suis assis sur le lit, tenant le couteau à deux mains face à l’emplacement de mon cœur. Je me suis surpris à trembler. J’ai resserré mon étreinte sur le manche, mais rien à faire, mes mains continuaient à trembloter. Ma détermination s’était envolée. J’étais terrifié à l’idée de mourir comme ça. Des dizaines de questions se bousculaient dans mon esprit. Et si ma mort ne changeait rien ? Et si la guerre se poursuivait après ? Non, Mère n’aurait rien tenté sans moi. J’en étais presque certain. À quatre-vingt-dix pourcents. Et ces dix pourcents restants m’empêchaient d’agir… Ce fut alors qu’une explosion retentit derrière ma porte qui s’écroula sur le sol. J’ai sursauté brusquement. Mes mains se sont légèrement décalées avant de se planter dans mon ventre. Je me suis effondré sur le lit, tandis que du sang s’écoulait lentement de ma plaie causée par la surprise. J’avais mal… je devais me soigner… mais mon cerveau s’embrumait peu à peu… je ne parvenais plus à réfléchir convenablement… mes yeux se fermaient… j’ai toutefois vu Grand Frère et Grande Sœur courir vers moi avant que tout devienne noir…

Étant donné que tu es là avec moi, aujourd’hui, c’est que tu as été sauvé in-extremis, n’est-ce pas ? Ton frère et ta sœur ? Ta mère ?

C’est Grand Frère et Grande Sœur qui se sont chargés de me guérir. Mère était trop occupée avec le rituel, elle ne serait pas arrivée à temps. Ils m’ont sauvé la vie, mais je ne sais pas pour quelle raison. Par pitié ? Parce qu’ils tenaient à moi malgré tout ? J’en doutais. Quand je me suis réveillé sur mon lit, il n’y avait plus aucune trace de sang, ni même de la blessure sur mon ventre. Grand Frère et Grande Sœur n’étaient plus là non plus. Et le couteau avait également disparu. J’ai laissé échapper un soupir. J’étais à la fois heureux d’être en vie et déprimé de l’être. J’ai regardé dehors sans bouger de mon lit. Je sentais un regard pesant sur moi, comme si quelque chose me surveillait à chaque seconde. Néanmoins, ce n’était pas une sensation d’origine naturelle, plutôt magique justement. J’avais été placé sous étroite surveillance jusqu’à ce que Mère achève le rituel pour reprendre le contrôle sur mon corps. Pas besoin d’être un génie pour deviner ça. C’était flagrant comme raison. Ainsi, j’ai échoué ma tentative de suicide. Et malheureusement pour moi, je n’ai pas eu de seconde chance. Ma famille avait tout prévu pour empêcher ça, l’année suivante. Tu comprends mieux, Black ? J’ai essayé, j’ai manqué de courage, j’ai échoué lamentablement sans avoir l’occasion de pouvoir recommencer. J’étais faible. Affreusement faible mentalement. Même pas capable d’agir correctement quand il le faut. À cause de mon erreur, la guerre a continué et je suis devenu un meurtrier contre mon gré. Avec le temps, j’ai même cessé de pleurer en regardant les massacres que je commettais. Certes, je restais dégoûté du spectacle… mais j’avais fait en sorte de barricader mon cœur pour ne plus ressentir ces sentiments de douleur. De cette façon, j’ai pu accepter plus facilement mon rôle d’assassin. Plus ou moins. Dire que j’étais complètement insensible à ce qui arrivait à mon peuple serait faux.

Même maintenant, tu ne peux pas dire que tu ne ressens rien quand tu te bats, je le sais aussi bien que toi. Tu hésites toujours au dernier moment.

Évidemment ! Si mes parents voulaient faire de moi un assassin parfait, alors ils s’y sont très mal pris ! Ça me répugne toujours autant de tuer. Mais c’est comme ça partout désormais. Tuer ou être tué. Alors je survivrai. Pour les quinze enfants sacrifiés. Pour les habitants de Pyadurac. Et pour me venger de ma famille. Je tiendrai bon. Tu vas m’aider, hein, Black ?! Je me tourne vers mon ami, un air déterminé dans les yeux, les poings levés et un sourire éclaircissant mon visage. Mon nakama se contente d’observer droit devant lui, répondant par un profond silence. Perdant mon sourire, je laisse retomber mes mains sur mes genoux et baisse la tête. En général, ce genre de silence est interprétable soit par un désaccord, soit par sa phrase habituelle : « La décision n’appartient qu’à toi. » Pour cette fois, je penche plus pour la première possibilité. Et même s’il lit actuellement mes pensées, je sais d’avance qu’il ne me dira pas pourquoi. Je relève la tête vers le soleil levant et choisis de mettre de côté ce « conflit » pour continuer mon histoire. Cependant, tout comme le rituel de manipulation de Mère n’est pas éternel… le rituel interdit ne l’est pas non plus. Sa durée était estimée à environ trois ans. Un après-midi, alors que j’étais dans ma chambre à lire un livre de magie, j’ai senti un frisson glacial me parcourir tout le corps. J’ai d’abord cru qu’une fenêtre s’était ouverte, sauf que ce n’était pas le cas. J’ai haussé les épaules et me suis replongé dans ma lecture. Je ne me suis pas posé plus de questions. Peut-être aurais-je dû d’ailleurs… Les quatre jours suivants, des frissons de plus en plus glacials m’ont traversé le corps. Persistants plus longtemps, et devenant plus désagréables, à la limite du supportable. J’ai tenté de me réchauffer avec des couvertures ou près d’un feu, rien à faire. Le froid tiraillait chaque parcelle de mon être. Face à cette baisse soudaine de température – à tel point que je ne pouvais plus déterminer ce qui était froid et chaud –, ma fréquence cardiaque s’est accélérée et je tremblais constamment. Il tentait de remonter sa température naturellement. Cependant, ça ne fonctionnait clairement pas, bien au contraire, elle ne cessait de chuter encore plus.

Effectivement. Contrairement à la première phase du rituel interdit qui est très rapide, le retour au code génétique d’origine est beaucoup plus lent… et douloureux.

Tu parles vraiment quand ça t’arrange, Black… Tu pourrais te montrer un peu plus gentil… Enfin, d’après ce que tu dis, il s’est produit l’effet inverse dans mon corps. C’est bien ce que j’ai supposé également. Le sixième jour, le froid avait éliminé toute trace de chaleur interne. Rien que bouger un membre me faisait affreusement souffrir, quand ce n’était pas juste impossible. C’était un peu semblable au phénomène de la rigidité cadavérique. Le froid intense m’avait envahi au point de paralyser chacun de mes membres. J’avais l’impression que mes muscles étaient devenus des blocs de glace pouvant se briser au moindre geste. Je ne tremblais plus, je n’en étais plus capable. J’avais terriblement peur que la morsure glaciale atteigne mon cœur pour finalement le congeler à son tour. Je ne voulais pas mourir de cette façon… J’étais effrayé et je n’arrivais même plus à penser de manière logique. C’est aussi ce matin-là que ma famille a découvert mon sale état. Si la majorité de mes sens étaient hors d’usage, mon ouïe fonctionnait encore malgré tout. Alors j’ai pu entendre toute la discussion… la décision de mon sort fut vite prise… les régions révolutionnaires réprimées, leur but était accompli et ils n’avaient plus besoin de moi… incapable de repasser le rituel interdit sans savoir si j’allais y survivre une deuxième fois, ils ont opté pour un moyen plus simple : m’abandonner en pâture aux animaux sauvages. Si j’avais pu riposter quoi que ce soit, je l’aurais fait. Mais la terreur s’ajoutant au froid intense et à la douleur me paralysait totalement. Je ne pouvais pas pleurer non plus. De toute façon, une machine de guerre n’a pas le droit de verser des larmes… je n’étais plus qu’un objet hors service qui n’était bon qu’à être jeté… pourquoi moi… qu’ai-je donc fait pour mériter ça… pourquoi n’ai-je pas pu naître dans une famille normale, et vivre une vie normale, comme tous les enfants de mon âge… des dizaines de questions de ce genre que je gardais pour moi arpentaient mon esprit sans cesse. Tout compte fait, la mort qui m’attendait n’était peut-être pas plus mal… j’allais enfin être libéré de tout ça… et peut-être que je pourrai renaître dans un monde meilleur que celui-ci… Père a pris mon corps aussi rigide que du métal et m’a porté jusqu’à l’extérieur du palais royal. Il s’est enfoncé dans la forêt jusqu’à atteindre un profond ravin dans lequel il m’a balancé sans ménagement. J’ai roulé jusqu’au fond, et la dernière chose que j’ai vue avant de sombrer était Père qui repartait sans m’accorder un regard…

Je reconnais que la chance ne t’a pas beaucoup gâté, avec une famille pareille. Mais est-ce que tu vaudras mieux qu’eux, si tu les assassines par vengeance ?

Alors ça, ça m’est complètement égal ! J’ai juré que je les tuerai, je le ferai donc ! C’est mon unique raison de vivre. Je dois devenir plus fort pour les vaincre, je le dois. Tu ne vas pas commencer à t’opposer à cette décision, Black, si ? … Encore une fois, mon partenaire se tue. Je soupire, laissant tomber tout ça pour continuer. Lorsque je suis revenu à la réalité… je ne me trouvais plus dans la forêt. Au-dessus de moi, il y avait un plafond blanc. À qui il appartenait ? Bonne question. La douleur et le froid qui s’étaient envolés l’espace de quelques heures refirent surface d’un coup. J’avais horriblement mal. On aurait dit qu’un serpent de glace dévorait l’intérieur de mon corps. Le pire dans tout ça était que je ne pouvais pas bouger, je devais supporter la souffrance dans une position allongée. Je peinais également à respirer. L’air atteignait difficilement mes poumons, certainement gelés comme le reste de mes organes. C’est à ce moment-là qu’il est apparu… un vieil homme aux cheveux gris et aux yeux bleu pâle, presque blancs. Il ne m’a pas paru foncièrement mauvais, et ne m’a pas inquiété le moins du monde. Il s’est approché de moi. Et là, à ma grande surprise, il m’a proposé d’accélérer la fin du processus du rituel interdit. J’ai commencé à avoir peur, supposant que malgré le gel, mon cœur s’est mis à battre plus fort. L’accélérer ? Comment est-il au courant pour le rituel interdit ? Ça ne risquait pas d’être encore plus douloureux ? Mais l’inconnu ne pouvait pas… il a ajouté qu’il calmerait la douleur en même temps. Bon, cet homme mystérieux semblait être capable de lire les pensées… tout compte fait, j’ai accepté la proposition après quelques secondes de réflexion qui furent coupées par une nouvelle douleur. Je ne pleurerai pas, et même si j’avais pu, je ne l’aurais pas fait. Je devais rester fort. Le vieil homme a esquissé un sourire. Puis il a fermé les yeux et une sorte de pendule blanche transparente s’est matérialisée autour de lui. Cette pendule s’est ensuite concentrée dans une de ses mains. Sa deuxième main a pris une teinte verdâtre. Il les a posées sur mon ventre. Aussitôt, les douleurs se sont multipliées, comme si on venait de toutes les réveiller d’un coup. Malgré la douceur apaisante qui arpentait mon corps en même temps, le surnombre de douleurs l’a surpassée. J’avais l’impression d’étouffer toujours plus. Le froid paraissait détruire ou congeler les derniers organes encore en fonctionnement. Tout mon corps était engourdi. Durant une minute, je crois que j’ai même cessé de respirer. On aurait dit qu’on m’avait jeté dans la mer la plus glaciale de Pyadurac et que j’avais coulé au fin fond de celle-ci, là où l’eau est la plus mordante, atteignant un bon -500°. Finalement, j’ai senti une sorte de grand craquement. J’ai hurlé, mais aucun son n’est sorti de ma bouche figée. Était-ce mes os qui venaient de se briser ? Et la chaleur a enfin pris le dessus, me réchauffant peu à peu… j’ai entendu l’homme déclarer que j’étais tiré d’affaire alors que je sombrais encore une fois dans les ténèbres de l’inconscient.

Eh bien, il semblerait que tu sois tombé sur le descendant du meilleur ami de mon créateur. Il m’avait confié à cette famille jusqu’à ce qu’elle trouve un héritier apte à m’animer.

Vraiment ? Cette famille possédait des magies très puissantes, dis donc. C’est incroyable. En plus, il a su tout de suite que j’étais le troisième fils de la famille royale. À croire qu’il nous observait durant tout ce temps… et ça explique pourquoi il connaissait l’existence du rituel interdit. Quand je suis revenu à moi, je me trouvais sur un lit, emmitouflé par plusieurs couvertures. Je n’avais plus froid, mais chaque mouvement me faisait souffrir le martyre. J’ai vite compris que j’étais courbaturé de partout. Péniblement, j’ai regardé autour de moi et j’ai reconnu la maison du vieil homme. Mon odorat était revenu, ce qui m’a permis de sentir une odeur de renfermé dont je me serais passé. Je me suis assis lentement sur le lit et directement, le froid m’a assailli. J’ai frissonné et me suis renfoui sous les couvertures. L’inconnu est entré dans la chambre, alerté par les bruits probablement. Il s’est légèrement incliné en signe de respect, puis il s’est présenté : Ryuu Hokimori. J’ai acquiescé de la tête. J’ai donné mon nom à mon tour, et je l’ai remercié de m’avoir sauvé la vie. Il a souri sincèrement et m’a dit que je n’avais pas besoin de le faire, car il avait échoué. Accélérer le processus avait affaibli encore plus mon corps qu’à l’origine. Pourtant, ça m’était égal. Alors, il m’a raconté être au courant de tout ce qui m’est arrivé ces trois dernières années. Et il m’a promis de s’occuper de moi. Désormais, j’étais son petit-fils nommé Shirou. Bon, il ne m’autorisait pas trop à sortir à cause de mon apparence reconnaissable. Des cheveux blancs, ce n’est définitivement pas discret. Mais je ne peux expliquer pourquoi ils n’ont pas récupéré leur couleur noire. Des profondes séquelles du rituel interdit, sûrement. Contre toute attente, je suis resté une année entière auprès de cet homme, m’habituant à son style de vie paisible. C’est également lui qui m’a appris un nombre incommensurable de choses. Nous ne sommes pas seuls dans l’univers. Notre monde est relié à beaucoup d’autres, tous plus différents les uns que les autres. Lui-même m’a avoué avoir été en visiter quelques uns. Il me racontait ses aventures passionnantes. Lors de ces voyages, il a découvert l’existence des Princesses de Cœur, des jeunes filles possédant une marque de cœur sur le corps. Elles sont étroitement surveillées par les Gardiens du Roi Mickey, une sorte de souris qui veille sur tous les mondes. Apparemment, si sept de ces Princesses sont réunies, une porte mystérieuse nommée le Kingdom Hearts s’ouvrirait. De nombreuses personnes, notamment une sombre organisation que Ryuu appelait la Confrérie Obscure les pourchasse dans le but d’obtenir cette fameuse porte. D’après le vieil homme, c’est la guerre constante entre la Lumière et les Ténèbres dans les autres mondes. Il m’a parlé de tout ce qu’il savait au sujet de ça. Et c’est en l’écoutant que le principe pour lequel je me bats aujourd’hui s’est formé dans ma tête… Encore des forts qui s’en prennent aux faibles pour leur but personnel. Je ne pouvais le supporter. Inconsciemment, j’ai choisi de me joindre à la bataille.

Tu menais enfin une nouvelle vie tranquille. Mais non, il a fallu que ta famille revienne se mêler de tes affaires, je me trompe ?

À mon avis, ma famille s’est doutée que je n’étais pas mort si elle a été vérifiée le ravin. Et je ne pense pas que mes parents soient stupides. Ils savaient certainement que le dernier survivant de la famille Hokimori traînait dans la forêt en attendant le moment propice pour… pour quoi d’ailleurs ? Je ne sais pas, en fait. En tout cas, je me croyais enfin à l’abri. Sauf que mes parents ont vite retrouvé ma trace. Il ne leur a fallu qu’un an. Ils ont fait irruption dans la maison alors que je discutais tranquillement avec le vieil homme. Pourtant, celui-ci semblait les attendre… il s’est retourné vers mes parents et a déclaré de sa voix rauque : « Vous en avez mis du temps. » Un sourire ornait ses lèvres comme s’il n’était nullement effrayé. Et moi… moi… je ne bougeais pas du canapé, pétrifié par eux. Ils m’avaient rattrapé… ils allaient me ramener… ils se serviraient à nouveau de moi… mon corps tremblait de terreur. Ryuu m’a intimé de fuir, mais je ne pouvais pas bouger. Il m’a soudainement tendu un petit coffret noir. J’ai peiné à lever le bras pour le prendre, et au même moment, Père est apparu. D’un coup tout juste perceptible, il lui a tranché le bras. Le vieil homme s’est effondré à genoux, tenant son bras dégoulinant de sang tandis qu’il criait de douleur. Le hurlement a transpercé mes tympans et est parvenu à me sortir de ma transe. J’ai couru vers mon sauveur pour essayer d’arrêter l’hémorragie. Mais, sans que je ne comprenne comment, il s’est ressaisi plus ou moins, alors que des larmes coulaient sur mes joues, désespéré. Il m’a supplié de récupérer la boîte. Père est revenu devant nous en la tenant dans sa main. Sur un ton ironique, il a répliqué : « C’est ça que tu cherches ? » Puis dans un geste beaucoup plus rapide que le précédent au point que je n’aie rien vu venir, son épée s’est plantée dans le cœur de Grand-Père, et il l’a retirée aussi sauvagement. Dans un dernier ricanement, mes parents ont quitté la maisonnette… Le vieil homme était au bord de la mort et, pour changer… je ne pouvais pas le guérir ou même lui apporter les premiers soins… pourquoi… pourquoi ma famille devait me prendre tout ce qui était cher à mes yeux ? Mon existence-même entraînait la mort dans mon sillage. Je n’avais nulle part où aller car où que je me rende, j’étais certain que tôt ou tard, ils finiraient par me remettre la main dessus… Mon sauveur a levé lentement sa main pour venir frotter mes cheveux blancs en bataille et un sourire s’est faiblement dessiné sur ses lèvres. Comment pouvait-il sourire dans un moment pareil ? Moi, j’en étais juste incapable ! Je pleurais, comme un enfant… Ryuu a toussé et craché du sang. Mon expression a pris un air horrifié et je me suis mis à regarder partout autour de moi, en quête d’un quelconque remède. Je refusais de le perdre. Tout le monde pouvait bien aller en enfers, mais pas lui ! Le vieil homme m’a tapé sur la tête pour attirer mon attention. Je l’ai regardé aussitôt avec des yeux larmoyants. Il a ouvert la bouche pour parler, cependant, je le lui ai interdit d’un geste. Il a repoussé ma main pour murmurer : « Tu dois… absolument… récupérer la boîte… ils ne doivent… surtout pas… utiliser Black… Prends soin de toi… Shirou… » Puis il a fermé les yeux… pour l’éternité. Le seul mot que j’ai réussi à sortir en réponse est : « Grand-Père… ».

Je ne sais quoi dire… Je suis tout aussi désolé que toi… Mais je pense qu’il doit être heureux de savoir que tu as tenu parole.

Cette fois, je ne ressens aucun mensonge dans les propos de mon partenaire. Mon cœur, aussi plongé soit-il dans les Ténèbres, tenait vraiment beaucoup à Grand-Père… C’est le seul qui s’est occupé sans jamais me faire de mal… alors bien sûr que j’allais respecter ses dernières paroles, à mes risques et périls. Quelques jours après avoir fait mon deuil et enterré Grand-Père, je me suis rendu dans la forêt. Toutefois, au lieu d’aller directement au palais royal, j’ai emprunté un tunnel qui descendait sous terre. Il mène à une grotte souterraine. Je l’ai souvent visitée car elle est vraiment magnifique. Et mine de rien, elle s’étend presque sous toute la capitale de Pyadurac. La roche de cette grotte est entièrement faite de calcaire. Il y a aussi une rivière qui y coule, dont l’eau est étonnamment pure. Avec le peu de lumière qui passe, l’eau prend une couleur turquoise splendide. Sur certains murs tellement humides, des stalactites se sont formées. J’aimais beaucoup cet endroit. Quand j’étais petit, j’y restais pendant des heures, voire des journées entières. Le son de l’eau était apaisant. Connaissant le chemin par cœur, j’ai atteint la sortie donnant directement… dans le palais. J’ai jeté un rapide coup d’œil pour voir si personne ne se trouvait dans les environs, puis je suis entré silencieusement. Bien… généralement, mes parents gardent leurs butins dans la salle des trophées. Donc je me suis instinctivement dirigé dans cette direction, les sens en alerte. Au moindre bruit de pas, je me cachais. Le plus dur était que la salle des trophées se trouvait juste à côté de la chambre de mes parents. Je ne savais pas quelle heure il était, donc ils pouvaient très bien être dans leur chambre à ce moment-là. Discrètement, je suis finalement arrivé jusqu’à la porte. Je n’entendais pas de bruit derrière, ni dans la pièce à côté. Peut-être qu’ils mangeaient. Doucement, avec prudence, j’ai appuyé sur la poignée et ai passé ma tête dans l’entrebâillement. Personne. Parfait ! Je suis entré et ai refermé derrière moi. Il y avait un nombre incalculable de choses… comment allais-je trouver la boîte dans ce bazar ? Cependant, j’ai senti comme un appel qui s’est logé tout droit au niveau de mon cœur. J’ai tourné la tête vers la provenance de l’appel et j’ai aperçu une boîte noire sur une petite table. Je me suis approché, l’ai prise avant de la fourrer dans mon sac et de ressortir en silence. Je me suis rendu jusqu’à mon ancienne chambre pour récupérer des livres de magie que j’ai aussi rangé dans mon sac. Puis ceci fait, je me suis enfui par l’endroit où je suis entré. Je me suis éloigné en courant, me perdant dans la grotte souterraine. Et quand je fus suffisamment loin, je me suis arrêté. Maintenant que j’y resonge, le fait qu’il n’y avait presque personne m’intrigue… ça ne m’étonnerait pas que mes parents m’aient laissé faire… peut-être même qu’ils savent où je me trouve actuellement. Qu’en penses-tu, Black ?

Effectivement, c’est une probabilité à ne pas exclure. Il existe bien un rituel en mesure de suivre les déplacements d’une personne.

Mes parents auraient posé le rituel sur moi pendant mon sommeil, dans ce cas. Eh bien, tant qu’ils ne viennent pas jusqu’à moi, ça m’est bien égal. C’est moi qui viendrai à eux. C’est moi qui mettrai un terme à leur règne et à leur vie. Mais d’abord, je dois devenir plus fort par moi-même, sans avoir besoin constamment de ton aide, partenaire. D’où l’utilité de ces livres de magie que j’ai ramenés avec moi. Je suis resté un bon mois dans la grotte souterraine à les lire. Je gardais toujours la boîte noire te contenant près de moi. Par curiosité, je l’avais ouverte. Cependant, je n’y ai découvert qu’un simple anneau noir. Et je me suis souvenu des paroles de Grand-Père. Ma famille ne devait pas utiliser « Black ». Il a prononcé ce mot comme un nom. J’ai donc fortement soupçonné que derrière cette simple apparence de bague, tu étais quelque chose de plus vivant. C’est aussi pour cette raison que je n’ai d’abord pas cherché à t’activer. Je craignais de me faire à nouveau trahir par des mensonges. Et pendant les semaines qui ont suivi, en fouillant dans les livres, j’ai trouvé une magie parfaite pour y faire face : celle qui détecte les mensonges. Alors j’ai fait tout mon possible pour la maîtriser. Malheureusement, sans personne avec moi dans la grotte souterraine, je ne pouvais dire si ça marchait vraiment. Malgré tout, après un mois, j’ai quand même essayé de te réveiller sans vérifier si cette nouvelle magie fonctionnait. Un pressentiment me disait que c’était bon, et je lui ai juste fait confiance. J’ai donc mis l’anneau noir sur l’index de ma main gauche – parce que sinon, il glissait – et aussitôt, j’ai senti une sorte de courant pas très agréable partir de la bague. Il a parcouru mon corps pour finalement venir se loger à l’intérieur de mon cœur. Enfin, c’est ce dont j’ai l’impression car mon cœur a comme implosé à son contact… Pas une implosion pouvant provoquer la mort. Plutôt une implosion d’énergie dans celui-ci. Toutefois, par réflexe, j’ai pressé mon torse au niveau de mon cœur, les dents serrées. Lorsque j’ai rouvert les yeux, tu étais apparu à côté de moi, toi, une étrange créature noire avec deux espèces d’antennes. Je me souviens avoir sursauté et reculé en te voyant. Et ça ne t’a pas affolé plus que ça. Tu t’es présenté comme si c’était une habitude. C’est ainsi que j’ai connu toute ton histoire et tes capacités. Et c’est grâce à ton aide que j’ai pu quitter Pyadurac pour la première fois de ma vie. Nous avons commencé notre voyage ensemble, tous les deux. Et nous avons fini par devenir amis. Mon seul et véritable ami. Avec toi, je suis certain de pouvoir devenir plus fort par moi-même et je pourrai enfin me venger de ma famille…

Tu pourras toujours compter sur moi, Shion. Je serai toujours à tes côtés. Je t’ai choisi pour ça.


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MessageSujet: Re: « Allons-y, Black. Vengeons-nous. » – Shion H. Kurogane Lun 2 Mai - 11:37
Shion, enfin o/ Mon nouveau meilleur ami fait son entrée sur le forum Razz

On va incroyablement bien s'entendre, n'est ce pas, mon petit détecteur sur patte?~ (ou pas je dirai x') )
Roh, mais besoin de me remercier pour l'histoire tu sais, je n'ai pas contribuer tant que ça à ce pavé de l'enfer Razz on va encore mettre des heures à tout lire (enfin les admins, moi je le connais deja par coeur Razz ).

Tu connais le chemin depuis le temps, si tu as des questions, Go MP les admins ^^ Si ta fiche est finie, n'oublie pas de le signaler dans le sujet prévu à cet effet

Amuse toi bien avec ton nouveau perso Wink

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MessageSujet: Re: « Allons-y, Black. Vengeons-nous. » – Shion H. Kurogane Lun 2 Mai - 11:54
Re-bienvenue ~

*poke Shion et comme il l'ignore, le poke jusqu'à ce qu'il s'énerve* Razz

Je sens qu'on va devenir les meilleurs amis du monde mon petit Shion ~

Je t'apprendrais à tuer et à y prendre du plaisir tu verras '^'

Comment ça c'est glauque ? '^'

L'histoire est géniale ♥ Hâte de RP avec toi Wink

Bonne chance pour la validation !!

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Shadow Requiem
MessageSujet: Re: « Allons-y, Black. Vengeons-nous. » – Shion H. Kurogane Lun 2 Mai - 13:07
Re-bienvenu !!!!

Ah ah, la familia Maléfique qui s'agrandit... c'est mignon !

Hein ? La team ? Oh, c'est pas une mafia organisé ? Z'êtes sûr qu'ils auront mon fric ???

Hum... Je divague là !
Comme la si bien dit ma douce Alice, je suis sûr qu'on s'entendra bien (un pouvoir pour detecter les mensonge, je peux me faire une petite fortune avec ce gosse !) et on t'apprendra à aimer la mélodie du sang et des massacres ! :3

Courage pour ta validation !!! ^-^

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MessageSujet: Re: « Allons-y, Black. Vengeons-nous. » – Shion H. Kurogane Lun 2 Mai - 13:59
Génial ! Depuis le temps que tu nous teasais sur Shion, le voilà enfin qui débarque. Razz

Tu semble être la personne la moins louche qu'il me fût donné de voir chez Maléfique. (Pas comme les trois au dessus. '^' ) Et c'est une bonne nouvelle, j'ai déjà beaucoup moins l'impression d'être entré dans un asile.

Bref, quoi qu'il en soit ! Ca valait le coup d'attendre. Hâte de lire tes rp, rebienvenue, et tout le blabla habituel ! Razz

Ah, et je l'ai déjà dit, mais l'histoire est cool.
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Maléfique
MessageSujet: Re: « Allons-y, Black. Vengeons-nous. » – Shion H. Kurogane Lun 2 Mai - 15:21
Mais regardez qui voilà ! Ma future acquisition... ♪ Effectivement gamin tu n'es qu'un trophée qui va remplir ma petite étagère.

En tout cas, rebienvenue parmi nous ! J'ai bien hâte de te voir à l'action il faut bien l'avouer. u.U

Mais n'oublie pas pour autant que je te réserve un joyeux cadeau si tu viens à me désobéir... ♫♪

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Aka
MessageSujet: Re: « Allons-y, Black. Vengeons-nous. » – Shion H. Kurogane Lun 2 Mai - 23:07



Félicitations Shion !
Re-re-re bienvenue ! honnêtement j'ai pas grand chose à redire sur cette fiche ! Tout y est et l'histoire même si elle est longue est très intéressante et triste. N’empêche j'ai rarement vu des parents aussi indignes avec leur enfant à tel point que Sly passe pour un enfant de cœur à côté XD Bref amuse toi bien à nouveau !

Bravo à toi ! Tu as réussis a terminé ta fiche avec brio et tu es maintenant validé ! Ton aventure va enfin pouvoir commencer ! Mais avant ça nous avons quelques indications à te donner. N’oublie pas de créer ta fiche de lien ici au cas où des personnes souhaiteraient se lier à ton personnage ! Surtout n'oublie pas de créer ta fiche d'activité RP, c'est obligatoire et très important, sans ça tu pourrais être supprimé si tu ne la met pas à jour ! C'est ici que ça se passe ! Tu peux, si tu le souhaite, demander un rang spécial à cet endroit-là. Histoire que tu sois unique tu vois ! Et puis enfin si tu veux des partenaires pour tes RP rien de mieux que de venir le faire ici. Si tu as la moindre question ou la moindre hésitation demande à un des admins, ne t’en fait pas on ne mord pas, du moins pas souvent ~ Puis si le cœur t’en dis viens te défouler dans le flood qui se trouve juste . Encore bravo pour ta validation et amuse-toi bien sur Kingdom Hearts Reload !

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MessageSujet: Re: « Allons-y, Black. Vengeons-nous. » – Shion H. Kurogane
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« Allons-y, Black. Vengeons-nous. » – Shion H. Kurogane

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