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Mon petit est rentré. • Pv. Sly

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Maléfique
MessageSujet: Mon petit est rentré. • Pv. Sly Lun 18 Avr - 2:16
Mon petit est rentré.

Il faut savoir garder de côté ses colères pour savoir écouter..


Majestueuse comme à son habitude dans son trône et ses habits noirs, Maléfique fixait un point droit devant elle en me caressant le dos machinalement. À vrai dire, personne ne pouvait savoir à quoi elle pensait pendant ces moments-là. À son passé, à son futur ou à rien ? Non... Elle ne pouvais pas avoir l'esprit vide. Cela lui était impossible... Je me mis à croasser en battant des ailes pour la faire sortir de sa rêverie. D’après ses dires. Son petit fanatique allait être de retour. Celui que j’avais cherché avec peine dans plusieurs mondes où il avait l’envie de trainer sa carcasse de Simili. L’impatience de ma Maîtresse se faisait sentir à chaque minute qui s’écoulait. Aussi lentement qu’un sablier. Si ça ne tenait qu’à moi, je trainerais ses fesses de Sans-Cœur jusqu’à elle !

Sans un mot de sa part, la sorcière se redressa en m’abandonnant sur mon perchoir. Prenant sa traine dans une main, elle descendit le peu de marche pour commencer à faire les cents pas devant moi. Elle n’attendait qu’une chose, le retour de son petit prodige. Tant de semaines sans nouvelles. Il n’était revenu au château que pour quelques jours. Mais avant, il avait disparu des mois en revenant la bouche en cœur avec une Princesse de Cœur. Autant dire que Maléfique avait vite oublié son absence en très peu de temps.

Après plusieurs allers retours, elle se décida enfin à revenir s’asseoir. Mais son expression qui d’habitude était neutre se chargea en noirceur. Ses traits étaient tirés. Elle semblait inquiète… Mais très rapidement, son attention se porta sur la porte devant elle. Peu de temps après, la prote s’ouvrit sur une silhouette reconnaissable entre mille. À mesure qu’il avançait, notre Maîtresse à nous deux se redressait sur son trône ébène. Son protégé, sa chose était certes assez reconnaissable mais en ce qui concernait ses habits. Là, c’était une autre histoire. Même un mendiant aurait été plus crédible que lui ! Dans un nouveau croassement de ma part, elle le laissa s’avancer jusqu’au pied des marches avant de se décider finalement à se lever. Les mains bien à plat sur les accoudoirs, elle prenait son temps sans défaire ses yeux jaunes de ceux sanguins de Sly. Personne n’aimait faire une joute avec elle. Elle gagnait toujours à ce petit jeu…

Le silence entre les deux était palpable. Son regard avait changé, il était plus serein mais caché derrière une once de sévérité bien connu. Elle voulait lui faire comprendre son mécontentement suite à son silence. Alice était partie à sa recherche tout comme moi. Et le voilà debout devant nous.

▬ Sly. Où étais-tu ?

Un ton froid et un visage de marbre. Les habitudes avaient la vie dure même si elle m’avait avoué sous une légère faiblesse d’être inquiète pour cette chose. On pouvait bien se dire Maléfique sans cœur mais avec Sly, elle faisait preuve certes d’une forte fermeté mais c’était surtout à cause de son appartenance aux Similis. Toujours debout, elle reprit place sur son trône avant de faire un signe à son serviteur du Mal de la rejoindre. Elle lui désigna le côté vide en faisant un signe de menton pour lui montrer sa place. À ses pieds. Comme… Un chien. Un chien important.

Elle le regarda de la tête aux pieds avant de poser une main sur ses cheveux et d’amorcer un sourire satisfait. Je prenais son geste comme une récompense des choses que venait de dire le Simili.

▬ Je vois… Il n’y a rien d’autre ?

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Sly
MessageSujet: Re: Mon petit est rentré. • Pv. Sly Mer 11 Mai - 1:30
Depuis combien de temps n’était-il pas rentré ? Depuis combien de temps n’avait-il pas foulé les couloirs froid et morne de la forteresse de sa maitresse ? Depuis combien de temps ne s’était-il pas simplement assis à son bureau de bois, couchant sur papier ses observations ? Depuis combien de temps ne s’était pas allongé sur ce lit, fermant les yeux pour un sommeil teinté des plus écœurantes clartés ? Depuis combien de temps n’avait-il pas juste parcourus ces allées de ronces protégeant la demeure de pierre ? Il ne le savait pas. Il ne savait pas. Il ne pouvait jamais le savoir. 
Jamais. 
Une seconde, une minute, une heure, un jour, une semaine, un mois, une année, une décennie, un siècle. Son esprit ne possédait aucune notion à laquelle se raccrocher. Aucun indice sur ce que les possesseurs de cœur nomment le « temps ». Combien de « temps » ? Combien de temps depuis qu’il était parti à la poursuite de l’individu tant haïs ? L’immonde, le mort en sursis, le « déjà-mort », celui qui avait Osé ! Celui qui osé porter un coup à sa déesse, à sa maitresse, à l’être autour duquel toute son existence et sa « non-vie » tournait. Celui qui avait fait naitre sa « colère », les braises anciennes d’un passé révolu et auquel il ne voulait plus jamais avoir à faire. Ce que d’autres nommaient « sentiments », sorti de terre tel un cadavre bien trop frais. Beaucoup trop frais pour être véritablement mort. Cet être impie subirait mille morts. Il se l’était promis à la seconde où ce serviteur porcin lui avait annoncé la nouvelle qui fit écarquiller ses yeux. À la seconde où son poignard plongea dans la gorge du porteur de mauvais augure, tel un pacte forgé dans le sang le plus souillé qu’il existe. Un serment silencieux entre un être des ténèbres et celle qui l’avait découvert, aphone, sur une des places de Luxerion. Une fois qu’il mettrait ses mains blafardes sur lui, qu’il refermerait ses doigts fins et maculés autour de son cou gracile, il pourrait assouvir sa vengeance. Ce jour arriverait bientôt. Le jour où il pourrait arracher délicatement chaque centimètre de cette peau recouvrant cet être qui n’aurait jamais dû ouvrir les yeux… Le jour où il pourrait le bruler à vif, entailler ses yeux pour mieux plonger son visage dans l’acide le plus pur, découper ses doigts un à un, lambeaux par lambeaux pour mieux les offrir en pâture aux bêtes hantant la lande. Le lâcher dans cette même lande. Rameuter les loups. Les lancer à sa poursuite. Et enfin…enfin…Offrir ce spectacle à sa Déesse drapée de ténèbres. Le spectacle du jeu de la mort. Elle apprécierait. Oui… Elle apprécierait. Il en était persuadé. Ce jour lui tardait à venir. 

Combien de temps ? Combien de temps depuis qu’il s’en était allé de son antre ? Combien de temps depuis qu’il avait voulu prendre cette princesse qui avait autrefois échappé à sa déesse ? Combien de temps depuis qu’il avait fait une nouvelle fois connaissance avec ce gardien ? Avec ce Nicolas, laissé pour mort, tel un cadeau empoisonné à la porte du château de l’Ordre de lumière. Combien de temps depuis qu’il avait attiré cette femme ? Cette princesse, cette Reine des neiges dans son piège de perfidie ? Combien de temps depuis qu’il l’avait ramené auprès de sa maitresse ? Depuis qu’il lui avait fait souffrir mille douleurs et mille tortures…Pour mieux panser ses plaies avec soins, ce sourire d’ange aux lèvres. Pour mieux recommencer le lendemain. Ou la nuit même. Encore, encore et encore. Sans relâche, triturer son si joli petit cœur de lumière, en arracher chaque parcelle, doucement, avec soin, la dépouiller de ce que ces gardiens considérait comme le plus noble des trésors. Combien de temps depuis qu’il l’avait relâchée ? Crucifiée au centre de son cher royaume de cœur ? Tel un avertissement pour chaque être baignant pour la lumière : Nul n’est à l’abri de l’obscurité. Par même une souveraine. Pas même une princesse de glace pourtant sous surveillance de son trop fidèle gardien. Trop fidèle. Combien de temps ? Combien de temps depuis qu’il s’était rendu sur ce monde de sauvagerie ? Ce monde oublié des Hommes, dompté par hordes et hordes de bêtes féroces et si…tentantes à utiliser pour les plans de Sa Reine. Combien de temps depuis qu’il avait atteint ce sommet, trop curieux pour rebrousser chemin le conduisant pourtant droit dans un piège. Combien de temps depuis que la douleur sourde à l’arrière de son crâne blond lui avait fait fermer les yeux ? Depuis qu’il les avait rouverts dans cette salle secrète et d’encre, au beau milieu de la citadelle de leur ennemi ? Depuis que la confrérie lui avait envoyé un ‘compagnon de jeu’ à sa mesure ? Depuis que son sang si précieux s’était échappé de ses veines, remplacé par le poison d’un reptile, dont une partie de ses organes fumants reposait désormais au creux de son estomac ? Combien de temps depuis que son ancien prisonnier, le roi-souris en personne, est venu le délivré pour une bataille où il n’avait eu d’autre choix que de s’allier à ses ennemis ?
Il ne savait pas. Il ne pouvait jamais le savoir. Mais…si tôt le leader de la confrérie disparut après avoir repris le contrôle de ses sbires. Il sut. Il était là. A tout vu. Tout entendu. Tout enregistré dans son esprit sans repos. Le Roi s’est adressé à ce Clown acculé. Il l’a épargné, lui qu’il combattait pourtant quelque instant auparavant. Et pour quelle raison ? Le payement d’une dette. Une vie pour une vie. Et il n’y avait qu’une seule et unique explication à cette clémence. Après cette simple phrase, ces simples mots, une profonde et sourde colère s’éveilla. Quand il comprit. 
Il comprit qui avait délivré le Roi. Qui avait blessé sa maitresse.

Mais il ne put l’abattre, répandre ses intestins et sa cervelle sur ce sol immaculé. Il ne put ! Les mains crispées, fort, si fort, il ne put qu’observer le premier de sa liste s’enfuir. Fort…Si fort… à s’en blanchir les jointures, à s’en saigner les paumes. Colère. Colère. Colère. Colère. Il devait l’abattre ! Il avait osé ! Il l’avait touchée ! Il l’avait meurtrie et ce petit suzerain de rien le laissait simplement partir ?! Inadmissible ! Lui aussi avait bonne place dans son inventaire de mort en sursis. Car juste pour ça, il aurait pu plonger sa lame de son petit corps d’animal grotesque. Mais il ne put. Trop de lumière. Trop de douleur… Il ne put que rassembler ses troupes, ouvrir un portail et rentré en ce monde qu’il nommait un peu paradoxalement son « chez lui ». Il en ressortit devant cette porte immense et tout de bois construit.
Combien de temps n’avait-il plus foulé le sol dur et glacial de ce château ? Ah… Il ne savait pas. Lentement, Sly poussa les deux battants de l’entrée de la salle du trône. C’est ici qu’elle serait. Elle. Sa déesse. C’était presque toujours là qu’il la trouvait. Sans un mot, il s’avança, marchant droit devant lui. Ses pas résonnaient dans la pièce dépouillée de toutes fioritures. A ses côtés, Nox, son petit nocturnes rouge le suivait docilement. Ici, il pouvait sortir, il n’avait rien à craindre. Et pourtant, c’est bien du souci qui pouvait se lire dans ses yeux jaunes et perçants. Il ne se hâta pas, les mains dans les poches. Il était enfin de retour. A sa place. Il faisait peine à voir et, pour une fois, elle apparence n’était pas feinte. Ses vêtements, plus particulièrement son t-shirt et sa veste étaient en lambeaux, arrachés sans ménagement par son bourreau, maculés de son propre sang. Bien que refermées, il gardait quelques plaies çà et là, sur ses paumes surtout. Mais le plus flagrant restait son visage. Si son expression était, comme à son habitude, celle d’un petit garçon souriant et baignant dans la lumière, quelques détails brouillaient cette scène pourtant si parfaite. Un léger tremblement de main, un souffle plus court et plus bruyant qu’à l’accoutumé et aussi…
 
De l’eau. Ou plutôt, de la sueur. 

Perlant du front du simili, sans qu’il ne puisse le masquer. Réaction physiologique. Car son corps surchauffait littéralement, sous l’action du poison insidieux roulant dans ses veines. Les requiem verts, ses sans cœurs de soin, ne pouvaient que refermer les plaies à vif, anesthésier la douleur, mais pour une période courte…si courte. Ils ne pouvaient extraire ce poison dont il ignorait s’il était mortel, ils ne pouvaient extraire ces échardes de verres logés dans son estomac et qui ne demandait qu’à percer ses intestins pour une mort lente et douloureuse. Mais malgré tout ça, il s’avança face à la maitresse de son existence. Il se stoppa au pied de cette estrade de pierre surélevant son trône de splendeur, l’or de ses yeux le transperçait de part en part, transperçait la sanguine des siens. Il savait ce que signifiait ce regard. Aussi, il s’agenouilla simplement, baissant la tête. Il écouta cette question, celle dont il lui devait une réponse, après tout ce « temps ». Il releva son visage et répondit, souriant, comme à son habitude.

« Au beau milieu de la Citadelle de nos ennemis. J’ai…Beaucoup appris. »

Comme toujours, il éluait un peu ses réponses, répondant rarement franchement. Tout ce qu’il savait ne pouvait être résumé en une seule et unique phrase. Aussi se chargerait-il de lui faire soit un contre rendu complet, soit de lui faire faire parvenir son « rapport » en bonne et due forme. Ses dossiers qu’il ne constituait que pour Elle au final. Sa Reine se rassit alors et, d’un simple geste, il sut que ses mots lui avaient plu. Il se releva, et grimpa les quelques pas marches le séparant de sa place. Sa véritable place. À ses pieds, tel le fanatique absolu qu’il était de sa personne. Sa main, celle de sa maitresse, se posa alors sur ses cheveux. Là était sa place, lui était presque « bien » là. Ah, s’il n’était pas un être entièrement creux… peut-être aurait-il pu vraiment le ressentir ? Mais ce n’était jamais aussi simple. Sa déesse lui posa alors une seconde question et sa réponse s’imposa d’elle-même. Une sourde colère émergea au creux de sa poitrine, une sourde et véritable colère. Il serra les poings, perdit son sourire. Volant mollement jusque-là, Nox finit se blottir contre son simili de compagnon, comme s’il voulait stopper l’étrangeté qui avait vu le jour en ce cadavre ranimé. Sly posa distraitement une main sur lui. Car c’était une vraie colère qui se lisait sur ses traits. 

« Je sais qui nous a enlevé le Roi des Gardiens, qui a osé s’introduire ici. » Sa respiration s’accentua, bouffé par son ressentit alors que la scène du manoir se déroulait à nouveau sous ses yeux de sang. « C’est un Clown répudié par la Confrérie… Kefka. » Il n’y avait que mépris dans sa voix quand il prononça le nom de cet individu honnis. « Un mot et je pars immédiatement à sa recherche. Un seul mot et je vous rapporte sa tête. »

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MessageSujet: Re: Mon petit est rentré. • Pv. Sly Dim 22 Mai - 20:22
Mon petit est rentré.

Il faut savoir garder de côté ses colères pour savoir écouter..


La journée avait débuté assez normalement. Depuis des jours, Maléfique ne sortait plus de son château. Pas par une quelconque peur. De qui pouvait-elle bien avoir peur ? Elle restait là, soit assise sur son trône ébène soit à tourner en rond ou ruminer quelque chose. Mais aujourd’hui, plus les heures filaient et moins je la sentais présente. Elle devait sentir qu’une chose allait arriver… Et bizarrement, elle n’avait pas tort. La surprise n’était pas visible sur mon visage mais dès que je vis la porte s’ouvrir pour laisser entrer un personnage disparu depuis trop longtemps, ma Maîtresse eut la même réaction que moi. Tout en cachant du mieux qu’elle pouvait son étonnement.

Sly. Son valet des Ténèbres si ce n’était autre chose à mes yeux. Un ramassis de vide juste là pour combler les désirs de Maléfique comme un esclave pour son maître. Le simili avança en silence, sa chose le suivant. L’état dans lequel il était laissé tellement à désirer que mon bec en claqua de dégout. Lorsqu’il arriva, il fit comme un serviteur devait se comporter, il s’inclina et elle posa une question qui trouva une réponse. Mais aucune réaction apparue sur son visage de marbre. Elle écoutait simplement. Mesurant l’information pendant qu’elle lui fit signe de s’approcher. Une autre question et… La main de la sorcière arrêta subitement ses caresses et elle baissa les yeux vers les cheveux de son simili. Elle l’écouta et son attention se reporta devant elle. Elle devait se graver ce nom en tête. Essayer de ce souvenir si elle l’avait déjà rencontré. Si elle le connaissait bien. Pourquoi… Sa main se posa de nouveau dans les cheveux de son serviteur et elle reprit quelques minutes ses caresses en silence. Puis…

▬ Kefka ? Mmh… Je m’en chargerai personnellement. Suis moi.

La suivre ? Pourquoi ? Je battais des ailes pour montrer mon mécontentement mais elle me rendit mon geste au centuple par un regard froid et destructeur comme jamais. En forme humaine, j’aurais pu éprouver un frisson froid en la regardant mais là… Je me contentais juste de ranger mes ailes et de monter plutôt sur son épaule. Que comptait-elle faire au juste ? Rien ne me disait ses actions futures. Son visage était fermé. Comme si une profonde réflexion se faisait en elle. Chose qui était rare. Enfin, elle ne montrait jamais sa mine songeuse.

Sans plus de mot, elle se redressa et empoigna son bâton avant de descendre les trois marches de son trône et se diriger sans un regard en arrière vers une porte menant à un long couloir. Pour ma part, je jetais un œil en arrière pour voir si son valet la suivait. Dommage qu’il ne puisse pas voir le sourire que j’ai. Il était dans un tel état que j’avais une pitié heureuse pour lui. Oui. Je ne l’aimais pas. Son haut et sa veste… Son visage comme sa peau. Un spectacle désolant. Il aurait pu faire un effort avant de venir la voir. Après tout, c’était son chien. Et un chien doit être présentable en toute circonstance. Pour le narguer un peu, je pris mon envol pour me mettre à lui tourner autour en faisant attention à sa petite chose qu’il cachait contre lui. Je ne m’étais jamais posé sur lui, faute de quoi, mon plumage en aurait pris un coup. Comme un oiseau de mauvais augure, je faisais des cercles autour de sa tête en croassant de temps à autre avant de revenir vers ma Maîtresse. Sa marche était imperturbable. Son pas était lent, mesuré et sûr. Elle n’accordait aucun regard en arrière comme si ce qui se passait ne mériter aucunement son attention. Ce n’était pas faux en soi.

Au bout de quelques minutes interminables, Maléfique se décida enfin à s’arrêter devant une porte tout à fait normale si on n’omettait des sculptures gravées dessus. Sans toucher la poignée, la porte s’ouvrit et elle s’y engouffra. Sa personne fut alors engloutit par les Ténèbres. Je ne voulais pas entrer. Pas par peur. Plutôt par politesse. Un son reconnaissable et la lumière baigna rapidement dans la pièce. Signe que je pouvais entrer.

▬ Sly.

Seulement son nom pour lui ordonner de venir. Cette pièce n’était autre qu’une sorte de… Réserve ? Ou plutôt… Enfin quoi qu’il en soit, il y avait assez de plantes, de fioles, d’animaux pour bien coller à son image de sorcière. Son regard bifurqua à une chaise signe qu’il devait y aller. Après tout, elle avait l’air d’avoir senti quelque chose de mauvais en lui. Dans un silence fort agréable, elle vaguait à ses occupations pendant que je gardais un œil sur l’autre. Posé en face de lui sur un livre, j’avais l’impression de faire un duel à celui qui allait baisser les yeux en premier. Mais en faisant ça, j’avais pu remarquer quelque chose d’intéressant. Ses traits avaient été tirés. Sans doute que ma Maîtresse l’avait remarqué…

▬ La colère.

Mon regard noir se tourna vers elle. Comment… ? Non pas besoin de se poser la question. Elle voyait tout. Je me redressais lorsqu’elle se décida de bouger pour se planter devant son valet.
Je peux sentir ton changement. Tu n’es plus vraiment celui qui était à mes ordres il y a de cela quelques mois. Tu as changé. Tu retrouves ce qui fait de toi un être humain. Un sentiment loin d’un cœur. Je le sens bien dans ta voix. Je reconnais aussi les traits tirés par cette émotion. Elle m’a souvent prise à une époque. Je sais. Je connais. Il faut te maitriser ou tu ne seras qu’un capable en retour. Je ne te sauverai pas cette fois. Pas comme aujourd’hui ni comme cette fois à Luxerion. Je te laisserais périr mon si fragile enfant…

Son bras se tendit alors vers son simili. Je pris mon envol pour changer de position et la voir lui tendre une fiole de verre au bouchon de liège et au contenu clair. Si clair et transparent qu’on aurait pu penser que c’était de l’eau. Mais la connaissant, cela était tout sauf quelque chose d’agréable. Lorsqu’il l’a pris en main, son bras retomba dans la multitude d’étoffe qu’elle portait et releva le menton avant de récupérer son bâton et de sortir. Mais elle s’arrêta à bas de porte et sans se retourner, sa voix se fit glaçante et fine comme des aiguilles pendant que sa tête se tournait à demi,

▬ Ne t’avise pas de perdre la face Sly. Ta vie ne vaut pas mieux que celle d’Alice. Je n’aurais aucun regret à m’occuper de toi personnellement. Un pas de travers, une faiblesse qui ruine mes plans et je termine le travail.

Elle voulait sans doute parler de la situation de son sbire. Après tout, il était déjà mort une fois pour être devenu simili… Sur ces mots, elle regarda droit devant elle et fit le chemin en sens inverse.


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MessageSujet: Re: Mon petit est rentré. • Pv. Sly Jeu 30 Juin - 16:42
En ce château au beau milieu de ce monde de cœur, il était « chez lui », véritablement à sa place. Au pied du trône de sa déesse, tel était là où il devait être. Ce n’était pas qu’il le ressentait comme ça. Car il ne ressentait rien. Mais plutôt que c’était ainsi. Il était Sly, nommé ainsi par celle qui était le centre de sa personne. Et c’était tout. Nulle complication, nulle réflexion à avoir. Ici, il pouvait oublier ces masques de bonté qu’il revêtait, être véritablement qui il était profondément. Un être creux et ignoble, amoral et mauvais, trompant tout ce qui l’entoure, sans même plus se cacher de le faire. Dire que ce lieu où il se « cachait » se situait au beau milieu d’un territoire de cœur, en pleine clarté. Sous la supervision de ses pires ennemis. Oui, à quelques kilomètres à peine, au-delà de cette muraille d’épines, bien au-delà des terres gouvernées par sa maitresse, se trouvait une de ses cibles et sans aucun doute plusieurs de ces êtres ne souhaitant que stopper son coeur définitivement. Ah ! C’était… si drôle ! Si risible en réalité ! Après tout ce qu’il avait fait, même si nul ne devait savoir pour qui il le faisait, il pouvait imaginer sans peine que sa tête était mise à prix par la lumière, par l’Ordre. Il les avait frappés personnellement, au plus profond de leur chair et de la manière la plus ignoble qu’il avait imaginé sur le moment. Il avait envoyé l’un des leur dans un profond coma et utilisé ce presque cadavre pour attirer un de leur trésor. Pour la capturer. Pour triturer son cœur et sa lumière. Pour broyer son corps de ses mains si fines et si blanches. Pour l’exposer au vu et au su de tous, crucifiée, telle le plus splendide des avertissements. Le plus ignoble également.
Nul n’était à l’abri de son regard de sang. Nul n’était à l’abris de l’assaut de l’ombre.
Et nul ne changerait cet état de fait. Ni les gardiens s’agitant mollement et vainement contre l’obscurité. Ni les êtres de lumière, bien trop occupé à essayer de survivre dans ces mondes en perditions pour songer à s’unir. Ni les princesses de cœur, trop fragiles, cœur de cristal à la fêlure si facile. Ni les porteurs de la Clef, car cette arme si fabuleusement avide de trancher les individus de son engeance qui avait le chic pour se choisir des élus de pure faiblesse. Ni même cette confrérie impie, dont les plans ambitieux et pourtant si ténus s’écroulaient à la moindre poussière dans leur engrenage trop important.

Au final, il ne resterait qu’Elle. Sa Maitresse, sa Déesse. Comme elle le souhaitait ardemment, elle régnerait dans les ténèbres des mondes engloutis. Pour l’éternité si tel était son désir. Et pour l’éternité, il serait là. Être creux et fidèle à ses ordres. Parce qu’elle l’avait voulu, parce qu’elle l’avait façonné de cette façon sans vraiment le savoir. Il serait là. Aussi longtemps qu’elle aurait besoin de lui. Parce que son existence ne tenait debout qu’à cause de son désir.
Poupée tirée par ses fils de loyauté.

Poupée qui s’était emmêlée de son propre chef, avec « plaisir ».

Ah ! S’il le pouvait… Il irait titiller cette pimbêche dans son château de lumière. Ah ! s’il le pouvait, il irait les provoquer, un peu plus, toujours un peu plus. Ah ! s’il le pouvait… Il irait mettre un grand coup de pied de la fourmilière grouillante de la lumière, pour les observer s’agiter tel un enfant cruel. S’agiter et tenter de sauver leur vie sans importance. S’il le pouvait, il irait souiller son être des fluides vitaux d’autres personnes, agrandir son armée, celle de sa déesse de l’ombre. Semer la terreur et l’horreur dans le regard des autres. S’il le pouvait… Il avait encore tant à faire… Mais non. Il ne pouvait. Il ne pouvait car un homme au visage de craie en avait décidé autrement. Même si rien ne paraissait sur son visage impassible, rien mis à part cette profonde colère à l’encontre de ce clown en sursis et pourtant déjà mort un million de fois dans son esprit, d’un million de façons différentes et toutes plus ignobles les unes que les autres. Quand il aurait mis la main dessus, l’écartèlerait-il ? Pour entendre ses membres se déchirer sous l’action des chaines. L’ébouillanterait-il ? Pour mieux entendre son râle d’agonie diminuer au fur et à mesure que sa peau se décollerait. L’enfermerait-il ? Pour mieux l’observer se ronger ses os pourris pour ne pas mourir de famine. L’empalerait-il ? Pour offrir son presque cadavre à l’appétit vorace des corbeaux vivant ici en nuée. Il y avait…tant de possibilités. L’ardente colère qu’il ressentait, qu’il ne pouvait réprimer, stimulait son imagination plus que de raison. Et ce Kefka méritait le plus longue et la plus saumâtre des morts. Que sa bouche maquillée se transforme en un rictus de souffrance. Qu’il le supplie de mettre un terme à sa vie. Qu’il le lui refuse, encore, encore et encore… Pour faire durer le « plaisir » qu’il n’avait pas. Il regretterait, mais ses regrets ne pourraient lui garantir un trépas plus doux. Oh non… que du contraire.
Même dans cet état, le cerveau du simili fourmillait, échafaudant ses plans qui ne le quittait pour ainsi dire jamais. Et pourtant, même si nulle souffrance ne se lisait sur ses traits, il n’en était rien en réalité. Lui qui n’avait qu’un corps, le ressentait pulser comme jamais. Enfiévré, souffle court à la fois de colère et de douleur, jamais il ne s’était retrouvé dans un tel état. Jamais depuis le début de sa non-vie, il n’avait ressenti cela. Quant à « l’avant », il n’existait tout bonnement pas. Mais il en faudrait plus pour l’abattre. Beaucoup, beaucoup plus. N’importe quel possesseur de cœur, s’il avait subi les délices de torture offertes par son ami au cœur volage, serait en train d’hurler à la mort. Mais lui ne pouvait, ou du moins ne voulait. Néanmoins, il faisait peine à voir, et ce pour la première fois qu’il s’en souvienne. Il ne voulait nulle compassion, il n’attendait nul geste de sa sorcière des ténèbres. Non. Il n’attendait rien d’elle. Il était là pour faire son rapport, pour lui signifiait ce qu’elle était en droit de savoir. Rien de plus. Son « temps » était trop précieux pour cela. Pour le reste, il se débrouillerait ou il en succomberait en silence.
Et pourtant… pourtant elle n’en avait pas fini avec lui. Pourtant, elle refusa de lui donner l’ordre salvateur, de le lancer à la poursuite de l’humain en fuite. Le regard rivé sur le mur du fond de l’immense salle, Il ne s’en étonna pas, car il en était incapable, mais écouta plutôt ce qu’elle avait à lui dire. De simples mots, courts, clairs et concis. Il n’avait besoin de plus. Elle s’occuperait du clown. Il obéirait. Elle ordonna qu’il la suive. Il obéissait.
Et elle s’éleva de son siège, descendant sans hâte pour rejoindre un couloir parallèle. A sa suite, il se mit debout, relâchant son petit compagnon aux yeux d’ors luisants. Flottant, Nox ne le lâchait plus d’une semelle, soucieux si cela était possible pour un sans cœur de ce feu qui étreignait le néant de son simili. Et il la suivit.

Il la suivit dans ce dédale de couloir parallèle à la grande salle. Des couloirs froids et sombres, à peine éclairés, mais également, à peine foulés. Il ne fallait pas être devin pour comprendre que bien peu de serviteur était autorisé à se rendre dans cette section du château. Non sans mal, Sly la suivait. A chaque seconde s’écoulant, c’est la chaleur de son être qui augmentait. Un brasier ardent, une inflammation comme il n’en avait jamais ressenti auparavant. Mais il la suivait. Il en avait reçu l’ordre. Jusqu’ la mort il la suivrait, si cela était son souhait. Les minutes s’égrainèrent dans un silence de plomb. Car entre le maitre et serviteur, il n’était question d’échanger de futiles banalités. Il gardait cela pour flouer ces individus de lumière. Seul le croassement du corbeau personnel de Maléfique se faisait entendre. Aller-retour, tel un vautour autour d’un cadavre, il ne cessait de venir cercler sa proie. Sentait-il la fin proche ? Peut-être. Si le simili n’en avait cure de cet oiseau, Nox restait aux aguet, prêt à enflammer le plumage d’ébène s’il osait s’approcher d’un peu trop près. Possessif le sans cœur, personne ne pouvait le toucher sauf lui. Lui… Et Maléfique, évidemment. Non pas que la petite créature s’en réjouissait de le voir aux ordres de la sorcière des ténèbres, mais plutôt que son compagnon de mort aurait pu le « haïr » s’il en venait à blesser sa chère maîtresse.
Encore maintenant, le Nocturnes rouge n’avait jamais obéi au moindre ordre de Maléfique. Elle qui menait les sans cœurs à la baguette ne semblait pas pouvoir imposer sa volonté à celui-ci. Une autre bizarrerie dans ce duo insolite, rien de plus. Les séparer revenait à signer son arrêt de mort, après tout.

Enfin, ce cortège funèbre s’arrêta face à une simple porte de bois, ressemblant à des milliers d’autres. Elle s’ouvrit d’elle-même, permettant à la sorcière de s’engouffrer la première dans la pièce noire. Quelques instants après, alors que la lumière se fit dans le lieu, un simple mot perça le voile flou qui s’emparait de sa cervelle enfiévrée. Un simple mot sur lequel il avait basé toute son existence. Fourbe. Sly. Son seul et véritable nom. Il n’en avait pas besoin d’autres, même s’il s’en parait de multiples. Seul celui-ci avait une quelconque important à ses yeux. L’appelé pénétra alors dans ce qui lui semblait être à la fois une réserve et un atelier de sorcellerie. Sur les murs de pierre couverts de suies, rangé dans un ordre connu de la seule maitresse des lieux, s’alignait bocaux et fioles aux contenus très divers. Un peu partout sur les tables et autres étagères, d’autres ingrédients se disputaient la place. Un simple regard de sa sorcière et il comprit qu’il devait s’assoir sur la chaise de bois. Il n’y avait rien à discuter, il s’assit sans un mot. Nox était toujours à sa suite, mais, dans ce lieu qu’il découvrait, il flottait çà et là, comme emplis d’une étrange curiosité pour les récipients de verre. Et le silence ne se brisa plus, sauf peut-être par les sons qu’émettait les gestes assurés de la sorcière, sauf peut-être la respiratoire lourde du corps sans coeur. Elle préparait quelque chose. Evidemment. Et lui devait attendre qu’elle termine. L’animal volant se posa face à lui, dévisageant ce visage tiré comme jamais. Mais Sly ne baissa par son regard de feu. Une seule personne pouvait lui faire cet effet, ou même les lui crever si l’envie lui prenait. Néanmoins, il se concentra sur l’oiseau, pour éviter de se perdre dans le coton qui emplissait son cerveau. Garder ses pensées en éveil devenait de plus en plus difficile pour lui. S’il avait pu, il aurait de nouveau atténué la douleur grâce à la magie d’un de ses Requiems Verts. Mais… Il ne pouvait. C’était rare qu’il l’admette, mais, dans son état, il ne se risquerait pas à user de ses dons pour les ténèbres. L’obscurité était une chose vorace et capricieuse. Si l’un de ses manieurs montrait un semblant de faiblesse, cela pourrait le conduire vers un gouffre sans fond et sans espoir. Familier ? Oh que oui… Mais il ne pouvait retourner se lover dans la noirceur, pas avant d’avoir emplis son devoir. Aussi, il décida de ne pas tenter le diable, au risque d’y rester d’une autre façon.
Sa préparation terminée, la sorcière revint vers lui. Son regard d’or le perçait de part en part, comme si elle pouvait voir et lire au travers de ses os. Le simili ne doutait pas que c’était bien le cas. Il n’avait pour ainsi dire aucun secret pour cette femme, car un lien bien plus fort que la mort elle-même les liait, selon lui. C’était elle qui l’avait dotée de ténèbres, basculant la neutralité de l’être du néant vers la malignité. Uniquement parce que lui l’avait voulu, pour la servir au mieux. Deux simples mots s’échappèrent de ses lèvres, sur un ton lui prouvant qu’elle désapprouvait cela. Colère… Le simili n’en fut pas étonné, pas plus qu’il arbora une quelconque culpabilité. Il était vrai qu’il devait désormais composer avec une chose qu’il ne pensait plus jamais ressentir : un sentiment. Un véritable sentiment de colère, celle qui brouille le jugement, celle qui apporte la rage et la précipitation. Celle qui s’était éveillée à la seconde où il avait été informé des blessures de sa maitresse. Colère… Le choc premier de la redécouverte de ce qui l’entrainait de plus en plus vers l’humanité passé, il avait pressenti qu’il se devrait de la contenir, pour la relâcher au moment opportun. Sur ce clown évidemment. Mais de ces deux simples mots, il comprit que ce n’était pas ce qu’elle voulait. Non, Maléfique ne voulait qu’un serviteur creux et infaillible. Et ce début d’humanité amenait avec lui son lot d’erreur potentiel. Sly lui sourit alors, comme il avait l’habitude de faire. Un sourire d’ange, un masque de lumière dont lui avait le secret. Il acquiesça ensuite avant de lui répondre.

« Elle disparaitra, puisqu’il s’agit de votre désir. »

Il n’avait rien d’autre à ajouter à ses propos si rarement sincère. Puisqu’elle le souhaitait, il combattrait ce sentiment. De loin, presque collé au plafond, le Nocturnes n’avait rien perdu de la scène. Observant de son regard luisant la scène, presque comme s’il comprenait la gravité de la discussion. Était-il soulagé, ou impassible ? Comprenait-il vraiment ? Peut-être, peut-être pas. Peut-être ne guettait-il qu’un quelconque acte de violence de la sorcière envers son partenaire. Car si elle avait décidé d’en finir avec sa vie, il en serait de même pour la sienne.

Et cela ne pouvait arriver.

Et cela ne devait arriver.

Tel en était le souhait gravé.

Maléfique lui tendit alors une simple fiole de verre. Était-ce ce qu’elle avait préparé tout ce temps ? Sans doute. Le simili s’en saisit et en inspecta rapidement le contenu au travers de la paroi. Un liquide translucide, l’ordre était clair même si aucun autre mot ne vint se faire entendre. Elle voulait qu’elle le boive. Il obéirait. Cela pouvait-être autant un poison qu’un remède, ou peut-être même juste de l’eau, il le boirait. Même si cela devait en finir avec sa non-vie. Il n’essaya pas de deviner ses intentions, car cela était inutile, et la laissa rejoindre la sortie observant cette apparition de l’ombre. D’autres paroles, presque des menaces, mais rien ne fit s’effacer son sourire. Sourire du condamné ou simplement sourire de celui qui ne pouvait arborer l’angoisse, puisqu’il ne pouvait la ressentir. Tout ça, il le savait déjà. Non qu’elle le lui répétait souvent, au contraire, mais plutôt que c’était une règle tacite qu’il s’était imposé à lui-même. Une règle qu’il lui rappela.

« Si cela devait arriver, j’en finirais moi-même. Ne prenez pas cette peine. »

Une fois encore, ce n’était que l’éclatante vérité. Si les plans de sa maitresse se voyaient gâché par son intervention, c’est qu’il ne devenait plus d’aucune utilité pour elle. Et alors, une seule issue s’imposerait à son existence : la mort. A la seconde où il se rendrait compte de son inutilité, c’est son poignard acéré qui transpercerait sa gorge délicate. Et elle sortit de la pièce, le laissant seul avec son petit sans cœur de flamme.

Sans plus de cérémonie, il déboucha la fiole de verre. Une odeur âcre emplis ses poumons, promettant un gout des plus désagréable à la mixture. Mais c’est d’une traite qu’il l’avala. Sur son passage, le liquide semblant d’acide réveilla ses douleurs, titillant chacun des coupures que le verre avait ouvertes sur le chemin de son estomac. Les rouvrant parfois, les brulant le plus souvent, le gout de fer de son sang se mêla à l’amertume du mélange. A peine quelques instants après, une douleur plus violente encore lui secoua le ventre, le forçant à se crisper, le forçant à se plier en deux, le réflexe ne pouvant être surpassé par les ordres directs de son cerveau. Le feu de son corps s’amplifia comme jamais, carbonisant ses membres, finissant d’emporter son esprit dans les limbes cotonneux. Et au milieu de tout cela, occulté, des picotements de glace émergeait de ses doigts. Légers, si légers, et pourtant chargé d’une force qu’il n’avait même jamais soupçonné, s’en pensant dépourvu définitivement. C’était si léger qu’il ne le remarqua pas de suite, mais c’était bien un souffle de magie qu’il exhalait. Il n’émettait d’autres sons que celui de sa respiration s’accélérant à chaque instant, son souffle cherchant un emplir sa personne d’un maximum d’air. Désorienté par la sensation subite, violente comme jamais, il s’écroula sur le sol, lâchant ce récipient de verre. Mais celui-ci ne vint jamais rejoindre le sol. Oh non. Bizarrerie parmi bizarrerie, la fiole vidée flottait magiquement à mi-chemin, stoppée en plein vol, immobile. Difficilement, son ventre secoué de spasmes, il se traina au pied de la table la plus proche. Était-ce par soucis de ne pas souiller plus l’endroit, ou pour ne pas embarrasser sa maitresse ? Peut-être n’était-ce qu’un retour de manières apprises dans une ancienne vie pourtant sans importance, le retour d’un ancien reflexe. Sa main rejoignit un seau de bois semblant vide qu’il approcha de lui.

Et il y rendit tout le contenu de son estomac. Toute la bile, le sang et les organes de ce serpent qu’on lui avait forcé à ingérer. Toute cette mixture même pas digérée où se mêlait des échardes de verres dangereuses et effilées. Les sentir remonter en sens inverse avait été loin d’être agréable. Très loin. Presque aussi pire que leur première descente.
Le simili affaiblit se recroquevilla sur lui-même, maintenant son ventre de ses bras. Pris au dépourvu, Nox en semblait presque choqué. A la seconde où son allié s’était écroulé, il l’avait rejoint. Paniqué, il se poussait contre lui, tournoyait autour de lui, s’enflammait pour lui. Lui, et toujours lui. Car seul ce simili avait de l’importance. Mais il n’était qu’un spectateur impuissant dans cette scène inédite. Jamais, jamais il n’avait vu ce corps sans cœur dans un tel état. Jamais. Jamais il n’avait ressenti une telle détresse de ne pouvoir rien y faire. Jamais. Était-ce déjà la fin ? Mais cela ne pouvait être la fin. Non, aucun d’eux n’avait le droit de mourir, du moins de terminer sa non-vie. Non, aucun.

Pas selon le serment gravé.

Au bord de l’inconscience, il ne serait jamais venu à l’esprit de Sly de demander de l’aide. Même si sa maitresse était à portée de voix, jamais il ne l’aurait appelée. De son corps bouillonnant de l’intérieur, une vague glaciale émergea. Il ne savait ce que s’était, il ne savait pourquoi ça lui arrivait, il ne savait rien de tout ça, si ce n’était ce danger interne qu’il pressentait. Il leva une main tremblante et saisit le Nocturnes rouge qui ne se débattit pas le moins du monde. Et dans un souffle de voix, puisqu’il ne voulait alerter personne d’autre, il ordonna.

« Fuis. »

Avant d’user de ses forces affaiblies pour projeter l’ombre vers la sortie. Nox ne put même pas protester comme il en avait pourtant l’habitude. La seconde d’après, la vague glaciale perça le contrôle incertain du corps, et une onde de magie emplis la pièce. Nets, les flammes des torches, et autres bougies se stoppèrent. Nets, la fumée qu’elles dégageaient s’arrêtèrent. Le tableau se figea. Aucun son, aucun craquement du bois, aucun bris de verre. Rien. Rien si ce n’était la respiration lourde d’un être qui n’en était pas vraiment un.
Le sans cœur désemparé sut d’instinct qu’il ne pourrait le rejoindre. Et il fit ce qu’il n’avait encore jamais fait auparavant, il fit sortir Sly de son champ de vision. Le plus rapidement possible, il alla rejoindre la sorcière des ténèbres. Il ne savait si elle avait ressenti ou entendu quoique ce soit, mais si quelqu’un pouvait bien venir en aide à son compagnon, c’était bien elle. Dissident qu’il était pour une ombre, il passa en trombe à côté de la silhouette de noirceur et se stoppa pour lui bloquer le chemin. C’était risqué, elle pouvait très bien en finir avec lui mais l’heure était trop grave. Affolé, tournoyant, il essaya par son petit corps de l’inciter à faire demi-tour, de l’inciter à retourner dans la pièce non loin. Il n’était pas certain qu’elle le comprenne bien, aussi, il s’enflamma et s’approcha du mur de pierre le plus proche. Et de la suie de ses flammes, grave sur le gris un seul et simple mot.

« Sly ».

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Maléfique
MessageSujet: Re: Mon petit est rentré. • Pv. Sly Lun 4 Juil - 20:23
Mon petit est rentré.

Il faut savoir garder de côté ses colères pour savoir écouter..

Son brave roquet était rentré en piteux état. Mais loin de s’en soucier, Maléfique alla droit au but avec lui. Comme toujours. Le temps n’était pas quelque chose qu’elle laissait filer facilement. La sorcière apprit donc l’identité de son voleur de Roi. Kefka. Elle devait se graver ce nom dans sa mémoire. Lui trouver une place de choix dans son tableau de chasse. Elle ne voulait sûrement que sa mort maintenant. Pourtant, elle ne laissa rien transparaître et demanda à son valet de la suivre. Il la suffit sans un mot vers une salle où elle entreposait différentes choses pour ses potions et autres fioles étranges. Toujours en silence, elle lui concocta une mixture qu’elle lui tendit rapidement en prenant bien soin de lui avouer ce qui allait lui arriver s’il était un poids dans ses plans. La réponse du jeune homme ne put que la satisfaire vu son regard perçant et son rictus. Elle se retourna, preuve que nous allions sortir. Sans plus de cérémonie, elle quitta la pièce pour retourner sur son trône.

Néanmoins, pendant sa marche, je crus la sentir tendu. Mais elle n’y fit pas plus attention que ça. Nous étions si bien partis. Le laisser en arrière pour moi ne me faisait ni chaud ni froid. Je m’en fichais pas de savoir si le chien suivait son Maître. De retour sur l’épaule de Maléfique, je fixais la porte devant nous. Pour sa part, après avoir laissé son Simili tout seul, elle comptait à première vue retourner à ses affaires en silence. Cela aurait bien pu arriver si une tâche n’était pas passée à toute vitesse près de nous pour s’arrêter devant le regard de serpent de la sorcière. La bestiole de Sly. Son sans-cœur de malheur. Cette créature prête à cramer n’importe qui. Pourquoi est-ce qu’elle n’était pas avec son compagnon ? Et pourquoi était-il si agité ? C’était sans doute la première fois que je voyais un être des Ténèbres avoir ce genre de réaction. Je tournais alors la tête vers Maléfique pour voir sa réaction. Son visage était de marbre. À en croire ses actions, il voulait avoir son attention. Elle le fixait sans rien dire. Attendant une explication à ce qu’il lui arrivait. Puis la réponse tomba. Sur la pierre un nom apparu.

▬ Sly.


Sans un mot, elle se retourna vers la pièce qu’elle venait de quitter. Son mouvement fut tellement ample que je dus prendre mon envol. Ma Maîtresse se pressa. Pas au point de courir ni au point de marcher. Lorsqu’elle arriva finalement à la porte, pour la première de ma vie je la vis avec une expression si longtemps oubliée. Une main sur le battant de la porte, elle lâcha son bâton pour entrer rapidement dans la pièce. Je me précipitais à sa suite mais la porte fut claquée par une force inconnue. En regardant à terre, je vis les Ténèbres s’échapper des coins et du bas de porte. J’émis un croassement mais sans comprendre, deux Sans-Cœurs firent leurs apparitions à côté de moi. Je fis un mouvement de recul. Ils ressemblaient plus à des gardiens qu’à deux combattants.

J’aurais dû m’en douter Sly. Cet excès de magie. Je n’avais pas eu tort. Il ne te quitte jamais d’habitude. Alors pourquoi venir me voir ? Après tout, mes pouvoirs n’ont aucun effet sur lui. Je l’ai donc laissé m’expliquer son agitation sans comprendre vraiment pourquoi. D’habitude, les êtres humains m’importent peu. Alors un Sans-Cœur. Pourtant, lorsqu’il a laissé ton nom sur le mur, j’ai cru replonger dans une époque que j’aurais voulu oublier. Le moment où j’ai perdu mon monde. Ma forêt. Mon peuple qui était aussi mes amis. J’ai donc rebroussé chemin et me voilà devant toi. Tu ressembles à une si petite chose. Un enfant fragile. La première chose qui me surprend en entrant n’est autre que la pièce elle-même. Le temps est arrêté. J’approche lentement une main à une torche. Pas même mon contact ne fait bouger la flamme. Mes sourcils se froncent et j’entends dans le couloir l’arrivé de Diablo. Sans attendre, je dégage mon pouvoir pour sceller la porte et m’approche finalement de toi.

Je te regarde d’abord. Tu as souffert à cause de ma potion mais il le fallait. Tu as rendu le principal à côté de toi mais rien ne dit que tout est parti. C’est donc ainsi que je décide de te soulever et t’allonger sur une table dans un coin. Sans attendre, je te mets sur le côté et me penche. Ma main se lève et les Ténèbres se forment au bout de mes doigts. Je guide le fin nuage dans ta bouche. Je ne souhaite pas que tu meurs. Je sens mon pouvoir entrer en toi. S’infiltrer et se guider vers ton mal. Je sens la corruption dans ton être mais il n’y a plus rien. Je me redresse finalement et passe mon autre main dans tes cheveux. Tu as l’air tellement fragile. Toi qui ne lâche jamais un sourire, te voilà grave et affaibli. Sly…

Sans un mot, mon attention se porte sur la pièce et je m’avance vers la fenêtre. Entre temps, je me baisse pour ramasser la fiole figée dans les airs. Je la serre dans ma main avant de la regarder. Le temps est arrêté. La vie n’existe plus dans cette pièce. Mon regard scrute l’horizon. Mes pensées sont ailleurs. Quelque part. Dans un geste de ma part, la fiole présente dans ma paume se brise. Cette fois, les bouts de verre tombent et je regarde mon propre sang. C’est la première fois que je le vois depuis si longtemps. Mais je n’ai pas mal. Mon attention se porte alors à la porte. Derrière, des croassements de plus en plus virulents se font attendre. Il n’est pas heureux mais je n’ai pas envie qu’on me dérange. Dans un geste du poignet, j’entends un étouffement. Je ne le tue pas. Je le fais taire. J’ai besoin de silence pour réfléchir. Subitement, je me rapproche de toi, mon protégé, et étrangement, je sens remonter en moi des sentiments que j’avais oublié avec le temps. Je m’apprête à te toucher de nouveau quand je m’arrête à hauteur de ton visage. Une faiblesse. C’est à contre cœur que m’éloigne encore de toi.

Finalement, je me décide de te préparer une nouvelle fiole. Cette fois, cela va t’aider de l’intérieur. Calmer la blessure, le Mal. Lorsque je termine, mes pas me mènent à toi et je dépose la fiole à tes côtés. Ma tâche est accomplie. Maintenant survis.


La porte se rouvrit. Maléfique en sortit rapidement. Son bâton vola à elle grâce à un nuage de Ténèbres et elle s’avança vers nous. Son regard était étonnamment étrange. J’avais l’impression de me regard dans un miroir. En silence, les sans-cœurs m’ayant capturé et fait taire disparurent lorsqu’elle les dépassa. La bestiole de Sly se rua dans la pièce pendant que je me contentais de fixer son immense dos. Prenant un peu d’élan, je prends mon envol pour prendre place sur son épaule. Je n’ose savoir ce qu’il sait passer. Mais en la détaillant, je remarque que sa paume tenant son sceptre est en sang. Je me retournais vers la pièce et à ce moment-là, Ma Maîtresse bifurqua dans une autre aile du château. Elle s’éloignait de son trône… À en croire ses pas, elle se dirigeait vers la terrasse qui donnait sur les plaines et au loin, je me souvenais qu’on pouvait voir le château des Humains. Elle avait fait pareil le jour de la trahison de son homme aimé.

Elle resta planter devant le paysage aussi longtemps que la journée le lui permettait. Lorsque son regard bifurqua finalement vers moi, le soleil déclinait déjà depuis une bonne heure. Les éclats rougeâtres et orangés de l’astre projetés sur le visage de la sorcière une aura particulière. Si je ne savais qui elle était, je me serais dit que son expression était à la fois triste et blessée... 


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MessageSujet: Re: Mon petit est rentré. • Pv. Sly Sam 17 Sep - 19:13
« Où suis-je ? » se demanda l’être. Doucement, il regarda autour de lui, son champ de vision était brouillé, flou, comme s’il ne pouvait percevoir au-delà de sa propre personne. Tout était plongé dans un kaléidoscope de couleurs affadies et sans intérêt. Mais néanmoins, il plissa les yeux, tentant de distinguer ce qui ne pouvait l’être. Peine perdue, rien ne se dévoila à son regard. Aucun indice, aucun objet concret. Mais, aucune panique ne vint l’étreindre, ne pas savoir cette information-là ne l’atteignait tout simplement pas le moins du monde. S’en était étrange, si étrange. Où était cet être ? Dans quel monde ? Était-il de lumière ou de ténèbres ? Mollement, l’être leva ce qui se révéla être une main et toucha ce qui lui sembla être son visage. Oui, si le lieu où il se trouvait était froid et cotonneux, sa peau à lui était douce et chaude, son contact concret et rassurant. « Est-ce moi ? » se demanda l’être tout en continuant l’exploration de cette soie de chaleur. Un nez, une bouche, deux yeux et autant d’oreilles, une touffe de cheveux. C’était bel et bien un visage. Et cette chose, pourvue de cinq doigts, c’était bel et bien une main. Sa main. Blanche, si blanche. Petite, si petite. Il la contempla longuement, en scruta toutes les coutures. Elle répondait bien à ses ordres qu’il énonçait sans le faire. Ceci fait, il baissa le regard. Cette main, sa main, était attachée à un corps. Son corps. Blanc, si blanc. Petit, si petit. « Oui, c’est moi. Je reconnais ces bras, ces jambes. Ceci est mon corps » se dit l’être. Mais le monde était toujours plongé dans le coton de couleurs fades.
Soudain, une autre sensation. Enorme sensation, et pourtant loin d’être désagréable. Quelque chose de moelleux. Il était sur quelque chose, ou plutôt, couché sur quelque chose. Un voile bleuté et tacheté reposant sur un rectangle confortable. Et lui, l’être, était couché dessus. Un son lui parvint alors. Régulier, lent, il ne s’en était aperçu au premier abord. « Qu’est-ce que c’est ? » se demanda l’être. Il tourna son visage à gauche, à droite, sans jamais se décoller de l’oreiller, mais partout, la même scène, le même mélange de couleur se répétant à l’infini. Il ouvrit la bouche et laissa s’échapper un mince filet d’air. Ne pas savoir était désagréable. Il n’aimait pas ne pas savoir. Le son ne cessa pas. Lent. Régulier. Le son ne s’accéléra pas. Lent. Régulier. Le son n’était pas non plus désagréable. Il était familier, comme s’il avait toujours accompagné l’être, comme s’il l’accompagnerait toujours. Et pourtant, il avait l’impression que le son pouvait flancher à n’importe quel instant. Ne pas savoir était si désagréable. Prêt à se résigner, l’être déposa sa main sur sa poitrine se soulevant à intervalles lents, réguliers. Et le son se répercuta jusque dans la moelle de ses doigts fins, si fins. Dans un premier temps, il en fut surpris, même s’il resta immobile. « Quelque chose dans ma poitrine fait ce bruit. » se dit alors l’être. C’était étrange, si étrange. Pourquoi produisait-il un tel bruit ? « C’est mon cœur, j’en ai besoin pour vivre. » conclu l’être sans l’énoncer. Oui, ce qui faisait ce bruit lent, régulier, n’était autre que son cœur, logé dans sa poitrine. S’il avait un cœur, s’il avait un corps, c’est qu’il était en vie, dans ce monde inconnu et flou. En vie…C’est un concept si compliqué. Trop compliqué. Amenant trop de questions. « Je suis fatigué… » Ah… Comme ce corps pouvait être lourd, si lourd… Bouger ainsi son bras l’avait épuisé. Observer ainsi l’avait épuisé. Il referma ses paupières, masqua le kaléidoscope qu’il ne pouvait percevoir de toute façon.
Pourquoi lutter ? Ce monde n’avait rien à lui offrir de toute façon. Le noir était tout aussi intéressant, alors pourquoi se fatiguerait-il à observer ? Alors que, petit à petit, il sombrait vers un repos qu’il ne semblait même pas avoir quitté, un autre son lui parvint. Fort. Sec. Soudain. Il disparut tout aussi rapidement qu’il arriva. Mais il était trop fatigué pour s’en soucier, pour réagir. L’être garda les yeux clos. D’autres bruits. Pourquoi cette agitation soudaine autour de lui ? Lui qui n’avait été que dans le calme jusqu’à présent. Mais il était trop fatigué pour contempler ce qui se déroulait autour de lui. Quelque chose le toucha. Doucement, il sentit cinq doigts grands, plus grand que les siens, saisir son bras. Le contact était chaud, et, malgré tout, presque délicat. Il se força à rouvrir les yeux pour n’apercevoir qu’une silhouette perdue dans la brume. Seule sa main lui était concrète.

« …veillé ? …tends ? » dit la voix.

Elle était douce, cette voix. Il la connaissait, cette voix. Il l’avait attendue, cette voix. L’être acquiesça doucement d’un geste de la tête. Il ressentit ce soupir de soulagement sur sa peau nue, ainsi que la douleur sourde et soudaine qui suivit. Il grimaça, mais à peine était-elle arrivé qu’elle disparut ne laissant qu’une sensation glaciale derrière elle. Le froid se répandit peu à peu sous sa peau, piquant le bout des doigts, revigorant les fibres éteintes de son être. Les minutes s’égrenèrent, lentes et pourtant si rapide. Petit à petit, il reprenait maitrise de ses sensations. Tout n’était plus si froid, si cotonneux. Des forces lui revint, et sa vision qui n’avait été qu’un océan de flou se fit enfin concrète. Ainsi, ce qui n’avait été qu’un mélange sans éclat lui parvint clairement. Une myriade de points clair, parfois petits, parfois plus gros, parfois pourvus de fines branches, couchés sur un lit d’obscurité bleutée tirant vers le noir. Blanc, jaune, rouge, vert, les couleurs désormais chatoyantes ne se mêlaient plus en un tout sans fondement. Une fois, deux fois, ses paupières se rabattirent sur ses yeux, rendant de plus en plus nette la scène. Une galaxie, ce plafond représentait une galaxie, de celle où tous les êtres vivent. De celles où les mondes, ilots de clartés, s’étaient perdus il y a de cela des lustres dans une mer de ténèbres. Vie si ténue et fragile, qu’un souffle pouvait les faire basculer vers le néant le plus total. S’appuyant sur ses bras, l’être tenta de se redresser mais, à peine put-il apercevoir la brique du mur que le monde se fit de nouveau kaléidoscope et il retomba lourdement sur son matelas. Il était pourtant persuadé d’y être parvenu, de s’être élevé un instant avant de reprendre sa position couchée. Déçu, il tourna la tête vers la silhouette à ses côtés, immobiles depuis tout ce temps. Elle avait lâché son bras mais il lui semblait qu’elle lui souriait doucement, rassurante. Ce sourire s’élargit, cette bouche s’ouvrit alors, et la voix se fit à nouveau entendre, plus claire, plus nette.

« Tu m’as fait peur, tu sais. » Elle passa une main dans les cheveux de l’être. « Tu sais pourtant que tu ne dois pas faire ça sans moi… C’est dangereux. »

Une seconde, il la regarda, interrogatif. De quoi parlait-elle ? Que savait-elle que lui non ? Ne pas savoir était tellement désagréable… Bien que plus alerte qu’il y a quelque instant, il n’arrivait à se souvenir de ce qu’elle faisait allusion. Pourtant, il prit la parole, du moins essaya. Son premier essai se solda par un silence sifflant et il porta sa main à sa gorge affaiblie et sèche. « Combien de temps ? » se demanda alors l’être. Et sa main se déporta sur son front. Il fronça les sourcils, persuadé d’avoir pensé à l’impossible, à l’irréalisable. Il lui semblait qu’un étau l’avait étreint un instant. Mais la voix stoppa net ses pensées.

« Tu as soif ? Ne t’en fait pas, je m’occupe de ça »

Simplement, la silhouette se redressa. Elle était grande, bien plus grande que lui, qui était si petit, si faible. Mais, avant de la laisser, elle se pencha brièvement en avant et une douce chaleur émergea à l’endroit où elle déposa ses lèvres rosées. De la même teinte, l’être sourit et le monde lui sembla plus brillant.

« Arrête ! »

Avant de s’affadir de nouveau. Surpris par ce ton si brusque, par son mouvement de recul, il en perdit son mince sourire. Quelle était cette étrange expression qu’il peinait à déchiffrer sur ce visage autrefois rassurant ? Avait-il mal fait ? Mais qu’avait-il fait en premier lieu ? Une nouvelle fois, la silhouette s’approcha, et posant une lourde paume sur sa frêle poitrine. Si lourde, comme si elle souhaitait stopper le chant régulier de ses poumons. Il en eut presque le souffle coupé.

« Tu ne dois pas. C’est trop tôt. » Il acquiesça d’un petit geste de tête. Elle reprit son air rassurant. « Bien, je ne peux pas risquer de te perdre maintenant. Tu m’es trop précieux. »

Et elle disparut aussi simplement qu’elle était venue, laissant l’être de nouveau seul avec lui-même, avec ses questions, avec son cerveau encore un peu déphasé. « Où est cet endroit ? Pourquoi suis-je ici ? Pourquoi suis-je si faible ? » se demanda l’être, un peu perdu. Et pourquoi avait-il l’impression d’avoir quelque chose d’important à faire. De tellement important… sans savoir ce que cela pouvait bien être. Si important, il devait partir, accomplir cet objectif sibyllin. Pour qui, pour quoi, il ne le savait, juste qu’il le devait. Le temps passa encore, sans qu’il ne cherche à le comptabiliser. La silhouette revint enfin, souriante, comme toujours. A sa main, un verre translucide contenant un liquide qui ne l’était point. Noir, si noir…presque mouvant d’une volonté qui lui était propre. Elle revint à ses côtés et se mit à sa hauteur. Doucement, son autre main vint se caler à l’arrière de sa nuque et elle l’inclina, tout en le redressant quelque peu. Elle approcha le verre contenant ce liquide si noir qu’il semblait absorber toute lumière autour de lui. Interrogatif, il jeta un coup d’œil vers elle.

« C’est de l’eau. Allez, bois. »

Mais cela ressemblait à tout sauf à de l’eau. L’eau est transparente, fraiche. Cette chose est sombre, noire et inquiétant, presque vivante. L’être essaya de lutter, il repoussa de toutes ses forces le bras tendu face à lui mais pu à peine y provoquer un soubresaut. Il finit par se figer, et laissa retomber mollement ses membres sur le voile de coton. A quoi bon lutter ? Cela était inutile. Puis... Il avait confiance en elle, non ? L’étrange liquide charbonneux pénétra son organisme. Il n’avait pas véritablement de goût et, malgré son aspect, ce fut comme s’il avait repris sa place véritable, comme s’il avait toujours été une partie de lui et qu’il le serait toujours. Une sensation chaude, presque réconfortante, naquit au creux de son estomac. Il posa sa main dessus, comme pour la conserver pour toujours. La silhouette quitta de nouveau son champ de vision sans qu’il ne comprenne pourquoi. Pourtant, elle était toujours proche de lui, il le savait, il le sentait. Elle était là et le serait toujours. Elle ne pouvait le quitter et il n’imaginait pas continuer sans elle. De nouveau, un bruit soudain et fort. Celui du verre rencontrant vivement une surface dure. Il sursauta faiblement et tourna son visage en direction de la brusquerie. Rien. Rien si ce n’était une légère tache rouge souillant le sol. Une tâche qui le fit s’agiter parce qu’elle ne pouvait exister. Une question de plus à ajouter. Il y en avait de trop... et il était si fatigué... Et sa gorge était toujours aussi sèche et brulante... résonnant avec cet étau soudain martelant son crâne. Où était-elle ? Son souffle sifflant l’appelait en vain sans jamais réussir à formuler son nom. Où était-elle ? Le claquement de la porte revint. Où était-elle ? Il avait besoin... besoin de sa présence.

Son regard se figea alors.

Une petite boule incandescente venait d’entrer en trombe dans la pièce. Pour le rejoindre, pour frotter vigoureusement son petit visage noir percé de deux yeux jaunes contre sa faible poitrine.

L’être écarquilla les yeux et prononça doucement.

« Nox »

****

A l’instant même où la maitresse de son compagnon referma la porte sur lui, le petit sans cœur fut pris d’une panique immense. Jamais, jamais il n’avait encore été séparé de lui de la sorte. Jamais, jamais il n’avait cru que ce jour arriverait un jour. Choqué, s’il pouvait seulement l’être, son petit corps se fracassa une première fois contre l’obstacle de bois. Puis une seconde. Puis une troisième. Encore, encore, et encore, sans cesse, il essaya de renverser cette porte, de rejoindre celui sans qui il ne pourrait être. Jamais il n’avait été séparé de lui. Jamais il ne devait être séparé de lui. Il...Il avait besoin de lui. Il en avait besoin... Fort, si fort... Comme s’il ne sentait pas son état, sa fièvre, son délire. Une quatrième fois, une cinquième fois, la panique se mua petit à petit en une sourde et lourde colère, pour peu qu’il puisse véritablement la ressentir. Personne... Personne n’avait le droit de les séparer. Maitresse ou non, Sorcière ou non, Personne ne le pouvait, car jamais le nocturnes ne pouvait être séparé de lui. Comment avait-elle pu ?! L’idée même l’angoissait, et cette situation finirait par le tuer. Mais ils ne pouvaient mourir. Non, ni l’un, ni l’autre. Ce n’était pas ce qu’il avait souhaité. Il s’enflamma, même si rien n’y fit. Jamais le bois ne fut endommagé par ces faibles flammèches. Il était juste trop faible pour le rejoindre. Peu importait qu’il s’abime sur l’infranchissable obstacle. Peu importait que l’agaçante bestiole croassant en subissait l’amère et ténébreuse conséquence. Il devait entrer.

À l’instant même où la porte s’ouvrit en grand, Nox se jeta sur le corps enfiévré de son frère de mort. Son regard jaune s’écarquilla en se rendant compte de cette respiration lente, régulière, ne signifiant qu’une et une seule chose : son inconscience. Et cette répugnante fausse lumière qu’il exaltait... Il ne le pouvait, il ne le pouvait ! Comme il le faisait à chaque fois, le sans cœur se souleva dans les airs, avant de se laisser le plus lourdement possible retomber sur son simili. Une fois suffit.

Et c’est avec soulagement qu’il aperçut de lourdes paupières dévoiler deux yeux de sang.

Et c’est avec soulagement qu’il entendit son nom, celui qu’il lui avait donné.

« Nox »

****
Dans un sursaut, Sly avait ouvert les yeux. A peine ce simple mot prononcé, il se redressa et sa bouche s’entrouvrit une fois encore pour emplir avidement ses poumons d’oxygène. Il agrippa violemment l’emplacement de son cœur, repoussant sans le vouloir le sans cœur venu se rassurer sur lui, bien que ce dernier revint rapidement se blottir contre son cou. Un instant, son organisme s’emballa et son regard se fixa dans le vague. En alerte, il concentra ses sens sur les sensations secouant sa poitrine et en calma ses soubresauts.... Rien. Aucun son, aucune résonnance dans le creux de ses doigts, rien ne sortant de l’organique. Rien... Il sourit doucement. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il n’était qu’une engeance du néant et rien n’y changerait jamais. Son souffle crépita quelques instants avant de recracher une volute noire comme de l’encre. Il l’observa s’élever, tout en déplaçant sa main sur son estomac affaibli. Ça... Il les reconnaitrait entre mille. C’était les siennes, ses ténèbres malsaines qu’il avait embrassées de son plein gré. Et cette fiole à ses côtés. Il reconnut de suite l’œuvre de la sorcière. Sans plus de cérémonie, il s’en empara et en avala le contenu d’une traite. Pour le reste, il laisserait le produit agir.

Elle... était intervenue ? ... Pour lui ? Il n’en demandait pas tant. Mais... Si elle l’avait fait, c’est bien qu’elle lui trouvait encore une utilité et cette simple perspective suffisait à renforcer sa détermination déjà inébranlable. Elle avait encore besoin de lui ? Alors il se ferait le plus zélé des esclaves. Pour que jamais, elle ne trouve à redire. Pour que jamais, il ne puisse la décevoir. Il observa son environnement immédiat. Il se trouvait désormais en hauteur, sur la table surplombant l’endroit où il s’était écroulé. Mais il s’arrêta plus particulièrement sur les quelques gouttes ensanglantées souillant le sol de pierre. Du sang... Et cette désagréable impression qu’il ne s’agissait pas du sien... Son sourire s’effaça dans une grimace de désapprobation. Le simple fait qu’il puisse s’agir de celui de sa maitresse le répugnait au plus haut point. Une douleur plus vive aggrava sa grimace. Ah... comme son corps pouvait le faire souffrir... Comme jamais dans sa non-vie. Ah... il souhaitait à cet instant plonger ses mains dans les intestins fumants de ce clown blanc qui l’avait conduit à cet état pitoyable. Malgré ça, il ne pouvait que lui reconnaitre un certain talent pour leur « passion » commune. Peut-être un peu trop grossier à son goût, mais diablement efficace, il n’en doutait pas. Dire que Maléfique avait dû intervenir pour accélérer sa guérison. Combien d’humain avait hurlé à la mort dans cette salle souillée et rougie de sang ? Beaucoup... définitivement, beaucoup. Mais, l’homme dissocié n’avait pu lui arracher la moindre information, alors que le simili en avait récupéré de capitales. Le résultat était là.

Encore un peu étourdit, bien qu’il sentait déjà sa fièvre et son malaise s’amoindrir, il se recoucha sur la table de bois. Pensif, il fixait un point perdu dans le vague. Même s’il ne voulait l’admettre, son « rêve », ce fantôme d’un passé qui n’aurait dû existait, lui revenait en mémoire. Alors qu’habituellement il écartait ce genre de pensées, il prit le temps de s’y arrêter. Ces... bribes avaient rarement été aussi précises, tout comme ces sensations désagréables dans sa poitrine. D’habitude, il avait le contrôle de ses pensées et se faisait le spectateur extérieur d’un spectacle pitoyable. Mais pas cette fois. Il avait été pris, il était devenu acteur, s’interrogeant sur ce qui ne lui revenait en mémoire. Et puis, cette silhouette floue, ce lieu, cette voix réconfortante. Il avait l’impression ignoble de les connaitre sans jamais les avoir rencontrés. Dire que cette ‘personne’ avait été quelqu’un d’important à une époque.

Et ça le répugnait.

Comment cet « ancien lui » avait pu s’enticher d’un être autre que sa Déesse de l’obscurité ? Comment avait-il pu se retrouver dans cet état de faiblesse intense ? Et ces mots... « trop précieux », pour qui ? pour quoi ? « Trop tôt » ...Pourquoi ? Loin de s’intéresser véritablement à son passé, il se demandait si cela pouvait affecter d’une quelconque manière son loyauté indéfectible. Ah... il détestait ne pas savoir... et cette vision amenait d’autres questions auxquelles il n’avait de réponse. Avec une douceur infinie, Sly s’empara de son petit sans cœur rougeâtre et amena son regard jaune à la rencontre du sien. Ce regard qui lui sembla si inquiet...

« Tu sais qui c’est ? » Il ne doutait pas que son compagnon savait à qui il faisait allusion. Ce dernier secoua vigoureusement la tête, alerté par la question. Pourquoi la lui poser maintenant, après tout ce temps ? « Vraiment ? J’aurai cru... » Il marqua une pause, pendant laquelle Nox se débattit suffisamment pour briser la prise. « Hey, doucement ! Je sais que tu n’aimes pas ça, je m’en serais bien passé aussi ! » Il rejoignit sa poitrine avant de s’enflammer, signe qu’il souhaitait ‘détruire’ quelque chose à l’intérieur. Bien que légèrement brulé, le simili ne réagit pas. « Je sais, je l’ai encore emmené... » Il posa sa main sur la petite gerbe de flamme qui se calma directement. Il se concentra un instant, et brisa l’aura de lumière qu’il avait ‘ramené’ du passé. « Mieux ? » Le Nocturnes acquiesça.

Durant un moment qu’il ne put comptabiliser, le duo infernal resta allongé. Pensivement, l’engeance du néant caressait la petite créature des ténèbres lovée contre lui. S’il n’y avait eu que ces questions, il aurait pu les balayer d’un revers de main. Mais... Il y avait autre chose. Il lui suffisait de tendre l’oreille, d’observer un peu. Cette pièce était silencieuse. Trop silencieuse. Il n’y avait nul crépitement provenant des torches, pas plus qu’un vacillement de ces dernières. Elles s’étaient... stoppées. Figées par une force inconnue qu’il n’avait encore rencontrée. Peu à peu, ses sensations de douleurs s’étaient estompées au profit d’autres... inédites. C’était différent de ce à quoi il était habitué. Ce n’était pas la maitrise des ténèbres, pas plus que son don copieur et voleur. C’était...comme une étincelle glaciale, qui avait pris racine dans la vacuité de son être. Cette même étincelle qu’il avait voulu épargner à son compagnon avant qu’elle n’explose dans la pièce. Il était l’auteur de tout ça, mais plus que des questionnements sur cette nouvelle ‘force’, il se demandait surtout comment la mettre au service de sa maitresse. D’abord, il se devait d’en connaitre la nature, les limites. Ensuite, il pourrait l’utiliser pour la gloire et les objectifs de Maléfique. Il ne pourrait jamais en être autrement.
Quand il se sentit suffisamment en forme, Sly se redressa une nouvelle fois. Bien, sa fièvre avait baissé, la tête ne tournait plus et ne menaçait plus d’imploser dans cet étau. Il avait également éliminé les dangereuses échardes de verre de son organisme. Le remède de sa maitresse avait fait des merveilles, même s’il n’avait pas totalement rétabli. Il ne lui restait plus qu’à soigner son apparence pour qu’elle redevienne parfaite, lisse et sans défaut. D’un geste ample de main, il invoqua un portail des ténèbres, mais nulle volute d’encre apparut. Impossible... Jamais il n’avait failli à convoquer les forces de l’ombre, elles faisaient partie de son essence. Une rapide vérification lui confirma leur présence. Perplexe, il fronça les sourcils. Ce n’était pas normal... Il recommença, mais en lieu et place du résultat escompté, l’étincelle de glace de son néant se fraya un chemin jusque ses doigts et une sphère translucide naquit et disparut en une fraction de seconde. Impossible. Cette étrange ‘force’ semblait avoir court-circuité sa maitrise des ténèbres.

C’était un problème, et de taille.

Sans les ténèbres, le simili serait incapable de convoquer ses hordes de sans cœur, il serait incapable de se déplacer de monde en monde.

Un véritable problème.

Loin de paniquer, car cela lui était impossible, il décida de rejoindre ses appartements à pieds et il sortit du laboratoire, Nox sur ses talons. Ce dernier avait repris son mutisme facial et adopté une expression indéchiffrable même pour lui. Il ne parvenait pas à savoir ce à quoi il pensait en cet instant. Les longs dédales de couloirs sombres et froids se ressemblaient tous, mais il n’avait aucun mal à s’y orienter. Il y croisa nombre de serviteurs porcins, mais aucun n’osa même se placer en travers de sa route car tous le connaissaient ici. Et tous savaient que la mort entourait ce personnage angélique. Quelques minutes plus tard, il était de retour dans son antre. Juste une pièce où il entassait son savoir et ses connaissances. Aucune décoration, aucun véritable confort, juste le strict nécessaire pour le travail. Car seul cela comptait. Sans plus de cérémonie, et tout en réfléchissant à cette épineuse énigme, il se débarrassa de ses vêtements élimés. Puis, il fit un bref brin de toilette et se rhabilla. Tout devait revenir à la normale, comme si rien de tout ceci ne s’était produit. Personne ne devait savoir pour cet accès de faiblesse, personne ne devait penser qu’il puisse être défait.

Aucune réponse ne lui vint. Rien, Aussi loin que remontait ses connaissances, il n’avait jamais encore été confronté à ce type de magie, encore moins si intimement. Etrange... Pourquoi se voyait-il pourvu d’un quelconque don maintenant ? Pourquoi ce déclenchement si tardif ? Après tout, que ce soit pour la maitrise des ténèbres, la convocation de son arme ou le vol de cœur, tout était apparu très rapidement, presque dès sa première semaine d’existence. Alors, pourquoi ça maintenant ? S’il était non-opérationnel, il en devenait inutile. Juste de trop. Il ne pouvait nier que cela contrariait ses plans. Il avait encore tellement de travail à abattre, tellement de cible à surveiller, à identifier, ou même à capturer. Tant à faire, et si peu de main d’œuvre disponible... Ce n’était pas la poupée marionnettiste qui allait pouvoir l’aider dans ses tâches en finesse. Loin de lui l’idée de le cacher à sa Déesse. S’il n’était plus utile, alors sa non-vie n’aurait plus la moindre importance. Il lui laisserait ce jugement. Il lui laisserait décider ce qui serait le mieux pour elle-même. Ni plus, ni moins.

Comment sût-il où la trouver ? Lui-même l’ignorait. Une pointe de chance, mêlée à une attraction plus ou moins ténébreuse. Juste, la chose savait toujours où trouver son maitre, ou sinon, à quoi bon lui avoir voué son existence ? Alors que l’astre solaire entamait sa marche descendante, projetant sur les murs grisâtres ses rayons de feu et miel, le simili retrouva sa déesse sur la terrasse donnant vers la partie « lumineuse » de ce monde, sur le château des Hommes, loin de la barrière d’épines. Il avait retrouvé son large sourire qui en avait trompé plus d’un, son accoutrement des plus banal, si parfait pour se fondre dans la foule. Et pourtant, malgré cette façade, on pouvait le remarquer un peu plus lent qu’à l’accoutumée, mais également qu’il l’ait rejoint à pied et non par passage des ténèbres. Il s’approcha doucement, sans véritablement chercher à cacher sa présence.
Quand il arriva assez près pour entrapercevoir son visage, il se figea. Net. Quelle était cette étrange expression... ? Il la connaissait, pour l’avoir contemplé mainte et mainte fois sur ses victimes. Mais sur elle... jamais. Jamais. Pour la première fois, il ne sut pas que faire. Il était impensable pour lui qu’elle... elle soit... attristée. Comme si ce sentiment ne pouvait lui appartenir. Il était encore plus impensable qu’il soit la cause de cela. Car c’est à peine s’il avait droit au rang d’objet, d’utilité. Quand un objet se casse, on le répare ou le jette, rien de plus. Cette fois-ci, elle avait choisi de le réparer, mais il savait que c’était pace qu’elle pouvait encore avoir besoin de lui. Ni plus, ni moins. Il ne lui demanderait jamais de s’abaisser à éprouver quoique ce soit pour lui. Surtout si ces... sentiments... entravait sa progression. Mais il savait aussi que ce ne serait jamais le cas, qu’elle ne laisserait jamais son cœur noir et sec gouverner ses décisions.
Il vint s’accouder à la rambarde de pierre, observant cet horizon infini qu’il ne souhaitait que se voir teinter de flammes avides. Il resta un temps silencieux, avant de prendre la parole.

« Votre remède a fait des miracles, je me sens admirablement bien. » Ce n’était pas tout à fait la vérité, pas plus que c’était un mensonge. Il était effectivement bien plus en forme qu’auparavant, même si son état n’était pas optimal. Tel un gamin trop curieux, il se redressa pour mieux se basculer dangereusement en avant, observant le vide vertigineux qui le séparait du sol. Une chute pareille lui serait mortel à coup sûr. « Mais... » Il laissa sa phrase en suspens, juste le temps de grimper sur le rebord et de s’y maintenir à l’équilibre, tel un funambule précaire. Il observait toujours cette ligne d’horizon et ses couleurs chaudes. « Il semblerait qu’une autre chose se soit éveillée en moi... différente de la ‘colère’. » Pour illustrer son propos, il mit ostensiblement sa main à plat devant lui, et tenta d’éveiller ses forces obscures. Une nouvelle fois, seule une sphère blanche translucide, nervurée, naquit. Elle resta en place plusieurs secondes avant de disparaitre. Avant que le couperet ne tombe. « Je n’arrive plus à utiliser les ténèbres. » Jamais son sourire ne se détacha de son visage. «ça’ court-circuite mes pouvoirs. » Il se retourna alors, dos au gouffre qui signerait sa mort définitive. Il se tenait sur la pointe des pieds, les bras rabattus derrière son dos, semblant prêt à basculer en arrière. « Je suis désolé, mais je crains vous être devenu inutile. Souhaitez-vous que j’en finisse de suite ? »

Alerté par ses dernières paroles, Nox, qui jusque-là n’avait fait que l’accompagner tout en restant à l’affut de l’oiseau prétentieux, revint se caler dans le dos de son simili, le poussant pour qu’il retrouve la terre ferme. Mais il était trop faible, bien trop faible pour faire quoique ce soit.

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Maléfique
MessageSujet: Re: Mon petit est rentré. • Pv. Sly Ven 23 Sep - 21:09
Mon petit est rentré.

Il faut savoir garder de côté ses colères pour savoir écouter..


La voilà seule avec moi comme la plupart du temps. Mais cette fois, l’état préoccupant de sa chose lui faisait littéralement changer de comportement. Une leur disparue depuis tant d’année refit son apparition mais bien vite effaçait par une présence. Il venait d’arriver. Son état s’était amélioré et par-dessus tout, il était beaucoup plus présentable face à ma Maîtresse. Il s’approcha de nous. Sa bestiole volante sur les talons. Cette dernière se posta à mes côtés et je fis en sorte d’avoir une distance raisonnable avec lui. Jamais je ne pourrais faire confiance à des gens de leur espèce. Mon attention se porte sur le roquet pour le voir s’approcher de la rambarde. Un rapide coup d’œil à la sorcière et cette dernière avait repris son visage impassible. Puis il se mit à parler. Informant d’un remède efficace. Il se pencha en avant juste avant d’émettre u mot qui laissa la femme arquer un sourcil. Puis quand il s’expliqua, son visage redevint impassible. Il fit un tour de magie pour accentuer ses dires et étrangement, ce qui devait être des Ténèbres était plutôt quelque chose dégageant une lumière pure. Je croassais. Trop joli pour être des Ténèbres. La sorcière le leva la main pour me faire taire et je vis qu’elle essayait de comprendre. Elle devait déjà avoir une idée mais préférait sûrement la garder pour elle. Finalement, l’autre termina son monologue par une question qui me laissa sans nul doute plus surprit que jamais. Pour toute réponse, Maléfique regarda devant elle.

▬ Tu sais déjà très bien ce que tu es pour moi.


Sans plus de mot, la sorcière n’émit qu’un simple mouvement du poignet qui eut pour effet de faire s’éloigner le sans-cœur de compagnie appartenant à son esclave. Le petit nuage de Ténèbres qui venait de l’aider à faire cela remonta un peu sur le corps frêle de la coquille, l’effleurant comme une mère pouvant toucher son enfant. La chose remonta à son visage, passa rapidement avant de redescendre à son torse et à ce moment-là, sa main se posa au même endroit. Sa paume sur le haut de son roquet et un léger geste suffit pour voir basculer le corps par-dessus la rambarde. Le geste en choqua plus d’un. Moi par exemple. Je ne savais pas qu’elle était capable de sacrifier un pion si important. Puis le sans-cœur. Son sans-cœur. La réaction qu’il avait eue. C’était la première fois depuis leur arrivé que je le voyais faire ça. Mais ma Maîtresse reste stoïque préférant regarder la chute de son valet. Sans un mot encore et sans le moindre geste, un portail de Ténèbres fit son apparition à quatre mètres du sol près d’elle. Ce qui en sortit réussit à me faire prendre mon envol de surprise.

Il était encore là. Bien vivant mais étalé par terre comme un moins que rien. Sly. Elle ne voulait pas le tuer. Juste lui rappeler sa place et montrer ce qu’elle pouvait faire. Elle aimait le lui rappeler. Après tout, Maléfique possédait le pouvoir de vie ou de mort sur lui.

Tu as beau se donner des airs de grand, tu n’en restes pas moins un enfant qu’il faut surveiller. Après tout, tu es prêt à tellement de chose en mon nom que tu en oublie ta propre existence. Une erreur de débutant. Si tu meurs, qui sera là pour parler en mon nom ? Je me redresse et daigne te regarder. Ta bêtise n’a d’égale avec rien. Il y a si peu de chose que tu peux comprendre. Bien que tu ressentes la douleur, ça s’arrête là. Rien ne vient après. Juste un goût de passé mais tout reste vide. Je te l’accorde, tu viens de connaître la colère. Mais tu ne la maîtrise pas. Tu risques de te faire ronger par elle et accumuler les erreurs de débutant.

▬ Apprends à te maîtriser. Sans doute pourras-tu retrouver l’usage de ton pouvoir après.


Lentement, je m’approche de toi. Comme la mère que j’aurais pu être un jour, mon regard se fait plus doux l’espace d’un instant et je pose ma main libre sur ton visage pour te faire lever la tête vers le ciel. Il faut que tu regardes. Apprends à voir au-delà de ma personne. Apprends à contrôler ta soif de conquête en ma personne. Apprends ou tu subiras ma colère. Tu sais que la mienne est bien plus noire et plus dangereuse. Tu me connais assez pour savoir que la vie des autres a peu d’importance pour moi. Tu connais tout de moi. Sauf mes blessures.


Après avoir retiré sa main, cette dernière disparait dans sa longue manche pour ne faire qu’un avec la masse de Ténèbres qu’elle formait à elle seule. Je ne sais pas à quoi elle avait pu penser mais son regard en disait long. Quelque chose passa rapidement avant d’être avalé de nouveau dans une multitude de noirceur. Une faiblesse. Elle allait m’avouer plus tard qu’elle avait été faible. S’attacher à un être ne servait à rien. Après tout, il profitait toujours avant de vous poignarder dans le dos comme un traître. Alors pourquoi être comme ça avec lui ? Je ne comprendrais jamais ma Maîtresse par rapport à lui. Prenant place sur le rebord de pierre plus proche d’eux. Elle s’éloigna et me rejoignit avant de me caresser la tête.

Il faut d’apprendre la vie. Tu as beau exister, tu ne sais pas te contrôler. Je vais me charger de ton éducation. Il y a tant de chose à faire encore. Mon attention sur Diaval et je prends la décision d’abandonner ma demeure le temps de t’apprendre à te contrôler. Tu viens de te remettre d’un mal immense mais ça ne change rien. Il faut s’y mettre maintenant. Quand le fer est encore chaud. Je reporte mon regard sur toi et te fait signe de t’approcher. Je sais que ton chien de garde ne m’aime pas mais on va devoir être ensemble sans personne d’autre. Il va falloir que tu t’y fasses. Sans prévenir, mon corps change et pour la première depuis mon dernier combat, je prends la forme d’un dragon. Bien que le lieu soit étroit, j’ai de quoi me tenir droite et fière. Tu te trouves juste près d’une de mes pattes avant et je te regarde un instant avant de te pousser une nouvelle fois dans le vide.

Ton corps frêle tombe et je me décide de te rattraper en vol. Je sens ton corps s’écraser sur ma nuque. Tes mains se resserrent sur mes écailles et tes jambes passent sur le côté de mon cou. Je file dans la direction de ma forêt. Mon lieu de naissance, de vie, d’épanouissement avant de connaître la mort et la destruction. En me posant, j’ai un regard rapide sur le château des hommes puis quand il disparait, je me retrouve face à mon passé. La plaine de mon enfance est toujours marquée par la folie des hommes. Si je regarde, je peux encore voir les corps. Je me souviens de tout. Tu descends de mon dos et je reprends ma forme humaine pour laisser mes yeux balayaient les environs.



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Sly
MessageSujet: Re: Mon petit est rentré. • Pv. Sly Dim 23 Oct - 4:39
At the Edge of the World...

Là, en équilibre précaire sur un parapet de pierre, un jeune garçon se tenait sur la pointe de ses pieds. Proche, si proche de faire le grand saut vers l’inconnu. Sly se tenait au bord de l’univers, son univers. Le vent doux de ce début de soirée jouait mollement avec ses courts cheveux blonds et le soleil mourant caressait sa peau pâle et blanche comme la craie. Pâle et blanche, presque pure. Presque. Le sourire aux lèvres, presque rieur, il paraissait inconscient de sa propre situation précaire. Et pourtant, un pas en arrière, et son monde cessait exister pour lui. La vie lui serait une nouvelle fois volée à l’instant même où ses os s’entrechoqueraient sur le sol dur et froid du parvis du Château. Jouer ainsi avec la mort, avec la vie, était son quotidien car jamais, il ne pouvait être certain du lendemain. A la moindre incartade, à la moindre erreur, son cœur de chair et de sang pouvait lui être arraché, éclaté, annihilé. N’était-ce pas hilarant ? N’était-ce pas ce qui donnait du sel à son existence morne et vide de sens ?

Non.

Véritablement, non.

Il ne ressentait aucune peur à être si proche de la fin. Aucun relâchement d’adrénaline courrait dans ses veines qui lui indiquerait la frayeur qu’il aurait dû ressentir, l’appréhension de se voir si proche d’une conclusion sanglante. Non, rien de tout ça. Du duo morbide, seul Nox était celui qui semblait s’inquiéter de la survie de son partenaire. Roulant contre sa colonne, il tentait vainement de repousser l’inévitable. Le simili le sentait, il comprenait l’urgence que leur lien lui amenait. Mais rien ne le fit cesser de sourire, et rien ne le ferait jamais. Était-ce la vérité ? Nul ne pouvait le savoir, et nul ne le saurait vraiment. Pourquoi aurait-il « peur » de rencontrer son destin ? Depuis qu’il avait vu le jour en ce monde à la frontière entre l’ombre et la lumière, il avait remis les clefs de son avenir à une seule et unique personne. La personne lui faisant face en cet instant. La personne devant prendre la décision, et répondre à sa singulière question. Lui était-il toujours utile ? Même si un clown blanc l’avait quelque peu souillé, quelque peu cassé, avait-il encore une quelconque valeur à son regard perçant et implacable ? C’était tout ce qui lui importait. Un objet n’a d’utilité que si on l’utilise et être remisé dans un placard froid et sombre n’était pas une perspective d’avenir qui lui irait. Plutôt mourir. Un rire fluet s’échappa de ses lèvres à cette pensée tant elle lui sembla étrange sur l’instant. Le terme exact serait de préférence « plutôt être effacé », non ? Seul le néant pouvait recueillir et abattre ce qu’il a créé, non ? Quelle importance, dans la vacuité de son être le choix avait déjà été scellé : Seule sa déesse aurait le privilège de lui retirer le droit de vivre, que ce soit par ses mots, des ordres qu’il exécuterait, ou par ses gestes.

Sans la moindre appréhension, sans la moindre crainte -non parce qu’il connaissait l’issue mais parce qu’il ne ressentait rien-, il accueillit les paroles de sa maitresse, se nourrissant de chaque syllabe. Il acquiesça silencieusement. Oui, il le savait. Il était un pion, un esclave, un chien, une coquille sans âme qui jamais ne pourrait se rebeller. Car tout ce qui comptait et compterait pour lui était en face de son regard de sang. Au creux de ses reins, le Nocturnes ne cessa de lutter contre l’inéluctable. Sly le ressentait dans sa chair, résonnant dans la moelle de ses os, s’amplifiant dans son estomac pour se répandre ensuite dans les fibres de ses muscles détendus : D’eux deux, le sans cœur était celui qui avait peur. Parce qu’aucun ne devait mourir, parce qu’aucun ne pouvait mourir, parce que c’est ce qui avait été gravé au fin fond de lui. Mais rien n’y changeait, le simili était bien décidé à se soumettre à son ainée et à sa décision. Un geste discret qu’il capta du coin de l’œil et un nuage noir et compact naquit à ses pieds. L’heure du jugement. Doucement, avec une infinie tendresse, la fumée d’obscurité grimpa le long de ses jambes, de ses hanches, de ses côtes. Elle s’arrêta brièvement pour repousser l’imprudent dissident de son espèce et un discret mouvement de la main du jeune homme suffit à l’empêcher de poursuivre. Plus que la peur, Nox avait tout de même une confiance trop aveugle en lui... et une méfiance infinie envers cette sorcière, envers la menace qu’elle représentait pour leur lien. La poix légère continua sa course lascive. Elle passa sur ses épaules, effleura son visage d’ange marqué de son sourire éternel, puis se fixa sur son torse. Sly ferma les yeux, attendant calmement le verdict. Ce contact avait l’apparence de la douceur, comme s’il enveloppait le condamné dans un linceul de brume chaude. Mais, c’était tout le contraire. Les ténèbres n’étaient pas chaleur, mais bien froideur glaciale et piquante, de celle s’emparant de vos poumons pour les paralyser pour l’éternité.  

Une paume impacta son torse frêle.

Et il bascula en arrière, ce même sourire aux lèvres.

...You pushed me so hard...

Le Nocturnes, son regard écarquillé de stupeur, hurla son désespoir silencieux, avant de s’écraser au sol, comme vidé de sa substance.
Glissant vers son destin scellé d’avance, le simili ne chercha nullement à se débattre, à tenter d’échapper au craquement prochain de son corps sur la pierre. Non. Simplement, son sourire se fit un peu plus large, presque apaisé et il prononça quelques mots si faiblement qu’ils se perdirent dans le souffle du vent.

« C’est si drôle... »

...I laughed instead of cry.

Si drôle de voir la personne que vous chérissez le plus entre les mondes vous pousse vers un vide fatal. Si drôle. Aucune hilarité ne s’empara cependant de ses traits ou de son néant. Les humains appelaient ça « l’ironie », non ? Il aimait « l’ironie », elle lui permettait de masquer derrière l’humour la vacuité de son être. Il aimait « l’ironie », non à cause d’une quelconque affection envers ces joutes verbales, mais parce qu’elle rendait ses missions beaucoup plus simples. S’entrainer à percevoir et à user de « l’ironie » avait été compliqué au début, le second sens caché des mots, des gestes, des situations, lui avait un temps indétectable. Trop de premier degré, moins de fourberie, il fut un temps où il n’était pas « Sly ». Un temps court, si court. Un temps dont il se souvenait à peine, et qui lui serait arraché au moment de l’impact.
Soudain, une douce glaciation s’enroula autour de lui, et l’obscurité le happa, le coupant de la caresse effrénée du vent sur sa peau. Son regard se dévoila mais le paysage ne changea guère. Noir, noir, noir, tout était si noir, plus noir que la nuit, une nuit sans lune et sans étoile. Noir, comme les ténèbres. Et cette sensation... noir comme un portail des ténèbres. En un battement de cil, la lumière lui fut rendue et c’est sans aucune cérémonie qu’il retomba, sur le dos, au pied de la Déesse obscure. L’étonnement ne traversa pas ses traits, pas plus que la reconnaissance. Vie, mort, après tout, il avait déjà connu les deux, et si sa sorcière voulait s’amuser avec ça, il n’aurait rien à y redire, juste à sourire. Il savait parfaitement le pourquoi de son action, lui rappeler où était sa place. Et sa place était à ses pieds et non dans le néant. Même brisé, même inutile, elle souhaitait encore qu’il se tienne à ses côtés. Ce geste était bien supérieur à tout ce qu’elle accordait habituellement à ses serviteurs. Loin de lui l’idée de s’en servir pour renforcer un quelconque ego, il n’en avait tout simplement pas. Quant à se sentir flatté, honoré, ou considéré qu’une quelconque manière, cela ne lui traversa pas non plus l’esprit. La sorcière était juste possessive, et, peut-être qu’elle avait plus de réticence à se débarrasser de certains de ses pions que d’autres. Ou pas. Jamais l’être creux ne se risquerait à connaitre exactement le fil des pensées de sa maitresse. Elle était la seule dont il n’essayait pas d’infiltrer les dessins, puisqu’il ne ressentait pas le désir de la manipuler. Oui, il connaissait pour ainsi dire presque tout d’elle. Sa grandeur, ses forces, sa majesté, son cheminement, son ambition. Quant à ses faiblesses, il ne pouvait juste pas envisager qu’elle en ait. La perfection faite femme, la perfection des ombres.

Instantanément, Nox se précipita sur lui, s’écrasant sur sa poitrine comme un enfant effrayé cherchant le réconfort de son parent. Bientôt, il m’en voudra, devina le simili. Le sans coeur avait eu si peur, il avait même abandonné tout espoir et Sly le ressentait. Il encadra sa petite tête ébène percée de deux globes d’or de ses mains et l’amena à lui faire face. Silencieusement, il lui souffla quelques mots rassurant, pour qu’il se calme, pour qu’ils se calment. Son urgence avait fini par emballer son cœur organique. Inutilement, cela va sans le dire. Brièvement, ses lèvres effleurèrent le front de la petite créature puis, il la relâcha. De nouvelles paroles lui furent offertes. Il acquiesça puis se redressa assis en tailleur à la manière de l’adolescent qu’il n’était pas pour faire face à sa maitresse. Apprendre à se maitriser. Se maitriser... Il n’avait jamais dû « apprendre » quoique ce soit de la maitrise des ténèbres. Celle-ci lui venait naturellement, puisque part entière de son essence. C’était un peu comme devoir réapprendre à respirer seul, savoir quand gonfler ses poumons d’oxygène, quand expirer, à quelle fréquence. Quant à se maitriser, maitriser ses réactions, jamais il n’avait ressenti le besoin de le faire. Jamais, jusqu’à ‘la colère’. Mais, pour cela, pour le stopper lorsqu’il s’avançait dans un terrain trop dangereux, trop humain, il avait une confiance aveugle en Nox.

A moins qu’elle fasse mention de cette nouvelle force, cette... magie ? Car cet étincelle glaciale, il s’agissait de magie, non ? Lui qui en avait été toujours dépourvu, s’en trouvait doté d’une manière pour le moins singulière. De ce qu’il savait de cette vie sans la moindre importance, il n’en avait jamais été doté. Mais ses observations s’arrêtaient à la frontière de son inconscience, et n’irait jamais plus loin. Soit. Il apprendrait à « se maitriser » et retrouverait l’usage de ses ténèbres. Il ne pouvait en être autrement, puisqu’il s’agissait d’un ordre de sa Déesse. Ce derrière daigna s’approcher de son serviteur. Avec une lenteur calculée, due à sa majesté, ses longs doigts noueux rejoignirent son visage adolescent. Elle pourrait lui tordre le cou, l’étrangler ou planter ses ongles dans ses yeux, mais elle n’en fit rien. Juste, elle le redressa pour qu’il affronte le ciel. Le ciel infini qui bientôt se percerait d’un millier d’étoiles, autant de mondes à corrompre et détruire. Un travail de titan. Mais le regard du simili en avait cure, tout ce qu’il voyait, c’était Elle. Elle, elle et encore elle. Sa déesse, sa maitresse, son tout, le centre de son univers, sa sorcière. Elle était son passé, son présent et son avenir. Tout à la fois. Il ne voyait qu’elle et ne verra qu’elle jusqu’à ce que le souffle quitte ses poumons définitivement. Et temps qu’elle foulera cet univers, temps qu’elle daignera reconnaitre son existence à ses côtés, il la suivrait. Il lui obéirait. Et il s’enfoncerait dans la folie.
Ensuite, elle rompit ce fugace contact, et reprit sa place au bord du parapet de pierre, proche de son corbeau. Sly ne pouvait détacher son attention de sa silhouette d’ombre, mouvant en harmonie parfaite avec son environnement. Et elle daigna de nouveau le regarder, lui indiquer de s’approcher, il obéit, reprenant sa place à quelques pas de la fin de l’univers. Presque avec enthousiasme, pour peu qu’il puisse réellement le ressentir. Nox le suit, Nox le colle, et Nox ne veut plus se détacher de son poste d’observation, au creux de son cou. Car Nox a encore peur d’être séparé de lui, que ce soit par une porte, ou par la mort.

Brusquement, la force explose. Sous le regard d’émerveillement du simili -peut-il réellement être impressionné ? Il peut le feindre, surtout quand la réaction est appropriée-, sa Déesse se transforme. Sa silhouette de femme se tord et vacille. Elle se couvre d’écailles et grandit, grandit, grandit. Elle le dépasse, elle l’a toujours dépassé, et prends les traits d’une bête légendaire et majestueuse. Un dragon ébène et de flammes d’émeraude se tient en lieu et place de sa maitresse. Sly retient un instant son souffle. Nul n’a autant de prestance que sa Déesse, nul ne peut dépasser ou même égaler ses pouvoirs, sa force et son personne. En cet instant, il en est plus que convaincu, même s’il n’a jamais eu besoin de preuves pour s’en convaincre. Un ample geste de patte, et il bascule une nouvelle fois dans le vide, poupée de chiffon soumise à sa maitresse. Sous la force de l’impact, il peut presque sentir ses côtes craquer et ses ossements vibrer. Le chute fut cependant de plus courte durée, puisqu’un battement d’aile plus tard, il atterrit sans douceur au creux des omoplates de la créature fantastique. D’instinct -pas celui de conservation-, il enroule bras et jambes autour du cou écailleux et dépose son visage contre la colonne vertébrale. Il se fiche bien du paysage. Il se fiche bien du monde des hommes non loin, il se fiche bien de tout ça. Tout ce qui l’importe en cet instant c’est d’étreindre la chimère obscure, de sentir au travers tout son corps la cadence de ses muscles et de se mouvoir en harmonie avec eux.  Incroyable... son sourire se fait radieux, presque excité par le vol improvisé. Sous ses doigts, il peut presque sentir le pou du dragon furieux. Sa force, son pouvoir. Elle pourrait le briser comme une brindille. Jamais il n’avait eu le privilège d’entrer en contact si étroit avec la bête dangereuse, jamais il n’avait eu la possibilité de ressentir au travers de chaque centimètre de sa peau une puissance pareille. Et maintenant, il en profitait pleinement.

Le trajet dura de longues minutes, qui passèrent comme de courtes secondes pour le simili. Enfin, minutes, heures, secondes, jours, ans, mois, siècles, quelle importance ? Trop court sans doute, il dut rompre l’étreinte pour retrouver la terre ferme. Un vol fantastique, un véritable privilège. Elle aurait très bien pu le pousser dans un portail obscur pour les conduire dans cette plaine. Cette plaine... Où étaient-ils exactement ? Il scanna son environnement, et fit quelques pas, enregistrant chaque petit détail passant dans la ligne de vue, comme à chaque fois qu’il mettait les pieds quelque part, que ce lieu soit inédit ou non. Ce n’était pas les terres des humains, trop loin de ce château prétentieux. Cela ne pouvait donc qu’être le domaine de sa maitresse, scarifié par cette guerre ancienne qui avait fait d’elle ce qu’elle est aujourd’hui. A vrai dire, il ne connaissait pas le récit en détail, juste ce qu’on avait bien voulu lui transmettre. Au final, ce conflit appartenait au passé, et le passé ne changerait en rien son opinion sur sa Déesse. Alors qu’elle reprenait forme humaine, le simili se perdit dans ses observations. Sa concentration se fixa sur un insecte quelconque voletant mollement vers lui. Une bestiole à mi-chemin entre le papillon, la libellule et la fée. Avait-elle conscience de qui elle approchait ? Peut-être, peut-être pas. Séduite par le rubis des yeux du simili, elle se stationna juste devant lui. Pris par sa curiosité toute enfantine, Sly approcha avec précaution sa main de la petite créature et l’effleura une fois du bout des doigts. Il lâcha un petit rire discret quand l’insecte bariolé et étrange finit par se poser sur sa paume. Lentement, ses doigts se refermèrent sur la délicatesse, formant une prison de chair à la mesure du prisonnier. L’insecte interloqué par ce changement d’attitude essaya de se débattre, pour son plus grand plaisir, bien qu’il n’en tirât pas de plaisir véritable. Doucement, l’étincelle glaciale de son néant se fraya un chemin vers ses doigts. Était-ce voulu ? Il est vrai qu’il aurait aimé corrompre cette vie, l’écraser sous la force des ténèbres, mais il n’avait pas réellement convoqué son pouvoir de lui-même. La cage organique s’emplit d’une bulle blanche et translucide, nervurée de discret éclair immaculé et, l’instant d’après, l’insecte cessa de se débattre. Il le libéra, l’observant toujours, son regard se muant, mi curieux, mi inquiétant. La créature resta suspendue dans les airs, figée. Comme pour les torches, conclu-t-il, étudiant l’influence de son nouveau pouvoir. Donc, il ne se limitait pas aux objets, mais s’étendait au vivant. Si intéressant... S’il ne l’empêchait pas d’user des ténèbres, il aurait pu en être ravi. Il se retourna ensuite vers sa Déesse obscure. Sa présence écrasait tout autour d’elle, même loin de ses appartements royaux. Sly entrecroisa ses doigts dans son dos. Il était curieux de savoir ce qu’elle lui réservait. Curieux, et satisfait de passer plus de temps en sa compagnie qu’à l’accoutumée. Est-ce que cela transparaissait-il ? Peut-être ne feignait-il plus réellement son sourire, pour une fois. Peut-être.

« Qu’allons-nous faire ici, Ma Dame ? » Il ne doutait pas de l’utilité de sa présence ici, et ne remettrait jamais en cause sa décision, mais la curiosité est parfois trop grande pour être retenue. « J’attends vos ordres. » L’initiative n’avait jamais été son fort en sa présence.

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MessageSujet: Re: Mon petit est rentré. • Pv. Sly Jeu 3 Nov - 16:17
Mon petit est rentré.

Il faut savoir garder de côté ses colères pour savoir écouter..

Seuls. Ça n’est jamais arrivé depuis que tu es à mon service. Simplement toi et moi. La présence omniprésente et lourde de ton chien de salon et encore moins celle de Diaval. Rien que nous deux. Quand je te regarde. Je ne vois qu’un enfant à qui je montre tous les jours à comment vivre. Tu as beau avoir ta propre conscience, vivre et respirer, il n’en demeure pas moins que tu restes un éternel enfant qu’il faut surveiller. Après tout, regarde dans quel état tu es revenu à moi. Quelqu’un de normal aurait évité de se présenter de la sorte devant moi.

Lorsque tu regardes comme maintenant le monde qui t’entoure, je comprends ce que les autres pensent en ma présence. Tu es comme moi. Un amas de chair et de sang dont les expressions sont figés dans l’être. Personne ne sait quand un regard est tendre ou un sourire sincère. Plus je te regarde et plus je vois l’étendue de ma personne corrompre ta coquille vide. Je te laisse t’amuser avec une des dernières présences de ce lieu autrefois magique et agréable. Je te regarde et j’apprends en même temps que toi pour ton pouvoir. Il faut remédier impérativement à ce problème. Tu ne seras utile en rien si tu n’apprends pas à comprendre. Dès que ton regard se porte sur moi, je feins un sourire en coin. Tu me demandes ce que nous allons faire et que tu attends mes ordres. Comme toujours. Tu les attends comme un chien attend sa pâtée. Je ne réponds pas sur le coup et me contente simplement de faire un mouvement de tête pour t’inviter à me suivre. La petite fée avec laquelle tu as joué vient de porter son regard sur moi et comprend enfin qui je suis. Elle sait comment tu es arrivée ici et comme pour ne pas changer, elle s’affole, prête à aller prévenir les dernières créatures de ce lieu. Mais au dernier moment, au moment même où elle te passe devant, me frôle… D’un geste de la main la pauvre créature voit son existence se réduire en morceau. Pas un son d’agonie. Rapide et sans douleur.

Le peu de verdure qui arrivait encore à pousser sur ce vaste monde est réduite à néant par ma simple présence. Les plantes se mettent à mourir sur mon passage, remplacé bien vite par des ronces ébène. Le cœur n’y est pas. Je ne veux pas me perdre en souvenirs heureux. J’ai tout perdu ce jour-là. Mon âme, le respect de mes semblables, ma dignité, ma joie et surtout… Mon cœur. Plus nous avançons dans cette forêt, qui avait accueilli mes plus belles années, plus mes souvenirs reviennent tel une nuée ardente. Je suis forcée de m’arrêter quelques instants le temps d’effacer ces flashs et de regarder devant moi.

Nous y voilà enfin. L’arbre où je m’étais couronnée reine de la Lande. Je me souviens encore de ce jour comme si c’était hier. L’eau autrefois cristalline n’a plus que l’aspect d’une marre noire. Mon pouvoir se stop net dès que je m’approche de l’eau. Mon regard se porte devant. Rien. Plus qu’un vide. Les voix sont mortes. Les joies sont effacées. Plus rien que le silence. Il est tant. Mes yeux se ferment l’espace de quelques secondes avant de se rouvrir et d’envoyer sur Sly une attaque de Ténèbres. Je disparais l’espace d’un instant pour revenir derrière lui et me pencher pour encadrer son visage d’une main. Une fine caresse sur sa joue et des paroles marquées au fer rouge.

▬ Bats-toi pour ta survie.


Il veut comprendre son nouveau pouvoir. Il veut retrouver mon cadeau ? Il doit se battre. Je me redresse pour finalement invoquer une chaîne qui s’enroule autour d’une de ses chevilles avant de réapparaitre devant lui.


Me voilà donc seul avec son chien stupide… Pourquoi est-ce ma Maléfique a-t-elle voulu me laisser de côté ? Pourquoi partir vers la Lande ? Surtout avec lui ! Puis autant de familiarité avec notre Maîtresse… Je battais des ailes de mécontentement avant de regarder le sans-cœur de l’autre. Ce dernier, comme à son habitude commençait à courir sur les nerfs à gesticuler comme un ver. J’étais donc forcé de me coller ce boulet jusqu’au retour de la sorcière… Dans un croassement de ma part, je pris mon envol pour retourner dans le château et reprendre ma place près du trône. Attendant sagement le retour des deux.


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Sly
MessageSujet: Re: Mon petit est rentré. • Pv. Sly Sam 7 Jan - 16:35
Et en un battement d’aile, la bête fabuleuse emporta avec elle son passé, son présent et son avenir. Son tout. Son lui. Son alter Ego. Son partenaire. Son existence. Lui qui avait voué chacune de ses secondes ténèbres à protéger un autre se voyait abandonné par ce dernier. L’avait-il vu arrivé ? Non, et mille fois non. Car un tel évènement n’aurait dû se produire. Rien ne pouvait les séparer, rien ne devait les séparer. Pourquoi ? Pourquoi le vouloir après tout, puisque ni l’un, ni l’autre n’en ressent le besoin ? Le besoin de solitude, d’être seul avec ses pensées et sa propre personne. Ce besoin d’existe pas, ni en lui, ni en son partenaire de l’après-vie, puisque rien n’existe en eux. Ils sont le néant et l’ombre. Partenaires de toujours et à jamais. Et pourtant, il a été abandonné. Mis de côté. Tout ça par sa faute à elle. Parce qu’elle régit les actions, les pensées et les plans de son partenaire. Parce qu’elle est son tout, alors qu’elle n’est pas le sien. Parce qu’elle s’est immiscée dans un duo imbrisable, scellé par un destin à la frontière entre clarté et ténèbres. Elle. Elle. Elle. Et encore elle. Dire qu’il lui avait presque offert ce serviteur parfait qu’elle usait tel un pion quelconque. Dire que fut un temps où lui aussi avait été séduit par sa personne, par sa prestance, par son pouvoir. Et pour ne pas perdre ce qui avait eu tant de mal à se mettre en place, pour ne pas retourner dans cet état premier qui ne pouvait exister, il le lui avait presque confié sans la moindre question. Parce que la lumière le blesse, parce que la lumière rejette les individus de son espèce, préfère l’original à la copie. Et parce que lui le sait, parce que son instinct contre-nature lui susurre, il préféra rejoindre l’obscurité d’encre offerte à eux.

Quoi de plus naturel pour un sans cœur d’aimer les ombres ?

Mais en cet instant, Nox ne peut que maudire de tout son petit et faible corps la personne qui lui a arraché le simili. En cet instant précis, il la honnit et la haït. Nox n’aime pas ça, car Nox n’a pas confiance en elle. Son emprise est de trop, son emprise est trop forte. Il tourne, virevolte, s’envole, gratte, s’enflamme et cherche. Partout. Partout. Partout. Sur ce grandiose balcon de pierre, il se doit de le retrouver. Il ne peut pas le perdre. Il ne peut pas en être séparer. Parce qu’il doit le protéger. Il doit s’occuper de ce que lui ne fait : conserver sa propre vie. Il ne l’a pas promis, mais on a promis pour lui. Et il ne peut briser sa mission. Il doit protéger le simili, pour qu’il ne soit pas effacé. Nox s’agite, mais Nox le sait. Il est bien trop faible, bien trop petit pour rejoindre son compagnon par la voie des airs. Pourtant, Nox est déchiré de l’intérieur. Etiré, au bord de l’éclatement, son lien lui rappelle qu’ils ne peuvent être loin l’un de l’autre bien longtemps. Mais grâce à lui, il a une direction. Vague, si vague. Il mettrait des heures à s’y retrouver dans ce royaume qu’il n’a jamais exploré. La bête est séduisante et majestueuse. Forte et puissante. Et il ne sait où elle s’est rendue en lui arrachant sa chair. Maudite, maudite sorcière. Le pire des scénarii se dessine dans sa petite tête vide. Compte-t-elle s’amuser de son compagnon avant de lui infliger mille morts ? Et lui qui ne ripostera pas, qui ne l’en empêchera pas. Trop loin dans son fanatisme pour songer à ça. Parce qu’il s’en fiche, parce qu’il ne ressent rien. Rien à part un dévouement sans borne et sans fin. La sorcière ne peut être que cruelle à ses yeux, puisqu’elle le lui a arraché et cette pensée tourne, tourne, tourne et tourne encore. Obsédante, autant que ce désir de le retrouver. Et soudain, au milieu de cette danse chaotique dont il est le centre, le nocturnes se stoppe, net.
Le pourquoi se dessine alors.
Pourquoi a-t-il été laissé seul ? En arrière ? Pourquoi son compagnon ne s’est-il retourné avant d’être emporté ? Pourquoi l’a-t-il écarté ? Alors que rien. Rien ni personne n’aurait dû les séparer. Nox ne sait pas. Nox ne sait pas. Il ne peut imaginer qu’il a été supplanté dans son néant. Et quelque part, ce n’est pas quelque chose de concevable, que ce soit pour l’un ou pour l’autre. Nox est au-dessus de tout et de tout le monde, au-dessus de la mêlée. Parce qu’il était là au commencement et sera là jusqu’à la fin. N’en déplaise à certaine. Non, la raison est autre. Elle s’éclaire et s’éclate à son esprit paniqué. Il n’existe qu’une seule et une chose pour laquelle le simili semble réellement s’inquiéter de la survie et cette chose est ce minuscule sans cœur carmin. Quitte à se mettre en danger, quitte à offrir à son ennemi mille avantages mortels simplement pour le fait de pouvoir le réconforter. Il est la seule et unique chose pour laquelle il semble avoir réellement de l’affection.

Quel idiot.

N’a-t-il rien appris ?

Nox ne peut s’empêcher d’y songer, à quel point son partenaire est un idiot pour agir ainsi. Il le sait, il l’a toujours fait et aucun de ses reproches ne semble l’atteindre. Il inverse les rôles, plus souvent que ce que le sans cœur aurait voulu. Ah, mais jamais il ne pourrait lui en vouloir pour ça, ou même pour quoique ce soit. Simplement, il ne peut pas. Pas réellement. Il fera donc ce qu’il est censé faire : retrouver son partenaire. Et justement, il n’est pas le seul à avoir été laissé en arrière. Ce foutu corbeau a lui aussi été abandonné par sa maitresse. Parallèle intéressant ? Peut-être. L’impertinent volatile ne semble guère affecté par la situation nouvelle. Un croassement, un bruissement de ses ailes et le voilà parti. Parti où ? Parti pour quoi faire ? Nox doit savoir, même si l’idée de quitter le balcon le répugne. Temps que le simili vivrait, il continuerait de le chercher et peut-être que l’oiseau pouvait l’y aider. Ou pas. Il n’avait guère confiance en lui, il n’avait guère confiance qu’en Sly. Soit. Il le suit donc, aussi silencieusement que sa condition de sans cœur lui permet. Ces couloirs de pierres froides seront toujours les mêmes, dans un sens ou dans l’autre. Les minutes passent et la destination se profile, ce sera la salle du trône. Nox ne le lâche pas d’une semelle et, lorsqu’il se poste sur son piédestal, il se fixe face à lui. Il ne peut pas parler, il ne l’a jamais pu, et même s’il le pouvait, aucun ne le comprendrait, puisque sa condition est loin, si loin des conceptions humaines. Il reste un long moment ainsi, flottant mollement de haut en bas, sans jamais décrocher son regard du corbeau d’ébène. Puis, pris d’un coup de folie, il lui fonce dessus, pour le pousser, pour le renverser. Il veut qu’il retourne à l’extérieur, qu’il l’aide à retrouver son partenaire. Et pour cela, il le harcèle, encore, encore et encore.

**********************
A des lieues du château, une toute autre scène se jouait. Dans la lande stérile qui avait eu l’honneur de voir sa déesse naitre, vivre et grandir, Sly suivait docilement sa maitresse de l’ombre. Jamais, il n’avait eu l’opportunité de mettre les pieds en ce lieu presque sacré aussi, ne perdait-il pas la moindre miette de ce spectacle désolant. On pouvait encore deviner la vie foisonnante qui y avait vécu. Les arbres morts, l’herbes sèches et cassante, cette brise glaciale qui susurre le danger de résider en ces lieux, toutes ces choses étaient autrefois éclatantes. Désormais ternie, ce morceau de terre n’était plus hanté que par les souvenirs d’un passé révolu. Un passé qu’il n’avait pas connu et qu’il ne voulait pas connaitre. Tout ce qui comptait était le présent, les instants momentanés qu’il vivait en compagnie de sa déesse séculaire, unique maitresse de son être. Elle ne l’avait pas emmenée ici par simple hasard, par simple envie d’espace. Peut-être pour lui prouver un point important ? Le simili ne savait rien des années qu’elle avait passé dans la Lande, juste des bribes de rumeurs de couloirs, portés par le vent et les ombres. Il savait juste que cette époque était différente, qu’elle y avait été différente. Rien de plus. Était-ce la leçon à tirer de cette visite ? Lui aussi, il fut un temps où il était différent, où ses yeux n’étaient pas teintés de sanguine. Il fut un temps où un chrono roulait dans sa poitrine, pulsant à un rythme répugnant. Il fut un temps où il n’était guère qu’être du néant, creux et dévoué, mais bel et bien un autre. Un autre odieux et révulsant. Un autre qu’il honnissait à chaque seconde passant. Un autre dont il ne voulait guère connaitre les détails. Aucune importance, puisqu’il n’était pas cet autre, après tout. Cependant, cet autre s’imposait toujours à son sommeil. Symptôme de son statut de simili, les histoires du passé finissait toujours par revenir. Toujours plus insistantes, toujours plus précises. Peu importait le nombre de fois qu’il les avait repoussées, elles lui revenaient sans cesse. Était-ce la leçon qu’il devait apprendre en venant ici ? Assumer ce détestable passé, sans qu’il vienne troubler le présent ? Était-ce seulement une bonne solution, lorsque l’on sait les effets néfastes de ce genre de ‘souvenir’ sur un organisme dépourvu de cœur ? Impossible. Il était tout bonnement impossible qu’il se plonge dans la lecture de ses rêves. Il n’en avait ni le temps, ni l’envie. Et, à moins d’un ordre impérieux de sa maitresse, jamais il ne le ferait. Puis... Nox ne le laisserait tout bonnement pas faire.
Le manque. En cet instant, et depuis qu’il avait quitté ce balcon, le sans cœur lui manquait. Son être entier se déchirait de le revoir, même pour subir ses remontrances. Le simili n’avait eu d’autres choix que de le laisser à l’arrière. Et cette décision le répugnait. Il avait besoin de cette boule de ténèbres, de ce compagnon qui le complétait à la perfection. Mais, il n’avait pu l’emporter dans le vol de la majestueuse créature. Décision de sa déesse, qu’il avait suivi, peut-être pour la seule et unique fois, à contrecœur. A chaque seconde, il devait lutte contre cette envie d’aller le rejoindre pour ne plus jamais le quitter, mais toujours, sa loyauté le retenait. Tout comme le fait que l’invocation de portail lui était désormais interdite. Au moins, se disait-il, serait-il en sécurité dans le château des ténèbres. Était-ce une autre leçon ? Une autre épreuve qu’elle lui lançait sans jamais lui dire ? Qu’il ne pourrait retrouver son compagnon avant d’avoir accompli ce pour quoi ils étaient venus en ces lieux ? De quoi lui donner une...volonté supplémentaire ? Une raison de plus d’exécuter ses ordres ? Ah ! Mais, il n’avait nullement besoin de ça ! Car la volonté de la sorcière était sienne, tout simplement ! Temps qu’elle restait forte, implacable, impérieuse, il suivrait sans objecter sa ligne de conduite. Chemin tout tracé dans lequel il s’était lancé à corps perdu. Ce genre de manipulation supplémentaire était tout bonnement inutile. Quel intérêt de jouer sur des sentiments qu’il n’avait guère ? Nox tenait une place spéciale dans son existence. Lié à lui à la mort, il avait su dans les premières secondes où il avait ouvert les yeux qu’il ne pourrait se passer de sa présence. Il a un lien particulier avec Nox. Il le complète. Il l’épaule. Et c’est déjà beaucoup.
Ici, dans la Lande, plus rien ne repousserait, puisque ce royaume de l’étrange avait été offert en pâture aux ténèbres. Ici, tout était mort et pourtant la vie y était encore présente en la personne de cette apparition fugace et féerique. Ah ! Quelle délectation de faire naitre la peur panique dans ses grands yeux mouillés, encore plus de pouvoir s’en servir pour tester cette force nouvelle dont le fonctionnement lui échappe encore. Tout ce que le simili sait, c’est qu’il s’agit de magie, qu’elle emprunte les canaux établis de ses ténèbres et surtout, elle stoppe. Elle arrête et fige tout ce qui se trouve dans ces bulles blanchâtres et nervurées. Intéressant, très intéressant. Car déjà, son esprit malade fourmillait d’un millier d’utilisation perverti de cette force étrange. A condition d’en connaitre les limites, à condition d’en saisir l’essence, à condition d’apprendre à la maitriser. La ‘force’ est toujours instable en lui, parfois explosive, parfois silencieuse, toujours glaciale dans son corps. Et elle est temporaire, puisque l’insecte de la Lande recouvre bien vite la jouissance de ses mouvements. Il enregistra l’information, tout en observant la vie l’impertinent insecte se faire écraser par la majesté de sa maitresse. Aurait-il pu en être autrement ? Non, mille fois non. La sorcière reprit alors sa route, et s’enfonça dans la forêt pétrifiée et Sly la suit. Il n’a nul besoin d’ordres dictés pour savoir ce qu’il a à faire. Le bois est sec et cassant. Fragile tel le verre, grisâtre comme la cendre. Le silence règne en maitre en ces lieux. Il rend angoissant chaque pas qui s’écrase en brisant les espoirs de renouveau. Car ce renouveau, ce vert qui ose encore se frayer un chemin vers la lumière délavée est juste annihilé. Il se pourrit et ploie face à la puissance de Maléfique. Il se pourrit et se change, forme et se transforme en ces ronces dangereuse qui ne peuvent apporter que la mort. Sa présence en ces lieux est comme ces ronces. Ecrasante et piquante. Implacable et impérieuse. Elle est ici chez elle, et tous se doivent de le savoir.
La marche funèbre continue encore de longues minutes dans un silence de mort. Tout ici n’est qu’angoisse et horreur et pourtant, le prétendu adolescent s’en amuse. Rien ne peut effacer son sourire en coin, presque moqueur. Est-il approprié ? Il ne le sait. Il sourit par habitude, voilà tout. Pour le reste, il s’en fiche. La destination se dessine et se rapproche alors. Une clairière, un arbre plus imposant que tous les autres, entouré d’une eau souillée à jamais. C’est un endroit important pour sa maitresse, n’est-ce pas ? Il lui semble être le centre névralgique de la forêt. Il est important, ou plutôt, il l’a été. Désormais, il ne l’est plus. Sa magnificence a été perdue il y a si longtemps que rien ne pourra jamais la lui rendre. Sly enregistre les détails de ce lieu, automatisme de l’objet qu’il est. Il enregistre jusqu’à ce que sa maitresse, sans crier gare, lui envoie une de ses vagues ténèbres dont elle a le secret. Surpris, il l’est, mais ne le montre pas, préférant garder cet inébranlable sourire. Privé de ses pouvoirs, privé d’ordres aussi, il ne peut riposter à l’agression. Il ne peut que se défendre maigrement de ses bras. Il est être des ténèbres, il les porte en son sein, mais celles-ci sont implacables et puissante. Elles égratignent sa peau blanche et laissent des coupures aussi surement qu’une lame. La vague le repousse, sans qu’il s’écroule. A peine se remet-il de cette attaque que sa Déesse réapparait et enserre son visage de sa poigne noueuse. Elle daigne alors dire enfin ce qu’elle attend de lui et cet ordre le choque. Son regard s’écarquille alors, il perd son sourire. Se battre... contre elle ? Il doit se battre ? Contre sa déesse ? Pour survivre ? Mais il préfèrerait mille fois la mort au risque de la blesser ! Ses pensées s’arrêtent net. La blesser ? Ah ! Mais quel moment de folie a bien pu s’emparer de lui ? Jamais il ne le pourrait, puisqu’elle lui est un millier de fois supérieur en tout. Jamais sa lame ne pourra l’égratigner et il le sait. Les ordres sont les ordres et il s’y pliera. Elle a ordonné qu’il survive à ses assauts, il le fera. Il reprit alors son air moqueur et effectue une révérence appuyée, sans doute de trop.

« As you wish, Ma Dame. »

La sorcière convoque alors une chaine qui restreint ses mouvements. Impossible de fuir, hm ? Cette perspective ne lui avait même pas effleuré l’esprit. Le simili n’a jamais été le plus performant des combattants. Simplement, l’objet qu’il est n’a pas été pensé pour le combat. Habituellement, il laisse bien volontiers ses hordes implacables de sans cœur faire le travail à sa place. C’est alors ce qu’il tente de faire. Il essaie d’atteindre son noyau des ténèbres, de convoquer une nouvelle fois un portail qui déverserait ses armées. Mais ce ne sont que des étincelles glaciales qui rejoignent sa peau et tout ce qu’il parvient à réaliser, c’est de les accumuler, encore, encore et encore dans ses paumes. La magie couleur neige déborde et nerve ses phalanges d’éclairs. C’est désagréable, c’est froid et ça pique, mais c’est tout ce qu’il arrive à sortir. Devant ce phénomène qui ne lui plait guère, puisqu’il ne le connait pas, il pesta un instant. Si seulement il pouvait remplacer ces choses par de l’ombre à l’état brut... Il n’a pas le doit d’échouer, pas devant sa maitresse. Une idée émerge alors, guidé par son instinct qui lui a toujours plutôt bien réussi. Sly finit par joindre ses mains face à lui. Et à l’instant où ses doigts s’effleurent, elle implose. La ‘force’ implose et fait de lui l’épicentre d’une sphère translucide qui s’étend sur quelques mètres. Dans celle-ci, tout se fige. L’herbe fatiguée ne se soumet plus à la brise, pas plus que les branches. L’eau noire stoppe ses vagues. Face à l’importance du choc, il chute au sol. Peut-être pas une si bonne idée que ça, finalement.

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Sly ment en #990066Sly's theme song - Kit par Elsa~
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MessageSujet: Re: Mon petit est rentré. • Pv. Sly Jeu 19 Jan - 1:11
Mon petit est rentré.

Il faut savoir garder de côté ses colères pour savoir écouter..


Je viens donc de quitter le balcon sans un regard en arrière. De toute manière, à quoi ça va bien servir de le faire ? Cela ne va pas la ramener après tout. Même si je ne comprends pas son comportement avec lui. Même si je suis jaloux et envieux, je ne peux pas aller contre la décision de la sorcière. Alors je me contente simplement de retourner à ma place. Comme un bon chien ferait pour retourner à sa niche. C’est ce qu’il y a de mieux à faire. Y retourner. Se poser. Attendre docilement. Même si je n’aime pas cette idée. Mais étrangement, dès lors où mes pattes se posent sur mon socle, je me dandine quelque peu pour me complaire dans ma situation tout en fermant les yeux. La tête rentrant sagement dans mon plumage, je m’apprête à tomber dans une demi-conscience lorsque quelque chose me bloque dans ma lancé. En ouvrant les yeux de nouveau, j’ai le loisir du déplaisir d’y trouver la bestiole. Elle me fixe sagement. À y regarder, elle me fait presque pitié. Pourtant, cela n’enlève en rien mon indifférence pour elle. Il peut bien rester ici à voler, je ne ferais rien pour lui. Je ne suis pas une nourrice après tout. Mais un corbeau ! Reprenant donc ma situation avant de l’avoir remarqué, je m’apprête à refermer les yeux lorsque sa silhouette se fait soudainement plus proche. Je dois rêver… Mais je choc qui suit me fait comprendre que tout est réel. Je viens de me faire malmener par le sans-cœur avec une facilité déconcertante. Je bats des ailes pour lui montrer mon désaccord, ma gêne et aussi un peu de colère. Je ne veux qu’une chose, qu’il me laisse tranquille.

Au lieu de ça et rapidement, je comprends qu’il ne va pas me lâcher les plumes. Dans un croassement plus menaçant, je prends mon envol pour retomber, toutes serres dehors et lui apprendre le respect. Quand soudainement, je repense à son pouvoir de s’enflammer comme un feu de forêt facilement. Je ne l’effleure que partiellement pour reprendre de l’altitude et chercher un endroit plus tranquille pour me poser. Je finis par retourner dans le laboratoire de Maléfique où je trouve place sur le bureau. Le carnage de Sly vient de rendre les lieux extrêmement dégoutant. Mais entre ça et le pot de colle…

Pensant être enfin seul avec moi-même, je m’apprête à faire un petit somme lorsque je vois débouler la boule de suif. Misère. Encore le même comportement. Sangsue de malheur. Je préfère largement quand il colle son monstre de maître. Ainsi, il évite d’être dans les pattes. Cette fois, avant même qu’il ne recommence à me foncer dessus, je quitte la pièce en me ruant sur lui, mes pattes en avant pour lui apprendre les bonnes manières. Je préfère y laisser deux trois plumes que de finir en poulet grillé sous un coup de folie de sa part. Après tout, personne ne sait vraiment ce qui peut lui passer par la tête. Tout comme pour l’autre. S’il faisait du mal à ma Maîtresse ? S’il l’a tué pour de bon ? Rien que cette idée me glaça le sang. Mais je suis cloué dans ce château avec mon poursuivant. J’ai beau faire des figures aériennes, frôler le sol et les murs, il me suit comme mon ombre.

Rapidement, après plus de cinq tentatives, je me retourne subitement vers lui et croasse avec force. On ne peut pas parler tous les deux. Mais j’espère que mon intonation va lui faire comprendre à quel point j’en ai marre et qu’il a intérêt à me donner une explication à son comportement.




Je ne veux pas grand-chose de toi. Juste que tu te reprennes. Après tout, tu es la deuxième personne à être à mon service. Sans compter ceux qui m’ont trahit ou qui ont pu malencontreusement mourir dans l’exercice de leur fonction de pion. Tu es sans doute, avec Diaval, le seul dont l’envie de me débarrasser n’existe pas. Ou tout du moins, tant que tu remplis la part de ton contrat. En échange, je continuerai à t’héberger et de donner une existence. Même ridicule soit-elle. Pour le moment par contre, je me dois d’être franche et sans appel. Retrouve tes facultés où je serais contrainte de te faire regretter ton manque de professionnalisme par une punition. Tu sais très bien que la souffrance d’autrui n’a aucune importance pour moi et même si tu ne ressens aucune émotion à proprement parlé à part une seule, ton corps lui répond aux attaques. Je me ferais donc une joie de lui apprendre ma vision des choses.

Dans un regard sur toi, je peux comprendre que l’idée de lever la main sur moi te paraît… Etrange. Si ce n’est fou. Mais c’est ainsi. Je sais que tu vas le faire. Comme tout ordre que je donner, tu l’exécutes sans broncher. Comme un bon chien. Mais te comparer à un animal est sans doute exagéré dans la mesure où eux ne m’ont pas en maîtresse. Je me demande bien ce qui peut traverser ton esprit en ce moment. Mais par ta parole, je comprends que tu vas exécuter mon ordre et je me prépare. Tu te mets en position et je remarque bien que tu essayes de faire revenir les Ténèbres mais tout ce qui arrive à venir n’est autre que du néant. Pas une trace de noirceur. Cela allait-il être plus compliqué que prévu ? Si cela s’avère être le cas, on n’y est encore demain. Alors que je pense que tout est couru d’avance, je me surprends à émettre un léger rictus en te voyant essayer quelque chose. Les résultats sont peu convaincants en échange mais je vois encore ton problème à l’œuvre. Cette fois aussi, le monde se fige. Mon monde qui m’avait vu grandir et changer n’est plus que l’ombre du temps. Plus rien ne bouge autour de toi. Tout vient de s’arrêter. Comme l’espace, l’instant. Les secondes sont suspendues de ton côté. Le moment présent est comme mort. Lorsque tu termines à terre, je fais un pas en avant mais je ne me décide pas à entrer dans ta bulle. Tout ce que je laisse passer n’est autre que ma main. Stoppé, figé dans le temps. Tant de facteurs et je comprends. Je sais ce qui te ronge. J’essaye de faire passer mon pouvoir vers toi mais je me heurte à de la résistance. Pourtant, je continue, je veux savoir la limite face aux Ténèbres. Finalement, mon pouvoir perce la coquille du temps et y pénètre. Je vois pour la première fois l’étendu de mon don et les traces qu’il laisse sur son passage. Tu maîtrises une forme de magie peu courante. Compliqué et dangereuse. Tu restes presque un enfant découvrant le feu. Tu risques de te brûler.

▬ Sly. Relève toi.


Je lui tourne le dos et fais quelques pas devant moi. La Lande est si différente maintenant que j’en oublie presque mes souvenirs. Pourquoi ce lieu ? Il est le seul à me faire tant d’effet. Tant d’émotions se bousculent lorsque je suis ici. Je me sens aussi si forte et puissante en ce lieu que rien ni personne ne peut venir contrarier la vision de mon bien-être. Je sais que je suis sur une terre vide de sens et de vie maintenant. L’ombre d’une gloire d’antan. Plus personne de sensé et de pur ne vit ici. Tout le monde est corrompu par ma noirceur. Celle que j’ai laissé prendre racine. Elle a tout rongé. Mais je me console en me disant que les humains ont aussi contribués au malheur de la Lande. Sans eux, je ne serais pas devenue la sorcière redoutée. Je n’aurais pas perdu mon bien le plus précieux. Par instinct une main se porte à mon cœur. Cette chose qui ne palpite plus depuis longtemps. Finalement, je me décide de me retourner pour te regarder, toi, l’enfant. Je ne vais pas te lâcher si facilement. À peine peux-tu reprendre tes esprits que je suis déjà en train de t’envoyer mon pouvoir. Lentement, je laisse ta respiration se faire plus brève. Ton souffle se fait plus saccader. J’appuie sur ce que, même un simili a besoin : respirer. Si tu avais eu un cœur, je me serai amusée à te le maltraiter. J’attends sagement que tu daignes lever la main sur moi. Je veux voir jusqu’où tu peux aller pour vivre.

▬ Que deviendra-t-il ? Ce sans-cœur que tu chéris tant si je décide de te tuer maintenant ? Je pourrai le supprimer s’il est toujours en vie. Le réduire en cendre. Tout comme ton existence. D’un simple geste de la main et tu n’existes plus. Personne ne se souviendra de toi. De ta présence. De ton visage ou de ta voix. Un fantôme… Si tu ne fais rien, je mets fin à ta vie.


© By Halloween sur Never-Utopia


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Mon petit est rentré. • Pv. Sly

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